LETTRE M CC
I L A MÊME
mli ilitf» r I . — Projet
-. — On pra formes à l'Institut.
tin y ntsi
M.\ TRÊS-BOXXE ET CIIÈRE P1LLB,
Oui, noui avons bien reçu tous vos paquets et tout ce que voofl nous av.'/ envoyé; car hier ou m»' menai la roberii pour me Caire une tunique de l'étoffe que vous avei mandée pour i ■•■! t. <>r je veui bien, mus pour cette fois seulement, être r tue de la charité de ma très-chère al bien-aimée fille, de laquelle je la remercie de tool mou cœur; mais je ne prends pourtant pas plaisir que nos Beann sous demandenl ainsi des choses pour moi , I ins m»' le dire. J. v ,,,,,»
Gais de ne rien envoyer qoeje [ne] voos le demand lèse m rt (pu* je le Garai bien qui I j1 uirai ■écoaail
Jr rtea bien m irn.' qu le c irdin.il u'.ul
non ftiitnsif II est vrai qu'elle fol on peu sèche: mais sa ose le fol l>i «ri aoi la pense qu'il hodratt, ii mus le
>i , que i«»iit ni'iit ton •/ entée li i
I u meute que je suti itteod ml le retour «I.' m i - iuj <'t |.i
réponse de la volonté de Mgr de Genève, auquel j'écrivis le plus tôt que je pus, pour me donner l'honneur d'écrire à Son Eminence, en cas que je ne puisse pas obéir à son désir, ce que je n'ai su faire jusqu'à présent ni même lui écrire, à cause de mon indisposition, de laquelle je ne suis pas encore bien libre. Mais il faut que je vous dise maintenant, ma chère fille, selon l'entière confiance qui doit être entre nous, que je ne peux croire qu'il y ait rien en moi qui puisse donner aucune satisfaction à Son Eminence; c'est pourquoi peut-être que cette pensée qu'il a eue est maintenant passée et qu'il ne s'en soucie plus. Que s'il est ainsi, il me serait bien plus commode d'attendre une meilleure saison pour vous aller voir à cause de mon âge, qui me cause autant d'inconstance et de variété de dispositions comme il y en a au temps et saison où nous sommes ; et je m'assure que vous obtiendriez bien permission de Mgr de Genève que je vous visse en un autre temps; mais néanmoins si Son Eminence continue au désir que j'aille à Lyon, et que vous puissiez prévoir que quelque changement occasionnerait sa retraite en quelque autre lieu, en sorte que je ne pusse pas recouvrer l'honneur de le voir, certes, si Mgr de Genève me le permet (ce que je m'assure qu'il fera), et que je me trouve en disposition de pouvoir entreprendre à cette heure le voyage, je vous assure que j'irai de tout mon cœur recevoir cette faveur de voir ce digne seigneur; et, en ce cas, nous prendrons notre équipage ici si nous l'y pouvons trouver; sinon nous vous en avertirons. Mandez-nous donc bien la vérité de cette affaire, afin que, selon la réponse que nous aurons, nous résolvions au plus tôt ce qu'il faudra faire.
Vous verrez ce que je réponds à notre Sœur de l'Antiquaille, mais refermez bien ma lettre avant que de l'envoyer. Vous aurez bien pu connaître, par celle qu'elle m'écrit, que je lui avais donné quelques petits avis. Je m'étonne fort du peu de communication qu'elle a avec vous; c'est une des choses que je vou- *
(Irais réformer eo «'lie. Je vous assure que nous ne ferions pal la moindre chose entre nous autres d'id proche, ma Sœur la
Supérieure le Chambéry et nous, moi le communiquer l'une
à l'autre; et si vous CODOaissiei tout* s nos Sieurs de céans, nous ne ferions pas une fondation que DOOI D€ vous nommassions Celles qui y iraient, pour en avoir votre a VIS, parée que Cela nourrit l'union et cordialité entre nous; mais cette chère
Sœur de l'Antiquaille a le cœur parfaitement hon et affectionné
à sa vocation; elle est tout à fait aimable, nonohstant qu'elle n'ait pas toute la douceur extérieure qui Serait à désirer en elle.
Vous ave/ là une pensée digne de votre cœur tout de charité pour sa fondation, de donner ma Sœur | M. -Mai;;. | de Samte- Colombe pour Supérieure, et notre Sieur de V Antiquaille | < :i i|< i .1 1
ma Sœur [L.-Gasparde] de Saint-Paul pour seconde ; puis prendre
deux SoMirs de (amdrieu , et deux à (Irémieux pour le reste de
ce qu'il en faudrait à Vienne, puisque ces deux monastères sont
du diocèse de |fgr de Vienne, .le lais mander à cette chère Sœnr qu'il faut qu'elle lasse ainsi; vous pourrie/, encore donner, ou
elle, une Sœur domestique , s'il en faut sept.
(elles, je ne sais que dire de cette pensée d'union, car il
m'est avis que tout ce qu'ils disent est compris .ni Coutomier,
aux Réponses et à la lettre d'union, linon qu'ils voudraient que
les monastères de France s's Iresi issenf à ceux de Paris ; cen\ de Provence «-t de Bourgogne, à I yonj ceux du Dauphiné etSai ici; ce que je ne peui (jouter, carc'esl division d'union. Or je trouve hon le fonds proposé p 'iir aider les monastères, poi qu'en h- ioia notable et non pressé les monasl
• t que celui-ci prie cens de Paris ou de Lyon de donner ! le qui cela Kiendrail toujours les
d m- ' t celui-ci; vou> pouves
i < •. 1 1 -i vous roules, ou ilmplemenl que vous vous rapp< a moi ,t disculper le bon I1 lom Maurice, f/csi sans loisir qoej'é ris pour ne perdre a lie commodité de Chambéry* I
ma vraie très-chère fille, il ne nous faut que cela, de nous bien tenir en noire tout qui est Dieu, allant à Lui par voie d'amour et d'humilité en tous nos besoins, et le plus souvent que nous pourrons. Je salue nos très-chères Sœurs; je me vante librement d'avoir plus de désir de les voir qu'elles, au moins plus solidement, de vrai toujours quand Dieu voudra ! Qu'il soit béni.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCCI
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE AU DEUXIÈME MONASTERE DE PARIS
Affectueuse compassion pour cette Mère. — La Sainte s'estimerait heureuse de n'être pas une seule heure sans souffrir. — Conserver l'amitié du commandeur de Sillery.
vive -J- Jésus!
[Annecy], 1er novembre [1632].
Mon Dieu! ma tout unique et très-chère fille, que veulent dire toutes ces fâcheuses et douloureuses coliques qui vous ont tant affligée? n'avez-vous point quelque mélancolie et sujet d'afflictions? car je pense avoir ouï dire qu'elles procèdent de là. J'ai tant pensé si la dureté dont ces Messieurs de Troyes usent envers nos Sœurs n'aurait point contribué à cela : enfin ditesmoi bien simplement, selon notre entière confiance, d'où vous pensez que ce mal vous puisse venir; si aussi l'air de Paris ne contribue rien à tant de grandes et fréquentes infirmités. Hélas ! je sais bien que Dieu est par-dessus toutes ces causes secondes; mais je sais bien aussi qu'il ne veut pas toujours empêcher leurs effets , et que bien souvent II les laisse agir, et veut aussi que nous les prévenions et nous en détournions quelquefois. lous voyez où mon esprit va autour de vos maux; mais je ne laisse de les regarder comme voulus ou permis de Dieu pour votre main < ment en son amour, et vous rendre conforme à Lui en
ses souffrances; el en cette sorte je von- estime heureuse, ma tout unique fille, de les souffrir; je les honore el révère, ef voudrais êtrejagée digne «1< si grande . s'il m'étail permis
de désirer quelque chose. Or je vous dirai que Notre-Seigneuv connaissant ma faiblesse me traite bien pins doucement; car si bien je ne puis dire être nn joor Bans quelque incommodité , <'t que je me voir des quelque temps fort vacillante en la santé , ce sont toutefois des incommodités plus traînantes el provenant de l'âge que douloureuses, excepté des douleurs de tète et certaines fluxions qui m'affligent , lesquelles sont un peu douloureuses t.imlis qu'elles durent. Oh I Dieu me (ait trop de miséricorde ! l'estimerais à grande grâce qu'un seul jour de ma vie ne fui - m- douleur, ni même une heure , afin que par ce moyen je fisse nn peu pénitence de t inl de fautes que je commets journellement; mais en tout la très-sainte volonté de Dieu soil laite, car en elle seule consiste tout notre bonheur! Je trouve le temps si long, ma très-chère fille, dès que je n'ai de vos lettres, el la petite assistante ne m'a point écrit si vous étiei hors de vos douleurs, bien que notre Sœur la Supérieure de 1 1 ville m'eu ail écrit, el le bon chanoine d'Ypres m'assura que
VOUS «lit/ tout à (ail mieux.
M. le commandeur [de Sillery], votre cher frère, oe m'a poiol i.jim; j'ai vu dans une lettre a noire Sœur de Bellecour qu bon Père dom Maurice de l'avoir p< rsuadée
de oe I moj i ns d'union , dû ml que Ton pi
ten lail d'attû l*aut( sus monastèn - de
r et certes je < i ne lui
! une âme qu'il faut m mier h i
elle le mérib r.
/ un peu cela ive< i oti s dou< - pi u , le plus
l .1- ne i rois i ien de loul cela, c ir j«'
m . -m , qm i i P( i .lit (, u peut-être que
li seraienl attii
par les assistances de ceux de Paris. Je le salue, ce très-bon et cher Père ; je ne puis lui écrire ; nous attendons de bon cœur de ses nouvelles touchant les procès d'Orléans, et s'il viendra les apporter. — Ma très-chère fille, Dieu vous rende une constante et longue santé pour sa gloire, et comble votre très-cher cœur de son pur amour ! Je suis vôtre, mais certes d'une manière incomparable; et je vous prie, invoquez bien la divine miséricorde sur mes besoins, afin que ce qui me reste de vie et ma mort soient à son honneur et gloire. Amen.
Dieu soit béni!
Sa douce Bonté nous fasse la grâce de chanter un jour le grand cantique des louanges éternelles à sa souveraine Majesté, avec tous ces Saints et bienheureux Esprits dont la sainte Eglise célèbre aujourd'hui la fête.
Je laisse à cachet volant celle que j'écris à notre très-cher frère; de vrai, c'est une âme qui m'est bien précieuse. J'attends ce que vous me direz sur le mémoire que je vous ai envoyé, et sur ce que vous aurez pu juger avec lui qui sera pour le mieux; car je me déporte facilement de mes sentiments pour suivre ceux que j'estime meilleurs. Mais il ne m'est pas avis qu'il se puisse rien faire de plus que ce qui est déjà écrit, si ce n'est pour le temporel; car, de ces intimes unions et conformités entre les maisons de Paris et celles de Lyon, c'est une chose tout aimable et désirable. Mais qui subsistera autant que les esprits des Supérieures auront l'alliance l'un avec l'autre. Je me confie en Dieu plus qu'en tout cela; Il fera ce qu'il lui plaira. — J'ai reçu aujourd'hui une lettre de votre cher frère de Vaugelas, qui m'écrit la paix et leur retour en France. Mon Dieu ! que j'en suis consolée pour l'amour de lui et de notre bon M. de Foras tout particulièrement; je ne puis maintenant lui écrire, mais je le salue très-chèrement.
Conforme à l'original gardé aui Archives do la Visitation d'ilnnecy.
A.WI.i: 1G ii>. 137
LETTRE MCCII
a LA Ml im: m IBIE-AIMÉE DE BLOM \Y
■m mutât i \"v
Prochain relour île Mgr de Genève. — I»r - li réception n'es sujets, <unt l'r.mroi» de Sales m- voulait pas qu'on il*[>a-> àt \c immlin' de qu.iranti- nu quarante-cinq.
flffl y JK
[Aimcrj] , 2 dow< mbre l< '■- .
Hl TItKS-CIII.KK ril.l.K,
Je crois que maintenant VOUS aie/, reçu DOS grande! répOB de celles que vous nous envoyâtes par la vota de Chambéry, lesquelles vous auront été remises par le m< r de Riom, que nous envoyâmes passer à Chambéry ponr les prendre, el où
nous les avions fait tenir dès le lendom un el par le inème porteur qui nous remit les vôtres ; si bien, ma Irès-chère fille, que
e'esl à vous à nous répondre. — Je suis toujours attendant d nouvelles de |fgr de (Jeiiève ; je lui éeriv is après que j'eus n eu celle de notre bon Mgr de Hommes. Je lui ai lait encore une
recharge, sur l'avis du Père V ; j'en attends la réponse ai ec luimême, car il doit être ici la semaine pioeliaine. Si ma >,mté
peut un peu affermir el qne le temps ioîI bean, de 1 1 ai , ma très-chère fille, ce me sera nue consolation Donpareille de vous aller voir, el je crois que Mgr de Genève me le permettra l'a meut ; mais si Dieu ne permet pas qne tout cela soit, j'écrirai à Mgr le < irdinal pour (aire mes excusi i, si vous me dites qoe je le doin (aire, comme déjà je vous si écrit
\< soyes point en peine de ms lanté; < r, en Vas où Une but pas espérer de me voir sans toujours quelques nouvelles Incommodités; mail je n'j vois poortanl encore rien qui doive il fort JarmernosSoran comme elles font — Jepen* qoe c'est voos qui m .iv. / envoyé une boit - d'orange, bien que voos
■c m i u dit p n 1 1 vôtre ; ma très chère filli ans ne
bûtes en cela ce que je voos ai dit, de ne me rien envoyer que je ne !<• foni d. n m dont* rai quelque bonne péniten<
Vous me dites que votre nombre est de quarante-cinq, et que je prie Dieu que vous ne Paccroissiez pas davantage. Je le ferai de tout mon cœur; mais, pour vous parler simplement, je vous dis que vous ne le devez pas faire, et je vous conjure de ne passer pas plus avant; car, quand la Règle dit qu'elles pourront en prendre quelques-unes de plus, elle ne dit pas qu'on en prendra une douzaine, et je suis bien assurée que notre Bienheureux Père a dit qu'il ne fallait pas passer quarante ou quarante-cinq; il nous faut honorer nos Règles en cela comme en toute autre chose. Nous ne sommes que trente-neuf Religieuses et deux [Sœurs] du petit habit; mais je me tiens ferme là de ne point ouvrir la porte à pas une, quoique nous ayons un grand nombre de prétendantes et de braves filles. — L'on nous a dit que Mgr de Belley avait fait imprimer un petit livre de tout ce qui s'était passé à l'ouverture du tombeau de notre Bienheureux Père, de la grande vénération qu'on lui rendit, laquelle on ne put empêcher. Si cela est, ma très-chère fille, je vous prie de nous en envoyer un exemplaire, parce que nous craignons qu'il y ait mis quelque chose de quoi notre bon Père dom Juste se fût bien passé à Rome.
Au surplus, dites très-humblement votre coulpe de ce que vous ne nous avez point envoyé les lettres de vos deux dernières Sœurs mortes; et, pour pénitence, nous vous prions de les nous envoyer, si vous en avez de faites. Voilà un voile de calice que nous avons fait céans pour Mgr de Montpellier, qui est le plus mignard et bien travaillé, à mon gré, que j'aie vu. Ce bon prélat témoigna à nos Sœurs qu'il désirait qu'elles lui en fissent un; elles lui ont bien voulu donner ce petit contentement. Je le vous recommande, ma très-chère fille, pour le leur faire tenir par les marchands bien sûrement. Les lettres que nous leur écrivons sont dedans. — Je ne pensais pas ce matin vous pouvoir écrire un seul mot de ma main , tant j'étais tourmentée en la tête d'un violent catarrhe; j'en suis un peu soulagée ce soir. Voilà comme
va ma >anté dans DH€ iue« -rtitude continuelle durant l'huer;
hier seulement, je oie trouvais asses bien t et dès oe loir et cette nuit il ^ a eu changement. Dieu soil bénil Sa bonté accomplisse lam réserve m iaint< volonté en moi et en vous, que je
chéris en MM amour comme moi-même! |fofl Dieu! ma iille,
loi bonnes Soeurs que nom avonsl La nièce (ail bien; uou> avons beanoonp de bons sujets, grâce à Dieu, qui en ><>i t loué à jamais I
Conforme à l'original garcM aux ftrehifi «h- I » VbiUtio I I \ laecy.
LETTRE IICCIU
\ L l MÉBE LOI ISE-DORO 1 1 1 1 : i : DE M MIGN1
g rrf.i.iiKK
1 relie I l'on lation di 1 1 -
guignaa. Celle (!• [ues Sœu I
- y être Sapériettf
mi •;- ià i il
m i )' . - Boteabi i \I\ TliS-CHÈaE ili.Fi:.
Il fuit bénir el remercier Notre-Seigneur avec beaucoup
d'humilité, de ce qu'il lui plail remettre en paii la province oà vi honte poui a établie. Ce nous a été beaucoup de consolation ii- que notre In »-diync \I;jr de Montpellû r ait « t
t. ml «i un tiielc auprès du Roi, m tout «le ce que
nota Bienheui ;<\ Père i tant de soin de l'assister, car il es!
v rai qu'il .nient , et il e-t \ i.ii eue ju'il
toui a «lit de l'ouverture du t. de nota Bienheureui
! \i ii- ji- I h-.' à uns Sœurs) voui • a i « rire amplement les particularités, me contentant de ilementqui cette
année on lui i bit quantité de ti i l
; a fOtl : 1 1 il il il uilé.
\. i: ,i. pouvon Dé] lion de i
Bien tu, n'en ayant aucune < ( | qu'un très-bon et
vertueux Père Jésuite l'a emportée avec la fleur des autres dépositions, pour en composer l'idée de la saintelé intérieure du Bienheureux, ce que nous espérons qui réussira avec bénédiction, d'autant que celui qui l'entreprend est une âme des plus pures, dévotes, et qui a un des meilleurs esprits et jugements qu'on saurait guère désirer. Je pense que dans une année vous jouirez de la consolation de voir ce livre-là imprimé. — J'aurais fort désiré que ma Sœur Anne-Marguerite l n'eût poin,t été mise si tôt en charge de supériorité, à cause de son peu d'années de Religion; mais la nécessité l'aura sans doute fait faire; je crois pourtant qu'elle demeurera ferme en ce qui est de son devoir, car je la tiens pour une Religieuse solide et fort sage, et qui a bien travaillé depuis qu'elle est en Religion.
— Je ne sais quelle nécessité peut avoir aucune des Filles de la Visitation de recourir au dehors; car il me semble qu'elles ont si bien tout ce qu'il leur faut : Règles, Constitutions, Coutumes, et tant d'avis de notre Bienheureux Père, avec les Réponses sur leurs demandes, que rien ne leur saurait manquer, tandis qu'elles se tiendront bien à cela. Vous faites grandement bien , ma chère fille, de vous conserver toute la liberté que l'Institut donne; car c'est une prudence très-nécessaire aux Supérieures.
— Je suis fort consolée de voir que la fondation de Béziers se remette sur pied, parce que je crois qu'elle réussira grandement à la gloire de Dieu. J'écris à la bonne veuve le mieux que
1 Sœur Anne-Marguerite de la Luxière, professe du premier monastère d'Annecy, envoyée depuis deux ans à celui d'Aix, avait été nommée Supérieure de la fondation de Draguignan, bien qu'elle eût à peine vingt-trois ans. Elle partit d'Aix, accompagnée de cinq professes de ce monastère. « Aux approches de la ville elles furent reçues, d'après les ordres de MgrdeFréjus, par M. l' officiai accompagné de tout le clergé et suivi de MM. les magistrats en corps, des principales dames et demoiselles et d'une foule de peuple. Le lendemain, jour de la Visitation, 2 juillet 1632, M. le grand vicaire fit rétablissement avec beaucoup de solennité. »
[Histoire de la fondation du monastère de Draguignan.)
ANNÉE 1638. lil
je peux, comme vous icm/. (.'< pendant, ions nous avertir./,
s'il vous plaît, «le lout ce qne nom devons Eure sur ce sujet. Nous envoyons donc le voile pour Ifgr de Montpellier, à Lyon.
le le trouve Tort milliard; mail il ne tant point parler de reeon-
naissance pour cela, ma chère fille, car non- n'en voulons point d'antre que celle de vos affections devant Dieu, le n'écris pas 1 Monseigneur, afin de ne loi en poinl parler. — le m'oobliai, la dernière fois qne je tous écrii is, de vous remercier de votre me
de réglisse, mais je le Fais maintenant de tout mon co'iir; je le
trouve fort bon et profitable. — Vous connais* i tontes nos Sœurs,
qui certes sont tort bonnes et avancent : dites-moi celle qne vous
penses plus propre pour être envoyée à Béliers \ car il me k mble qne pour le gouvernement vous pooves faire étal «le notre Sœur Mad. -Elisabeth [de Lucinge]; J. -Françoise de Vallon, qui i parfaitement bien dressé ses novices et sans bruit ni empressement Notre Sœur J. -Thérèse [Picoteau] est une fille très-solide. Notre Sœur M. -Antoinette [de Vosery] s'avance bien, mais elle nous est fort utile. Nous avons aussi notre Sœur A. -Marie Ross* t et notre Sœur M. -Françoise Humberl : voila ce qui me semble
être plus prêt pour le ;;im v erneinent . Lesjeunes, I •oiiime notre
Sœur infirme IL -Françoise de Corbeau et quelques autres, se foui tout a (ail l)i. ai i. Nota Sœur \I.-lïan< oise «le Livron est all< i Sisteron] c'est nne âme «le grande vertu; nuire Sœur » \ . Daloi, .« Crémieux; notre Sœur C.-Catherine «I»' Vallon, à Thonon on elle (ait bien Ce qu'il laut donner aux
maisons nous 6te <!«• nos bonnes piè< « i. Di< d veuille coodnji
( ( lie ailan e .i ire < t vous comble ,1 . [ pur
amour, m | h « fille , qui inVl. I IJ | 1 1 eu i;
.1 du< -il tout respect Mgr votre prélat, « t les ami> selon que
Vou- le ji « pi OpOl , n i tOUl il"- « In : S BTS, que
je prie Dieu rendre très-humbles «t simples. Dieu soit hem'
Je ne désire pas d'avoir le sentiment de nos Sœurs , mais seulement le vôtre, ni que vous leur disiez que je vous le demande.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCCIV
A LA SOEUR MARIE-AIMÉE DE MORVILLE
A MOULIXS
Exhortation à s'adonner entièrement à l'œuvre de sa sanctification.
VIVE f JÉSUS î
[Annecy, 1632.]
Ma chère fille,
Comme votre détraquement avait rempli mon âme d'une très-sensible douleur, ainsi votre conversion me soulage et console, bien que c'eût été avec une tout incomparable suavité, si de vous-même vous vous fussiez accusée, selon que notre bon Dieu vous l'inspirait. Béni soit-il toutefois de la miséricorde qu'il vous a faite ! Je supplie sa Bonté de la confirmer en vous si fortement que jamais plus vous ne retourniez en tels malheurs et oubli de votre devoir. Souvenez-vous, ma fille, que je vous ai dit que vous ne sauriez demeurer en la médiocrité. Il faut que vous soyez parfaitement bonne Religieuse, ou vous la serez très-méchante. Ayez donc un grand soin de vous tenir sur vos gardes, et très-humble et craintive devant Dieu. Redoutez incessamment la légèreté et vanité de votre esprit. Tenez votre cœur ouvert à votre Supérieure. [Le reste de la lettre a été coupé.]
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
AXXEE 1632. 143
LETTRE MCCV