MONSIEUR MON TOUT BON ET TRÈS-HONORÉ FRÈRE
J'admire votre cordiale bienveillance, je la chéris, je l'estime avec très-grand respect, et prie Dieu de mêla conserver jusque dans son éternité de gloire; car il me semble que les vraies amitiés ne peuvent venir que du ciel, et que là elles se perfectionnent. Assurez-vous donc, mon très-cher et bien-aimé frère , que si Dieu me fait miséricorde, je continuerai à vous aimer en la vie bienheureuse, et que là je ne vous oublierai pas, non plus qu'en celle-ci, où tous les jours de ma vie je veux vous recommander à notre bon Dieu, auquel il a plu tirer à soi notre trèsvertueux et tout bon confesseur, M. Michel [Favre], ce qui nous a été une sensible douleur et une perte importante à ce monastère; mais le saint Nom de Dieu soit béni, et toutes ses volontés accomplies, car sa douceur fait toutes choses pour notre mieux. Il est passé, ce bon et vertueux homme, de cette vie à la bienheureuse, si saintement, si généreusement, et avec une si parfaite résignation et indifférence dans la suprême volonté, qu'il a laissé chacun très-édifié et consolé en l'espérance, comme toute certaine , qu'il jouit de Dieu. Monseigneur a été assez grandement touché de celte mort, et je sais que vous le serez aussi, mon très-
1 Janus de Sales, frère du saint Évoque de Genève, était entré de bonne heure dans l'Ordre de Malte, où il se distingua par sa bravoure. Dans la suite, Le doc de Savoie le nomma gentilhomme ordinaire de sa chambre, maréchal de camp, et enfin gouverneur de la citadelle de Nice : « Sa piété, non moini que sa valeur, dit un contemporain, l'a rendu digre de son rang et de son MMIg. n
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cher frère; car vous aimiez chèrement ce pauvre homme, qai \ ( > 1 1 s honorait el chérissait avec les plai tendres affections ion cœor. Noua aurona peines trouver on confesseur qui occupe dignement sa place : Dieu nous eu veuille pourvoii lui plat! !
Quant a la fille au sujet de laquelle vous m'écrivez, mon (lier i; ii> i, en voire considi ration, dous voudrions
bien la consoler, mais pour maintenant il dous esl impossible; notre maison esl toute pleine, el si grand nombre »1<- prétendantes qui attendent, que nu;;- m t lvods que faire que leur donpatience. — Lâcher» Sœur M.* Hélène [d'Arènes] se lenl votre obligée du souvenir que vous avei d'elle, el toutes nos Sœurs, qui voua saluent < u tout respect ci de tout leur cœur, el vous souhaitent avec moi les dons préci< m du Sainl t, cl
en cette affection je demeure poorjamaJ etc.
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(loin Juste, qui s fini i«"it i •• qu'il avait . 1 1 qui « il
départit pour [urin, où il but qu'il emploie le peu de
temps qui lui reste jusqu'à la fin d'oût pour plusieurs bonnes affaires, tant pour leur Ordre que pour des personnes particulières, nous faisait désirer que le bon Père dom Maurice fut bientôt ici, où le Père dom Juste désirerait d'être quatre ou cinq jours avec lui, avant son départ; c'est pourquoi il faudra, le plus promptement qu'il se pourra, nous faire savoir le temps auquel le Père dom Maurice pense d'être ici ; car s'il n'y peut pas être sitôt , le bon Père dom Juste s'en ira toujours faire ses affaires, et le Père dom Maurice prendra tout le temps requis pour bien faire celles qu'il a en mains.
Vous ne me dites rien si vous n'avez point de fondation en mains et si votre maison n'a point besoin de décharge; car il me semble que vos bâtiments doivent vous avoir mises bien en arrière ; néanmoins, je sais que votre confiance en Dieu est si puissante que rien ne vous manquera, moyennant sa grâce. Quant à nos bonnes Sœurs N. N., je crois que vous avez bien trouvé le secret; car il est vrai qu'elles n'ont point de conduite, non plus que la Mère qui les a élevées, laquelle, comme vous voyez, vous fournit souvent de bons moyens pour exercer votre charité; mais certes, si vous m'en croyez, vous n'y correspondrez pas. Il semble que, parce que vous êtes dans une bonne ville, vous regorgez toutes d'argent, sans considérer la grande dépense de votre bâtiment et les autres charges de votre maison ; et enfin, ma chère fille, il me semble que la charité bien ordonnée commence à soi-même; c'est pourquoi je vous dis : gardez d'en trop faire, car tout cela ne sert qu'à ouvrir l'appétit de ces espritslà, quand ils voient qu'on leur donne un peu librement, pour pemander toujours davantage. Et pour toutes ces petites plaintes, je pense qu'il vous faudrait accoutumer à ne rien répondre, ains seulementleurdire quelquesparolesde cordialité, aveedes témoignages de bonne volonté à les servir si l'on en avait le moyen, car autrement il ne serait jamais fait. — Pour la fondation de madame la maréchale de Saint-Géran, je ne sais que c'en sera,
\\\i l. 1633. l'JT
encore moins de nous aller établir en li petit lien, où ii n'j a point le lecoon : «le vrai, je n'j correspondrai jamais.
Nous n'avons pas encore reçu les soies; nous ne manquerons pai <1< satisfaire à tout, pourvu qne nom ayons regardé ce «ju»' nom désirons que vous nous acheliei encore Certes, ma trèschère fille, v c»ms Doni obligei pins qu'il ne m peol dire, el nos chères Sœnn av< c sons, «le faii e avec lant de soin ci de charité louies les petitei commissions «le nos ouvrages, dont je vmi^ remercie de lonl mon cœur. — .!<• \ < >u ^ prie <!<• donner s M Ramas, sa nom «lu Père dono luste, doose «Incitons, qui ><>nt Irente-trois liirei doose sols, el les mettre sur noire partit', et doos v<ms ferons tenir le tout bien assurent* ni.
Huant à la proposition qui vous « été faite «le la part du Père Binetj il est irai (pic, scion l'apparence, <•<• serait nue grande a Dire de charité; mais je oe crois pas «pic Dieu requière cela
de DOOS, au moins n'en ai-je point de \ ne ; et je pense, nia lrc>-
chère tille, «pie vous files bien de détourner doucement cela, san> laisser passer la proposition plus avant. Et j«' crois «pu1 ii M. le commandeur |«l«' Sillen | (l(,ii m'en écrire, il pensera bien qu'il devra m'en dire, s'il se ressouvient de ce que je dis >ui- la proposition que Ton me lit faire, au'il fallait que I» maison <l«- Paris lût obligée de fournir toujours des Supérieures a la \I . ;§d. laine Enfin, je crois que !<■ plus doucement que l'on pourra détourner ce dessein là sera le meilleur. 1. 1 M l« delà mbien i il est vraij mail c'est une merveilli de laquelle il
i.iut louer Dieu, «i !. ut, r d\i\ où celle-là. -
sppris, il ) a quelque temps, qu'une pain, de sotre perte i odu< . < i | ,.i « onfiance en Dieu que vous obtiendres encore le reste ', Ha vrai* toute chère fille, je vous sou-
1 ' " roi i travaillai! i 1 1
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haite toute sainte : je vous écris sans loisir, mais avec un cœur incomparable pour ma très-chère grande fille. Je salue toutes nos Sœurs et le bon et très-honoré M. le commandeur.
Conforme à uue copie de l'original gardé à la Visitation de Charabéry.
LETTRE MCCXXXV (Inédite)
A LA MÊME
Faire dresser procès- verbal d'un miracle opéré" à Bourges par l'intercession de saint François de Sales. — Diverses commissions.
VIVE j JÉSUS !
[Annecy], 27 mai [1633.]
Ma très-chère fille,
Le Père dom Juste s'est avisé encore d'une autre chose, qui
est que le Père dom Maurice pourrait amener avec lui jusqu'à
[Bourges] M. Ramus ; il ferait recueillir le miracle de cette
bonne Sœur [Tillier], qui est vraiment bien digne d'être ramassé :
vous en parlerez au bon Père dom Maurice, ma très-chère fille,
et le disposerez à l'affaire, s'il le peut; c'est en cas qu'il le
trouve bon et qu'il le puisse faire comme nous le désirons bien
fort. Vous écrirez, s'il vous plaît, à ma Sœur la Supérieure de
Bourges, et lui direz que, si ma Sœur F.-Gabrielle n'a pas
déposé par-devant l'ordinaire cette particularité qu'elle m'en
écrivit : qu'un jour étant dans la chambre de cette Sœur, elle
la trouva toute pleine de parfums et d'odoriférantes et suaves
odeurs, au lieu des puanteurs qu'elle avait accoutumé de
sentir, il faudra qu'elle la joigne encore à sa déposition ; car
c'est une particularité qui ne doit pas être omise, non plus que
tous les miracles, s'il se peut. M. Ramus n'aurait pas besoin
(\c pi- soi plus outre qu'à Bourges. Je ne puis écrire au Père
dom Maurice, faute de loisir; mais c'est assez de vous le dire,
A.Wl.l. 1633.
ma br< g-chère fille, el de vous prier de I saluer Irès-chu
menl de noir»' pari, et l'assurer que doua l'ail oujours «le bon cœur.
.) 'écrivis hier à m ir la Supérieure <le Chambéry bi
Dent, pour la prier de vous écrire el i r de
doua envoyer pour cinquante écus de tout* - d'or el de canneti] I antres que nos Sœui
;il qu'il DOOS faut pour faire (;<» - ouvi é du lil
d'or el »l argent, el que le I*' re «loin Mann . -
vous plaît j car nous désirons d'à oir cette petite quantité d'or de Paris pour \oir >i nous Dooi ions mieux ajusl
lain venir de Milan, ci quelle quantité il nom en faudra. Nous n'avons pas encore re a vos i >i i; mais nous les attendons de bon co'ur, car nos Sœurs ne peovenl presque rien faire cela. Voilà, ma très-chère fille, comme de tout notre cœur nous vous donnons nos petites commissions, parce que nous savons bien qne les vôtres nous foui la charité avec une extn bonté el franchise. Je vous prie toujours «le bien bure notre partie ', à laquelle nous satisferons soigneusement, quand nous auions tout ce que non - qui nous sera d ire. M «
re fille, vous laves de qnel cœur je suis à i certes, cela n'a nulle comparaison. .!<• -alue im» les ami-. • i prie Dieu non- rendre toutes selon son Tour.
LETTRE MCCXXXVI