‹ LettresChapitre 134 sur 281 · SUPÉRIEUR]': A VALENCE · texte numérisé non relu

SUPÉRIEUR]': A VALENCE

La fondation de Romans est résolue. — Le cœur humain aimant beaucoup la créature en aime moins le Créateur. — Les redditions de compte doivent être succinctes. — Réserver quelque place pour les âmes d'élite qui pourraient se présenter. — Mgr de Valence est mécontent du trop grand nombre de filles que l'on reçoit.

vive -J- JÉSUS !

Chambéry, 8 mai 1632.

Donc, ma très-chère fille, voilà une fondation à Romans résolue et vos prétendantes bonnes, Dieu merci, ce qui est un bon fondement. Je vous supplie bien fort de n'y envoyer que de bien bonnes Sœurs, et que les considérations humaines ne vous empêchent point d'en faire un bon choix. Vous ne me dites point celle que vous y mettez Supérieure; mais je m'assure que vous choisirez la plus capable entre vos Sœurs pour exercer cette charge. Quant à ce que vous m'écrivez que l'on veut que vous y alliez, je ne saurais bonnement que vous dire là-dessus. Si la Supérieure est comme il la faut, sa présence pourrait suffire; néanmoins vous ferez ce que vous et vos Sœurs et votre Supérieur jugerez être mieux.

Ma chère fille, pour ce qui est de l'engagement avec ce bon

1 La Mère Marie-Hélène Guêrin, professe de Valence, mérita que sainte de Chantai lui rendit ce beau témoignage : « Après notre Bienheureux l'ère, je ne connais pas de plus grande douceur et égalité d'esprit. » Mais à cette douceur elle unissait tant de force et de courage, et sut si bien l'inspirer à ses Sœurs qu'au moment où la peste éclata à Valence, toutes d'un commun accord refusèrent de quitter leur chère clôture, et méritèrent, par leur foi, de merveilleuses grâces de préservation. En 1632, à la prière de M. de Castre, cette digne Supérieure fit la fondation de Romans et y conduisit elle-même six de ses Religieuses, qu'elle laissa sous la conduite de Sœur Anne-Marie Chevalier, professe de Lyon. Quelques années plus tard, I Hère Marie-Hélène vint se réunir à ces chères filles, au milieu desquelles elle termina sa sainte carrière.

INNE i: 1632. -'

ecclésiastique, je ne pouvais pas roui répondre au (renient, selon que vous m'en avies écrit. Or maintenant, nchanfl ion nom e( son ei.it présent, je fou dû que mn> ponrrei ne pu retrani h r lout lï'un coup mi lettres, mais oui bien cei grandi témoignages d'affection et parolei choisies, comme encore petit a petit la fréquence de telles lettres, et taire que le style soit humble, cordial et simple. Car enfin, ma chère fille, il (aul considi rer que noire cour est si chétif, qu'aimant beaucoup lei créatui

il en aime moins le Créateur.

JcMii> bien consolée que nos Sœura s'affectionnent à la pratique d<s vertus (lin* nous leur recoinnian<lame> l'autre jour; car je souhaite bien qu'elles s'avancent en icelles. •!<• mil bien aise que voui déchargiei yn\ peu votre maison; car je désire

que dorénavant vous ne passitt pal le nombre de Irent» ->i\ ou

trente-huit au plus, afin «pie vou> ayei toujours quelque place

pour les esprits rares qui pourraient se présenter. — Ifofl So-urs

sont trop longuei en leurs redditions de compte; il leur en Tant

retrancher: car cei grandes parleuses m- sont jamais guère bonnet faiseuses, .le les salue toutes avec vous très-chèrement,

et les supplie i\*' foire toujours quelque bon souhait devant \oli leur pour moi, non pas pour (pie je loil sainte de la

sainteté qui éclate, mais dr la sainteté qui me fosse être bien

humble et pure. — Vous non- ferei bien plaisir d'envoyer la

Grenoble, et je émis (pic n<.- Sœun m manqueront pas

de commodités pour nous la faire avoir. I ous savez liieii cjur

vous ftiei toujoun ma trèi chère fille, «'t que je luii de cœur totre, etc.

| /\ S. \ Depuis cette lettre écrite, j'ai reçu des lettres pai oè l'on uii-dii quequelquei personnes, extrémenx ni affectionna notre Imtitut, onl prié quelqu'un de grande qualité <\<' nous avertir que M;;i de l'alencc étail mal contenl du trop grand nombre de Biles que ions rei nca, Vous sates, dm très-chère

fille, que je vous ( n al écrit il ) a longtemps. Les mêmes j

78 LETTRES DE SAINTE CHANTAL.a

sonnes nous disent encore que Ton trouve fort étrange qu'une maison qui n'est composée que de jeunes filles aille faire une fondation; que n'ayant point d'expérience, elles ne pourront qu'y faire beaucoup de fautes. Sur cet avis, je vous conseille, ma très-chère fille, de relarder cette fondation, et nous verrons, après l'Ascension, s'il y aura moyen de vous faire avoir quelque bonne Supérieure, tant pour l'utilité du dedans que pour la bonne édification du dehors.

Conforme à une copie de l'original gardé* à la Visitation de Montélimart.

LETTRE MCLXVIIÏ

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON

La fondation du Gioisicn'apasétc sagement conduite. — Maladie de Mgr de Bourges.

vivk •}- JÉSUS !

[Chambéry, mai 1632].

Ma très- chère fille,

Nous vous supplions de faire tenir promptement ces lettres de Moulins, qui sont pour cette pauvre fondation du Croisic, laquelle, si Dieu n'y met la main, inquiétera tout l'Institut; car ma Sœur la Supérieure de Moulins et ses Sœurs ne firent pas très-heureux choix des esprits qu'elles y envoyèrent, en quoi elles ont eu grand tort. Mais je crois aussi qu'elles auront la mortification d'en voir retourner une partie en leur maison, d'où elles sortirent les esprits médiocres pour les envoyer en cette fondation; et maintenant Mgr de Nantes en est si très-mal content et insatisfait que résolument il les veut renvoyer, si l'on n'en retire deux ou trois. Voilà, je crois, une bonne occasion pour nous (aire devenir sages et avisées en ce sujet des fondations. Dieu veuille que nous en profitions!

Nous vous recommandons aussi bien fort les lettres pour

Paris, (jni sont encore pour les affaires de notre Bienheai Père ; car derechef llgr de Bourg* mourir, si bien que

cela le relarde encore de tenir, Dieu veuille «ju'il ne l'en empêche pas tout à fait ! <m non- l<- fail espérer, il en arrivera tout ce (jii'il plaira à Notre Seigneur. — An n m'en dou-

tais bien, ma chère fille, que quand vous nous sauries en nos maisons d< deçà, le péché d'envie entrerail chez vous. Il tis pourtant je vous supplie de ne laisser pas grossir votre désir, p qu'il n'j a pas gran !<• apparence qn'il puisse réussir. Ma Sœur la Supérieure d'ici ci moi avons bonne espéi etite

nièce ' : mais avec un peu de patii nce parce qu'elle a été mal élevée ; il lui faudra «lu temps pour la bien affermir. — C< je soupe aire la grosse Itère [de Chàtel]; mais je voudrais que vous Bssiei la troisième. Dieu ne le veut pas, ni nous aussi.

LETTRE UCLXIX

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