SUPÉRIEURE DKS FILLES REPENTIES DE LA MAGDELAI1VE, A PARIS
La Visitation ne doit pas se charger à perpétuité de la direction des Filles repenties. — Comment combattre les tentations contre la foi.
VIVE f JÉSUS !
[Annecy], A août 1632.
Ma trés-ciière fille,
Le grand accablement d'affaires et de visites où nous sommes m oblige à vous répondre courteraent, vous renvoyant à appreodre plus au long mes pensées, de notre Irès-honoré frère M. le commandeur, qui est véritablement le vrai frère ou plutôt le père de la Visitation. Sa grande bonté, candeur et humilité sont
tout à tait admirables, et nous avons bien sujet de bénir Dieu «lu don qu'il nous a fait de m digne efl précieuse affection. Il nom a parlé de votre affaire de la Ifagdelaine, de laquelle vous désira que je t oos dise ma pensée, ma très-chère lill«'. Bile est simplement que, pour obliger la Visitation à continuer pour toujours ce qu'elle a fait pour la maison de Sainte- Magdelaine , je ne puis digérer cria pour des raisons et considérations qne ce digne porteur vous dira plus amplement, efl la modification dont nous avons pensé qu on pourrait user, pour empêcher qne le bien reçu de la Visitation ne se dissipe, ce qui me semble «luit suffire.
Au surplus, pour \<>v dois scrupules, ma très-chère fille, si roui me croyes, vous ae tous en mettra point en peine, ains vous soifres simplement les coutumes et ce qui s'esfl toujours pratiqué en l'Institut, car autrement si Ton voulait croire tout ce qui se dit, ce ae serait jamais fait, parce que, autant qu'il y a de tètes, c'est autant d'esprits différents, efl tontes les personnes a qui on parlerait on recevrait autant de diversités d'esprit. Il
tant donc Se tenir simplement a ce qui est de l'Institut, par ce
moyen nous ne pouvons errer. — Ne vous travaille/ point l'esprit
pour discerner si cette présence de Dieu sensible, que vous av< i
quelque temps, i tsfl effet de la grâce ou de la nature, car je
que notre Bienheureux Père lui-même, qui était si éclairé
de Dieu, quand il recevait ainsi des grâce* extraordinaires,
disait : .. Je ne sais si c'est « llet de la <>ii de la
.. nature; gi su soient toutefois a Dieu», pois il tâchait d'en tiret profit, sans se mettre davantage en peine pour connaître d'où cela provenait ; et ainsi Eaites-en de même, ma chèi e fille, tu es le profil que vous d< vei d< i ette gi k
n . -pliii le / point d'où elle vit ni, • I p a : tire.
An reste, , que notre bon Dieu vous veut « prouver, par le
moyen d< i t- ntationi qu'il permet vous arriva rj « \ ifl pourquoi
il tant que von- \y / nu grand courage, ma très chère Bile,
pour les souffrir généreusement autant qu'il plaira à Dieumais je vous avoue pourtant que celles qui sont contre la foi sont bien des plus fâcheuses qu'une âme saurait supporter. Néanmoins je crois que vous ne les devez point appréhender, ni vous amuser à les regarder ni contester avec elles, ains que vous devez vous en divertir fort simplement, en jetant tout votre cœur et votre confiance en Dieu, espérant qu'il vous assistera de sa grâce pour ne le point offenser en ces choses-là. Je supplie sa divine Bonté de vous combler de son très-pur amour, et vous assure, ma très-chère fille, que, d'une incomparable affection, je suis de plus en plus votre très-humble, etc. J'ajoute encore que je trouve bon que l'on continue pour quelques années d'assister les bonnes filles de la Magdelaine mais sans qu'il en soit fait mention en leurs Constitutions ; et pour ce qui est de la difficulté d'élire des Supérieures, cela se pourrait faire par l'avis des Supérieurs de cette maison-là et des deux Supérieures de nos monastères, qui pourront faire choix de celles qui seront plus capables pour mettre sur le catalogue, et auront soin d'assister cette maison-là et de les visiter quelquefois selon leur besoin, sans pourtant leur donner de leurs filles. Notre très-honoré frère dira le reste.
Conforme à une copie de l'original gardé au premier monastère de la Visitation de Paris.
LETTRE IfCLXXXVIU
A MADAME DESBAIRES
MM
Dira test mm fairr arriéra 1 pu l.i toie des triboUtioas .
V IV K y fût
Annecy. 1 a.
Mi TIÈS-CHBA1 COI HJTE,
Ions deves croire, qu'étant si proche de vous selon le sang, je n'ai garde de ¥oas oublier Belon l'esprit, ni tout ce qui voua appartient non plus; car je vont chéris fort cordialement el particulièrement, ainsi qne ma pauvre nièce Gontier, laquelle je crains bien, vu ce que vous m'en dites, qu'elle n'ait pas sujet de grand contentement, non plus qu'elle n'a eu ci-devant. De irai, cela me donne de la douleur au cœur; mais je crois que par 1rs tribulations et les afflictions de cette vie, Dieu nous vent faire arriver en sa bienheureuse éternité, pour l'y louer et bénir éternellement, pourvu que nous soyons fidèles à bien employer ces occasions qu'il nous présente pour notre bonheur.
/ bien toute votre confiance en Lui, ma très-chère cousine, el espérez fermement que sa divine lion te aura soin de vos chers et dignes enfants, el les pourvoira bien n Ion leurs l»< soins. Ro-
es-vous-en donc au soin de la divine Provid «t vous
assures;, ma chère cousine, que je ne manqua rai p is de les recommander de tout mon cœur à Notre-S neur, car véritablement je I« 1 1 1 souhaite autant de bonheur qu'à moi-même, et à vous tout spé< i il- ment, m i bonne < bère cousine. Ainsi j«' suis «t serai, tant que Dieu me donnera de vie, d'une dilection infinie, ma ti èsn le i e cousine, voti • -, « '
|\. /'. | Millt ;l> à M. mon «lier cousin.
Conforme A oae C0|
LETTRE MCLXXXIX (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAIRE
SUPÉRIEURE AU DEUXIÈME MOXASTÈRE DE PARIS
Eîoge du commandeur de Sillery et du Père dom Maurice. — Maintenir la fondation de Troyes. — Union entre les monastères.
[Annecy], 10 août [1632].
Mon Dieu ! ma vraie très-chère fille , la grande et véritable bonté que celle de votre très-cher frère [le commandeur de Sillery]; le Dieu de toute bonté vous le conserve ! Vous me le recommandiez avant que je l'eusse vu; mais maintenant je le vous recommande, comme une âme qui m'est précieuse et toute mienne. Je crois que nous ne saurions excéder en dilection et parfaite confiance envers une si grande sincérité et affection, que celle qu'a cette bénite âme pour nous, et cela sans attache aux créatures particulières , bien qu'il les aime sans réserve. II a un grand amour et estime pour vous et pour la petite Mère de la ville aussi : vous, pour le solide; l'autre, pour la délicatesse , et qu'elle a plus été dans le monde que vous, ce qui lui sert, à cause qu'il y a été fort avant* mais enfin, il a entière confiance en vous.
Nous avons parlé de toutes choses à cœur ouvert et sans ombre, et de l'union pour le général et les maisons particulières; et parce qu'il s'est chargé de vous tout dire nos pensées et sentiments (car je n'en voudrais pas avoir une seule qui vous fût cachée), je n'en dirai rien ici, lui laissant le soin de vous les rapporter et à notre Père dom Maurice, que je trouve toujours plus à mon gré, car je lui dis aussi tout. Ce bon et très-cher Père veut que vous l'exerciez, et contrariiez quelquefois ses inclinations. II a une grande ferveur qui requiert continuel adoucissement : vous connaissez parfaitement son esprit , aidez-le bien, je vous en prie, il le désire; sa confiance requiert
awi.i; 1631 111
cela. Je vous le recommande comme ma propre âme, efl il a
voulu que jY' le fisse, parer (jifil sait, dit-il, que votre puissant motif, après la volonté divine, eal de (aire la mienne. Je vous plains dans ce merveilleui traçai de Paris; mais
toatefoil moins, pour l'aide que la grâce divine VOUS j donne,
laquelle vous lient parmi cette diversité et multiplicité d'occupations toujours unie a Dieu; car, pourvu que Cela mai (lie, il n'y a rien à craindre, et peut-être SCI iez-vous moins lensîble [a la
grâce] dans le repos. Enfin nous sommes heureuses de nous laisser toute la merci de cette douce Providence; qu'elle fasse de nous ce qui lui plairai Votre étal est très-solide et désirable : sa divine douceur vous y maintienne. Il nom est impossible à nous autres Supérieures] de garder le silence : il nom «loi t suffire de nous empêcher de parler au grand silence, au chœur el réfectoire, sinon pour utilité. — La Mère de la ville ne parle point , ni n'en s pari»' a aucun pour celles qu'elle doit proposer à l'élection prochaine : il est impossible d'j donner notre SœnrdeChambéry. J'ai dit fermement et supplie votre cher
frère que la mai>on de Tro\es ne >e défasse point, «pie par
l'absolue nécessité, encore faodra-t-iJ bien le considérer; et vous oe devez nullement tirer sur vous les difficultés qui se rencontrent là, car vous n'i ave/ pas mi^ ombre de («mire. Hille i emerdments des chandeliers; certes, vous donnes trop; nos Se urs sont comblées d'obligations de tonte- sortes de biens que vous (aiti Ite mai-un, mais il but > ' . 1 1 1 <*• t • r
— Nous prierons pour M. de l'au«jelas et QOUS ne v<>us.m>noubli, e auprès de Diesj, — Notre Père «loin Maurice sail la de l'union; je ne la lui ai su <<•!< r. \ i ritablement, < < tte union enlre I- i mou de même ville , et Ci M-' d*< ntrc
cinq maisons si ra d'une merveilleuse odi ar ans antn tout
le monde, < I d'une grande utilité, pourvu qu'elle soit d tus la
' h cm ( trOOl l iimuni-
n réélit ji vem dm- que 1« - mon i de même lii
[communiquent], et rendent leur esprit, au gouvernement, le plus conforme qu'il se pourra; et pour cela, que l'on se communique fort et prenne avis les unes des autres. J'ai dit tout franchement à notre cher frère que je croyais utile à la petite Mère de passer un an avec vous, quand elle sera déposée, et il l'approuve, car il a une merveilleuse estime de vous. Il faut finir, n'ayant plus de loisir. Dieu soit le protecteur de sa sainte Eglise, et nous fasse vivre, mourir et revivre en son saint et pur amour. Amen. — Jour saint Laurent.
Je m'ouhliais de vous dire que M. [de Sillery] votre cher frère me dit qu'il donnerait mille livres de rente, pour l'assistance des pauvres monastères; je ne lui en ai point reparlé. S'il établit cela, ce sera un grand secours et utile. Il m'a dit que nos maisons voulaient y contribuer; pour peu qu'elles le fassent, ce sera le plus grand ressort pour conserver l'union, que cette sainte assistance. Je laisse à vous autres de voir comme cela s'établira et départira. — Nous n'avons pu voir la lettre que notre noviciat écrit au vôtre; c'est pourquoi, s'il y a quelques simplicités, il les faut excuser.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.
LETTRE MCXC
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON
Moyens proposés par le commandeur de Sillery pour l'union entre les monastères.
vive •{• Jésus!
[Annecy, 1632.]
MA TRÈS-CnÈRE FILLE,
Je n'ai loisir que pour vous dire l'extrême édification que nous avons reçue de notre très-vertueux frère, M. le commandeur [de Sillery]; c'est une âme la plus humble et ardente au service de Dieu que j'aie guère vue. Dieu nous a fort étroitement unis
ensemble, et je ne puis noir de réserve avec lui, tant je vois clair sa véritable bout»', efl l'entier don que Dieu nous en a fait, pour sa gloire, l'honneur de noire saint Père et L'utilité de nos maison. Il a fort à cœur de nous voir aflectionn. -tits
moyens d'union qu'il propose; et, pour moi, je n'y foil rien du tout qui nous y lie que la charité, et qu'il n'y a rien de contraire à L'Institut, et même [qui ne soit] conforme a cette sainte union que notre Bienheureux nous a recomman lée, et à tout ce que j'en dis dans la lettre d'union et aux éclaire ments. Car, de recommander entre cinq monastères l'étroite union qui doil être entre tous, à cette fin qu'eux, qui sont placés dans des lieu où ils peuvent servir et secourir en diverses manières les autres, et par oit.' voie et l'exemple de leur union à ce monastère d'Annecy, les maintenir et encourager à y continuer la leur, (pie peut-il y avoir en cela de contraire aux intentions de notre Bienheureux? rien du tout. Et quant à ce qui est que les M • communiquent, pour procurer en ces
- des plus \ertueuses filles de l'Institut, soit qu'elles soient ches elles ou ailleurs, pour les proposer aux élections,
mforme s I i Règle, et à ce que j'en dis 1 m- les
ècUfl :ncnts, particulièrement pour cette n i • ne
puis étendre me- is, mail notre cher frère mih les dira,
J conjure <1 UJ BÛefl en c
comme en tout autre, rai vive; car on i
n'est rien de linon que l'on par 1 1 ch »-
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Père doin Mauri.
Coofurn' »1 j»rd* : i Je l« VititUioa «J \ iicrj
1 I • *uitr.
LETTRE MCXCI (Inédite)