A LYON
Joie que sa visite donnera aux Sœurs de Lyon. — Travaux des commissaires
apostoliques.
VIVE f JÉSUS, LE SOUVERAIN ET TRES-UNIQUE AMOUR DE NOS COEURS !
Annecy, 15 juillet 1632.
J'ai reçu [hier] à soir fort tard le paquet de Paris, où je trouve ce matin la vôtre du 24 juin. Mon Dieu! mon très-cher et vrai frère, combien en ai-je reçu de consolation et non pas moins certes d'admiration ! Oh ! que la source de l'infinité de la bonté de Dieu est grande et adorable en ses suavités, puisqu'on
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en trouve tant es ruisseaui qu'elle <in départ à ses vrais el fidèles serviteurs) Que bénite soit-elle éternellement, el que pour jamais elle bénisse votre très-digne el chère !me de le pureté de son divin unonr ! \men.
le mus lais ce billel fort <'n bâte pour ne perdre l'occasion de ce porteur, qui me fait espérer de le taire rendre à Lyon bien promptement; mais je doute pourtant qu'il ne vous y trouve plus. Mon très-bon el Irès-cher Frère, je croii que vous ne deves point communiquer vos pensées que nous ne le* ayons digérées ici, si ce n'esl par manière de simple discours el entretien, el non taisant connaître que c'est avec dessein formé. Vous ne laiss rei de découvrir les sentiments de ces chères âmes, et de leur inspirer doucement ce que vous juges de
pouvoir taire, la nécessité et l'utilité do lait, et que eette pensée esl purement vôtre el <le quelque autre digne serviteur <le
Dieu ; il est ainsi et pouvez ajouter que vous me la voulez
communiquer. Tout cela esl «loue la sincère vérité; el je vous conseille cette méthode, mon très-cher i\i'n\ votre humilité m'en
donnant la eontianee, parce que je tais que dans l'Institut il tant manier eette corde délicat emeni. \ on s h oui ère/ là deux bonnes
Mères et des bonnes filles, qui seront tout honorées el coosode voir.- présence; celle de premier couvent esl de ce monastère, fille d'un esprit apostolique.
Nos bons seigneurs les prélats travaillent à forée. IU partirent lundi, pour aller en Chablais el en Faucignj recueillir les dépositions < t mil u les de ces quartiers-l » : ils retourneront ici
a la fin de Ce mois. (»|| ! que j'eusse désire que voire bon IngO
vousavertlt d< ce voyage, afin qu'avanj ml le vôtre, aouseussioni eu plus de temps libre; mais Dieu nous en donnera aulanl qu'il faudra, i bofiie vs\ incompréhensible sur les âmes vrai-
menl lienrn ] suis an son amour toute voire et très-huaable el tidele servant
LETTRE MCLXXXIII
A LA SOEUR MARIE-AIMÉE] DE MORVILLE
A MOULINS
Il est bon et salutaire à quelques âmes de tomber dans l'abîme des tentations. — La vue de nos misères doit nous inspirer une profonde humilité.
vive -j- JÉSUS !
[Annecy, 1632.]
Loué soit éternellement ce divin Sauveur qui a daigné jeter dans votre âme un rayon de sa sainte lumière ! A Lui seul appartient d'éclairer les ténèbres de nos âmes et d'ouvrir les yeux aveuglés. Ma fille, vous auriez peut-être péri dans la vanité et propre estime de vous-même, si vous ne vous fussiez perdue dans vospassions. Il fallait, cerne semble, que pour votre bonheur vous tombassiez dans l'abîme où vous vous êtes précipitée ; car la science de toutes les créatures ensemble, mise àvous désabuser de vos impressions, n'y eût rien fait. Mais Dieu a eu soin de vous selon la grandeur de sa miséricorde, devant laquelle vous devez demeurer tout le reste de vos jours profondément anéantie, et devant les créatures très-humble et soumise. Laissez-vous gouverner sans résistance et vous tenez trèsbasse dans votre abjection, l'aimant chèrement. Dieu vous en fasse la grâce. Et moi, chétive, je suis la plus fidèle et cordiale amie que vous ayez. Je prie Dieu qu'il vous sanctifie dans la pureté de son très-saint amour, et toutes nos chères Sœurs, que je salue cordialement.
Quant aux plaintes que vous me faites de vous-même, ma chère fille, la cause est en votre naturel, qui est un peu lent et tardif mais il ne faut, sinon que vous ayez un grand soin de bien dresser vos intentions, faire tout pour Dieu, prendre courage pour vous porter et supporter doucement en vos imperfections, le suis (oute vôtre.
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LETTRE MCIAWIV É là .Mini; M AIIE-AIMÉE DE BfcOK 11
Ai ln'itriir ut de s iafonnatioiM poor !.i béatification de saint François de SeJee. — Arritéedu c— imindeor de Sillery . — Lei ] idelal litation doitent mettre toute h i.r gloire dam l' lu; m il i t«- e1 la dé] i
VIVE ~ JK-I - ï
[âaaaC] . H . ' '■ : il Ifj TKI.S-i III.RK FII.I.i:,
Je VOUS «'(lis cr peu de li;;m | an c im p< u d\ m pi « -h ment,
car, [hier] à soir, dos bons el très-dignes prélats sont revenus do Cbablaii <-t Faucignj , ou ils ont demeuré environ Iroii semaines, el \ ont trouvé des grands fort beani miracles el «l< s belles dépositions. Ils onl fini par là lenrs informations forl heureusement A ce même soir, demi-heure auparavant, csi arrivé M. \c commandeur «le Sillery, et, ce malin, nous Faisons déni pro- '. .le vous laisse à penser s'il n'y a pas là asseï <!<* quoi nous occuper sans l'autre suite d'affaires, qui s'entend
san> rire dite*
I il vous dire, ma très-chère Bile, c'est que jecommence
à memieui porter : ce qui m'étail arrivé était une loui violente,
avec plusieurs défluiions les unes sur les autres; mais parla
grâce «!«• notre l'on Dieu, j«' me tuis i< i de i"<it < • la le
n .ii plus de fièvre, aussi n'aurais-je pas !<' loisir < 1 « - [Caire]
remède: car, <!<• vin, nous sommes dans l\ ml arras liii n avant.
Quant .i ma Sœur M. -Sylvie [Ange], je n'ai rien à lui dire,
ii que les Pilles de la \ isitation n'onl i m d à laii on i
m 1 1 1 • i pn fondt ii i ni d< i snl Dit u. en lui remt liant, était
SupérÛ uns , mti< r< mi lit, \v soin ri la conduit»' «I « l« nh nin s
• D |i lurr àêt \ " n di premier n* i
I ne Baytis.
et de leurs corps; car c'est en cette totale démission de tout leur être, qui en vérité n'est rien, qu'elles doivent chercher toute leur gloire. Voilà ce que sans loisir je vous puis dire, sinon que si vous avez délivré l'argent que vous aviez de nous à ces marchands pour lesquels nous vous avons envoyé une lettre, que vous nous en fassiez tenir la quittance au plus tôt. — Tous ces Messieurs qui ont soupe ensemble chez Mgr de Genève auront résolu du jour que l'on ouvrira le sépulcre de notre Bienheureux Père; mais je ne le sais pas encore, mais oui bien que je suis en vérité toute vôtre.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCLXXXV (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE AU DEUXIÈME MONASTÈRE DE PARIS
Mêmes sujets.
VIVE -j- JÉSUS !
[Annecy], 29 juillet [1632].
Ma très-chère fille,
Messeigneurs nos bons prélats sont retournés [hier] à soir du Chablais et Faucigny, où ils ont eu beaucoup de sujets de consolation, y ayant trouvé des grands miracles et des fort belles dépositions : ils ont fait entièrement tout ce qu'il y avait à faire en ces quartiers-là. Environ demi-heure auparavant, M. le commandeur arriva, de sorte que vous pouvez penser si nous manquons d'occupations ; ce matin nous faisons encore deux professes, sans une multitude d'affaires que vous pouvez imaginer. Je crois que le bon M. le commandeur vous dira le jour où il a été résolu d'ouvrir le tombeau de notre Bienheureux Père ; car ils ont soupe tous ensemble chez Mgr de Genève pour en prendre la résolution. Néanmoins, parce que Mgr le prince Thomas et madame la princesse s'y veulent trouver, je crains
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que le jour ne leur soit encore incertain ; m ni s vous ne laisserez de bien prier Dieu pour cela. Je M NUI enCOrt que SOUS dire <le
ce bon efl très-digne seigneur, linon que doqi avons lait notre entrevue avec beaucoup de franchise el de simplicité, el que, au peu que je l'ai vu, il me semble que c'esl on ami qui n'a pas ton pareil, et que Dieu l'a entièrement donné a notre Bieohenreoi Père el à tontes ses filles. Noos lui avons (ail dressi r le logis de llgr le commandeur «le Genevois, b Saint-Jean, < > î i ma Sœur de l rignj s'esfl employée pour le (aire accommoder [plusieurs mots illisibles]^ de quoi nous y avons fourni lits el antres meubles tant que nous avons pu, soil par emprunt ou autrement, avec tous
l< - linges que nous pouvons : \oilà tout ce que je vous puis
dire pour le coup.
Bien que je ne pus m'empécher de lire s soir voire lettre, pour tard qu'il lût, j'en reçus \i'\c pleine consolation. 0 mon Dieu! que vous m'êtes uniquement précieuse, ma trèschère fille I J'ai été toute mal ces quinte jours passés «Tune véhémente toux el défluxion sur la poitrine, avec un peu de fièvre; j'y suis sujette maintenant, cela se vn passer de cinq à sept quint - .
Conforme à une COI la 1
LETTRE UCLXXXV1 I m IDAMK ROY ILE, CHRIS1 i\i: m: i i: \\<;r.
» t« au Rrmrrcîmrnt» pour um- oiïra: '. ■ . i 1
[Al î-VJ
Mapw Nom voyons que h grandeur dei ifflii lions qui environnent
l'olre Altr- Un\ale n'arrête pas le cours <le ses libérales
aharités el bienfaits; nous l'éprouvons, Madame, inx très-beaux
10l> LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
et riches ornements qu'il vous a plu d'envoyer au tombeau de notre Bienheureux Père, dont nous offrons à Votre Altesse Royale de très-humbles et infinies actions de grâces, avec nos vœux et continuelles prières à sa divine Bonté, afin qu'il lui plaise de protéger Votre Altesse Royale et l'environner de la toute-puissante garde de ses saints Anges, à ce que nul mal ne lui arrive, et que, après que sa souveraine! Providence aura éprouvé sa constance et fidélité, elle comble son grand cœur de l'abondance de toutes saintes bénédictions et consolations. C'est ce que nous espérons et désirons incessamment de la douce miséricorde de Notre-Seigneur, ne voulant point cesser de l'en supplier de toutes les forces et affections de nos âmes, comme très-obligées à la douceur et débonnaireté de Votre Altesse Royale, et incomparables au zèle de lui rendre notre trèshumble obéissance. Avec une entière révérence et dilection, et baisant amoureusement et en tout respect ses chères et bénites mains, je me dis, etc.
Conforme à une copie gardée aux Archives de a Visitation d'Annecy.
LETTRE MCLXXXVII
A LA MÈRE ANNE-MARIE BOLLAIN