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l>4-2 LETTRES DE SAINTE CHANTAL.

quelque chose. Je le crois bien, ma très-chère fille, que vous vivez maintenant comme des enfants; mais ne voyez-vous pas que les autres portent votre croix? Mais, ma chère fille, puisque vous avez senti et expérimenté la pesanteur des croix? faites si bon choix des esprits que vous recevrez désormais, que vous ne vous chargiez plus de telles croix.

Conforme à une copie de l'original gardé au premier monastère de la Visitation de Paris.

LETTRE MCIX (Inédite)

A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE

SUPÉRIEURE AU DEUXIÈME MONASTÈRE DE PARIS

Quelques passages à rectifier dans l'histoire de la fondation de Troyes. — Une Supérieure doit tâcher de ne pas laisser de dettes ù celle qui lui succède. — Retard des affaires de la béatification.

VIVE f JÉSUS !

[Annecy], 6 septembre [163 1J.

Ma chère fille,

Je vous ai déjà répondu sur vos lettres écrites dès votre retour de Troyes. Mais je bénis Dieu derechef de ce qu'il vous a fait souffrir en Le servant, et que l'œuvre de sa gloire n'a pas laissé, nonobstant toutes les traverses du monde, de s'achever heureusement, à la même gloire de sa divine Majeslé et au salut de ces chères âmes. — Nous avons vu voire fondation de Troyes, qui est écrite d'un style simple et naïf, ce qui me plaît merveilleusement; j'y ai seulement remarqué qu'il me semble qu'il ne faudrait pas dire que Mgr de Troyes n'est pas estimé ; mais vous pouvez bien dire qu'il n'est pas aimé, à cause qu'il supporte les maisons religieuses; et que là où vous parlez de la rusticité de ces Messieurs, il le faudrait faire avec le plus de douceur qu'il est possible. 11 faut aussi nommer les Sœurs que vous avez employées et laissées à cette fondation. Voilà comme

je correspond! à ma très-chère fille, qui traite av< c moi avec noe entière franchise, el moi de même avec elle.

Voua ave/ raison de faire ce qu'il vous est possible pour la sauté de votif bonne assistante, car c'est une digne fill< Il ne sera que bien que, quand elle iera remise, si elle le peu! faire, vous la retournies au noviciat; et cependant vous aurai éprouvé la conduite de ma Sœur Ifarie-Euphrosine [Turpin]. Je suis bien aise que raa Sœur \. soit auprès de vous : c'est une fille qui ne manque point de belles paroles, car elle discourt fort bien de la perfection; mais elle a besoin de s'appliquer lérieusement a l'acquisition des vraiei vertus d'humilité, amour

à la pauvreté et abjection, et enfin de prendre l'esprit religieux.

Huant a ma Sunir \ , hélas ! il e>t vrai, ma tro-ebere fille, elle

n'est occupée que d'elle-même; c'est aussi \\n esprit ou le vôtre très-bon trouvera bien de quoi exercer m charité. .!<■ leur réponds a l'une et a l'autre courtement; car véritablement, s'il n'i a quelque nécessité ou utilité, il tant que les filles se contentent que j'écrive aux Mères, autrement je ne pourrais subsister parmi tant de lettres. Elle me dit, m i Sieur V, que vou<*

n'avei pai confiance qu'elle se découvre bien a vous, mail qu'elle le fait pourtant fort simplement, el même naïvement;

re que votre charité exercée envers elle ne sera pas sans utilité.

J écrii bien a ma Sœur la Supérieure de la ville que je cro -

bien qn elle aiuiodna ÛVeC VOUS pour ce qui n ; ,.ide ni i

1 nr M. II., et qu'elle le fera d'autant plui facilement qu'il me mble que voui leur devei encore quelque choi I ne lui pub- punit d.s quatre mille livres car pourquoi oc vous <\<>unerait-elle pi- la dot d'une tille qu'elle i < ci v i i a ia place, qui le moins de sept ou huit mille livi i . n il but qu'elles \ <ai> quittent ce que vooi U ni s, et qu'elles tien ! .,

la pauvn té de votre maison Quant aui < baritéi que nos Sœur* les Supérieurei n al de vous, je mis très-aise que voui

les assistiez; mais aussi je crains qu'elles n'abusent de la bonté et franchise de votre cœur, et je vous prie de me dire celles qui le feront j car nous autres, qui ne sommes que passagères en la supériorité, laissons quelquefois des charges es maisons qui donnent sujet de plainte et mécontentement à celle qui nous succède et à nos Sœurs. Je l'écrirai bien à ma Sœur la Supérieure de Nantes, et qu'il faut qu'elle fasse en sorte qu'avant que votre triennal soit fini, elle affranchisse votre maison de toutes ces cautions et dettes faites par elle, afin que les Supérieurs n'aient pas sujet de mécontentement de ces choses-là. Voilà ce que c'est : l'on veut faire des fondations, et puis il faut que les autres maisons les soutiennent; et, ce qui m'est plus fâcheux, il faut quelquefois les décharger des filles qui donnent de la peine. Certes, je l'ai dit franchement à ma Sœur la Supérieure de Moulins qui est maintenant ici et qui est allée envoyer huit filles pour la fondation du Croisic et des filles faites on sait comment ' ! tout cela est maintenant à la charge de la maison de Nantes. Voyez-vous, ma chère fille, il leur faut mander, quand elles vous demanderont de grosses sommes, que vous n'êtes plus que pour trois ans en charge là, et que vous n'osez pas dépourvoir votre maison, qui n'est ni fondée ni bâtie, pour prêter cela sans l'avis de vos Supérieurs, qui ne vous le permettront pas, et qu'il faut qu'elles aient recours aux maisons dont elles sont sorties, et enfin comme vous savez qu'il leur faut représenter les nécessités de votre monastère; car, il est vrai, il leur semble que pour être dans Paris, l'argent vous abonde, et cependant ils s'accommodent quelquefois mieux avec

1 La Mère Marie-Angélique de Bigny avait effectivement fait partir les huit Religieuses destinées a la fondation du Croisic; mais rien n'étant encore disposé pour le nouvel établissement, elles durent séjourner plusieurs mois ■a monastère de Nantes. Grâce au zèle et au dévouement de la Mère de j;; < >sund, qui en était Supérieure, leur installation au Croisic put avoir lieu le 28 septembre de celte année 1G31.

awti: 1631.

ce qu'on leur prête, que ne font pas les maison! qui l'ont la charité.

Or sus, il ne faut donc plus rien dire à votre charité, ni à celle de nos Sœurs qui veulent accomplir l'ornement «le notre Bîenhenreui Père ; mais, comme vous dites, j'espère qu'il voui en récompensera et nous l'en supplions de tout noire cœur) par

une abondance de son double esprit, qu'il mus donnera pour

le répandre sur lonte voire chère Camille, où il vivra et régnera à jamais, moyennant l'aide de Dieu; j'en ai cette conGance.

Au reste, Chambérj est net, connue tout le pays s'en va aussi être, Dieu merci. — iït quant au retardement «les affaires de

notre Iticnlicui eu\ Père, je vois bien qu'il en faut boire le calice, Car il a'j a nulle apparence d'exposer notre bon prélat [l'arche-

véquede Bourges] au travail du chemin en l'étal où il est. Dieu le feuille conserver, s'il Lui plaît, car c'est ce qui est a désirer,

d'autant que le emur et l'allection ponrcelte sainte besn;;ne ne lui manqueront jamais; mais il faut tenir les affaires nonces, afin que, l'il M peut, il vienne au moins ce mois de mai prochain,

pue.- qu'il faut nécessairement que le Père dom Juste aille en

Piémont le mois d'avril, et si celh affaire n'esl faite auparavant

cela, j'en désespérerais quasi; mais je crois que ce retardement k ps g tuse que tout en sera plus prêt, et que trois semaines on un mois de léjour ici de Ifgr de Bourges loffira. Il faut bien tenir Mgr de Bellei en m bonne volonté de venir. - - C'est bien

i, nu tirs chère fille, qui voui i préservée! do mal conta-

i\ 1 1 a béni la charité «pie vous hisiei i ces bons Pi res, Je

vous conjure de vous conserver le plus qu'il vous sera possible,

votre chère personne m'est p|oi précieuse «pie jamais,

et votre maison loojoun § » 1 1 1 -s chère ; fermez donc votre -• • t min parloir, je vous I n prie, afin que le mal ne vous

(Mi/ hardiment m que vous voudres des Réponses et lei laites

impuni, i . i, iicve] le trouve bon, et le I», re dom

Juste aussi ; mais je vous enverrai encore un mémoire de quelque chose pour y ajouter; si je ne puis à cette heure, ce sera une autre fois. Nous avons fait ienir vos lettres à M. le président, sûrement. — Je m'avise que ce qu'il faut ajouter du sentiment de notre Bienheureux Père, touchant le refus total que nous devons faire des abbayes et prieurés, doit être mis au commencement; ainsi il le faudra attendre, aussi bien rien ne presse de les faire imprimer. Ma toute vraie très-chère fille, que mon cœur chérit plus que soi-même, je suis plus que vôtre. Jésus soit notre tout. Amen.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.

LETTRE MCX

A LA MÈRE ANNE-MARIE BOLLAIN

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