A BLOIS
Conseils de douce charité et de support cordial. — Regrets que laissent le trépas de M. Michel Favre et celui de la Mère M. -Marthe Marceille.
VIVE f JÉSUS !
[Annecy, 1633.]
Ma très-chère fille, Je supplie le Saint-Esprit d'être de plus en plus l'amour de votre cœur ! Je vois que Dieu a permis qu'il y ait eu à souffrir quelque petite douleur, par le procédé de la bonne Mère envers vous. Hélas! ma très-chère fille, ces pauvres jeunes Supérieures, avant qu'elles soient bien dressées au métier, sont toujours un peu sujettes à chopper ; mais votre prudence et support saura bien redresser tout cela, je m'en assure, car, selon l'apparence, il procède plus de quelque mauvais conseil et d'un peu de crainte que d'ombrage et défiance contre vous, parce qu'elle aurait bien tort si elle en avait, puisque vous l'avez élevée avec tant d'amour et de soin. Je pense, ma très-chère fille, que votre douce charité lui faisant bien entendre tout cela, elle la guérira des soupçons qu'elle pourrait avoir pris, ainsi que je vois par la vôtre qu'elle a déjà fait. Enfin, il faut toujours être valet avant que d'être maître, en toutes sortes d'arts; c'est pourquoi en celui de la supériorité qui est si difficile, il ne se faut pas étonner si l'on j fait toujours quelque petit manquement, surtout au commencement. Au surplus, ma chère fille, je vois que notre bon Dieu continue à vous tenir dans des infirmités, qui se vont toujours
augmentant ; mais je croit <jn« c'est qu'il v» ut vous rendre sainte par cette voie de la souffrance. •!«• le lupplie de tout mon cœur de vous donner la grâce de correspondre an « I< - ^ < • i n éU rnel (ju'Il a sur vous en cela < t en toul le reste, puisque de là dépend tout notre bonheur.
le ne veux pas oublier de vous dire, ma très-chère filb , la très-sensible douleur que nous avons ressentie pai le dépari d< notre bon et Lrès-i ertueo \ confesseur M. Michel, qui trépassa entre le jeudi el vendredi saint, n'ayant maladie qu'environ lix on sept jours d'une pleurésie qu'il pril en allant ches du sien lr. ic. qui étail mort il ^ avait fort peu. <m croit qu'il s'échauffa li ; car, quelques jour- après qu'il lut revenu, il commença de se trouver mal. Ce qui non- lit plus craindre qoe nous le perdrions, fui qu'il .uait une gaieté tout extraordinaire pendant m maladie, et qu'il «tait >i content de mourir qu'il disait que s'il échappait de ce mal, ce sérail m\i' punition de ses péchés. Enfin
il lit une mort tonte sainte, et a laissé remplis d Ydiliealion et de
bonne odeur de ses vertus i<»n> ceux qui le connaissaient, ayant
i té regretté universellement en la ville, surtout de |fgr de Genève (pii le pleurait chaudement; et moi certes, ma Elle, je l'ai pleuré de bon cœur et j'ai bien ressenti cette perte; je m'assure «pif von- m ~. n / aussi fort touchée, mais d faut en tout se ><»n-
niillre a la Volonté d.' Dieu.
.1 n : . i n . encon ln< r, une bonne louche du ti ■ pas de 1 1 bonne el vertueuse Hère d'Aix «" Provence , qui étail véritablement mu' sainte Bile el nue mère toute de charité pour les pauvres maisons; mais Dieu soit béni de tout et nous lass< 1 1 : i u e de tn.r profit de telles ions! Recommandez-moi fort ■ la
miséri le de Koln ^ [neur, el ci yex, ma très-chère Bile,
que lanl que j inrai de vie, votre très-humble.
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• [.., \|. \l -\l u li< \l in eilU, décéder I.- L3 uni le
LETTRE MCCXXXI
A MONSIEUR DE COYSIA