‹ LettresChapitre 103 sur 281 · LETTRE \I\CV · texte numérisé non relu

LETTRE \I\CV

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Toute voire nécessité, ce me semble, est de vous affermir invariablement dans le train d'une totale dépendance de Dieu et de l'obéissance, perdant et anéantissant là dedans toutes vos réflexions, tous les soins, désirs et vues que vous avez sur vousmême. Mais ceci sans exception que d'une amoureuse, simple et naïve fidélité à vous tenir proche de Dieu, et à faire gaiement le bien qu'il vous présentera dans chaque moment, quel qu'il soit, et nonobstant les répugnances qui vous y pourraient arriver, lesquelles il faut surmonter en les négligeant et ne faisant pas semblant de les voir, ains élevez votre esprit au-dessus de tout par cette unique pratique de regarder Dieu et de faire ce qui Lui plaît, vous contentant de ce qu'il Lui plaira vous donner dans la sainte oraison et ailleurs. Une seule chose est nécessaire : c'est d'avoir Dieu. Voilà pour ce qui vous regarde, ma trèschère fille, et je prie Dieu de vous donner la grâce de le bien faire , puisque c'est la voie dans laquelle j'ai connu que sa Bonté veut que vous cheminiez.

Dieu répand ses très-saintes bénédictions sur votre noviciat; puisque l'union, le recueillement et la simplicité y régnent, tout ira bien. Reste la sainte joie et la liberté d'esprit qu'il faut tacher de leur donner, car c'est l'âme de la vie spirituelle. Je suis particulièrement consolée de savoir que la petite N. aime sa vocation, car étant fille d'une si vertueuse mère, elle me sera toujours en spéciale recommandation.

Peut-être n'aurez-vous plus notre Sœur N. , puisque l'on a envoyé une novice à Meaux ' , bien que celles qui ont cette

1 La Visitation de Meaux avait été fondée le 14 juin de cette année 1G31, par an petit essaim sorti du premier monastère de Paris. Il se composait des Sœurs Marie-Geneviève de Fumes, Marie-Anastase Pavillon, Marie- Simone d'Atlilly, de deux autres professes, une novice, et trois jeunes filies pour le petit habit, u Le nouveau monastère fut bientôt en grande estime : onl appelait le rempart et le boulevard de la ville, un paradis terrestre dont en vertus et dévotion. » (Histoire de la fondation du monastère de ux.)

affliction ne Boieol pas propres aux fondations. Si elle vous est demeurée, tâches de la (aire soumettre à votre direction; que m elle ne I<* fait, c'est signe qu'elle esl attachée a son jugement, <■! qu'elle n'aura que <!<' la peine dans la Religion <■! <ti Fera prou, si Dieu ne survient par une grâce très-grande.

Pour ce qui est de tenir le noviciat pendant la demi-heure du repos, cela se peut s'il ^ a de légitimes nécessités et que la Supérieure le trouve bon; mais, hors de là, il faut laisser la liberté à celles qui ont besoin de repos. !.• - autres peuvent Paire ce qui est de Jour charge, bien que, s'il n'j a rien «le pn elles feront mieux de se tenir auprès «le Dieu et y reposer leur esprit Ma Glle, je vous souhaite le saint amour do Sauveur,

auquel je SUIS de COBUr toute vôtre. .!<' Salue avec vous nos

chères Sœurs novices, el je me recommande aui prières de toutes.

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la bonfé de cet amour éternel ne trouveront jamais étrange de Le voir tant abaisser, que de se communiquer si familièrement aux âmes qu'il prend à soi, coirïme II a fait si particulièrement et dès longtemps cette cbère Sœur. Et je ne doute point aussi que Votre Révérence, qui étant près d'elle, et sait tout ce qui se passe en cette âme, qui vous le déclare avec tant de sincérité, ne se remplisse toute d'admiration de voir la grande bonté de Dieu sur ses créatures, et ne s'enflamme de nouveaux désirs de brûler de ce même feu. Je supplie cette infinie Bonté de lui continuer ses grâces, mais surtout celle de la très-sainte humilité, de laquelle je ne fais pas moins d'état que des autres, parce qu'elle nous tient en assurance en toutes les voies où Dieu nous fait passer en cette vie.

Extraite de la Vie manuscrite de la Mère A.-Marg. Clément.

LETTRE MXCVII

A LA MÈRE LOUISE-DOROTHÉE DE MARIGNY

SUPÉRIEURE A MOXTPELLiliR

Elle loue Dieu de l'accueil que ses Filles ont reçu à Montpellier. — Espérance de voir terminer promptement les aflaires de la béatification de saint François de Sales.

vive -j- JÉSUS !

[Annecy], 19 juillet [1631].

Loué soit Dieu, ma toute très-chère fille, de ce que nous venons de recevoir des nouvelles de ma Sœur la Supérieure de Chambéry, où elle nous dit que vous avez été magnifiquement bien reçues à Montpellier ', après que vous et votre petite troupe

1 La fondation du monastère de Montpellier avait élé faite le 19 juin de cette année L631 par des Religieuses d'Annecy. C'étaient, avec la Mère Louise-Dorothée de Marigny, les Sœurs Gasparde-Angélique Bninicr, llarie-Renée Fabert, Marie-Marguerite de Vallon, Marie-Jacqueline Grossis et Marie-Eléonore de Nouvelles. « Le lendemain de leur arrivée (dit l'Histoire de la Fondation), les Sœurs furent visitées de tous les magistrats, de MM. les chanoines de l'église cathédrale de Saint-Pierre, suivis d'un nom-

ANNÉE 1631. r,2\

avez donné nue très-grande édification el consolation à imm maison- où voua aves passé. Il ne noas manque plus rien, sinon d'avoir nn peu de vos nouvelles particulières, que non- attendons avec beaucoup d'affection. Les nôtres sont très-bonnes, grl Notre-Seigneur : la s tnté continue en cette ville, el nous attendons bientôt ici llgr de Bourges, le Père dom Juste \ esl déjà, si bien que nous espérons voir cette bénite affaire de la béatification de notre saint Père achevée dans peu de temps, ce qui nous console grandement.

.le crois que n<>- Sœurs vous écrivent amplement toutes nos antres nouvelles; mais elles ne peuvent vous dire comme moi combien véritable mont je vous chéris cordialement, sincèrement et maternellement, et imite- nos pauvres Sœurs v<>- chères compagnes que je saine avec vous de tout mon cœur, suppliant

mitre bon Dieu répandre avec ahondanee la rosée de BCS célestes

grâces sur cette nouvelle plante, afin qu'elle croisse «-t fructifie

en tonte vertu et solide piété, par nue exacte observance. \ oitt tout mon désir, ma ti <■>-( lière fille, et que Cette infinie Honte

i donne mie santé suffisante et suifoul la conduite de son

Saint-Esprit en tonte- choses : voila le SOuhaifl de VOtre pauvre vieille Mère, tonte votre.

Tint* à lori;jiu*l garde mi Arcbitei «I «• I* t'iiiUUion .1 \:i

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LETTRE MXCVIII

A LA MÈRE MAIUE-PHILIBERTE AYSEMEXT

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