SUPÉRIEURE A SAINT-ÉTIENNE
Maternel intérêt pour cette Supérieure et sa communauté. — La peste règne toujours aux environs d'Annecy. — Envoi d'un modèle de fourneau. — Saluer respectueusement MM. Roussier et Journel.
VIVE -]- JÉSUS
[Annecy], 25 juillet [1631].
Ma très-chère et bien-aimée fille ,
Je suis tout étonnée de ce que vous me dites qu'il y a près d'une année que vous n'avez reçu de nos nouvelles, vu qu'il n'y a pas encore longtemps que je vous ai écrit, vous faisant réponse à celle où vous nous mandiez l'accident de peste arrivé en votre maison, et avons envoyé la lettre à nos Sœurs de Lyon; mais je ne sais comme elles se perdent ainsi. Croyez, ma trèschère fille, que, si Dieu vous a donné de la dilection pour moi, Il m'a donné aussi une grande correspondance pour vous et votre chère troupe, que je chéris avec une affection toute spéciale et particulière, je vous en assure, et que je suis grandement consolée de savoir les bénédictions spirituelles et temporelles que Dieu répand sur votre maison. Vous avez raison, ma chère fille, de L'en remercier continuellement et d'en être grandement reconnaissante. Pour moi, je ne vous saurais dire comme mon cœur en est touché envers la divine Bonté, a qui j'en rends grâce de toute mon âme, La suppliant de vous les continuer autant que je le souhaile.
Quant à la fille simple, il la faut supporter doucement; c'est une croix à votre maison ; mais patience, vous avez là une bonne
1 La Mère Marie-Philiberte Aysemcnt, professe de Lyon, envoyée en K.22 à la fondation de Saint-Etienne, y succéda à lu Mère Françoise-Jéronyme de Villctle, puis gouverna successivement les monastères d'Api, Rioni et Ifontbrison. Toujours et partout sa conduite interpréta mieux encore que lei paroles celle grande maxime qu'elle se plaisait à répéter : « Obscrparfaitement la Règle ou mourir. »
occasion de pratiquer la charité e( plusieurs vertus de ;
ode utilité pour vos âmes, .^u n ste, ma fille toute chère, je unis donne assurance que nous noui portoni bien, grâi \oii Seigneur, et que la santé est très-bonne en cette ville, bien c] ii<* la peste Fasse toujours un peu la guerre aui autres de ce paya et à quelques villages <1 'ici autour; mais Ton esi que Dieu \ donnera remède, a \\ Lui plaît.
Noos attendons l>î<-ii t<">t ici dos commissaires pour achever les affaires de la béatification de notre Bienheureui Père. I aites fort prier Dieu pour cela, s'il tous plaît; «i si vous savei (jurlqu'un «'n vos quartiers ou aui environs, qui ail reçu quelques grâces par ses intercessions, maudex-nous en ilrs attestations (li- ceux qui les nui recuis, en la meilleure forme qu'il se pourra.
Nous vous envoyons le modèle des fourneaux, tiré sur du papier; mais parce qu'il est un peu malaisé a entendre, nous
avons uiis ce papier qui VOUS en donnera l'intelligence; ren-
voyes-le-nous, s'il vous plaît Nos Sœurs de Lyon nous Feront bien plaisir de ne plus ainsi égarer nos affaires ci dos I' im» - - .le n'écris point a notre Sœur M. I . Raton, parce que je n\ n ;ii pas N' loisir, ci que je vois qu'il n'est pas n< re; m
la salue clièremenl a pari, cl (OU tel D< I Sœurs en gén< i.d I I BU
particulier, leur souhaitant l'abondance de l'amour sacn . 1 1 aux \ » rtueux MM. Roussier et Journel que j«' salue très-humblement, me 1 mandant à leurs pri res ( est sans loisir que
je vi ■• unmcssagci tenu exprès d'une de nos maisons,
pour n'en p pi dre l'occasion , cm ell<
■ de la pesli' qui rsl I Je salue \olre âme « 1 1 1 1 m < il
; que je tiens lou - mon < a ur. le salue
aussi louh ; t > os d( n\ < lu i es veuv< J .
LETTRE MXCIX (Inédite)
A LA MÈRE MARIR-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE AU DEUXIÈME MONASTÈRE DE PARIS
Prochaine arrivée de Mgr de Bourges; désir qu'il soit accompagné de Pévêque de BelIcV' — La Mère de Bigny demande à faire un voyage à Annecy.
VIVE -J- JÉSUS
[Annecy], 26 juillet 1631.
Ma très-chère fille,
C'est fort à la hâte que je vous écris ce billet, pour ne perdre l'occasion de ce messager, pour vous dire que je suis fort en peine de ce que, depuis votre départ pour Troyes, je n'ai point eu de vos nouvelles. Je vous conjure, ma très-chère fille, de nous en envoyer, et [nous dire] si vous avez fait remettre nos lettres à notre bon Mgr de Bourges et à Mgr de Belley , et si vous aurez bien ménagé l'affaire, afin qu'au défaut que Mgr de Belley ne puisse venir, M. Ramus vienne; mais nous aimons bien mieux Mqrde Belley. Enfin, je connais bien maintenant que vous êtes ma grande très-chère fille, car j'ai un peu de peine à supporter une si longue privation de vos lettres; faites-nous-en donc part au plus tôt, je vous en conjure. Nous attendons Mgr de Bourges pour le 14 du mois prochain; cependant nous faisons toutes nos diligences pour lui tenir de la besogne prête. Voilà, ma toute chère fille, ce que je peux vous dire par notre messager de Moulins, qui est venu avec des lettres fort pressantes pour me faire agréer que [la Mère de Bigny] Supérieure de là vienne ici pour voir ce qu'il y aurait de mieux à faire pour ma Sœur Marie-Aimée [de Morvillej ; si vous pouviez tirer quelque chose des sentiments de ses parents, faites-le-moi savoir. — Ma Sœur la Supérieure de Lorraine nous écrit qu'elle a envoyé une belle aube à notre Bienheureux Père; nous ne l'avons pas reçue, ni lettres aussi. Si elle ne s'est pas adressée à vous, informezvous si elle ne serait point au grand monastère.
ne copie de l'original ,'jardé à la Visitation de Cliambéry.
AXNEE 1631.
LETTRE IIC [InédiU
\ \.\ mi :i:r. M IIIB- \i\n.i; DE BLON 11
SI li fil, UIMI Un\>>T. || M l\.,\ '
Difficulté* îles Scran deCondrieo. Sagesse <'t pradenee de la Sainte pour y ren I.i n t à Crémieux. — Li Supérieurs «luit ligner elle-mérns tes h tires.
VIVK ~ JK-
Annecy. -i août |fl 11
M | TIU.S-CHlillK FI 1.1. B,
le oe suis pas sans déplaisir de voir que nos lettres ne vont pas jusqu'à vous. Par trois diverses fois je vous ai écrit mon
petit sentiment sur le sujet de l'affaire de DOS Sieurs de Cou*
drieu, puisque vous le désiriex, et toujours j'ai dit qu'il la fallait
manier avec douceur et patience. \ <»\, e/-vous , ma tres-elière fille, celte bonne Mèi e la [ If.-D. (iouberl] a l'esprit fort et lion;
[mais elle] n'avait pas accoutumé les aécessités, avant [en qualité d'économe] gouverné longtemps votre maison, qui ne se ressentait, grâce à Dieu, d'aucune [gène excessive]. Mlle s'esl trouvée en de très grandes disettes, accablée des mauvaises saisons, chargée d'une grande famille en ces pauvres petits lieux, d'où elle ne pouvait recevoir le lecoun nécessaire, leur maison
mal placée, de pou de recrealion et commodité-. Parmi tant
(le choses qui la peinaient, elle n'a pas eu assez de force «i confiance en Dieu pour retenir ^<»n espril dans ses bornes accoutumées. Elle l'a laissé échapper en des plaintes qui pouvaient donnei quelque soupçon à Mgr votre très-digne cardinal, que votre conduite, en l'établissement de cette maison de Condrieu, n'eut pas i lé accomj de toute la prudence «t charité qui
i equise en tel sujet (ici t. nnme je lui ai cent.