LETTRE DCCC
A LA UKRE JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉCHARD
!i i ni: i IMMI
D titions de sainte de Chantai [mur le procét île son Bienheureux Père. — Lt M iv de Brécbard doil préparer lei sien:
VUE ■[• |fg{
Uaeej] l" jaillel 1617].
Il \ vu vis i k i s - « hère Soeur,
Que faites- vous que nous n'avons point de vos nouvel I Certes, le temps m'en est long.
Or, nous voici dans la sainte occupation de faire nos dépositions1 [sur les verdis] de noire Bienheureux Père; car Nosseigneurs de Bourges et de Belley sont ici ; il y a trois >< maines qu'ils travaillent fort à cela. Je vous envoie les articlesque l'on donne à tous les témoins, sur lesquels chacun repond ce qu'il sait : vous
eu ferei de mèrne, ma très-chère fille, et écrivez ce que vous vous
souviendrez; j'ai déjà écrit la mienne, qui est de dix-huit feuilles
entières. On en témoigne de la satisfaction; il n\ a que moi
qui n'en aie point, car ce que j'ai su et connu des perfections
vertus en celle très-sainte àme est si relevé au-dessus il»'
ce (pie j'en puis dire (pie, celtes, je demeure à plat, ma con-
oaissance inrpassaol infiniment ma capacité d'en parler.
\ ous trouvères beaucoup de choses dm- ses Epitres qui \ < »n aideront ; car lui-même, en plusieurs endroits, déclare sa foi, son espérance, m charité, ss conformité au hou plaisir de Dieu,
et plusieurs autres verlu<. Voilà donc de la besogne pour VOUS,
ma très-chère 611e j et quand les commissaires seront a Lyon, il faudra (pu- vous \ venir/ pour déposer devant eux.
1 Lei <l> /»■ de laintc de Chantai, lof !«•> rertoi de Mini Pran
voient eu entier, dans cal outrage, aa II* volume doi ûf divei
J'espère, Dieu aidant, partir dans le mois de septembre : je ne pense pas pouvoir passer vers vous en allant, étant trop pressée ; mais au retour, Dieu aidant, nous nous verrons tout à loisir. Adieu, ma pauvre très-chère fille, que je chéris parfaitement. Voilà tout ce que mon peu de loisir me permet. Mille saluts à nos Sœurs.
Conforme à ['original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCI
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
SUPÉRIEURE A LYOX
Conseils pour la réception des prétendantes. — Admirables sentiments d'humilité.
VIVE •{• JÉSUS
[Annecy], 22 juillet [1627].
Ma très-chèhe Mère,
\De la main d'une secrétaire.] Notre chère Mère dit qu'elle ne fait pas état de vous écrire à cette heure, parce qu'elle n'a pas le loisir. Elle a reçu des nouvelles de Paris sans qu'il y en ait point de nos Sœurs ; cela la tient un peu en peine. On lui annonce un bréviaire ; elle craint que le bréviaire et les lettres ne soient perdus; elle vous supplie de vous en informer et si M. Crichant n'en saurait rien.
[De la main de la Sainte. \ Ma bonne et très-chère fille, je ne puis coûter que l'on ancessionne l des filles successivement les unes aux autres, car je crains que cela n'apporte de l'inquiétude aux Sœurs avec le temps, et vous savez combien il faut éviter cela.
Ah ! ma fille, je vous conjure de ne point admirer aucune chose qui soit de moi. S'il y a du bien dans quelques-unes de
I t-à-dire, qu'on se croie obligé de recevoir en premier lieu les postulantes qui le ion! présentées les premières.
mes lettres, portez-en la gloire à Dieu, ma très-chère fille; car, certes, pour moi je ne mérite que confusion : mais vous savez que ce grand Dieu prend en sa main tel instrument qu'il Loi plaîl ; Il s'est bien servi d'une chétive ânesse pour prophétiser. Mais je n'ai loisir de dire davantage, sinon que vraiment il me semble, par la divine grâce, que j'ai un grand désir que nous ne cherchions que Dieu, et j'aime parfaitement votre cœnr, parce que je sais et connais qu'il n'a point d'antre prétention. — Accroissez votre patience, douceur et support vers ces pain i filles faibles. Bonsoir, ma vraie très-chère fille, c'est sans aucun loisir.
Dieu soil béni! Ami \.
Conforme à l'original garde loi Archives de II Visitation d'Annrry.
LETTRE DCCCI1
\ L \ UÉBE PAULB-JÉRONYME DE MONT HO U<
ii i m. \ i
I; ■■. refi de l.i mort de mi lame de Limoiirt.
V1VK f IÉ8\ '
M \ iT.i:>-<:iif:i;r. R i:o\m; S«»i:i u ,
J'ai été fort consolée de recevoir de vos lettres. Puisque la divine Providence s'étend a tontei choses, il nous faut amoureusement conformer a loui 1' > événements de ><>n bon plaisir; bénite soit-elle en toutl .le suis bien aise, ma très-cbère fille, que cette fondation <!«' madame la comtesse de \ se retarde; car, comme vous dites, d'ici là vos filles te feront pour lei i employer. - Vraiment, je n'en doute pas, ma chère fille, que votre cœur n'ait été sensiblemenl touché pour le décès <!«' la bonne madame <l<" Limours, votre cordiale Fondatrice le prie Dieu qu'il la mette «n mhi lainl Paradii . c'était une âme douce
et pieuse. Je ne doute point qu'elle ne vous ait témoigné en son extrémité l'amour qu'elle vous portait, assurant bien ce qu'elle vous a promis. Vous avez de bonnes et fidèles solliciteuses en cette affaire. Je l'ai fort recommandée à nos Sœurs les Supérieures et à madame de Villeneuve. Certes, en l'espérance que j'ai de vous voir, qui me sera une des plus douces consolations de ma vie, j'ai un peu de tendresse pour la privation de la présence de celte chère dame, qui me faisait l'honneur de m'aimer et que j'honorais de tout mon cœur; mais en tout le très-saint nom de Dieu soit béni !
Nous pensons partir au plus tard le 15 septembre pour aller à Orléans. Nous laisserons les affaires de la béatification de notre saint Fondateur en très-bon train. Mgr de Bourges y travaille de grand cœur. Cette besogne est de longue haleine, mais de grande consolation et utilité. Maintenant que Dieu découvre plus à plein les trésors qu'il avait mis en cette très-sainte âme, on est tout admiré de rencontrer des vertus si profondes, si pleines, si accomplies et parfaites. Oh Dieu ! quelle humilité, quel amour à la pauvreté et bassesse, et au mépris de luimême ! quelle douceur et support! cela ne se peut dire, ma très-chère fille. Dieu nous rende dignes filles d'un si saint Père!
Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCIII
A L.ï\ MÈRE JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉCHARD
SUPÉRIEUR!! A RIOM
Dk doit préparer sa déposition sur les vertus du Bienheureux Fondateur.
vivk -j- Jésus!
AT Annecy, 3 août 1627.
RM très-chère Soeur,
Il y a fort peu de lemps que je vous ai écrit et n'ai rien de nouveau à vous dire; mais je ne peux m'empècher de saluer
chèrement votre bon cœur, et l'assurer toujours de mon infinie affection envers vous, qui vous chéris, certes, très-cordialement et plus que je ne puis dire. Je vous ai envoyé les articles pour faire votre déposition [sur les vertus] de notre bienheureux et saint Fondateur. Je crois que vous aurez reçu le tout à cette heure. Mille saints à votre cher cœur et à toutes nos Sœurs, que je chéris sincèrement. Je prie Dieu qu'il vous remplisse toutes de Lui-même et soit béni. Je suis, d'une affection incomparable, toute votre, ma très-chère fille.
Conforme à l'original gardé aui Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCGCIV
A MON SI El II DE GOULANGBS
A MIIIS
Profession d'une nièce de M. de Coalanges. — Zèle el travaux de \[;jr de Bosrges. — Prochain déport pour Orléans.
riti | iés
[Aaoscy], 1-2 soif 1^.'"
\Io\siEi ii non Tt&s-cuu ratas,
Ce m'est unv douce et glorieuse récompense que («'Ile de
pouvoir l'aire quelque chose qui vous puisse donner (lu contentement, et [je | vous supplie de croire que jeu embrasserai
toujours les occasions de tout mon cœur; mais le peu (pic je suis m'empêchera toujours de les rencontrer. J'ai bonne pari a l,i consolation <!<• la profession de noire très-chère Sœur, votre bonne nièce, (|ui me la témoigne très-grande par ses loti Celle que nous recevons ici par la présence de Ifgr deBoui est plus grande que je ne saurais le din il i il impossible
de savourer la r< ritable bonté de son esprit, qu'avec un extrême contentement. Il travaille avec Force el avec suavité en la sainti besogne <pi«' Dieu lui s commise. Il m porte beaucoup
mieux que lorsqu'il arriva ici, par le plaisir qu'il prend à ouïr parler des vraies vertus de notre Bienheureux Fondateur ; il fait état d'être ici jusqu'au commencement d'octobre, et moi, de partir le 15° septembre pour aller à Orléans. Il me fâche bien de le laisser ces quinze jours ici sans moi; mais c'est afin que je puisse arriver à la Toussaint, car il nous faut faire de petites stations par les chemins, ce qui rend le voyage plus long. Certes, mon très-cher frère, je ne saurais exprimer le contentement que je m'imagine de recevoir pour l'honneur de votre chère présence, et celle de madame ma très-chère sœur, que je salue avec vous du fond de mon cœur et le plus humblement que je puis, étant et voulant demeurer sans fin de tous deux, Monsieur, mon très-cher frère, votre.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCV (Inédite)
A LA MÈRE ANiYE-CATHERINE DE BEAUMONT
SIPÉRIKURE AU PREMIER MONASTÈRE DE TARIS
La Sainte se réjouit de l'élection delà Mère Lhuillier. — Les dépositions mettent .-m jour les admirables vertus du Bienheureux Fondateur. — Supporter les esprits difficiles.
vive -\- jésus!
Annecy, 12 août 1627.
Mon Dieu î ma très-chère fille, qu'il fait bon se reposer en
Dieu et ne prétendre que sa seule gloire! Voilà qu'il a conduit
heureusement cette élection de laquelle je me sens un grand
contentement, et j'ai très-bonne espérance que celte chère Mère
Hélène - Angélique [Lhuillier] fera son gouvernement avec
LUCOOp d humilité et de douceur, et par ce moyen que Dieu
i fort glorifié, et nos Sœurs consolées et satisfaites. Mgr de
*v< est fort aise que la chose fsoit] allée ainsi. Quand vous
' '• ''• i '" la nouvelle maison, je pense que vous ferez bien, ma
très-chère fille, de lui mander votre d position et l'étal de votre nouvel emploi.
L'affaire de noire Bieoheureux Père est très-bien acheminée, grâce à Dieu. Le trésor de ses vertus et sainteté découvre plus que jamais, et l'on voit par les déposition* son incomparable charité et sa profonde humilité; ers deux vertus éclatent, et écries toutes, car il les possédait toutes généralement à un degré très-éminent. Seigneur Jésusl que c'est une grande chose qu'un Saintl Dieu nous rende dignes filles d'un tel Père, et nous fasse la ;;ràce surtout de l'imiter en sa véritable humilité et basse estime de lui-même! Oh! que nous serions heureuses, si nous aimions cette bassesse et pauvreté qu'il a tant estimées ! Mgr de Bourses sera iei jusqu'en octobi mais il n'achèvera pas : Ifgrde Belley, viendra pour poursuivra . car la besogne a ra longue.
Nous partirons, Dieu aidant, au plus tard le 15 du mois prochain pour aller à Orléans. — Vous ferei grande charité de mener noire Sœur M. M., si son esprit ife>t bien lié et
tisfait de notre Sœur la Supérieure de Paris; mais il me semble qu'elle aura Bujet de l'être. Il \, a pitié en ces pauvres esprits (pli ne se contentent pas de ce qu'ils doivent; mai- ce sont d< mjets de charité «-i de Bupport - Bonjour, ma très-chère fill<
je plie Dieu qu'il VOUS remplisse de SOU saiul amour et toutes
nos cher* - Sœurs, que je salue avec vous, surtout notre Sœur assistante.
Votre Sœur la Supérieure de Blois m'écrit que leur boum1 fondatrice esl déci Ma très-chère fille, si vous Lespouvei
aider a retirer la fondation \ elles ont confiance que vo
le Ici ei de lion cii'IH', et je v<m> eu pi
1 ( i ■• i faire renti ic pi omise pir U fond ilrici poui
k ni .1 i mon
gO LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
LETTRE DCCCVI
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
SITKRIIÎURE A LVOM
Dispositions à prendre pour l'établissement du second monastère de Lyon.
VIVE -f- JÉSUS !
Annecy, 13 août [1627].
Ma très-chère fille,
Je veux dorénavant être plus fidèle à pratiquer ma maxime, de ne point donner de lettres aux Religieux. Ce bon Père de l'Oratoire m'en donne bien sujet. Il y a vingt-cinq jours qu'il a mes lettres où je répondais à toutes vos précédentes.
Je ne suis guère de sentiment à vous obliger1 beaucoup; c'est pourquoi, si vous pouvez trouver une maison de louage quelque part que ce soit, même proche de vous, louez -la pour commencer; car les affaires de ce monde qui regardent la gloire de Dieu, quand elles tirent tant à la longue, volontiers ne réussissent pas. Faites donc doucement, en esprit de repos, vos diligences, et vous hâtez tout bellement. Si Dieu vous aide, tout ira bien, et vous trouverez ce qu'il vous faudra. Si vous ne rencontrez rien qui vous soit devisable [bon], consultez le Révérend Père recteur et M. de Saint-André, pour savoir s'ils trouveront bon que vous alliez à la maison de M. le grand vicaire, et s'ils le jugent à propos, voyez-les tout à la bonne foi ; et, en ce cas, il faudra que vous y envoyiez ma Sœur assistante, el laites ce qu'ils vous diront; et au bout, patience et confiance que Dieu accomplira son œuvre, au temps que sa Providence sait • voilà mon sentiment sur ce sujet.
N'oubliez point de m'envoyer le mémoire que vous avez fait sur mes /iejjoitscs, et si je puis, je ferai ce que vous désirez,
1 Q"€ v >ui contractiez de grandes dettes pour commencer un second m m Lvon«
mais avec le temps. — V vous mettez plus en peine de M. de Belley. — Je compatis certes à notre chère Sœur Marie-Sylvie [Ange]. Je prie Dieu qu'il la brille intérieurement de son lainl
amour. — Je n'ai su comprendre pourquoi vous me dites que vous êtes en peine pour la crainte que vous avei <le manquer au Coutomier. — Vous pourrez écrire à Ifgr de Genève une lettre d'honneur par le retour de M. Michel, qui aura soin de lui faire entendre vos affaires. Je salue très-humhlemenl et de tout mon cœur le Révérend l'ère provincial. J'espère Je retrouvera mon retour en ce pays-là.
Oh! ma très-chère 611e, que vous êtes obligée à Notre-Sei- ;[neur, qui vous favorise de grâces tant précieuses; il y faut correspondre avec une grande humilité : voila tout ce que je puis dire. Je suis laui vôtre qu'il ne Be peut davantage.
l>h u wil bi
. uii;jiii.il ,,ii.l. lut .\rcliivcs et U Visitation d*AaQ6CJ<
IJ;t i RE DGCCVI1 (Inédite)
\ \.\ M! i;l. UAEIE-JACQUELINE PAVEE
La rechercli létrail l'esprit de i ! iriflé. — Du P
ipirituêl . — Déteili div< ri
vivi \ lit
M\ iiii.-ciii.ia. viimn.vi roui i \i'.»i i:\ii.\i i
i i i |i v, la pauvre < hère Sœur d< I ignj b été très-bien venue, Elle a .ni • - ici aujourd'hui, el si noua n'avons pas < u
grand loisir de l'enlrelenii , doui av< ai p u lé | ourtanl de loul plein de choses, el je loue Dieu que loul v i ii bien en votn chère petite maison, qui m ra sani doute une maison de béné
dictions. Oh! quel grand bien vous y faites, de prendre la peine vous-même de tenir le noviciat; non-seulement les novices en profiteront, mais [encore] j'espère les professes. Donnez-leur bien cet esprit d'union et de généreuse dilection. Oh Dieu! que je suis marrie de le voir si peu régner parmi nous! Enfin, il y a partout de l'humanité et de la recherche de nous-mêmes; Dieu nous veuille délivrer de ce mal ! — Je suis bien aise que vous ayez M. Duplont; il faut un peu attendre l'occasion de lui restreindre ses limites, puisque c'est l'avis du Révérend Père Morand, car il n'y a moyen de souffrir sans grand intérêt celte sujétion. Jetez bien votre cœur en Dieu, Il vous aidera. 11 est extrêmement nécessaire que vous donniez un bon pli au Père spirituel et aux Sœurs pour cette conduite tant spirituelle que temporelle, autrement il vous rendrait esclaves.
Non, ma fille, Dieu ne vous a pas voulue en cette première maison de Paris, je ne sais s'il ne vous voudra point en la deuxième, puisqu'il m'en donne la pensée et le désir bien grand, s'il se peut, et c'est le sentiment de Mgr; mais parce que cela ne se peut éclore qu'avec un peu de loisir d'un voyage, je ne sais ce que Dieu disposera pour notre emploi d'ici là, car nous sommes comme l'oiseau sur la branche. Pour cela, sa Bonté nous fera connaître sa sainte volonté, puisque, par sa grâce, ni vous ni moi ne prétendons chose quelconque qne de la suivre le plus fidèlement que nous pourrons. Cependant, vous affermirez cette maison-là et pourrez servir celle de Crémieux, si elle se fait. Il est vrai que Mgr de Bourges et moi avions fort parlé de faire voyage nous deux. Certes, la plus précieuse consolation que je pourrais avoir serait dépasser le reste de mes jours avec vous; mais je ne sais si mes nouvelles pensées ne feront point changer celle-là; car il ne serait pas à propos de vous mener avec ce dessein.
J'ai trop «le choses à dire pour ce coup, je n'en puis venir à Sœur de Vigny dira tout ou l'écrira. Pour ses
obligations faites à la maison de Bourjf, il faudra faire en sorte que Ton dégage la caution; mais je ne sais comment, pour être valable; enfin, la dextérité, ou Lieu gagner M. 1)., s'il est besoin, seront les meilleurs moyens; mais nous y penserons encore. Il me semble que notre Sœur Aimée-Bénigne [Grossj | est capable de prendre le bon esprit; je vous supplie de lui donner les lumières nécessaires pour la conduite. Oh ! Dieu qui \ous l'a donnée lui fasse la grâce de la bien prendre. Vraiment, vous suivez le vrai chemin de la conduite de notre Bienheureux Père. Bonsoir, ma vraie fille uniquement aimée. Mille remercimenta de la belle chaire. Oui, certes, vous êtes la vraie G Ile que Dieu m'a donnée, dont II suit béni î
forme à une copie de l'orijjin il ., i r.l > i la Visitatiou de Cl) unliûi j .
LETTRE DCCCVIII \ MADAME LA BAKONNE DE GHANTAL
S\ Ut.l.I.I.-Hi
lit roi [ue rétignation i\i- la Sainte à la mort de ion ï * I — . vira ■)
An J7.J
Eh bien! ma fi es-bonne et très-aiiuée fille, ne faut-il pa> aimer, bénir «! I mbi ASS4 i ' génél eU8< -ruent e«!le li('s->iin! el
\ ( ) ! < ) 1 1 1 1 • de Dieu en loua lea événements qu'eIK
donne! Oui, I , ma InVrhrre petite , il le luit Faire de
bon ( oeor, « t amoureux ment ; < t bien (pie la plaie Boil grande et la douleur 1 osible, si la faut-il chérir pour le respect de
la main qui l'a faite; or, voilà l'exercice que j( eque \>
eh. re àme pratique i n son affliction. \ ol i tail mor-
tel , comme smii - bon d Oh D ul ma îii!«'. 1 1
aux hasarda qu'il a tant «I.' i ne- de p< rdre 1 1 irraie vie de ernilél I I voilà que 1 1 dou< eui de ooti e bon Dieu lui
sl LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
donné son trépas si chrétien ', si glorieux , que nous avons tout sujet de nous confier qu'il a commencé une vie de gloire et de IVlicité interminable. Prenez celte solide consolation, ma trèschère fille, et espérez une réunion avec ce digne mari qui rendra notre société avec lui exempte de toute crainte, et comblée de joie qui ne finira jamais; c'a toujours été le véritable bonheur que je vous souhaitai dès votre béni mariage, et n'en puis désirer d'autre. Conservez-vous, ma très-chère fille, pour élever en la crainte du Seigneur le cher gage qu'il vous a donné de ce saint mariage, et le tenez seulement comme un dépôt, sans y attacher par trop votre affection, afin que la divine Bonté en prenne un plus grand soin , et soit elle-même toute chose à cette chère petite enfant.
L'espérance que j'ai de vous voir dès que je serai à Orléans , oii je m'essayerai de vous obtenir l'entrée de notre maison, me soulage, sachant que cela vous sera à consolation. Cependant, je vous commande, ma très-chère fille, de soulager votre âme, et vous assure que je ne ressentis jamais une plus étroite liaison avec vous que je fais maintenant; car, sans l'intérêt de l'amour immortel que j'ai pour mon très-cher fils, je veux vous aimer
1 1 oici en quels termes un historien contemporain raconte cette mort : Chanta] fut choisi pour être mis à la tête du premier escadron des volontaires, qui dans ce temps-là était composé de toute la fine fleur de la cour; et se trouvant commandé pour être un de ceux qui devaient s'opposer à la descente des Anglais dans l'île de Ré, le 22 juillet 1627, il s'y signala avec tant de courage que, pendant six heures de combat, il fut blessé de vingllepfl coups de pique, dont il mourut deux heures après, à trente et un ans. La manière de sa mort fait l'éloge de sa valeur, et les regrets de tout le m rade, celui de son mérite. La fin de ce vaillant gentilhomme fut aussi chrétienne que généreuse : dès le matin, il s'était préparé au combat par la réception àet sacrements, et il exhala son dernier soupir dans les sentiment! de la piété la plus sincère Le lendemain, ïoiras réclama son
[ue lui rendit le général anglais. Il le fil embaumer et enterrer dans d Ré, n lervanl le cœur pour l'envoyer à Paris à la veuve éplorée du défunt, qui lit déposer avec honneur ces tristes restes dans l'église des Minimes. «
avec tout l'amour que Dieu m'a donné pour lui et pour vous. Je supplie cette souveraine douceur d'être Lui-même votre consolateur. Cherchez en Lui seul votre consolation, ma 611e, et je vous assure que vous la trouverez et recevrez abondamment. .Je demeure d'une affection incomparable, voire plus humble mère, etc.
LETTRE DCGCIX \ MONSIEUR DE Col LANGES
I P.tltlS
Même sujet.
UVK y JK>[ | '
[Annecy, août 162".]
IfOKSBOI HOl TIÈ8*CHBI FKKRK,
L'on me dit, le jour [de l'Assomption] de Notre-Dame, le trépas de noire très-cher fils, et qu'il s'était préparé chrétiennement à ce passage. Je bénis et adore le décret de mon Dieu, et
m'y smiiix !s de tout mon cœur, remerciant sa Bonté de la
miséricorde qu'il a faite à ce cher fila qui m'étail unique; car ayant élé prévenu de la grâce de Dieu par la réception dei cremenls, ainsi que l'on m'assure, nous avons en cela, mon très-chei frère, un soKde sujet de consolation. Prenons-la doue, en cela, mon Lrès-cher frère, el en cette volonté divine qui n'a
voulu que nous avons joui plus longtemps dune vie qui
nous était si chère.
J'avais commencé cette lettre quand j'ai reçu la vôtre : je confesse ma faiblesse, elle m'a un peu attendrie, mais non certes divertie de l'invariable résolution que Dieu m'a donnée d'embrasser amoureusement tous les événements que sa douce Providence permettra arriver. La vie de l'homme el toutes les choses de cette vie passent comme l'ombre. Puisqu'il a plu à Dieu que mon fils ail fini la Menue -i beureuaemcnt, me voilà
contente, et je vous conjure de l'être aussi, et madame ma trèschère sœur, à qui je vous supplie de rendre cette lettre commune ; ayant si peu de loisir comme j'en ai, elle m'excusera, s'il lui plaît. L'espérance de vous voir tous, et ma pauvre trèschère fille avec notre petite, me fait espérer une commune consolation ; car je vous proteste, mon très-cher frère, que le trépas de mon bon fils ne dissout nullement notre alliance; car outre le petit et très-aimable lien qu'il nous en a laissé, je me sens plus que jamais étroitement conjointe et unie avec votre fille, et avec vous et toute votre honorable famille, que je prie Dieu remplir de toutes bénédictions, et d'une telle surabondance, qu'après les avoir possédées en cette vie nous jouissions tous ensemble de l'éternelle société, qui est toute la douceur des douceurs désirables.
Je suis sans fin et d'une affection incomparable, à vous et à ma chère sœur, mon très-honoré frère, votre, etc.
LETTRE DCCCX
A LA MÈRE MARIE-ADRIEXNE FIGHET
SUPÉRIEURE A RUMILLÏ
Désir de l'envoyer comme Supérieure à la fondation de Crémieux.
VIVE -J- JKSUSÎ
[Annecy], 17 août [1627].
Ma très-chère fille, loici une proposition qui peut-être vous étonnera, mais n'en parlez point que vous ne l'ayez considérée : c'est que nous .nons accordé à toutes ces honorables dames de [la] ville de Crémieux de leur donner de nos Sœurs pour le 15 de septembre. Kilos nous demandent notre Sœur M. -Madeleine [de Uooiy] ; mais, bien que je la voie pleine de vertu et de piété, et qu'elle ait bien gouverné céans tandis qu'elle en eutla charge, je h oteraii toutefois la mettre dans une fondation éloignée
jusqu'à ce que j'aie encore plus d'expérience de m manière de gouverner; c'est pourquoi nous avons pensé de la mettre en
voire place à Rumilly, où la maison va un très-bon train pour le spirituel et temporel, et vous, nia très-chère fille, nous vous enverrions faire cette nouvelle fondation à Créroieux, qui est une petite ville à cinq lieues de F^yon, grande comme Belley, mais bien mieux bâtie et pleine de noblesse, et en est tout environnée '. Plusieurs filles attendent ce bien-là ; nous en avons vu ici une qui est tout à lait à noire gré. Voilà, ma très-clière Bile, la proposition que je vous fais en toute sincérité et confiance ; n'en parlez qu'à notre Sœur Cl. -Marie [Tiolier], el voyez entre vous deux m la chose ne se pourra pas faire, et si notre Sœur Marie-Louise [Barfelly] pourrait demeurer en votre absence, ou si vous L'emmènerez avec vous; car il me semble que vous avez rencontré le vrai bon biais pour la bien gouverner. Voilà, ma très-chère, à quoi je vous prie de penser
devant Dieu et de m'en donner réponse au plus fô! que vous
pourrez. Je traite rondemenl selon Dieu avec vous, que je prie faire le semblable avec moi.
Priez, je \ous prie, pour 17ime de mon pauvre 6lfl qui B
tué en l'Ile de Ré, mais que Ton m'assure être mort en irai
Cette odation lui procurée dit la \ièn & Chaugy) par mesdames
I m et de Mépieu, lei deoi juin. i| aies de la ville, qui, par leoi
i< ii i n B nheureus Père *•[ leur affection à ion , îlot,
i, un <l«' n"> mona !i" d'elles, obtiorenl tooti
; , tant de Ifgr l'archevêque de Vienne, dur] I iieu\
,|, que de Mcssiei [ue notre
ill.it faire la fondation <mi partant pour ion roi
ee «11 9 I ha ri té i nia facilement, et nomma, pour aller romm<
nouvelle maison, noi chères Sœuri \farie-Adrieni l ! n muelle de j . Marie- Idrieni ; de 1 1
Loiii Mi'1" et Ai ' B al
mil !
ni de inl alattbk n v 21 I
ss LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
chrétien el gentilhomme ; c'est une douceur de la divine miséricorde qui s'est voulu mêler pour me rendre plus supportable l'effel de sa divine volonté, en la mort de ce fils unique. Sa Bouté en soit éternellement bénie ! Amen.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCXI
A MONSEIGNEUR SÉBASTIEN ZAMET
KVÈQUE DE LAXGRES
Amour de la volonté divine; désir de correspondre à l'attrait de parfait dénûment.
VIVE -j- JÉSUS !
[Annecy], 22 août [1627].
Mon très-honoré Seigneur,
Vous savez l'amour peut-être trop grand que j'avais pour ce très-cher fils, qui m'était doublement unique ; je pense vous l'avoir dit autrefois. Or bien, voilà la bonne main de Dieu qui l'a tiré à soi : bénie soit-elle éternellement! Je vous confesse simplement comme à mon très-cher Père, que ma douleur est grande, mais sans aucune secousse, ni violence, grâce à Dieu. Je me trouve plus inclinée et occupée à remercier Notre Seigneur de la miséricorde qu'il a faite à ce pauvre fils, de l'avoir prévenu de sa grâce par la réception des sacrements, qu'il reçut peu avant sa mort, ainsi que l'on m'assure, que je ne suis à considérer et à ressentir ma perte, si perte se doit appeler ce que Dieu a reçu en sa miséricorde, comme nous espérons; et enfin la très-sainte volonté de mon Dieu est. là, et en tout et partout elle est Irès-airnable et adorable, cela me suffit; je I embrasse et m'y soumets de tout mon cœur. Mais, mon trèscher Père, je ne corresponds point à ce dessein de Dieu, qui m appelle a un si parlait dénûment et anéantissement, car je demeure toujours pleine de moi-même. Oh! Dieu me veuille
ANNÉE Hi-27. 99
donner cette mort, qui vaut mieux que toutes les vies de ce monde !
Mon Père, j'ai un grand désir de vous voir, me semblant
que vous m'aillerez à monter où Dieu me tire : uns jambes sont faibles, si je ne suis appuyée. Que si sa Houle me lait cette grâce, j'ai cootiance que ce sera utilement. Jamais je ne vous oublie devant Dieu, ni ne vous oublierai, car je souhaite qu'il accomplisse en vous ses desseins. Je recommande toujours celle pauvre âme a vos saints sacrilices, et suis d'un cœur incomparable, mon très- honoré Père, votre très-humble et très-obéissante fille.
\P. S.] Dans trois semaines, nous allons faire une fondation du côté de France, et de là, à Orléans, Dieu aidant.
C< m Cornu- I l'origioâl ;| inlt'- Ml \i i liiv ■> <l ! I V i«il il nui dWrun'i y
LETTRE DCCCXIJ
\ t \i: si PÉ1IBI IE DE I- \ VISITATION
l.i Suit. »,• eonaolfl de la moH de mm fili iloni l'espoir qu'il jouit du bonheur
étorool.
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M \ tiu>-«:iu.iu: r.r imwi: SOËI i: ,
Je inh que votre sincère dilection pour moi vous (ail forl sentir nia douleur sur letrépasde mon fils. Certes, ma trèschère Sœur, <Me n'a point été violent-'. Dieu nu ici; e.ir l.i Bonté divine ;i environné la niorl de < c rher enfant de laut de
miséricorde, el de marques qui mois foui espérer que Dieu l'aura reçu entre ses bras, que cela m'a servi »l«' cootre-poids. Kl pendanl les premiers ressentiments de cette juste et tendre douleur, j'étais quasi plus occupée el attentive s bénir Dieu de la grâce <1«' cette beureuse moi t que je n'étais a ma perte. Obi Dieu soil éternellement béni dans ions les événements de son
bon plaisir, et me fasse la grâce qu'en tout et partout, sans réserve, je me soumette humblement et cordialement à sa sainte volonté. Nous n'avons qu'une petite fille de ce cher défunt, ni de ma fille ' qui a reçu cette affliction avec un tel ressentiment qu'elle a bien peine de se remettre. Votre, etc.
LETTRE BCCCXIII
A LA MÈRE JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉGHARD
SUPKRIKURE A RIOM
Même sujet.
VIVE -j- JÉSUS !
[Annecy, 1627.]
Ma très-chère fille,
Comme il a plu à Dieu il a é(é fait à ce fils qui m'était si cher ! Bénie soit son éternelle Bonté, qui m'a assaisonné ce calice de tant de miséricorde que je me trouve avec beaucoup plus d'inclination de l'en remercier que de m'en affliger ! Je dis, selon mon esprit, car la nature ressent bien fort la privation d'un tel fils, qui était si uniquement aimé de mon âme, et avec raison ; mais Dieu ne m'a-t-il pas fait une grâce nonpareille, ma vraie très-chère fille, de m'avoir laissé tant d'occasions et de certitude du salut de cet enfant? Oh! que je la ressens ! et vous conjure, ma chère amie, d'en remercier sa douce Providence avec moi. C'est tout ce que je vous puis dire pour ce coup, espérant de vous écrire au long, avant noire départ. Je De vous dis point de prier pour le repos de ce cher défunt; je sais que vous l'avez fait et le failcs, et nos chères Sœurs aussi, que j'en [remercie] en les saluant très-cordialement. Dieu répande sur votre esprit et sur le leur l'abondance de ses grâces.
■dire que madame de Toulonjon n'avait plus alors qu'une fille, '■' perde Ions tet autres enfants.
ANXKE 1627. "I
Je suis d'un cœur incomparable tout à fail vôtre, ma vraie Irès-chère fille.
Kitraito du procèl lication de la Sainte. Archii.-s dfl h Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCXIV
\ UNE SUPÉRIEURE DE I- \ VISITATION Ifémc iojet
vivi 7 lisus!
[Annecy, \<>-~.
. Je vous remercie, ma chère fille, des prières que vous avez fait faire pour mon fils. 11 est vrai que j'ai ressenti cette mort, nou toutefois comme mort, mais comme vie pour l'àmc de cet enfant. Dieu m'avait donné un sentiment très- tendre el une lumière fort claire de sa miséricorde envers cette âme. Hélafl ! la moindre dc< appréhensions que j'avais de le voir mourir i n la disgrâce de Dieu parmi ees duels où ses unis Tenaient, nie sériait plus le cœur que sa mort, qui a été bonne et chrétienne. Je confesse que celte mort m'a été sensible: mais la consolation que ce fils ail donné BOD Sang pour la toi 0
surpassé ma douleur; et, outre cela, ma chère tille, il y a si longtemps (pie j'ai donné ce fils et toutes choses à Notre-Seigneur que sa Bonté me tait la grâce de n'avoir plus de désirs,
linon qu'il lui plaise disposer de huit à son gré, au teiBpl et en
I éternité.
LETTRE DCCCXV