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A AOSTE

Les fondatrices séculières peuvent porter l'habit religieux dans l'intérieur du

monastère.

vive -J- jrésus!

Je vous disais, par ma dernière lettre, que Dieu n'aurait pas moins agréable votre service et amour avec l'habit que vous portez, que si vous aviez celui de la Religion, puisque ce n'est que pour son même amour que vous différez de le prendre; et

INNEE 16 I 181

au contraire, je crois qoe le renoncement que vous faîtes de l'inclination que vous aves de l'avoir voua rend plni agréafa la divine Bonté.

Or. i»' croii toutefois que vom devei porter simplement I h .iiiit dans le monastère en qualité* de bienfaiti que

pourtant M. votre beao-fils vous puiss • I i ber en rien <!<• votre profession; car de cette sorte que l'on ne !<• prend point eu moiiif. mi le peul quitter quand on sort dehors do monastère, el le reprendre quan 1 on \ rentre, cela n'étant que par simple pris ilége : uni i ma pe

\n reste, ma très-chère sœur, um> êtes bien heureuse d'avoir été choisie de Dieu pour cet établissement, duquel li divine Bonté veut tirer sa gloire I ertes, vous avea bien raison de vous abandonner i la volonté <!<* Celui qui vous i témoigné an -i grand amour : c'est 1 1 gr i e des grâces que d'être «m tout soum m>:i bon plaisir. .!»• suis tout a (ail vôtre, avec un

-••i ie.

LETTRE UCCXX\ i h dili

\ I. \ \II.iii. M \LIL- \l\ii BLOAI \\

l.l: 1 1 . on li I

Voila un paquet au jurl jr vous supplie <!•' ilmiiicr i' : le n'ai pas su m >ui pnir du

• de \l le i omm in l< di poui le m itti e au- l< m ris \<-

lou- p| ifl ,|, m || lin |oit i c icill i

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I iqu< !!•' | i >| > il n'j au il de mal que l'on <

car on me dit tant de bien de la vertu de cette âme-là que je crois que ce que son défaut de vigilance et ses infirmités ont causé, Dieu le réparera bientôt et ne permettra pas que le mal passe plus avant.

Cependant, comme vous voyez, ma très-chère fille, je vous écris sans cesse par toutes les occasions que je puis trouver pour cela, et toujours vous vous plaignez et dites que vous ne recevez point de mes nouvelles. Mais je vois bien que c'est que vous êtes insatiable en ce désir-là, c'est pourquoi je ne vous saurais contenter avec toutes mes diligences. La bonne Mère de Chambéry, que voilà qui s'en retourne, se plaint bien plus de vous, et a toujours grand désir de vous revoir, ainsi qu'elle se propose de vous en écrire plus amplement quand elle sera à Chambéry. Je ne vous en dis rien autre, sinon qu'elle est toujours elle-même, et dit qu'elle n'est point jalouse de ce qu'elle voit que je vous aime plus qu'elle; car vraiment c'est Dieu qui met dans les cœurs la mesure de l'amour : celui qu'il m'a donné pour vous est, ce me semble, sans mesure.

Ma très-chère fille, je crois que ma Sœur la Supérieure de Paray 1 vous écrit pour sa déposition, aussi bien qu'à moi, qui n'ai encore su avoir le temps de lire toute sa lettre • mais je m'assure qu'elle sera réélue, et néanmoins il la faut contenter, lui proposant les Sœurs qu'elle désire, dont ma Sœur M. -Marguerite du Piney est l'une, et ma Sœur Anne-M. Pillet, l'autre, et encore une de [l'Antiquaille] qui se nomme , je pense, M. -Catherine, mais je ne m'en souviens pas bien. Je vous supplie de lui mander cela, en attendant que je lui puisse répondre.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

1 La Mère Annc-Eléonore de Linfjendes, qui décéda Supérieure à Paray, en janvier 1636.

LETTRE UCCX W il

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Croyez que, poarec qui regarde votre particulier, vos lettres ne me sont que trop rares, car je D'en reçois jamais qu'avec beaucoup <l<i consolation ; maia j<- «Mois <| u" nous ne nous en devons guère l'une à l'autre, car je vous écris bien, ce me semble, autant <ji i «* vous m'écrives II est vrai qu'il plail à Dieu que je me charge avec la \ i « ■ i 1 1 « • > > < ' <!<• plusieurs infirmités, auxquelles <»n «lit <i»i<* lanl lire e( écrire n'esl guère bon; mais cela ne 4 1 « > î i pas pourtanfl vous empêcher de m'écrire quand vous le jugeres nécessaire, pourvu que vous !<■ fasaiei brièvement et reteniei ce qui sera de superflu, attendant aussi toujours de moi les réponses nécessaires, telles que Dieu dm dom era; car je vous les écrirai <l<' i<>ui mon cœur, comme ii ma très-chère e( bien-aimée iill«' que je chéris siucèremeul 1 1 cordialement

I m fondations lonl <■ nvres de Dit s ; «■"• il pourquoi il font les lui Lu — • i ((tiuliiirf \mis itiriiilruiis <•«■ que \<mis nous dires pour celle de Péseni vous ne nous marquei poinl les

conditions qu'il fout èi trois Sœun «j u <■ vous désires, ni si tout prendra la Supérieure chef vous j et cependant on nous proj ni de fond itions de det » que j< p mc qo< nous

iurous prou besoin de : h ors pont l< - | employer, en cas

qu'elle! H ni; mai» nous « n lai>«.rmri.s plutôt <|iirl<jues-

■nes que dr von- manquer. (Juanl .i votre logement, ma i.

chère fille, à la vérité, puisque celte maison que vous nous marquez vous est nécessaire pour bâtir, on voit bien que ce serait votre avantage de l'acheter dès maintenant, et de vous y accommoder plutôt que d'en prendre une de louage; mais, si vous ne pouvez pas gagner cela doucement sur Mgr votre bon Supérieur, je crois que vous ne le devez pas violenter pour le faire condescendre à vos sentiments, et qu'il est mieux que tout doucement vous vous soumettiez à ce qu'il désirera, que de le désobliger.

Pour ce qui est d'emprunter de l'argent à Lyon, je ne vous le conseille pas, ma très-chère fille, parce que cela étonnerait un peu nos Sœurs, et que je m'assure que vous ne manquerez pas d'en trouver à emprunter au lieu où vous êtes, ce qui sera beaucoup mieux; car Monseigneur vous fera prou trouver quelqu'un qui vous cautionnera, outre qu'il est plus à propos d'emprunter peu à peu, parce que l'on rend plus facilement à mesure que l'argent vient, que de prendre de si grosses sommes à la fois. Et pour conclusion de tout ce que vous me dites de votre temporel, ma très- chère fille, il faut prendre un cœur large et dilaté dans la confiance en la divine Providence, qui ne vous laissera jamais sans le secours nécessaire en vos besoins. Je sais plusieurs de nos maisons établies qui ne sont pas encore si bien accommodées que vous êtes en votre commencement, et elles ont déjà plusieurs années sur la tête; mais petit à petit Dieu donne de quoi faire les maisons et les entretenir, et non pas toujours tout à coup.

Quant au spirituel, ma très-chère fille, c'est la vérité qu'en ces paye; chauds il faut donner une liberté modérée aux filles que l'un reçoit, surtout au commencement, crainte que si on les voulait tout à coup réduire dans la sujétion et souplesse qu'on voit d'ordinaire en celles de deçà, on ne fil renverser leur esprit ; nais il faut peu à peu les y conduire, doucement et sua- \* nient, lant qu'il se pourra. Pour ma Sœur N., elle fait voir

\\\i.i. 1633. ls»

maintenant ce qu'elle est, mais j<- «rois que voua lui devei parler fortement, dans la douceur el cordialité néanmoins, el lâcher <1<- l'affranchir de loua i - petits d - el préten-

tions que rous voyez ea elle, afin de la rendre une bonne lill«' < 1 « * la l/isilation. — Puisque Mgr votre I» a prélal v <ut rire vol Père spirituel, ce vous esl l>< aucoup d'honneur; el partant voui unis en devei contenter, tandis qu'il lui plaira d'en prendre la peine. — •'«■ suis fort aise que vous ayes trouvé un si bon confesseur; vous ferez bien, quand vous en aurei I»' moyen, de vous l'assurer par une honnête pension, puisque vous !»• trouves propre pour cette cfa u je.

.!<• pense que vous saurei comme il a plu à Dieu nous affliger par le tr< pas de notre bon el très-vertueux M Michel. Croyez, ma ûlle, que c'a été une perte bien Bensible pour nous : je la ressens toujours quand j'j pense; mais enfin il Paul vouloir (oui <•<• qui plaît a Dieu. Il mourut d'une pleurésie qui l'emporta dans sept ou huit jours, de façon que !«' vendredi saint

l\ nterra dans notre église. Si mort .1 été comme Ba vie, toute

nte et heureuse, si que nous croyons qu'il jouit de Dieu.

as ne laissons pourtant de le recommander encore .1 i pi - bien que vous l«' ferei de bon cœur. — An

reste, nous vous remercions de votre voile de calice, l'invena est bien jolie ; nous ne manquerons de l'offrir » notre I; enheureux I' Ion vo , et )<• * i ois qu'il l'aura

lu ibl Noua i iue nous pouri ons pour v oui

chercher une bonn ir domestique ; mais jene I s'en

trouvera qui veuille aller si loin. Il bol von .1 dos

- d.- Lyon pour avoir d< - \\ -i nous i i •,

nous vont en enverrai q le nous pouri en attendant

qu( ivoir davanl ; joa II i. unira que

vous i < « i iv i. / poui ai |ue vou

I M|| (M' V«.||- Il |)ll||lll |

pi • mi< re foisy il ne faut | I

Ma très-chère fille, je vous dis par avance, mais à vous seule, que voilà M. Crespin que je voudrais bien que vous eussiez assez de crédit pour arrêter en Languedoc et l'empêcher de retourner en Savoie; car, pour moi, si j'étais en sa place, je ne voudrais pas quitter le certain qu'il a en votre pays pour prendre l'incertain qu'on lui fait espérer de deçà; je vous prie, ménagez un peu cela doucement, car je ne le dis qu'à vous. Il m'a fait entendre la difficulté qu'il y a que vous puissiez trouver des cautions là ; c'est pourquoi j'écris à ma Sœur la Supérieure de Lyon pour savoir si elle vous pourra faire la charité de vous cautionner, et lui mande, afin qu'elle ne craigne rien en cela, que ma Sœur la Supérieure de Chambéry et nous serons vos contre-cautions; mais parce que, comme vous savez, ma chère fille, ces choses-là ne se peuvent faire sans l'autorité des Supérieurs, il serait bon que vous priassiez Mgr de Montpellier d'en écrire à M. de la Faye pour lui faire entendre comme, grâce à Dieu, vous avez de quoi rendre la somme que nos Sœurs vous feront prêter, et leur écrire à elles pour leur mander qu'elles vous fassent savoir toutes les assurances qu'elles désireront de vous, et que vous les leur enverriez en la forme qu'elles désireront.

Je vois clairement, ce me semble, votre chère âme en ce que vous m'en dites. Oh ! ma très-chère fille, il faut gagner pays et s'affermir si fortement dans cette providence et confiance en Dieu, que rien ne nous inquiète ni attendrisse, quelque fâcheux et contrariant qu'il puisse être, j'excepte ces premiers mouvements des atteintes; mais, hors de là, rehaussez promptement votre cœur en Dieu et en sa sage conduite ; car puisque rien, rien du tout ne nous arrive que par sa Providence et pour notre mieux, ne faut-il pas, quelque amertume que notre nature y trouve, y acquiescer doucement? Oh ! je vous supplie, ma très-chère fille, vivez joyeuse là dedans et toute paisible et eontcnte. Vous avez là tant de bons Pères

Jésuites ; est-il possible que vous ne puissiez vous soulager ai c quelqu'un ? Ne vous tenea p is si r< n iv<«'. ouvres un peu votre cœur a la honni- loi. Du reste, je vous admire, ma très chère fille , de me demander m je ne vous ai pas oubliée : non. non, je vous en assure, je m'oublierais plutôt moi-même; vous m chère «'t précieuse comme la prunelle de mes yeux, et je crois que mon dépouillement de votre présence ne ce le i i n an vôtre, quoique moins nourri, parce <pn- je 1-- veux fortement, puisque la gloire de Dieu efl son lion plaisir l'ont ainsi requis. Je ne laisse ni ne cesserai jamais, Dieu aidant, <lr vous porter ch< renient et tendrement an milieu <!<' mon cce r, comme l'une de m- - plus intimes, plus aimées <'i pins fidèles filles, que Dieu rende sainte, c'est mon souhait

Mi Irès-chère fille, pour tout ce que j<i vous <li> des affai n'est point mon intention <lc vou* contraindre en rien, ains <jn«' vous fassiez en tout ce que \<>ns jngeres pour le mieux.

formeirurijjiii.il I Irchif M i* la Vi>il»li»n d I

LETTRE IICCX \\ III

\ \! 10 W!l. Di. M \i: 11 COI i: i ■ connaiMincc pou nnin-i.

\1 \|i Wll ,

i ii été grandement consolée de voir par votre l<'itiv la soumission avec laquelle votre chère I i n ■• n les afflictions

dont il » pin •• Dieu V00I I <\ comme vous avez lut plus

d'ét ii de son bon pi ûsii le toutes les loi itions. Je

isure que u divine Bonté iui i en cela In i> igréable et \

en récompensera abondamment, ainsi que de tout mon cœur je l'en supplie ; et vous remercie très-humblement, Madame, de tant de témoignages d'amitié que vous et mesdames vos filles les Abbesses rendez à nos Sœurs de cet Institut, partout où il y en a en vos quartiers, et particulièrement vous, ma très-chère Dame, à nos bonnes et chères Sœurs de Nancy ' auxquelles vous avez fait la charité de les cautionner, de quoi certes elles vous demeurent et nous aussi très-obligées, et j'espère que vous n'en recevrez point de déplaisir, et que, comme vous dites, Dieu leur fera la grâce de recevoir plusieurs filles par le moyen desquelles elles auront de quoi se dégager et bien accommoder leur maison avec le temps. Je suis particulièrement consolée qu'elles aient reçu, en leur commencement, une de vos chères petites-filles 2, ma très-chère Dame, pour le désir que j'ai que Dieu nous rende digne de pouvoir correspondre en quelque façon à tant d'obligations que nous vous avons, du moins le serons-nous toujours en l'affection que nous avons de vous honorer et chérir à jamais, et moi particulièrement qui suis très-véritablement, Madame, votre très-humble et très-obligée servante.

Extraite du Procès de canonisation de la Sainte. Archives de la Visitation d'Annecy.

1 La fondation de Nancy avait été faite le 24 décembre 1632 par la Mère Paule-Jéronyme Favrot, accompagnée des Sœurs Marie-Pétronille Fieliet, professe d'Annecy, et Bonne-Marie de Haraucourt, professe de Pont-à-Mousson. Les princesses de Lorraine honorèrent toujours de leur bienveillance le nouvel établissement et le comblèrent de bienfaits.

2 Cette enfant qui portait alors le petit babil au monastère de Nancy y fit plus lard profession, sous le nom de Sœur Anne-Henriette, « préférant ainsi la simplicité des Filles de la Visitation à l'éclat et à l'honneur de son illustre famille, qui lui offrait un établissement dans les abbayes de Sainte-Marie et do Saint-Pierre, à Metz. Comme sa respectable tante Sœur Bonne-Marie de Haraucourt, elle observa toujours un rigoureux silence sur ce qui pouvait lui faire honneur selon le monde, et ne se glorifia jamais qu'en la croix du Seigneur Jésus. » (Histoire de la fondation de Nancy.)

LETTRE \ICC\\I\

\ L \ i:i.v i:i:i:\l)i: Mi i:i: m IHIE-CHIISTINE m mi, « mi

MNiraacfl d*nn Volre-Sei [ncur.

nu f imi

\I\ Tiii.--i.ni;i!i: RI i:ik\-\i\!I.i: IfÈU U N -SeIGMEI I,

que je supplie vous combler < 1 * • son saint amour.

\ olre lettre da î janvier m'est seulement arrivée environ le I ."> avril, el je coofi sse que la suavité *-i humilité m'onl « 1 < > 1 1 1 1 • * beaacoap de douceur el de sujets de bénir Dieu. I oui avei un grand désir de rendre à celle divine Bonté ce qu'elle désire de vous, ma très-chère Kfère, el ce désir esfl un grand Irésor qui vous est donné de b i libérale dilectiou envers vous. I mi< désires aussi *| n «• notre Bienheureui Père lou^ împètre la grâce d'une fidèle correspondance; je l'en supplie avec mes plus tendres affections, bien bue je croie que votre sincérité el dévotion i l'invoquer avec confiance aura incomparablement plus de crédit

vers sa débonnairelé paternelle que je n'en puis avoir, à cause

de mon indigniti

\ ou- désires en troisième lien, ma très-chère Itère, que n<»us mus recevions pour toute nôtre en Noti -x jneur, et dous le Esiaons Je tout notre cobqt, v<»us suppliant qu< réciproquement von- nniis admettiei «lui- votre chère âme pour vos vi Sœurs, el qu'en cette qualité vous nous offries journelk ment a notre bon Dieu, a ce qu'il lui plaise nous Dure la grâce de suivre ivec entière fidélité les l"is qu'il ,t plu à s.i souveraine Providence OOOS destiner, 81 donner par la main <!<■ s(,n irès*hnmblc Serviteur qoo je supplie vous être vrai protecteur, et v<uis jmpé-

de Dieu les plus ii, h. s bénédictions de son saint amom pour madame votre bonne el révérende Prieure, que je saine en

tout respect avec sa chère et dévote communauté, nous recommandant à ses saintes prières. Je demeure d'une entière sincérité, ma très-chère et Révérende Mère, votre très-humble et obéissante fille et servante en Noire-Seigneur.

Extraite du Procès de canonisation de la Sainte. Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCCXXX

A LA MÈRE PAULE-JÉRONYME DE MONTHOUX

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