A LA MÈRE MARIE-HÉLÈNE GUÉRIIV
SUPERIEURE A VALEXCE
Mgr de Genève ne permet pas à la Sainte d'aller à Valence. — Conseils pour l'oraison et le gouvernement de la communauté.
VIVE f Jésus!
[Lyon, 1632.]
Ma très-bonne et chère fille, Je dérobe ce temps sur mon dormir pour vous écrire et si je puis [j'adresserai] quatre lignes à celles de nos Sœurs qui m'ont écrit : car d'aller à vous, Mgr de Genève ne le peut goûter. L'on a eu sa réponse, il craint les maladies ; il faut donc que nous demeurions en paix dans cette divine disposition, qui nous donnera la consolation désirée, quand il lui plaira. Certes, ma très-chère fille, j'eusse fait cette visite de grand cœur, car je chéris votre âme d'un amour très-spécial et toute votre chère famille, en laquelle je vois que Dieu répand beaucoup de bénédictions. — Je reçus hier votre lettre du 26 octobre, qui me fut envoyée d'Annecy. J'y vois votre manière d'oraison, que je trouve fort bonne et utile; et, bien qu'elle soit privée du discours de l'entendement, si ne laisse-t-elle pas de l'éclairer, mais en une manière plus simple, et partant plus excellente. Gardez-vous bien, ma très-chère fille, de vous divertir de cette douce, tranquille et presque imperceptible occupation, pour chose que ce soit, et ne veuillez pas même voir ni savoir ce [dont] votre âme s'occupe, ains, demeurez très-simplement en l'unique vue de Dieu. La dévote Sœur Marie l vous aidera bien en cela; je la salue chèrement et sa vertueuse compagne. Je m'estimerai heureuse qu'elles prient quelquefois pour moi, et je les en prie par leur souverain Amour et le noire.
! Marie Teyssonninr, plus connue sous le nom de Marie de Valence.
a.wi.i; 1682. 140
Gardez-vous de changer votre minière de gouvernement, et
CTOjei que ce que la donœnr M fera pas dans les âmes, la rigueur y gâterai! tout. Tenez l'eapril de vos filles fort conten! et dans dm lainle joie ; portes>les surtout à bien faire leurs exercices spirituels , surtout la sainte oraison, et les animez à iifTfl au-dessus d'elles-mêmes , de loutei leurs iueliuations ,
passions et habitudes, afin que l'Esprit-Sainl règne en tout
leurs actions. — Je vous prie, tenez-vous ferme dans l'obserfincede tout l'Institut, et croyez que Dieu fournira tout ce qui sera besoin au spirituel et temporel ; ae vous cbargei donc nullement de petites fille», que conformément an Contnmier.
— Je salue toutes nos chères Sœurs, à part notre Sieur M-
Conatance. Dien la veut très-humble : qu'elle emploie a cet
h- ige les chutes et imperfections. Il la laisse là dedans pour cela; quand donc elle manquera à la fidélité due à la pratique
d(> vertus, qu'elle ne manque pas à s'humilier doucement. lia très-chère fille, Dieu ions rende toute selon son Cœur. Je suis en Lui totalement et entièrement vôtre.
Coufornir à i il.- l'i»rit'| î la Visitation di V uir