AU PÈRE DOM GALICE, BARNABITE
A MOXTARGIS
Les vertus de la Àlère Clément ne permettent pas de douter de la réalité des faveurs extraordinaires dont elle est comblée.
vive f jésus!
[Annecy, 1632.]
Mon Très-Révérend Père,
Je vous remercie très-humblement de la peine que vous avez prise de m'écrire si au long l , de ce qu'il plaît à la bonté de Notre-Seigneur d'opérer en cette bénite âme, et des bons jugements que Mgr l'archevêque de Sens et les Révérends Pères de Condren2 et de Suffren 3 en font. Je ne crois pas qu'à présent il soit besoin d'en avoir de plus grande certitude, craignant, comme vous dites, mon très-cher Père, que quelqu'un ne jetât de l'inquiélude dans cet esprit de paix. Pour moi, connaissant la véritable humilité, sincérité et simplicité de cette âme, comme je fais dès si longtemps, il me serait quasi impossible de pouvoir douter que ce qui se passe en elle ne soit pas de Dieu. Et je vous dirai, mon Révérend Père, que dès son enfance on a vu
1 L'original de cette lettre, conservé aux Archives de la Visitation d'Annecy, porte la date du 13 novembre.
2 Le Père Charles de Condren , second Supérieur général de l'Oratoire (né en 1588, mort en 1641), dirigea les âmes les plus éminentes de son siècle dans les voies de la perfection, et se rendit aussi remarquable par la profondeur de sa science que par l'éclat de ses vertus. « Aucun homme n'a jamais parlé comme celui-là », disait saint Vincent de Paul. A son tour, sainte de Chantai ne craignit pas de s'écrier après l'avoir entendu : « Si notre Bienheureux Père est capable d'instruire les hommes , le Père de Condren est capable d'instruire les Anges. »
Le Père Jean de Suffren, Jésuite, confesseur de Louis XIII et de Marie <!'• Merlu is, célèbre par ses talents pour la chaire et la conduite des âmes, le fut plus encore par la sainteté de sa vie. Il décéda à Flessingue en 1641)
reluire en elle des gràci - prévenantes et forl extraordinaires à
celle- de son âge, <-t qu'étant reçue <m cette maison, l'on vit tout aussitôt éclater lei vraies v« rtus religieuses en ses actions el Dieu l'attira toute a Lui par des clartés i I sentiments de d lion toit particuliers, comme «lie pourra duc a lotie I!
•. .fr reconnais par la lettre qu'elle m'a écrite, qu'elle veut toujours un peu agir, et cela lui provienl de l'ardent désir qu'elle a de plaire à Dieu; mais je pense, mou très-cher Père , que toute son affaire esl de laisser taire a N'otre-Seigneur, et qu'elle le regarde simplement, sans divertir sa vue ailleurs.
l)i ii ayanl mis cette lionne .'une il votre soin et direction, Il fOOS
ne de même les lumières requises pour sa bonne conduite;
■nfin, il \ a de quoi grandement louer |)i< u, el elle t$\ bien
heureuse d'avoir rencontré lotie Révérence, qui prend un soin
si paternel d'elle. La divine Honte vous en récompensera bien, outre que je crois, mon très-cher Père, que cette charge vous esl légère et a soulagement Conserves uw souvenir dans vos saints sacrifices de celle qui vous souhaite le très-pur amour de Notre- Seigneur, et qui esl «le cœur, vôtre, etc.
LETTRE MCWW I A LA mm.i i "i ISE-D0B01 m I IIGN1
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prélat. — Souli
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\1\ trks-uikre un .1. que. mus aine/ in liut. liant i.<u quantité de nos
lettres que le muleti< i de Mgr vol ne prélat vous i port(
Du depuis non s < n .iv on- !.. il une des \..|| , ^ y u laquelle vu-
li LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
vous plaignez toujours de n'avoir pas assez souvent de nos nouvelles. Croyez, ma très-chère fille, que je voudrais bien que nous eussions quelque commodité assurée pour vous écrire tous les mois; mais je vois bien qu'il se faudra contenter à moins. Nous vous écrivons pourtant bien aussi souvent que vous à nous ; et maintenant, nous envoyons ce billet à ma Sœur la Supérieure de Lyon , m'imaginant qu'il y aura là quelques marchands de Montpellier qui le vous porteront. Nous n'avons pas grand'chose à vous dire pour ce coup, sinon que tout va ici à l'ordinaire et tout y est en santé, grâce à Notre-Seigneur, hormis notre pauvre Sœur M.-Gabrielle [Clément] , qui est toujours toute traînante
Mgr de Bourges et Mgr de Belley seront ici infailliblement après Pâques, moyennant l'aide de Dieu, pour parachever les affaires de notre Bienheureux Père. Il ne se peut dire l'affection que ces bons prélats témoignent pour cela. — Ma Sœur la Supérieure de Chambéry est enfin revenue pour les Avents; elle a ramené la petite nièce de Mgr de Montpellier, qui est bien jolie fille, mais qui n'a point d'envie d'être Religieuse. Cette chère Sœur nous a dit merveille de la bonté et charité et des assistances que ce bon et digne prélat vous fait, lesquelles continuent toujours et son affection paternelle envers vous, ce qui me console infiniment, et me donne des sentiments de dilection et de reconnaissance envers lui, que je ne saurais exprimer.
Ma fille toute chère et bien-aimée, je n'ai loisir de rien ajouter, aussi n'ai-je jamais guère à dire qu'en répondant. Ce mot n'est seulement que pour saluer votre bon et cher cœur de tout l'amour du mien chétif et toutes nos Sœurs. Je vous laisse toujours le soin de rendre mes devoirs à Monseigneur et à qui vous le jugerez à propos. Notre Sœur de Châtel me dit que vous avez force prétendantes. Je crois que vous ferez très-bien d'en recevoir quelque nombre promptement, y ayant assez longtemps que vous êtes là pour les avoir reconnues, et puis il est
a.wi.i; 1632. 15
temps de !<• taire, cela satisfait et en attire d'autres, lia pauvre -chère fille, mon coeur est autant vôtre que mien; qu'il soit sans r< lerveaa doux Sauveur, qui Boit béai.
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LETTRE UCXXXVII
I 1. 1 mi.iii; ANNE-MARIE ROSSET
. .M.IRF. A (Ri Ull l |
H.'itrr le retour <Ie sa commoMutf u mon*st< re. — l n<' Supérieura <l«>it tenir ou cn-iir <lc ses filles. — De la lÙDplicîté «lu i liant. — \i is touchant une -infirme.
I IV K y Jh.-l
[Èamm , 1633.] M\ rtftS-CHÈlB PILLE,
NOUS ruons été bien ;ii>e de .-avoir de VOS nouvelles par voire
grande lettre. Loué soit Dieu qu elles sont toutes bonnes. — Pour ce qui regarde mire retour à Crémieux, puisque rous voulez, que je vous en dise encore mon sentiment, il e>t que je voudrais que vous \ fussici déjà, puisque la ville est nette1. Oui, vous pourrei laisser entrer les dames qui vous mpagneront, dans votre maison, tout ce jour-là, el ) aller en prodepuii la porte de la ville, >i vous voules. Il Oral que nos Sœurs soient 1* î«- 1 1 soigneuses de m tenir dans la mod( recueillement i d cette i mme en toute autre, afin de
(loiin. i bonne édification.
luis l»i le la bonne résolution que vous prenei de traiter
cordialem< al 1 1 < onfid< mmenl ir N.; car, l'un d< -
que puisse I lire une Supéi ieui • . < est de tenir les
espi » t > ei I le ses S a paix el » ontentement el unis
• i I litauMot ;
sur la l I
avec elle par la confiance qu'elle leur doit donner. Je ne doute pas que cela ne lui profite beaucoup; car ayant son esprit en paix, elle s'appliquera mieux à se former aux pratiques des vertus dans l'exacte observance. Je la salue chèrement, cette chère Sœur, n'ayant le loisir de lui écrire pour ce coup ; mais je la prie qu'elle se tienne attentive à Dieu et à son devoir par la fidèle observance.
Au surplus, je suis consolée de savoir le courage qu'ont nos Sœurs pour se bien mettre dans l'exacte observance dans leur clôture. Je les en conjure de tout mon cœur. Il est vrai, ma chère fille, que le chanter plus simplement est le plus beau; nous faisons ici retrancher les fredons des litanies aussi bien qu'ailleurs; car l'on n'en use plus. Je l'écrirai à ma Sœur N.; mais en attendant ne laissez pas de le lui dire.
Quant à ma Sœur N., étant si bonne et vertueuse et ayant l'habit dès longtemps, ce ne serait pas mon sentiment de la rejeter pour ses infirmités de corps, si elle apporte de quoi se faire servir en la Religion , parce qu'elle peut observer les principales règles de l'humilité, obéissance, douceur et les autres qui regardent l'esprit. Néanmoins, si elle n'était pas reçue et avec l'habit, je pense qu'il ne la faudrait pas prendre; mais puisqu'on en est si avant, étant bonne, je ne vois pas qu'il la faille renvoyer.
Ma très-chère fille, Dieu vous remplisse de ses plus saintes grâces et toutes nos Sœurs que je salue chèrement, vous demeurant à toutes de cœur, vôtre, etc.
Conforme à une copie faite sur l'original par la Mère Rosset elle-même. Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE UCXXXVIIl
\ i. \ miiii: M 11IE-PHILIBEBTE 11 SEME \ r
SOTKRIM II A SUNT-KTI
I.i droiture et U •implicite' Attirent h Dieu. — Lesécrita iron
- I.- «luiiiiit rtrc !.i iiuiirritiirc onlin.iir. Filli-s. — Il i
r le nombre de quarante R
\I \ Ti;i.<-<:iiKiu: nu i:,
Votre lettre m'a dé âne bonne étrenne pour la singulière consolation qu'elle m'a apportée, y voyant comme Notre-S gnenr continue à répandre ses bénédictions spirituelles et temporelles sur votre chère famille. la crois, ma très-chère fille, que la bonne loi, droiture et simplicité de votre bonne conduite est si agréable à Dieu qu'elle sera cause qu'il accroîtra de plus
en plu- râcet et laveurs célestes BUr vous et votre chère
troupe, ainsi que de tout mou cœur j'en supplie sa Bonté.
Oh! non certes, ma fille, je ne doute point de \nlre dilecliou
entera moi, ai de celle de dos chères Sœurs vos filles, car je sais bien qu'elle est cordiale et sincère, comme aussi je vous puis assurer que la mienne envers wiih est telle et ii lèle. El je
me i nnleute d'elle assurée de votre affection de toutes, pour
croire que vous ne m'oublies p ts en vos pi qui est
1 .11 plus de besoin et «pu- je vous demande de tout mou cœur: ma très-chère fille, me voici aujourd'hui entré mon
année soixante-unième avec m i< s beaucoup de confusion de les avoti h mal employi I i il pourquoi je désirerais bien que le
peu «pu m BU reste fût au moins employé à vivre «1 m> une sainte tinte de Dieu, et entière ni »ei> sauce à tou(< volontés; mais
mon indignité m'empét be quasi d'oser espérer un \ ad bien, lequel pourtant je vais suppln m'ohlcnir de s.i divine
M' et v.Mis remercie tres-cordialcment d'avoir lut faire
les prières que nous vous avions demandées. — Je bénis Dieu de ce qu'il lui a plu donner un peu de convalescence à vos pauvres infirmes pour se remettre en la communauté. Je prie sa Bonté leur donner la force d'y persévérer longuement. C'est une grande bénédiction, ma très-chère fille, sur votre communauté que, parmi le grand nombre que vous êtes, il n'y ait point d'esprit fâcheux, sinon un peu votre pauvre simple, laquelle encore, je pense, n'y fait pas grand mal.
Mon Dieu! que nos Sœurs ont bien raison, ma chère fille, de ne point désirer les communications au dehors, et de se nourrir des viandes solides et délicates que notre Bienheureux Père nous a laissées; car nous y trouverons tout ce dont nous avons besoin. Dieu nous fasse la grâce d'être fidèles à ne le chercher ailleurs ! — Je vois que votre nombre s'en va bientôt jusqu'à quarante : certes, ma fille, quand vous y serez, il ne faudrait pas passer plus outre, car c'était le sentiment de notre Bienheureux Père qu'on n'allât pas plus avant que ce nombre-là. — Je salue de tout mon cœur le bon M. Journel et prie Dieu qu'il le rende tout agréable à ses yeux divins et toutes nos chères Sœurs aussi, que je salue chèrement, vous conjurant derechef toutes de me témoigner votre chère amitié en priant notre bon Dieu pour mes besoins, à ce que je le puisse servir avec humilité et pureté, et que je vous puisse témoigner combien véritablement et de quelle affection je vous suis et serai toujours, ma très-chère fille, votre, etc.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE \li:\\\I\ .\ la MÈRE M IRIE-JACQI IBLINE 1 w RE
Ml ut HUUBTÉU OB PARIS
Dieu eofoic 1 1 ouftTram > itu >mme on
.îmour. — La Visitation M maintiendra par l'humilité. — La S Ifl n'appronvr pa» une mt'3>e ni riiUMijur.
\nn-cj . 2". jîiui I
C'est bien tout à la hâte c 1 1 1 « * je VOUA lais ce billet, ma tant
chère 611e ; mais, sollicitée par l'extrême compassion qne j'ai <!<• votre mal, je De veux retarder de vous envoyer cette recette que l'on dit être excellente poor adoucir les douleurs d'hémorroïdt s.
(,'• i !• ij vous les souffres au corps et moi dam l«' cœor, bien que
je VOie eu (ont cela (1rs elfets d'un spécial amour de Dieu qui veut de plus en plus VOUS épurer et alliner dans ces tourments, pour rendre votre union avec sa bonté plus parfaite et excellente. Hélas ! qu'il est aisé de dire lejlai voktnku fut emmj louceura ou choses indifférentes et qui noua touchent peu; mail de le dire sani exception dans les sentiments dc> douleurs et ennuis, *\r> mortifications el abjections, certes, cela n'app irtient qu'à l'amour pur etfort. Ohl que bienheureuses sont les Imes traitées de cette sorte et qui ont la <j< sérosité de !«• supporte! I le supplie l'infinie Honte de vous fortifier de plus < a
plui ( m cette voie. le n'écris point à voire < hère Sœur la
directrice, qui m's bien bit plaisir de nie mander la solennité de 1 1 (ête de notre Bienheureui Père ' ; c'était un vrai saint, solide
et vrai imitateur de SOU [8auvour|. Dieu icuille lirer -i ;;loire
de I bonnes intentions