A MADAME LA BARONNE DE CHANTAL
SA BBLLB-PILLB
Inquiétudes maternelles au sujet des périls que court le baron de Chantai . Espoir d'une prochaine entrevue.
vivk y jésus !
[Annecy. 1627.]
Que direz-vous, ma très-chère fille mon enfant, de ce que I ai tant tardé à vous écrire? Certes, j'ai eu tant d'occupations dèfl I arrivée ici de notre très-cher Mgr l'archevêque [de Bourges],
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que je n'ai su prendre celle consolation : il travaille à bon escient après cette sainte besogne qui nous l'a attiré en ce pay. Il vous chérit plus qu'il ne se peut dire, et votre mari et toute votre chère maison. Je voudrais que mon fils fut un peu plus soigneux de lui écrire; il fut en peine sur ces bruits de guérir de ce qu'il deviendrait, et consolé quand il sut où il était.
Oh ! ma très-chère fille, je ne doute point que votre pauvre cœur ne soit en peine de le sentir dans les hasards de la guerre : certes, quand j'y pense, j'en ressens aussi. Croyez que je prie plus soigneusement que jamais pour lui, et j'ai confiance que Dieu le tiendra en sa divine protection, et que, quoi qu'il arrive, sa Bonté le recevra entre ses mains paternelles, qui est mon I rincipal désir, afin que tous ensemble nous puissions nous voir en celle éternité de gloire, où, en louant Dieu, nous jouirons encore d'une perdurable société les uns avec les autres. Voilà, ma très-chère fille, toule mon ambition pour mes cberfl enfants.
J'espère que nous partirons pour aller à Orléans dans cinq semaines ; mais peut-èlre que le temps du voyage sera un peu long, puisque je rencontrerai en mon chemin plusieurs de nos maisons. Tout cela n'est rien, puisque l'espéranee de voir ma très-ehère fille est hors de toute inquiétude, avec la grâce de Dieu, que je supplie VOUS conserver avec votre petite bienaimée efl toute VOtre honorable famille, que je salue très-hum-
blemenl et chèrement, mais surtout madame ma trèa-chère MiMir, ei mademoiselle votre sœur ma chère fille, que je chéris
de tout mon cour, et toutes vos lilles qui étaient avec vous en Bourgogne, je les salue aussi.
Quant à la petite fille de la pauvre Claudine, elle est bien jolie fillette, mais elle n'a que di\ ou OHM BUS; 6*6*1 la filleule
de ïcu ma fille deThorens. Faites-moi savoir an plus t.'.t m unis la voulei maintenant; nous l'enverrions avec m sœur cbes ma
fille de Toulonjon, ou vous Tenveii kv pieu. lie. .\dieu, ma 1res
7i) LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
chère fille, jusquesà vous revoir, faites-moi savoir des nouvelles de mon fils. Je suis certes toute vôtre, ma très-chère fille, que j'aime uniquement.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCXCVI1I