M \ PILLE
Mais je dis de tout mon cœur, ma tille très-chère, BOuffrei
ma brièveté, car mes yeux ne veulent pis me laisser écrire; et bénisses Dieu, derechef avec moi , de la miséricorde qu'il a faite a votre pauvre Sœur l'assistante. Il fallait que, par cette conduite de la Providence paternelle de notre hou Dieu, tout ion Iracassemenl fût découvert, afin qu'il tût mieui guéri, et
<pie toutes les antres en liraient profit, el reconnussent plu-
clairement votre c r el ce «pie Dieu a mis en vous; et me
i wes, ma fille, que je crois (pie ma conduite en toute cette affaire a été guidée de Dieu, au mu in- [je] n \ ri i b lis que Lui < i .i gloire i " ici lervantes. Voua pouvea pi n-< i que je ne manquais paa de douleur parmi i<>m cela; carjesuia fort jalouse delà perfection de nos maisons, le digère tout cela entre
Dieu el mon .une, et i\r\c/ V0U1 ISSUH r «pie je n' ai i i « ri dit
ni lait contre vous, car en telle occasion, je me tiens ferme du côté qu'il faut. Que si je ne le vous dis pas, croyez que ce n'était [pas] faute de confiance, Dieu m'en ayant donné beaucoup pour vous et une fort grande affection ; mais Dieu ne me suggéra pas de le faire. Demeurez en paix de ce côté-là.
Vous avez sujet de vous contenter, et n'admettez point, je vous prie, ces pensées, que vous n'êtes pas en grâce : ce sont de vraies tentations du diable, qui vous veut troubler et abattre l'allégresse de votre esprit, et, par ce moyen, vous rendre moins utile à votre chère petite famille, qu'il est marri de voir que vous cultivez courageusement. Croyez-moi donc, ma fille, et m'excusez. Je salue toutes nos Sœurs, surtout votre chère àme, et nos anciennes. Dieu répande ses bénédictions sur toutes et soit béni!
[P. S.] Gardez-vous bien de mettre votre Sœur l'assistante au noviciat. — Que nos Sœurs qui m'ont écrit m'excusent ; je ne pois écrire. Faites prier pour une affaire qui regarde l'Institut.
Conforme à l' Original garde aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCXCVI