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CONSEILLER AU SOUVERAIN SENAT DE SAVOIE, A CHAMIÎERY

Encouragement à souffrir avec patience. Espérance de voir bientôt l'issue de

ses épreuves.

vive •{• JÉSUS !

[Annecy, 1633.]

Monsieur ,

Il semble que Dieu vous poursuit et traite comme un de ses plus chers amis, auquel II a donné afflictions sur afflictions, car j'apprends que vous êtes malade, ce qui certes m'a touché le cœur. Mais, Alonsieur, il faut redoubler votre courage et humble soumission, à l'imitation de ces grands fidèles serviteurs de Dieu, qui se fortifiaient par la patience à mesure que leurs travaux se multipliaient ; et plus vous sentez votre àme innocente des calomnies qu'on lui impose, plus vous devez vous réjouir et vous rendre aimable, même à l'endroit de vos ennemis, afin de vous rendre conforme à notre divin Sauveur. Je sais bien que ces pratiques sont dures à la nature; mais ce n'est pas aussi selon ses inclinations que les vrais chrétiens doivent vivre, mais selon la lumière de la grâce, qui nous assure que le Sauveur de nos âmes est entré dans sa gloire par plusieurs tribulations. Aussi ne pouvons-nous parvenir à la jouissance de la souveraine félicité que par cette voie. Que ces vérités vous consolent, Monsieur, outre l'espérance que vous devez prendre de vous voir bientôt, s'il plaît à Dieu, hors de cette peine, ainsi que nous l'a dit ma Sœur la Supérieure de Chambéry, laquelle, à son départ pour venir ici ', pria le Père N. de parler à Mgr le prince pour vous, sachant combien il en fait d'état; et ce bon Père lui

1 La lettre du 17 avril de cette année 1633 prouve que la Mère de Cliale fit, à celte époque, un voyage à Annecy.

ANNÉE 1633. r 3

rapporta qu'il loi avait témoigné grande affection pour vous, mais qu'il fallait que vous eussies palîi ncej que c*- 1 1«* affaire ne dépendait pas de loi, mais <1< Son lltesso, qu'il ferail ce qu'il pourrait. Patience «loue, Monsieur, on peu de non lemblance envers ccui que vous penseï qui vous traversent Cependanl nous ne cesserons de prier pour votre consolation el conservation de votre innocence. Votre...

LETTRE UCCXXXH

\ MADAME I. A Dl CHESSE DE MON l M01BNC1

P | .\ MMiboits.

V IV K | If»

\hl)\\!K,

le supplie notre divin Sauveur d'accomplir en vous ses divines promesses, afin que voire âme soil comblée de toutes les gi et saintes consolations qn«' son Saint-Esprit répand sur les plus chers enfants de son Église : ce sont mes souhaits immortels sur vous, Madame, que j'honore el révère, non certes selon vos mérites, mais de toute l'étendue de mes affections. El je m'assure que votre débonnaireté aura toujoun ible que, <!<• temps en temps, je me donne l'honneur de lui confirmer cette vérité, puisque j<' suis de cœur el par mille devoirs,

Madame, VOtre très-humble, tres-oln-issante «'t tie>-.»l>l,

servante en Notn S ;neur.

LETTRE MCCXXXIII

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