A ARLES
Excellence de la voie de simplicité. — Il est très-utile de passer par les épreuves intérieures; avantages qu'on peut en retirer.
VIVE -f JÉSUS !
[Annecy], 5 février 1632.
Non, je vous supplie, ma très-chère fille, ne vous détournez jamais de cette très-solide et très-utile voie de la sainte simplicité en laquelle Dieu vous a mise, et je remercie sa Bonté d'avoir voulu, avec sa divine lumière, confirmer ce que je vous en avais écrit. Demeurez donc invariable en cette résolution, quoique vous entendiez dire des merveilles des autres voies. Laissez-les suivre h ceux à qui Dieu les donne, et suivez toujours la vôtre; car cette unique simplicité et très-simple unité de présence et abandonnement en Dieu les comprend toutes, et d'une manière très-excellente, ainsi que je m'assure que votre âme l'expérimente par les lumières et mouvements intérieurs qui la portent lonle a l'union intime avec son Dieu et au détachement de toutes Cnoseï créées, qui esl la fin de toute bonne oraison. Or, remar-
A\.\i;i; I6SÎ.
qucz (jue les autres poiei conduisent là, efl que celle-ci j esl arrivée. Ce sérail donc une (bile à celui qui tiendrai! en sa main quelque chose de précieux, de le quitter pour l'aller chercher
ailleoiï : VOÎlè pour ce premier point.
Quant an deuxième, Dieu vous a soustrait les vues et sentiments de s< i richesses pour on temps, àceqneje vois, et j'en suis
consolée, car c'est chose Irès-utile, voire, nécessaire ,i l'âme, de passer par telle .'lamine, l'ous en ave/ expérimenté les fruits qui sont la coud ussance de notre impuissance el misère, el une plus grande pureté et nudité d'esprit. Dieu, par on amour très-grand, nous dépouille des affections el sentiments plus râbles et spirituels, afin que ses dons n'occupent pas nos cœurs, mais lui seul et son hou plaisir. <m! qu'heureuse esl l'âme qui se laisse manier sans résistance an gré de ce divin
Sauveur! Ce serait, ce me semble, le contrarier, qui voudrait
en ce temps de délaissement se forcer à faire dc> actes de l'entendement on de la volonté, soit pour s'exciter an l>icn i u pour repousser le mal. le crois doue que l'âme qui esl réduite dans cette extrême impuissance, ténèbres el insensibilité
doit ((intenter de m laisser très -simplement à la merci de I I
miséricorde de Dien par un très-simple acquiescement a tout ce qu'il lui plaira (aire d'elle, sans le vouloir même sentir, m en faire l'acte; .uns par an simple reg il en Dieu, d< suprême pointe de l'esprit, qui ne veut résister <n rien i Dieu, aini con* ni i tout ce qu'il lui plaît El faut se confc nier du même très-simple regard .i la rencontre dn mal, ne lui n tant qu'en lui déniant 1- ntemenl et l'acte, Et surtout, ma
tre>-( -In re lillc, il faut absolument reti .m. le r tontes SOHOI de
ut p a lemblanfl de le voir, quoique nous le m ations bi a , dn r dans
I ;ii!i un e, .li un e, patiente et sans ri< n vouloir, attendant en po\ le bon plaisir de Dieu, «t i lanl redoubler, s'il se peut, nuiie fidélité en la prati le toutes vei t
selon les rencontres, employant généreusement, et malgré nos répugnances et dégoûts, toutes les occasions que la Providence céleste nous présentera pour cela chaque moment, sans en faire élection, ni les prévoir de plus loin, et cela comme en trompant notre mal et ne faisant semblant de voir nos répugnances.
Vous me demandez encore si l'âme conduite par la voie de cette sainte présence de Dieu, ayant la liberté quelquefois d'agir, si elle le doit faire? Je dis que non, sinon lorsqu'elle se sent attirée de Dieu, ou obligée par quelque devoir de sa vocation; mais il n'y a nul mal de s'abstenir de faire ce que nous connaissons appertement qui nous peut incommoder, quand légitimement nous le pouvons faire, au contraire nous le devons. Les âmes qui se sont totalement abandonnées au soin de la divine Providence se doivent, tant qu'il leur est possible, s'oublier d'elles-mêmes et de toutes choses par ce continuel regard de Dieu; mais, quand elles sentent quelque mal ou peine intérieure ou extérieure, elles doivent simplement l'exposer à leur Supérieure, pour [faire] ce qu'elle dira, lui laissant le soin du surplus, surtout en ce qui regarde nos corps. Toutes les actions d'une âme remise à Dieu et de celles qui veulent faire une excellente vie se doivent faire purement pour son bon plaisir, soit qu'elles y soient incitées intérieurement ou non. Jésus! non, ma fille, il ne faut pas laisser les pratiques des vertus dont nous avons la vue à dessein d'en tirer notre confusion, ce serait une tromperie; mais quand, par faiblesse et surprise, nous les omettons ou faisons quelques défauts, alors il faut employer la sainte et tranquille confusion de nous-mêmes, nous anéantissant humblement et doucement devant Dieu, selon notre manière simple. Jamais vous ne devez disputer avec vous-même pour la pratique des vertus, ains sitôt que vous en apercevez l'occasion, vous la devez embrasser, et suivre toujours la lumière du bien que Dieu vous présente. De les rechercher et inventer, je ne vous le conseille pas; mais seulement d'être totalement fidèle à celles
a.wi.i: 1632, 25
qui se présenteront dans l'exacte observance de notre Institut, et dans les événements, de quelque pari qu'ils viennent, sous offrant efl unissant toujours à Dieu en toutes choses, selon votre manière très-simple.
lous voua êtes fort bien exprimée par votre lettre, ma trèschère fille. <Hi! ne sais-je si je vous aurai bien enfc ndue, il me emble; mais je sais encore moins si j'aurai répondu selon voire besoin et désir; j'en" supplie Notre-Seigneur <-t que le tout soit .1 sa gloire I Quand j'eus lu votre lettre, je pensai d'j répondre par une douzaine de paroles substantielles; mais j'eus crainte nue votre chère âme n'en fût pas satisfaite, <'t j'ai grand désir dé son contentement et avancement, l'aimant et chérissant avi c une dilection très-spéciale. Je prie > i divine Bonté qu'elle vous maintienne en sa miséricorde, et je la conjure de vous rendre très-petite et vile a vos propres vilx^ et très-agréablé aux siens divin-. .!<■ suis en son amour tout a Eût vôtre et de
nr.
Du M suit I" m' I irmc à a i Arcbitec de U VuiUtioa d
LETTRE IfCXLIl
1 h rccomnun ! M Piotoa. 1 M i. —
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M \ . but i h
si i. pitn ne, )<• voui <hs que j-' voui bien autant que
V..U- m'écrives; et mi unir m m I i est pai notre bon et vertueux H. Piotoa que m motu I il est tout s lait ail. c-
tionné s li limitation, «t nom en recevons mille assi
et charités. Je vous prie de l'en remercier encore, car c'est pour vos Sœurs de votre patrie qu'il s'emploie avec tant d'affection ; je m'assure que vous le connaissez bien. Nous n'avons point vu le bon Père Jésuite dont vous nous parlez, qui a ménagé votre affaire de Condrieu; j'en serais volontiers marrie; mais pourtant je laisse gouverner Notre-Seigneur comme de raison.
Pour votre affaire de Màcon, ma Sœur la Supérieure du faubourg de Paris nous mande qu'elle a bien écrit trois ou quatre fois à madame de Senecey ; mais que le grand éloignement de Paris de la Reine est cause qu'on n'en a pas réponse, avec ce que cette bonne dame a été malade; mais qu'elle lui en allait encore récrire pour savoir si on pourrait tirer d'elle quelque résolution. Je pense qu'il faudrait avoir un peu de patience que la Reine se rapproche de Paris, car on en aura plus facilement des nouvelles.
Le paquet de Moulins aura, je crois, enfin été rendu ; car ma Sœur [de Bigny] Supérieure nous fait faire des remercîments en général. Mais je ne sais que dire de ces pénitences qu'elle fait ainsi, tant de jeûnes au pain et à l'eau, se prosterner contre terre devant le Saint-Sacrement, et telle autre chose; je crois que vous feriez bien de lui en écrire, et qu'elle le trouverait bon; je lui en vais aussi dire mon sentiment. Mon Dieu! ma chère fille, si nous employons bien toutes nos forces à bien observer tout ce qui est de l'Institut, nous ferons un sacrifice très-agréable à Dieu, qui n'exauce que les prières des humbles! Certes, elle se laisse un peu trop aller à l'inclination qu'elle a à cet esprit particulier, je le lui dirai franchement. Mais, pour vous, ma chère fille, ne vous vantez point de ce que vous me dites, ne ("ailes point de pénitence, car votre inclination y est assez portée; mais vous savez trop bien les intentions de notre saint Fondateur pour vous y laisser aller.
Au surplus, nous désirons que ma Sœur Agnès [Daloz]
retourne ici, quand m - nr M. E. reviendra de Ifoulû mais je voudrais que vous l'attirassiei quelque temps auprès de mus auparavant, afin qu'elle nous apporte l>i<'n amplement tout nouvelles, el qne vous me disiei aussi ce qu'il i
ible de son esprit La oièce a le naturel bon el une âme pure el candide; son entendement Eût bien son devoir, mais sa volonté n'es! i eore attirée. Prit/ bien Dieu pour elle.
Elle ifa pas encore l'habit; mais c'est la faute de MM.
nts, qui ont voulu traiter avec un peu trop de liberté
nous. Dieu abonder son saint amour en nos cœurs, el de
i chèi ■• s Sœurs que je salue, et suis sans fin ni limite
toute vôtre.
Couformc a 1 original jjard< ucs de la VuitfttÎM d I
LETTRE MCXLIII (Inédite)
\ i. \ \ii;i;i: IIARIB-J ICQ1 i.i.im: nvm:
ut La Sa'mtr bétite i entrer • •<• le commandeur de SUiery. —
IVujct tl' mi \«tj.i « unbérjt
M\ j\\\.<- POLI,
M. le présideot Plocard s'en est revenu fort satisfait el édifié de ro is, - Loué soit Dieu de ce que roos voil I exempte
: li uleui il J'espèn que vous I
que tous pourrei pour vous conserva : >mme je i
en p tout mon < ,nn j en-, n;.i très i hère fille, je ne
le di sin i qu'il plaise ï Diea i oos I « maintenir , dI que je le ferais pour inoi-méa plus lia fille,
S ur li directrice m'écrit que fous nr voulez pas prendre
'est son affection qui la p n lei de 1 1 ne pouvj i p is être t de
rous mettre au train commun; aussi ne le faudrait-il pas faire. Je pense que Ton vous ordonnera de manger de la viande ce Carême, à quoi vous devez obéir simplement et sans difficulté.
La lettre du seigneur1 dont vous me parlez m'a extrêmement plu, car on voit là dedans une si grande candeur, bonté et simplicité, et cela est tant extraordinaire en une personne de sa condition ; mais je n'eus jamais plus de peine que je n'en ai eu après [la réponse que je viens de lui faire], aussi est-elle fort mal faite à mon gré, car je ne sais presque ce que je lui dis. Je n'ai point trouvé de fondement en la sienne pour y faire une solide réponse, d'autant qu'il me demande des avis sans me dire rien de particulier. Je l'ai pourtant fait de bon cœur; mais si vous jugez qu'il ne soit pas à propos de la lui envoyer, vous me feriez grand plaisir de la retenir, et d'en faire écrire une autre, ainsi que vous penserez qu'il la lui faut; car, ne connaissant ma lettre, il lui sera tout un. J'ai remarqué un esprit dans la sienne qui ne me semble pas avoir besoin de rien qui puisse venir du mien, quoique son humilité la lui fasse désirer; et s'il est encore commençant en la voie de Dieu, je crois qu'il tirera plus de profit et d'utilité de vous que non pas de moi, à cause de la confiance et grande estime qu'il a de vous, et qu'aussi je me trouve fort ignorante en ces choses-là, si ce n'est pas [pour] les Filles de la Visitation ; car je me lasse tellement de faire toujours les mêmes choses qu'il y a longtemps que je fais, que je voudrais volontiers qu'on me laissât là sans me rien dire, si ce n'est pour les choses de l'Institut.
Au reste, ma très-chère fille, vous avez fait un grand plaisir à madame la princesse de Carignan d'obtenir la permission pour la faire entrer dans votre monastère. C'est une princesse tout à fait de bon naturel, mais qui n'a pas beaucoup de dévo-
1 Le commandeur de SiJlery, à qui la Sainle écrivit pour la première fois à celte époque. Voir la note de la lettre suivante.
www. 1653.
tion : je voudrais bien que -"ii bon Ange loi inspirai «le s'< a r< venir, et elle ferai! fort bien de !<• I Jre, le voua prie de lui faire donner «•«•Ile que nous lui écrirons, comme tossi a madame de Nemours, laquelle nous a témoigné, par une . tant
dejoieetde consolation de venir ici. [Phmetart lignes effacé* J'ai confiance que Dieu fera réussir le tout à sa gloire, efl j'en vrai une particulière consolation, à < n^,. ,],. |a vénération
ordinaire qui s'y fera au Saint-Sacrement. Je v mis prie qu\ D
nous renvoyant lis Dépositions de notre Bienheureui Père, vous non- envoyiea les papiers et mémoires qu'on avait donnés
an Révérend Père Goulu. — Ma très-chère fille, j'aurai a Faire, de- trois nu quatre semaines après Pâques, pour voir nos
Sœurs de Rumilly, qu'il y a une année qui le demandent, et
que llgr désire que je voie, et encore nos Sœun d" Cham-
béry qui veulent que je leur aille aider a choisir une place
pour bâtir ; c'est pourquoi je désirerais que vous me fissiez le bien de savoir si llgr de Bourges sera ici précisément après Pâques, on si ce temps de trois <>u quatre semaines se pourra écouler avant son arrivée. Mais il le faudrait savoir dextrement vni- lui dire mon dessein ; car, pour aiienui' chose, ]•' ne voudrais pas retarder les affaires de noire Bienheureui Père d'un moment*
Ifs pauvre très-chère grande fille, il m'est avi- que mon chétii cœur se joint <'t h \ i e tous les oun davantage an vôtre tout bon « t tout pur, que j«' u ni tout dans le mien. Ifon Dieu I que je désire que ce pur et saint amour du Sauveur \ règne :
divine douceur le veuille selon la mesure de son d. - . terneL Je v»m^ dis i m ore que I » lettre de ce bon seign< ur i pleine d'une si gi m le doua in 1 t simplicité, que tout a fait il bien avant dans mon cœur ; m di j.- ne a i i,n
.: e utile en i i.n.
Conforts* à oa« r< »l $uéé à !» VuiUtioa d* ChtaibtVr.
LETTRE MCXLIV
A MONSIEUR NOËL BRULART, COMMANDEUR DE SILLERY
A PARIS l
Humilité de la Sainte. — Souhaits de perfection. — Promesse d'un souvenir
devant Dieu.
vive -j- jésus!
[Annecy], 17 février 1632.
Monsieur , Vous m'avez écrit avec cent fois plus d'honneur que je n'en mérite, et le titre de mère m'est d'autant plus honorable qu'il m'est peu convenable partant de vous, Monsieur, de qui la qualité et la dignité me rendent, avec grand honneur, très-humble servante. Mais je vois clairement par la douceur, franchise et candeur de votre lettre, que vous Vagissez pas selon ce que vous êtes dans le monde, mais en vrai serviteur de Dieu, et
1 Noël Brûlait, commandeur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (plus connu dans la correspondance de sainte J, F. de Chantai sous le nom de commandeur deSillery), après avoir brillé à la cour de France par les titres de chevalier d'honneur de Marie de Médicis et d'ambassadeur extraordinaire en Espagne et à Rome, où il déploya une orgueilleuse magnificence, devint plus remarquable encore par sa profonde humilité et son inépuisable charité quand, touché de la grâce, il se livra tout entier au service deDieu. Sa conversion, due au zèle de saint Vincent de Paul, fut soutenue par les entretiens des Mères Favre et Lhuillier, qui le mirent en rapport avec leur Bienheureuse Fondatrice. Dès lors, M. de Sillery consacra ses grands biens au culte divin et au secours des malheureux , fil bâtir (sur les dessins de Mansart) l'église du premier monastère de la Visitation de Paris, contribua à l'érection du second d'Annecy, ainsi qu'aux fondations de Melun et de Troyes, procura à ce dernier diocèse et à celui de Genève un établissement de Pères Lazaristes, étendit ses secours jusqu'aux missions du Canada, et joignit à cette admirable générosité une mortification exemplaire, une patience Angélique dans les infirmités, enfin un amour du mépris dont il fit des actes héroïques. Le commandeur de Sillery alla recevoir le prix de ses glorieux travaux le 20 septembre 1040.
Iï anciens Mémoires sur la vie du commandeur font dater ses relations avec sainte J, /'. de Chantai de 1631; mais le contenu de la lettre cidessus ne permet pas de supposer que d'autres lettres aient pu précéder.
partial de l'espril por e( très-simple de notre Bienheureui Fondateur, lequel paraît si naïvement en toole totre lettre, que j'admire, avec consolation, comme vous, Monsieur, vivant dans le inonde et occupé aux affaires du siècle, av« / sa l'acqnéri
é que je v<>i> que vous le possédez. J'en loue el bénis notre hou Dieu el le supplie vous en donner l'entière perfection, j'estime que l'esprit donl ce Bienheureui Père [vous] favorise est un dei plos préciem dons de la divine Miséricorde, el je vous confesse ingénument, Monsieur, que selon la grâce que Dieu m'avait faite, el la véritable bonté que ce vrai Père avail à se communiquer à moi, je devrais possi 1er ce trésor el m'en être enrichie comme vous estimes que je le suis.
liais, bélasl il Tant que je vous dise, el a ma confusion, que ma misère s bien été si grande qu'elle s'est, ce me semble, contentée .d'admirer el désirer le v i ai bien que je connaissais en ce grand Saint, sans que je me sois appliquée sérieusement comme il esl requis pour acquérir les Bolides vertus qu'il m'enseignait, el par ce moyen je Buis demeurée toute pauvn
toute destituée, Ce que je vous dis avec la douleur dans le
cœur, mais avec entière vérité, selon que je me puis connaître, afin, Monsieur, que vous ne m'estimiei pas meilleure quejene sui . 1 1 que néanmoins, en suivant l< i maximes de notre Bien- ; eux Pi re, vo lies pas de ni'aimer et de mV..
in I lionoraM lion que vous désirez avoir avec I >
Pilles de la \ isitation, puisque tout maintenant, selon la doctrine i m "i e de i Père, j< me 1 1 sous i l de comment er tout d< bon s suivre tv< c une plus grande I délité [ncmeots, à quoi cei U - m'< \< it< al gi an !• nient
I '.miiiiir et vénération <jue Dieu vous .» donnés pour
• ii. Il est leu i de propos de vous din ceci, Monsieur, mais t que je me trouve dans une disposition <\>- vous | lliv
toute simplicité et confiai omme si j'avais l'bonneui
vont vu • t connu tri i-parti< a u i - ment, tant vous m'av( i
ouvert le cœur par la bonté, franchise et confiance avec laquelle il vous plaît de me parler, de sorte que, si j'avais de la capacité, je crois que je vous dirais merveille pour correspondre à votre humilité et piété; mais je ne sais que vous dire, Monsieur, étant une ignorante; et puis quand notre bon Dieu parle lui-même au cœur de ses serviteurs, il faut que la créature se taise. Je vois que sa divine lumière vous éclaire et que la chaleur de son saint amour vous anime.
Que reste-t-il, sinon, comme disait notre très-saint Père, que nous humiliant profondément sous sa très-sainte main, nous nous laissions conduire dans les voies de son bon plaisir, selon son même bon plaisir, ne résistant en rien du tout à ce qu'il lui plaira faire de nous; correspondant de notre part à sa grâce par la suite du bien que sa Providence nous montrera dans les occasions qu'elle nous fournira. Cette pratique était infiniment estimée et fidèlement observée par notre Bienheureux Père. Ses écrits que vous lisez avec tant de soin et d'amour sont pleins de cette doctrine; ils vous fournissent, je m'assure, Monsieur, toute la consolation et instruction nécessaire à votre chère et très-digne âme, pour laquelle je me sens un respect et dilection nonpareille , qui m'empêchera toujours bien de m'oublier jamais de vous, Monsieur, devant sa divine Majesté, que je supplierai incessamment de conserver en vous ce que sa Bonté y a mis, et de le perfectionner selon ses éternels desseins, afin qu'après avoir longuement et efficacement servi et accru sa souveraine gloire en cette vie, vous en soyez comblé en l'éternité des éternités bienheureuses. C'est ce que sans fin mon âme vous souhaitera de toutes ses affections, ayant ainsi résolu devant Dieu, en la très-sainte communion que j'ai faite à votre intention, et ne doutez point, Monsieur, que je ne sois toute vôtre en ce divin Sauveur, et que je ne vous garde la fidélité du secret que votre bonté et confiance mérite.
A.wi.i; h. ;
Notre grande très-chère Sœur Favre m'écrit de roui en d< -
termes qui me font at861 connaître qU€ votre v< rlu et piél
sonl puissamment acquis son cœurel tonte autorité vers elle; néanmoins puisqu'il vous plaît, Monsieur, lui en écrire [phtuewn mots illisibles] ; je lea i stime bien beureo» i de commnoiquer avec vou> <l ins la simplicité et franchise de l'espril Je noire Bienheureui l'ère, et de pouvoir vous do:]-; r quelques petites étions pour correspondre selon notre |
a li dignité de votre très-chère, très-honorable el 1res- utile bienveillance que j'estime incomparablement le désire que maintenant ei toujours nous vous révérions el chérissions comme notre très-bon père el très-chei leur, et on c
qualité, je demeurerai on tout resp cl et d'une affection incomparable, Monsieur el très4ionoré Père, votre très-humbl
^-obéissante fille el servante en Notre-Seigneur.
Excuses, - il von^ plaît, si je vous envoie cette lettre ainsi brouilh votre bonté qui m'en donne confiance.
. i l iMi.iiion da II
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