AI A TRÈS-BOXNE ET CHÈRE FILLE
La lettre que vous avez écrite à notre Sœur A. -F. [de Clermont-Mont-Saint-Jean|, de laquelle elle m'a dit quelque chose, a bien rabattu ma joie en l'espérance que j'avais que vous feriez la charjté à cette pauvre maison de Crémieux, selon la prière que je vous ai faite il y a quatre ou cinq jours, de l'aider, en lui faisant trouver mille ou douze cents livres à emprunter, desquelles elle s'obligerait; mais j'espère encore tant en la bonté de Dieu et en celle de votre cher cœur, que vous ne nous éconduirez pas tout à fait de notre demande, et je vous en supplie et conjure derechef au nom de Notre-Seigneur, ma vraie et très-chère fille, et qu'au moins vous fassiez en sorte, s'il y a moyen, que ces pauvres chères Sœurs puissent avoir au plus tôt mille livres, si vous ne pouvez mieux, car elles sont en telle nécessité que quand je vois cela et que j'y pense, je me vou-
irais volontiers vendre li j«- pouvait', pour le> aider; non qu'elles D'aïeul bien quelque chose pour vivn , mais c'est pour ce bàtimenl <] n« - uotre Sœor Anne-Marie [Rosset] i commencé, lequel, si ellei quittent, les voilà couverte! d'ignominies, de mépris, de rebuts, dt rejel el d'abandonnemenl de loot le monde. Noua sommes du iouI dans l'impuissance de fournir maintenanl ce qu'il leur faut donner pour poursuivre ce bâtiment, car il nous faut bien trois mois pour leur am ktser, lanl par emprunt que par le moyen de ceux qui nous doivent, la tomme de cinq oo six rc\\\< écus que doua leur ferons avoir pour la Saint-Jean prochaine, Dieu aidant Faites donc, ma chère fille, je vous en prie, qu'entre vous <-t notre Sœur de l'Antiquaille, <pii me témoigna avoir volonté de les aider de quelque somme, vous leur puissies avoir au plus tôt mille bancs el autant pour la Saint-Jean, ou au moins cinq on -i\
cents lianes si vous ne pouvez davantage. El si voiix ue pouvez
en payer les fruits pour elles, nous vous en déchargerons, el ferons tout ce que nous pourrons de notre part, afin que vous
n'en demeuriez point en peine.
Au reste, ma très-chère fille, pour ce «pu* vous marques <!«■ cette multitude de lettres, c'esl que, à cette heure, presque tous les monastères l'écrivenl en ce commencement d'année, et la est, » mon av ; qui fail ce grand déluge ; mais je
voudrais que vous remarquas! I \ i quelques maisons qui
veut trop looi • nt « t que vous me l, s Qommass es, Cn i udanl que j'écrirai, ei de bonne encre, afin que l'on en retranche t<»nt ce qoi m pourra, et que l'on fa vous
dites, d'attendre le • ■«>» be ou qo< Iques cotnmodib s d'amis pour celles <| il ï ne sont pressées J'.u bien reçu la lettre de la fondation de l ienne -, si la chose eu allait de la sort
serait bien fat lie in Sernit-il bien possible «pie cette bonne Mère eût cet esprit-la ? mais il faudra Voif <t un peu attendre ce
•pi elle dira, et et pendant vitro en pah les unes avec les autres,
On ne pourrait guère faire plus grande charité que de décharger un peu celte maison de Crémieux, au moins d'une fille, et nous les en faisons décharger d'une autre pour la fondation que nos Sœurs de Bourg font, et leur donnons mille francs pour cela, et les déchargerons encore, si nous faisons quelque fondation. — Je crois que ma Sœur la Supérieure de Moulins se contentera hien de ma Sœur [M.-ïsabeau] de Ravachot, pourvu que vous la jugiez assez ferme. Je crois qu'elle leur profitera. L'on m'a écrit bien des affaires de cette maison : des vanités de robes traînantes, des parfums. S'il se peut donner moyen à notre Sœur de Ravachot de nous en écrire la vérité , cela serait bon.
0 ma fille! j'ai bien ma défluxion qui me tient la moitié de la tête, et l'oreille et les dents, mais ce mal n'est point dangereux; il ne fait point de peur comme les dents aux trépassés. — Hélas! ma très-chère fille, que c'est de grand cœur que je vous recommande ces pauvres Sœurs de Crémieux , puisque nous sommes hors de pouvoir de le faire maintenant : nous n'y avons tantôt plus que trois filles; mais quand nous n'y en aurions point du tout, il me serait impossible de ne les pas aider. Ma fille, Dieu soit où II a placé votre bon cœur dans le
mien chétif.
Dieu soit béni à jamais.
Conforme à l'original garde aux Archives da la VisitatioD d'Annecy.
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.le vou^ i lentement ce bille! par la main d'une de nos que me voilà reprise d'un grand catarrhe qui m i il tombe mr !<• visage. •!•' croii que Dieu veul que je passe ainsi l.i luitede mes jours, pour me taire faire un peu de pénitence: dès que j<' Bail quille d'un mal. il m'en revient un autre: -on lainl Nom • h -Hit béni, el me fasse la grâce de le porter selon Bon bon plaisir) - .1.' vous prie de laire tenir le plus promplement el mûrement qu'il se pourra ces lettres que nous vous rimions pour nos Sœurs de I<u raine : elles sonl importantes pour I» repos de ces maisons ; c'est pourquoi je vous prie de leur donner bonne el prompte adresi
\mi> avons reçu vos patrons : j'ai trouvé la crowmk de la chasuble forl I" llr. el les pan menti aussi, excepté les bouquets de la croix que j'ai trouvés nn peu confus; mais je panse que « la mode le ne peui rien dire de plus là-dessus que 1 i que ma Soeur Marie -Aimée vous écrit, sinon que nous tâcheront de faire nos sflairt - i< i lanl que non- pourrons, a i !.• la difficulté
qu'il \ a a faire venir les choses <lr h loin. — H | mt <p;<- je tous
h m pi. m. ni que le Péri dom Maurice nous <i« >n n« L. q .1, ]§
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«<• <pi il dit, que le Père dom Juste lui avait écrit qu'il n était
i — .mr <pi il tut n i si promplement; et le Père dom Juste
t point MNIfOOanl de lui avoir écrit cela. \u nom de Don m i . hère fille, l'il désilt l'employer a la pnuiMiitr «l.< ail n
de notre Bienheureux Père, qu'il vienne et qu'il apporte luimême les procédures, car elles seront bien plus sûres entre ses mains que non pas de les remettre, comme il dit, en main tierce pour les apporter. Je ne lui écris pas maintenant, car je ne saurais; mais s'il-fait encore quelque séjour par delà, je lui écrirai à la première commodité.
Au surplus, ma très-chère fille, je suis bien aise que les affaires de Troyes soient dans le bon état auquel elles sont. Dieu les bénisse de plus en plus! Ma Sœur la Supérieure de la ville m'écrit qu'elle ne reçoit point de mes lettres : je ne sais pas d'où cela vient , car je lui en ai prou écrit. J'admire les grandes quantités de lettres que nos Sœurs de la France font tenir deçà, par votre entremise; cela est d'une grande dépense à cause des ports, et d'une grande surcharge pour vous. Je crois que pour toutes les lettres des filles, excepté celles qui s'adressent à moi , il les faudra envoyer par le coche ou aux occasions des messagers qui se présentent, et non point mettre à la poste, car il coûte trop cher.
[De la main de la Sainte.] Je ne serais pas contente si je ne vous disais de ma main que vous êtes de plus en plus, ce me semble, la vraie très-chère fille de mon cœur. Le doux Sauveur fasse abonder en vous l'amour sacré, dont II nous a témoigné l'effet par ses souffrances, en ces grands jours où nous allons entrer. Salut à tous, surtout à M. votre très-honoré frère [le commandeur de Siliery].
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Cbambéry.
AWI.I. 1633. 179
LETTRE UCCXXn
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l iit;raiir»ri des >oufir.iin • \ -S leilleor moyen d'adoucir
tout. - i >| p
Ah! mon cher Monsieur, qu'est-ce que je viens d'apprendre tout maintenant? que vous voila serré efl chargé de nouvel!
i nsationsl Qu'est-ce que notre bon Dieu désire tant de voe en la permission il»- tanl d'afflictions, Binon de \uu< rendre
nfenne a son très-cher Fils, notre très-débonnaire Rédempteur I Monsieur, si vous fermes les yeux ani choses de ta terre et les ouvre/ aui vérités éternelles, mih verres el sentirai que si iun> embrassa i a?< ■<■ nne généreuse patience et humble soumission à Dieu ces tribulations qu'il permet vous arriver, qu'elles opéreront enfin !«' poids d'un bonneur solide, d'une pais stable el d'une joie perdorable; el un seul brin de ce vrai bonheur vaut mieux un million de i.u- que toutes les prospé rit' le monde voni saurait présenter, lesquelles, comme
VMuvv<'\./. Monsieur, ne sont que trompeuses et imaginain
Noui vomi dam ou temps ou les Iravaos du divin Sauteur u (.us sont représentés; Monsieur, vous n èU - pas plus innocent que ce t: ni Fils du Père éternel. Votes el c nsidérei pi
fondement les accusations dont on le < li n;;.\ les iraiau* qu'on
lui I ni mmiIIi n en>uit.\ , t v.i moi t douloureuse el i; nomme u .
i pour von-, « est pour non . t pour tons les boa i < - pleins d'ingratitude qu'il souffre tout ed ils avec ^n am
incompréhensible, nne pal «t bumiiité inconcevabl<
para qn tel était !«■ I»<»n plaisir de a Père éternel, laid
Moosieui de I imitei en «•••tie p u nie l'issnm ,ju'||
vous fait souffrir; et, d'un cœur amoureusement filial, embrassez généreusement sa divine volonté , que vous devez regarder en tout ce qui vous arrive, et vous y résignez absolument et entièrement, remettant entre ses bénites mains toutes vos affaires et vous-même, afin qu'il en dispose selon son bon plaisir. Et si vous avez confiance, vous expérimenterez les richesses de la miséricorde divine et son soin paternel sur vous; mais il se faut tout remettre et reposer en sa sainte Providence.
Je ne vous dis point comme nous aurons soin de prier pour vous ; l'affection et le devoir nous y obligent. — Excusez ma mauvaise écriture, je suis fort incommodée d'un grand catarrhe qui m'a tout enflé le visage; mais je n'ai su m'empêcher de vous tracer ces lignes, vous souhaitant du fond de mon cœur une continuelle assistance et conduite de notre bon Dieu, que je supplie d'être votre joie et consolation et de madame ma très-chère sœur, étant sans réserve votre très-humble servante
Jour du glorieux saint Joseph, auquel je vous recommande de tout mon cœur.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambt'ry.
LETTRE MCCXXV
A MADAME DE VAUDAN