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A LA MÈRE MARIE-FRANÇOISE HUXIBERT

SUPÉRIEURE A ÉVIANJ

l.o prince de Savoie approuve le transfert de la communauté d'Evian ù Thonon. — Confiance en Dieu. — Choix d'un confesseur.

VIVE -J- JESUS

[Annecy, 1627.]

Ma très-chère fille,

Le départ de M. de Blonay nous surprend; mais je ne puis le laisser partir sans envoyer à M. Piolon la lettre de Mgr le prince [Thomas de Savoie] pour votre établissement à Thonon1. Je n'ai loisir de lui écrire. Hélas ! ma très-chère fille, j'espère que par ce moyen vous serez un peu mieux et que Dieu me donnera la consolation de vous voir. Cependant, il faut toujours avoir bon courage de persévérer en parfaite confiance en cette Bonté divine qu'elle vous aidera. Puisque le spirituel de votre maison va bien, le reste viendra après. Notre-Seigneur n'a garde

1 La translation de la communauté d'Evian à Thonon eut lieu le 22 juillet 1027. « Pour l'effectuer (disent les anciens Mémoires), il y avait des difficultés presque égales du côté des habitants des deux villes : ceux d'Evian, qui aimaient nos Sœurs, se tenaient très-offensés de ce qu'elles voulaient les quitter; ils avaient protesté que celui qui serait assez hardi pour descendre la cloche, sa tète descendrait la première. II fallut donc la démonter de nuit et envelopper le battant crainte de bruit. Les habitants de I honon étaient dans une disposition contraire, et ne voulaient pas nous -H dans leur ville. Tous ces contre-temps n'étonnèrent pas la Mère Marie-Françoise Hnmbert, et, le jour fixé étant venu, elles partirent munies de I obéisi ince de Mgr de Genève, et tout se passa fort heureusement. »

de manquer aux Ames qui ont soin de le servir; sa promesse y esl engagée. Notre Bienheureux Père disait [que] ■ ^n la volonté de Dieu était faite, le pain quotidien ne manquerait jamais » : j'ai certes cette confiance.

Puisque les Pères de la Mission ne veulent ni dire votre messe, ni confesser, je pense que Mgr ne les continuera pas. Pour nous, en vérité, il nous est impossible d'y plus rien fournir ; mais il n'en faut encore rien dire. — .Vous avons la dot de notre Sœur de Ligny ; vous aviserez ce que l'on en fera. La fille de Grenoble n'esl point venue. Je pense que ce serait bien fait de se délivrer de ces filles, en faisant vendre le bien; cela est trop pénible. — Je vous donne le bonjour, ma très-chère fille. — II. Grelat attend votre réponse, savoir si vous le prendre! pour confesseur. Sa sœur qui est ici u'est guère propre pour nous; elle a [reçu] l'habit il y a on an. Mandez-nous ce que nous ferons d'elle; nous la garderons bien ainsi, mais de la faire professe, si elle ne change pas, il n'y a pas moyen.

Mille salufs à toutes nos Sœurs. M i très-chère fille, je buîs vôtre sans aucune réserve.

ConfiiiM..- .1 I'.. ri;; il II Ai cimes de la Visitai ion d'Annecy.

LETTRE DCCXCIX

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