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A BESANCON

Les contradictions sont un gage des bénédictions divines. — Il faut travailler à acquérir l'esprit de douceur et d'humilité.

vive -J- JÉSUS !

Annecy, 23 août 1632.

Ma très-chère fille, C'est la conduite ordinaire de Dieu de faire réussir les affaires dont II veut tirer plus de gloire, parmi les plus grandes peines et difficultés. Vous devez prendre les contradictions que vous avez eues en votre poursuite, pour un témoignage assuré des desseins que Dieu a de vous rendre une vraie et parfaite servante de sa divine Majesté. Et pour cela, ma très-chère fille,

1 Issue des illustres maisons de Listenais et de Coligny, Sœur M.- Agnès de Bauffremont parut en son siècle un prodige de foi, de générosité et de constance. Méprisant ce que la nature et la fortune lui offraient de plus enchanteur, elle conquit, par de glorieuses luttes la liberté de vivre pauvre et obscure pour l'amour de Jésus-Christ. A peine âgée de dix-huit ans, presque au moment de contracter un brillant mariage, cette noble jeune fille sentit tout à coup l'Esprit-Saint lui mettre au cœur le désir d'une alliance immortelle, et sollicita une place à la Visitation de Besançon. Telle fut, à cette nouvelle, la fureur de ses parents et de ses admirateurs qu'elle dut se faire (accompagner au monastère par cinquante mousquetaires et autant d'arquebusiers. Un arrêt du parlement, portant défense de recevoir la fugitive, l'attendait à la porte de clôture. L'archevêque lui-même suspectant les motifs d'une vocation si imprévue, exigea que mademoiselle de Bauffremont parût dans l'église, pour protester hautement de son choixjdevant une nombreuse assemblée. L'infante Claire-Eugénie, gouvernante des Pays-Bas, intervint à son tour et décida en faveur de la généreuse persécutée, qui reçut enfin le voile sacré, le 24 juillet 1632. L'année de prohation s'écoula dans des luttes incessantes contre la famille de Coligny, qui conservait l'espoir de l'arracher au cloître, et quand arriva l'heure de la consommation du sacrifice, F évoque de Mâcon, s'inlerposant en qualité de parent, défendit à qui que ce fût de recevoir les vœux de la novice, et à

ANNÉE 1632, Ufi

il faut que vous ayez une grande détermination pour vous établir fermement en l'esprit d'humilité, douceur, soumission et charité, vous rendant extrêmement reconnaissante enwen Dieu de la grâce qu'il vous ■ laite, et donce et respectueuse envers les Sœurs. Ainsi, ma très-chère Bile, sous ezpérimenterei 1s douceur du uui bien que sous possèdes) et vous sous rendrei une véritable fille <!•' notre Bienheureux Père, à qui nous vous lions offerte et offrirons de tout notre cœur, sous acceptant de sa part et <1<' la nôtre comme umi des filles les plus chéries qui soient dans rinslilut. Et, en cette qualité, je me recomm mde à vos -unies prières, vous assurant que je serai sans lin, d'un

Cœur et d'une affection invariable, votre très-humble, etc.

Conforme à u i l'origiad WÊtéé i li V'ÎMîitioo d'Ornvi» I)..„

elle do les prononcer. Persuadée qn'onc telle décision ne pouvait l'obliger, elle résolol de paner outre, et m eootacra an Seigneur en , i<»utr

l.i noblesse «lu paye. Mail le inonde n'était j re désarmé; bientôt

«•u vint lui lignifier la nullité de ses voeux. Elle recourut alon an Saint-

, qui commit tr<»i> évéques pour lui faire inbir un nouvel interr toire , lequel n'eut d'autre i »>nliat que de river pour jamaii lei ■ !■ chaînes qui l'unissaient i Jésus-Christ.

Deux ans plus tard, \I;n ! Il i [riant qu'à la faveur I

qui «I ni 1 1 Bou . on ne tentai d'enlei il» : un<

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[Histoire iné lilc i:

LETTRE MCXCII

A LA MÈRE ANNE-MARIE DE LAGE DE PUYLAURËNS

SUPÉRIEURE A BOURGES

Ouverture du tombeau de saint François de Sales; conservation miraculeuse de son corps. — La Supérieure peut faire sa retraite avant la fête de saint Michel. — Le Père spirituel doit appartenir au clergé séculier et ne peut exercer les fonctions de confesseur ordinaire. — De la visite canonique. — A qui il appartient de faire passer une Sœur d'un rang à un autre.

vive -J- jksus!

[Annecy], 27 août 1632.

Ma très-chère fille, Voilà donc les reliques de notre Bienheureux Père pour mademoiselle de Bourbon et pour madame sa mère, si elles en désirent. On a ouvert ces jours passés le tombeau de ce Bienheureux, et a-t-on trouvé son saint corps tout entier1; c'est pourquoi on n'y a pas osé toucher pour y rien prendre pour distribuer, ains seulement on a pris ce qui était autour, dont nous vous envoyons. Le procès-verbal de sa béatification s'en va bientôt heureusement achever, grâce à Dieu! Il faut néanmoins continuer à bien prier pour cela, afin qu'il plaise à sa Bonté nous [abréger les] longueurs de Rome, et donner un heureux succès à cette sainte besogne, et que tout réussisse à sa plus grande gloire. Nous ne vous saurions dire, ma très-chère fille, combien la dévotion à ce Bienheureux a paru grande en cette occasion de l'ouverture de son tombeau; car il y a eu une foule de monde dans notre église pour le vénérer, si grande qu'il fallut tenir des gardes de M. le prince [Thomas de Savoie] à la porte, pour empêcher qu'il n'entrât trop de gens , et il s'y faisait un tel tintamarre pour les faire sortir, que nous craignions à tout coup qu'il ne s'y tuât quelqu'un. Quantité de personnes

1 Voir pour plus de détails à ce sujet les MÉMOIRES sur la vie de sainte j. F. M CHAMTAL, par la Mère de Chaugy, tome Ier de celte publication, chapitra xxii de lu seconde partie.

AWI.l. 163*. 117

de qualité sont venues exprèi de bien loin pour se trouver a cette action, et Ton a recueilli avec grande dévotion tout ce que l'on a pu avoir de reliques de ce Bienheureui Père , jusqu'au graii( -r de son lépolcre et au bois de m châsse de noyer qui se trouva toute poorrie, à cause de la grande bomidilé <lu lien ou il était, ce qui fait davantage connaître la merveille de Dion en la conservation de ce saint corps, dont il le faut bien remercier. .le viens maintenant an second point de totre lettre, sur quoi je vous dis que vous demeurû s doue bien Ferme , ma li i ► chère fille, à maintenir votre intérieur dans cel état de simplicité, sans jamais VOOS en départir, sous quel prétexte qO€ CC

soit, puisque Dieu vous i fait conn titre qu'A vous voulait ainsi; mais accompagnes-le de l'esprit d'humilité, de douceur et suave charité et support du prochain, le plus qu'il voua sera

possible. Pour notre pauvre Sirur M. -Madeleine , si (lie veut

bien souffrir les médecines, il la faudra souffrir, nonobstant ses

v ifs ressentiments. — le ne pense p.is pouvoir faire ce que vous

me dites pour les exercices des retraites; néanmoins je verrai, si Dieu m'en donm ra le loisir, et de quoi ^ satisfaire, bien que

j' croie que si nous regardions bien ce qu'en dit le Coutumier, et que nous non- \ tinssions . cel i suffirait. <mi, ma chère fille, 1 1 Supérieure peut avancer sa retraite, et la faire avanl la Saint- Michel, si elle juge n'avoir pas asses de temps pour cl! pour les auti i -.

Mous somirn - ici sj imbattre nu Père spirituel religit ux;

car c'esl la vérité qu'il a • faut pi> que !«•> Religieux ei rcenl

cette efa que pour 1rs |', i 61 i! Il

bites , ce sonl Religieux l< ud mis de l'éi ê me . i ;

qui p i lent !«• nom de 1 1 . qu'il n'j i pas

danger qu'ils soient Pères spirituels, «pi m 1 on n'en peut pas

avoir de plus propres pour cette charge M >nD eu I ma chère fille,

qu< j'ai de désir qui nousdemes dans notre sainte liberté

d'esprit; il ne faut pas que vous doutiet que je D€ GsiM bien

tout ce qui me sera possible pour cela, et pour empêcher qu'il ne se fasse plus tant de fondations, car je voudrais que de quatre ans nous n'en fissions; mais on ne peut pas empêcher que chacun ne die ses raisons humaines. Vous ne pouvez mieux faire que de procurer que M. Perrot soit continué votre Père spirituel; car il est vrai qu'il faut que ce soit un autre que le confesseur ordinaire qui ait cette charge. Il y a pourtant à dire entre un peu de délai que Ton fait, jusqu'à ce qu'il se rencontre un Père spirituel propre, et entre faire coutume de n'avoir qu'un même [ecclésiastique] pour Père spirituel et confesseur; car, de cela, il ne le faudrait pas faire.

Non, ma chère fille, il ne faut pas que ce soit le confesseur qui reçoive l'examen de la visite, car il sait déjà assez les manquements qui se commettent; mais vous n'avez pas besoin de demander cela tandis que vous avez Mgr votre bon prélat, puisqu'il fait lui-même votre visite; et quand vous ne l'aurez plus, vous penserez alors à ce que vous aurez à faire; car il ne faut pas tant prévoir l'avenir. Arrêtons-nous au présent, regardons bien ce que disent la Règle, le Coutumier et les éclaircissements, et nous y tenons, sans tant faire de questions sur questions. Que dirait-on à la visite, si l'on ne disait les choses qui sont marquées es Réponses? Je ne dis pas qu'il faille dire tout ce qui est marqué des manquements qui se peuvent commettre, mais que l'on choisisse en chaque monastère ceux que l'on y fait, et qu'on les die simplement, car tout ce que je marque là n'est que pour donner lumière de ce qu'il faut dire en cette occasion, d'autant qu'on pourra commettre tel défaut en un monastère et tel autre en un autre : il faut que chacun die ce qu'il a fait. — Oui, vraiment, ma très-chère fille, l'on avertit céans des fautes qui se font contre ce qui est dans les Réponses et contre de bien plus minces coutumes que celles-là, je vous en assure; car l'on y va tout simplement dans l'observance, grâce à Dieu.

Si celle bonne prétendante que vous avez ne veut de bon

awi.i; L6S1 m

cœur et franchement être du rang des Sœurs associées, vous ferei fort bien de la mettre du chœur, puisqu'elle ■ de si boni conditions. Vous nwz bien répondu sur la proposition qu'on i ou- .1 laite touchant les Elles illégitimes, et rais consolée «les bonnet dispositions que vous me dites rire en ma Sœur M... — Pour votre novice qui a des évanouissent nts, il but voirjusqu'a Ja lin de son imiiriat ce qui' ce sera de ion mal, et après cela, ! ne lui passe pas, je crois que vous la devea renvoyer: car m elle en guérissait après être retournée an inonde, voua la

pourrie/ reprendre. Nos Sieurs me feront plaisir de ne D

point écrire, car je n'ai ni le loisir de voir leurs lettres, ni d'^ répondre ; je le lais pourtant encore cette fois, mais je désire que désormais chacune se contente de sa Mère.

Il 0*5 a point de doute, ma chère fille, que c'est à la Supérieure el aui conseillère! de discernera quel rang sont propres l< s GU que l'on reçoit , el non an Chapitre ; mais pour ce qui i si de les changer de rang a] rès la profession, si c'csl pour les (aire j de celui d. b associées à celui des choristes, la Supérieure le peut aussi faire. Mais il y a lueu de la différence a faire passer Ul

S ur du eho-iirau rang des BSSOCiéeS, car il faut que |

Supérieur qui fasse cela, a cause qu'il la faut dis r de dit

ion Office, el ceci je vous le dis ensuite <1«' ce que j'en ai vu loodre a notre Bienheureai Père. Ma très-chère fille, il me

h ut h» -au coup supporter s cause de mes continu* I ots

et infirmi i ir je dei ieni foi il l'ai prou

une infinité de lettn ne non- manque pas. Dieu v eoille que dov - à

me non- avons i <■• o, i en heui us

i de quoi èti e en peine , ai i hei cb< r Ik»i *s tic . humblem< al el limplemenl , • : Dû a dooi b< donne/, lueu

< 1 1 espril a vo> filh Je i i . m tii je vous le d.- de loul mou ; , ma 1 1 . - chèr< 1 1 1 1 1 1 , entièrement vôtre.

Conforme à *M C" < tin.

LETTRE MCXCIII

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