A LA MÈRE MARIE-CONSTANCE DE BIIESSAND
SUPERIEURE A MOULINS
La fondation de Charlieu doit être acceptée. — Éprouver sérieusement la vocation d'une Religieuse sortie d'un autre Ordre. — La Supérieure ne peut permettre des entrées inutiles dans son monastère.
VIVE •{• JÉSUS
[Annecy], juin 1627.
Ma très-chère fille,
J'ai reçu vos deux dernières lellres quasi en même temps. Je n'ai quasi rien à vous dire sur la fondation de Charlieu, parce que je ne connais pas le lieu ; pourvu que le temporel nécessaire à un monastère s'y trouve, ce sera assez, et certes nous sommes très -obligées à Mgr de Mâcon de la bonté et sainte affection qu'il nous témoigne, et nous lui devons correspondre avec tout le respect et soumission qu'il nous sera possible. Vous ne deviez pas attendre ma réponse pour lui donner parole assurée, car tout ce qui est requis en telles occasions, ma très-chère fille, est de bien suivre le Coutumier. Ce m'est consolation de savoir les fondations qui se font; les filles, que vous m'écrivez pour y employer, seront, à mon avis, trèsbonnes, et c'est à quoi il faut particulièrement prendre garde. Tour celle dame sortie de Religion, vous ferez très-bien de
ous engager point de parole qu'elle n'ait été bien éprouvée. Vous la pourrez recevoir en votre maison, pour être exercée en I i manière de vie qu'elle veut embrasser; et sera beaucoup
ux, dé vrai, qu'elle fassç son essai à Moulins qu'en une autre maison, — Je ne suis nullement de ce sentiment qu'on
' entrer les dames Religieuses passantes, dans nos maisons,
rois qu'en conscience les Supérieurs ne le peuvent permettre, et que Ton contrevient à la clôture. C'est pourquoi vous ferei fort bien de vous en faire écrire un mot de lettre à M. le
grand vicaire, par lequel il vous défende de ne point souffrir (elles entrées. — Il ne faut point douter, ma très-chère fille, qu'il ne faille préférer les filles qui ont des dispositions hors du commun, et en cela il ne faut point écouter la prudence humaine. II y a toute apparence, et je l'espère fermement, que nous nous verrons en ce mois de septembre. Dieu aidant. Je crois que Mgr de Bourges arrive ce soir à Xantua; le temps nous est bien long de sa venue.
Je pense que voilà vos lettres répondues, quoique brièvement, n'ayant pas de loisir. Si j'avais loisir, j'eusse écrit un billet à notre chère Sœur M. \. , mais l'espérance de la voir bi< ntôl, et la presse de ce messager de Bourg qui va à Lyon pour affaires importantes, m'occupent trop. Ma très-chère fille, saluez-la chèrement de nui part et toutes nos Sœurs, mais surtout notre bon Père Binet. — Oh Dieu! que ma Souir Mai ïe- Aimée [de Morville] sera heureuse si elle fait ce qu'elle m'écrit,
de croire entièrement ce digne serviteur de Dieu! La divine
Bonté lui en fasse la grâce. Crovez, ma très-chère tille, que
mou âme chérit la vôtre très-parfaitement et avec une dilection
-particulière et cordiale, .le n'aurai pas moindre consolation (pie vous tu notre entrevue. Tout soit à la seule gloire de Dieu,
qui soii béni !
< i i pie il«' l'oi i I' i 1 1 \ ttion de V<
ft) LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
LETTRE DCCXCI
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
SUPÉniEURE A LYON
La fondation du second monastère de Lyon est résolue.
VIVE -J- JÉSUS
[Annecy, 1627)
Ma très- chère fille,
Je loue et bénis Dieu de la résolution de voire seconde maison ; c'est un coup de la toute-puissante main de Dieu et dont II retirera sa gloire. Laissez la conduite de toute celte affaire à M. le grand vicaire, à M. de Saint-André et autres de nos amis; mais surtout pour le choix de la place, ils la choisiront beaucoup mieux que nous ne saurions faire, et ne m'attendez point pour cela. Regardez même de parler fort peu de moi, puisque vous savez que l'on y a un peu d'aversion. Je n'écris [pas] maintenant à M. de Saint-André, ni au Révérend Père Morand, parce qu'il m'est impossible de toute impossibilité; mais je leur écrirai celle semaine où nous sommes , puisque vous le voulez.
Pour votre curiosité, vous verrez ce que j'écris à ma Sœur la Supérieure de Saint-Etienne. Et même voilà sa lettre que je vous envoie. — Certes, nous sommes bien occupées maintenant, mais cela ne nous lasse point, puisque c'est pour la gloire de Dieu et de son très-humble serviteur. Adieu, ma trèschère fille, et à toutes nos Sœurs. Dieu vous remplisse de Luiméme.
Conforme à l'original jjardë aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCXCII [Inédite)
A LA SOELR JEANNE-FRANÇOISE LE TELLIEH
\--i^i wti i "i-.i.i n> I
Sollicitude pour la Mère Joly de la Hoclic; désir d'avoir de ici nouvelles.
vi va \ ifsus!
[Annecy]. 1" juillet [lbJ" .
Mon Dieu! ma chère fille, que le lemps me sera long d'ici que je reçoive de vos nouvelles, car vos dernières me niellent en grande peine pour le surcroît de l'indisposition de ma pauvre très-clière et bien-aimée fille ; j'espère toutefois en la divine Bonté, qui la conservera encore pour sa gloire, et que je recevrai la chère consolation de la voir. Xous partirons, Dieu aidant et sans remise pour tout le mois de septembre , pour aller à vous; cependant, quoi qu'il arrive, il faut demeurer très-humblement soumise au bon plaisir de Dieu, et faire fidèlement et soigneusement ce qui est de la charge, conduisant la communauté avec douceur, dans son train ordinaire. Dieu sera avec vous, ma très-chère iille, afin que \<>us n'erriez point. Soyez humble et pleine de confiance. J'attendrai cependanl de
1 > i m leanne-Françoise Le Tellier, que la reine Marguerite de Valois appelait ion ptlii ange, qoe sainte de Chantai Dominait plus tard un U lut reçoe au premier monaatère de Paris par la Bienheureuse Fondatrice, (|ui lui donna ion nom. Envoyée i la fondation d'Orléans, elle ) devint K> modèle des parfaites novices, puis l'émule des plqs laintei Religieuse bien qu'elle fui jugée digne de incct 1er \ la vénérable Mère de la Roche, il mi l,i eh. n S ipérteui Sa i n luite él til il Bava que nos Sa nrs admiraient en elle une Règle vivante <'t animée, en qui la Mère \ nés, p ir une infusion céleste, était transmis »'t traduit la pureté da ion sspril «-i de masimes. § Jeanne-Françoise Le lelliei décéda au monai
d| l'UliS, iprèl l'afOÎr gOUVCmé pendant dcil\ .i ImMUI'OUJI d
ii< stion.
{l i si - / \ H> îigit I ", pai la UN
vos nouvelles avec un peu de soin de cette chère malade, que
je prie Dieu de vous conserver.
Je salue très-humblement M. Boucher et toutes nos chères Sœurs. Sa divine Bonté répande en abondance ses plus saintes bénédictions sur vous toutes. Je suis de cœur toute voire, ma chère fille.
Dieu soit béni!
Conforme à uue copie de l'original garde' à la Visitation d'Angers.
LETTRE DCCXCIII .
A LA MÈRE MARIE-HÉLÈNE DE GHASTELLUX
SUPÉRIEURE A AUTUN
Le manque de sujets capables et la trop grande pauvreté doivent faire retarder une fondation. — Difficultés de celle de Gluny.
VIVE -J* JÉSUS
[Annecy], 1" juillet [1627].
Ma très-chère fille,
Votre incomparable bonté et soumission, dont vous avez rempli votre lettre, me confondent. Hélas! ma très-chère fille, il ne me faut plus aucune parole pour m'assurer de la totale union de votre esprit avec le mien. Dieu en a gravé la certitude en mon âme, de sorte que rien ne la peut effacer, non plus que l'assurance de votre zèle à l'Institut. C'est la vérité que je crains toujours deux choses es établissements : le manquement de filles capables pour servir de solide fondement à lit de la Visitation, et la trop grande pauvreté. Par bonheur, sitôt que j'eus reçu et lu votre lettre, qui est ce malin, Mgr de Bourges et M, de Vitry, comte de Saint-Jean de Lyon, qui a apporté voire paquet, comme je crois, sont venus; et ' ' "nue ils connaissent le lieu de Cluny, je leur ai demandé si """ | i i ioni bien Ils m'ont dit que oui, pourvu que l'on eùl
\\\; ti 16 1'.
quelque chose pour l'entretien des 6 11 es; qu'il ne se (allait pas
lier à la ville, qui était pauvre.
Voilà, ma Irès-chère fille, ce que j'ai appris de ces messieurs. J'ai vu vos permissions quison! bonnes, 1 1 l'incomparable ardeur de madame de Chauvigny. Je trouve la place, comme elle l'a dépeinte,fort belle et à hou marché; mais qui la payera? Orna fille,
je laisse ce( établissement foui à fait à votre soin el conduite*. Il faut i xque la divine Providence y versera ses bénédictions,
comme sur les autres maisons, 'l'ouï ce qui nie reste de peine, c'est pour une Supérieure : considérez bien si notre Sœur M. -Philippe [de Pédigon] pourra faire utilement celle charge. Je vous en laisse la connaissance; car je nen puis juger à cause du peu de connaissance que j'ai de son esprit. Envoyés là des meilleures filles que vous ayez, et peu, afin qu'elles ne soient si chargées, ou au moins envoyez-y quelqu'une qui porte Ba dot, si vous pouvez. Vous ferez bien d'y envoyer notre Sœur des Malins, el une (\vs filles de Chauvigny, bien (pie cela ne manquera pas. Mais ne vous arrête/ point à ce que je vous dis: ains Faites selon (pie Dieu vous l'inspirera, et (pic vousjug pour le mieux. Bien que voire maison d'Autun demeureun peu
faible de biles, je ne m'en soucie pas; car, avec l'aide de Pieu
el voire présence, il n'j a rien à craindre.
Si vous ne jugiei pas (pie vous eussiez de Supérieure capable, peut-être (pie la Mère de Moulins pourrait en donner une, non
noire Sœur [moi illisihli |, mais une autre dont j'ai oublié
le nom, (pli BSl de fort bonne mai-::) <l fille laite. l'um devinei bien m m nom; elle a < l( Si I ai pu le use , mais ( Ile ne I < '
plus. Voilà lootei mei pensé< i sujet, suppliant notre
bon Dieu (I bénir celle œui 1 6, comi i bonté,
je supplie irons con bler de son pur amour avec toutes nos
urs.
Nom voici bien occupées pour les affaires de notre Bienh< i eus Kondateui cela m< 1 1 tiendra i o i ici on < ouple i\<-
mois au plus. Faites fort prier Dieu pour cela. —Il me vient en pensée que si notre Sœur des Marins était bien fondée en l'esprit de notre Institut, il n'y aurait point de mal delà mettre en charge. Je laisse tout à votre jugement; et, fort pressée que je suis, je finis et demeure entièrement vôtre, mais je dis de tout mon cœur et sans réserve. Mille saluls à votre cher cœur
et à toutes nos Sœurs.
Dieu soit béni !
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCXCIV