AÏOX TRÈS-BON ET TRÈS-HONORÉ SEIGNEUR
Votre lettre du 8 de ce mois m'a sensiblement touchée, par la maladie de ma pauvre très-chère fille [de Chantai] et par la douleur où je vous en vois. Eh! Dieu nous la voudrait-il aussi ravir? Si c'est sa volonté, je l'adore de tout mon cœur; car, en tout et partout, nous la voulons embrasser amoureusement. Et ce m'est à
INNEE 1633.
consolation, mon très-cher seigneur, de von» voir fermement uni à ce divin vouloir, nonobstant loi lensiblei el tendres affections dont totre naturel es( comme accablé, et qui caaaenl an grand redoublement ï ma douloureuse appréhension du su< de celte maladie. He voici donc dans l'occasion de plosienn «nations, attendant ce qu'il anra pin a Dieu de faire d'une chère créatnre, «jui canserail par son départ tant d'affliction bénite maison ; mais je sens l'antre, mon très-cher seigneur, audessus de tout, c'esl la junte irréparable que ferail sa pauvre pelile fille. Mais enfin, il faut subir les coups de fouel que notre bon Dieu non- donne et baiser lendremenl ses ver< ur II
ne nons frappe que par amour. Voospouvei penser, mon trèscher seigneur, si nom pri< rons soignensemenl ponr cette chère fille et pour tous les affligés. Je confesse qu'il me tardera for!
d'en avoir des nouvelles. Dieu nOUfl ilir dans cette
occasion la douceur de sa miséricorde. Amen!
LETTRE MCCLVI [Inédite)
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLOMAY
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTERE DE LYON
On doit donner le baiser de paix aux jours de vêtures et de professions.
vive -j- jésus!
[Aunecy], 17 août [1633].
Ma très-chère fille,
J'attends de bon cœur des nouvelles de votre fondation et les trois billets de nos Sœurs qui iront, si elle se fait l. — Je vous prie de donner une sûre et prompte adresse à ce paquet de Nevers, car il est important pour les affaires de notre Bienheureux Père.
Mgr de Genève et plusieurs personnes de piété jugent que nous devons entreprendre de faire une seconde maison en cette ville, pour y recueillir tant de bonnes filles qui se présentent, lesquelles nous ne pouvons recevoir faute de place. Je vous prie, dites-m'en votre pensée. — Au reste, ma Sœur M.- Adrienne [Fichet] dit que quand je revins de Paris en passant dans votre maison , j'ôtai la coutume que l'on avait de se donner le baiser de paix les unes aux autres les jours que les filles prennent l'habit et font la sainte profession. Je vous prie, dites-
1 La fondation dont il s'agit ici ne put s'effectuer; mais, vers le même temps, la Bienheureuse Fondatrice apprit que la communauté de Dijon venait d'envoyer un fervent essaim à Se mur, sous la conduite de la Mère M. -Delphine Maltète. A la fin d'août 1(>33 eut lieu l'établissement de ce monastère béni, qui devait être le premier à honorer le Sacré-Cœur de Jésus d'un culte public, ainsi que nous l'apprend la Bienheureuse Marguerite- Marie, dans une lettre à la Vénérable Mère Greyfié, son ancienne Supérieure, qui gouvernait la maison de Semur, en 1()86 : « Il veut, écrit-elle, que je vous dise que votre communauté a tellement gagné son amitié en lui rendant ses premiers devoirs, qu'elle s'est rendue un objet de ses complaisances, et il ne veut plus qu'en priant pour elle je la nomme autrement (pie là Communauté bien-aimée de son Cœur. »
INNEE 1633,
moisi cela est frai; car je n<' m'en aoofiena nullement et ne snis pai poorqaoi ja l'auraii fait, non par celte liberté que j'avaia de (aire et défaire pendant fa vie da Bienheoreu. Il lemble bien (jn»' le Règle donne à entendre qu'il !«• bal faire; c'est poorqaoi dites-m'en votre pensée, ma très chère fille. Que s'il faut se le donner, je pense que , pour n'allonger la cérémonie, il faudrait que, quand les Sœura novicea nouvellea <»u professa auraient j > . t< s « '- la Supérieure de deui on Iroia Sœurs, que lea Sesora se I»' pourraient donner l'une l'autre, landia qu'elles achèteraient '. <> ma fille! Dieu voua veuille donner son aacré baiser <1<- paii qui surpasse tout entendement.
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LETTRE IICCLVI1 [Inédite]
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lotie lettre m'a u ment consolée, pour \ voir la charité
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l.i Visitation* Mail q< croyes paa pourtant que si Is bonne Mère i mus pour voua du i |< on n- cessit< i . 1 1 soit pai manquement de confiance ; <-li I non , ma chère fille, mais qu'elle • il • !•• naturel un pan crainti! ri timide, en quoi elle
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est d'autant plus aimable et chérissable ; car certes, c'est en effet une digne fille. Or sus, faites donc pour elle ce que vous me mandez, ma chère fille, et le lui écrivez si vous ne l'avez déjà fait, et Dieu bénira votre charité.
Hélas ! vous pouvez penser si je suis vivement touchée de l'extrémité de la maladie de ma pauvre fille de Chantai, tant pour voir toute sa maison en désolation, que particulièrement pour l'affliction cuisante qu'en a notre très-digne Mgr de Bourges; mais enfin il faut plier les épaules et nous soumettre sous la bonne main de Dieu, qui fait ce qu'il lui plaît de ses créatures. — Je vous prie de saluer de ma part notre trèschère Sœur H. -Angélique, laquelle j'aime, ce me semble, du fin fond de mon cœur. Je me dispense de lui écrire pour cette fois, parce que je sais bien que c'est une fille avec laquelle je peux faire ce que je veux. Je salue aussi toutes nos chères Sœurs, et prie Dieu de les combler des grâces de son pur amour.
Ma très-chère fille, c'est sans doute la malice du monde qui convertit ce que l'on croit faire par charité, en iniquité; mais cela n'empêche pas que nous soyons blâmables, car il faut que la prudence règle toutes nos actions. Or je sais que cette àme est pure comme le soleil et blanche en tout comme la neige, et il me semble qu'il me fallait avertir tout sincèrement dès le commencement, et que même la charité vous obligeait à en faire l'office; car vous pouvez penser que les âmes innocentes ne pensant point de mal en ce qu'elles font , ne sauraient manquer de bien recevoir les avis que l'on leur donne sur les sujets qui mal édifient et qui tirent conséquence; j'espère que Dieu ne permettra pas que le mal s'accroisse. Mon Dieu! combien est-il vrai, ma fille, que cela me touche sensiblement! Vivez toujours dans cette parfaite confiance que je suis votre sans réserve.
Conforme à une copie do l'oriyinal jjardé au premier monastère de la Visitation d-i l'-irii.
ANNEE Iti
LETTRE IfCCLl III
\ \lii\HH,\i il: AN Di;i. I IÉMYOT
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Douleur el - Bti i !.i mort de v.t |M ||, -|,||,-. I une
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Ne. faut-il pas adorer eveeunc très-profonde soumission la volonté de noire hou i)im , el baiser amoureusement les v < -i-;;» s dont D châtie ses élus? Oui certes, et, nonobstant tontes les répvgnances de la nature, Ini donner mille louanges et c» Il ri r mille remerctments , parce qu'il esl uotre bon Diei qui dooi envoie avec égal amour l'affliction comme la consolation, et même nous fait encore lin r pour l'ordinaire plus de profil spirituel des choses adverses nue des prospèi
Mais d'où vient donc, qu'ayant cette connaissance et eipérienoe, nous ressentons si vivement le départ de ceux que nous aimons; car il but avouer, mou très-cher seigneur, qu'à h rencontre que je fis, dans un petit billet, de la mort de notre pauvre tres-clière lille ', je lus tellement saisie (ju'il ^ aapparence que, si j'eusse i lé debout , je lusse lombée de mon haut,
et n. h |M- m nvrn;uice qu'aucune allliclion m'ait CSUSé un tel
effet; mais, u li lecture de votre lettre, Seigneoi Jésus! mou trèsH bei ur, quel contre-coup .1 nu m chélil 1 osur, st conH
bien voire douleur .1 accru la niiennel Je voie le Juste sujet que \oii^ en sves, et combien <!«• douceur si support an votn vous ave/ perdu en ci tie fille si parfaitement sffectionnée b votre
ianlét Ot à lOUt ee (|iii < onrerm votif s. 1 vice. Coût cela m'a bien Stiendrie, et plus <jue je ne >aurai> dire, quand il n'}
l.i : irOQOt éâ Chantai mourut l< J" Il l( - el fut inhumer cl.in> ar.iu «lu [»r. mu ru l.i \ il lli< n de Pllif, ru» S \
2î0 LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
aurait que ce qui vous touche, [cela] m'est entièrement sensible. Mais quand je considère que, par le moyen de ces privations acceptées amoureusement, notre bon Dieu nous veut être Lui-même toutes choses, et que le moindre avancement que nous ferons en son saint amour vaut mieux que tout le monde ensemble et que toutes ses consolations, et combien par-dessus toutes choses notre bon Dieu prise et estime l'union de nos volontés à la sienne, en des rencontres si âpres et qui nous dépouillent de nos plus chers contentements; cènes, dis-je, mon très-cher seigneur, quand je considère cela, je trouve tant d'avantages aux afflictions, que je ne puis m'empêcher d'avouer que plus on en reçoit, plus on est favorisé de Dieu. J'espère que maintenant vous aurez reçu cette lumière et pris votre cordiale consolation en cette vérité ; je vous la souhaite, et prie Dieu de tout mon cœur vous faire cette grâce.
Mon très-aimé et tout bon seigneur, les premiers mouvements sont inévitables et notre doux Sauveur ne s'en offense point; mais j'espère qu'après cela II vous comblera de mille suavités et saintes consolations. Je l'en supplie incessamment, et vous, mon très-cher seigneur, de vous divertir le plus que vous pourrez, et fortifier votre âme dans l'espérance et confiance que nous nous reverrons tous unis à la jouissance de la bienheureuse éternité. Certes, la vertueuse vie de cette tout aimable fille avec sa sainte mort, nous donnent espérance, par la miséricorde de Dieu, qu'elle y est déjà, ce qui nous doit être une grande consolation; car enfin, mon très-cher seigneur, nous ne sommes en ce monde que pour parvenir à tel bonheur, et plus tôt que nous y passerons sera notre mieux. Je m'étonne comment cette vérité ne nous empêche de ressentir si fort le départ de ceux que nous aimons.
J'écris à M. et madame de Coulanges, lesquels, je m'assure, ont reçu un grand coup pour celte si rude perte. Je crois que leur* cœurs seront toujours les mêmes qu'ils ont été envers la
pauvAs petite orpheline, lion I > i • • u ! qaand mesyeui se tournenl de ce côté-là, il ne foui pas que je les arrête guère. .!<• l'ai remise k Dieu, qui, j'» sp re, lai 1er i père et protecteur, el l'ai doooée à la Sainte Vierge de tout mon cœur. Hélas ! je crois que dos Sœors «le lune el l'autre maison n'onl rien oublié en cette occasion; car, outre le très-particulier amour qu'elles !» urtaien! a notre toul aimable défunte, ell< i onl n ssenti en m perte votre affliction ci la mienne. J'ai q u i lue - >ul igemenl de h lavoir en dépôt, avec le en mi- de mon pam re Gis, clic/ nos Sœurs de la. — M. votre juge «le Nantua nous <lit l'autre jour que vous êtes a Y J'en suis bien aise, mon cher seigneur, c ir cela aidera an divo rtissemenl que vo i- lei i ch ; :h >r \l >nseigneur, votre, etc.
LETTRE IICCLIX
\ HAD \Mi: DE COI l. INGES
— I.llf lui r i liti -lillc, Marii- d«- C.hanlal.
nu
I \ ii ■ i -
\I \Dwii. i • i-HoioaJ i ion n,
||, I lsI el qui eùl j en n- pensé que nOUS dussions nous > >ndouloir ensemble sur le Ircpas u\; cette fille si uniquement
aimée el -i entièrement aimable? lion Dieu soitbéni, Ion
éternellement en tous l< • dei >ob m plaisir I El bien
(ji, en celui ci nos cours soient touchés d'une très-sensible douleur, -i ne laissons nous pas, ma très chère sœur, «le du,- d'une i - nui cantique Dieu soîl le
Oui, Dieu K>il béttî eu U>Ul er qu'il lui jtlina fin- de n<>u>, ,M
non. -i |. loutcequinou irtient, pourletempsdeceUejnisé-
rable el ebétive vie .1 pour l'éternité, où j'< spère, m 1 irès-cli
vu. M
sœur, que nous reverrons nos chers enfants et nos plus intimes amis, et que là réunis, sans crainte d'être jamais plus séparés, nous chanterons tous ensemhle d'une allégresse incompréhensible : le saint Nom deDieu soit béni et sa très-adorable volonté toujours accomplie. Car nous verrons, ma très-chère sœur, comme elle a tout bien fait pour sa gloire et pour notre bien éternel, qui est le seul bien que nous devons uniquement désirer.
Pour notre petite orpheline, je ne la plains pas, tandis qu'il plaira à Dieu de conserver mon très-honoré frère et vous , ma toute chère sœur; car je sais que plus que jamais vous lui serez vrais père et mère, et que Messieurs vos dignes enfants la chériront toujours. Le cœur m'attendrit fort quand je la regarde dans ce dépouillement de père et de mère; mais je la mets de bon cœur entre les mains de notre bon Dieu et de sa très-sainte Mère. Je supplie celte infinie Bonté de la rendre toute sienne, et qu'il lui plaise de faire abonder ses saintes consolations en votre très-chère âme, et sur toute votre bénite famille ses plus précieuses bénédictions; demeurant d'une affection infinie et invariable, Madame, ma très-honorée et très-aimée sœur, votre très-humble et très-obligée sœur et servante.
AWi.i; 1». I ;. 243
LETTRE If CC L 3
\ M ID \Mi: L \ COU rESSE DE TOI LONJON
i tut'
[.,- rit ihl «*-« m troaienl uum U eoofonn
Dn-ii. — Eloge de li jeun baronne de Giiiti.l
Il ! I. ]
Madame \i \ ntks-aiàai fii.i.i:,
Je savais la parfaite union < j » i ' i 1 v, avait entre vous et notre chère défunte; c'esl pourquoi je peux bien juger que ion départ vous a causé une extrême douleur, comme, a mon ai is, il a lait a ions ceux à qui elle appartenait, el qui avaient une singulière amitié <'i connaissance avec elle. liais je suis bien aise, ma très-chère fille, « I « - voir comment ions avei |>ri^ votre conlolation dans l'humble soumission an bon plaisir de Dieu ; comme aussi quand j'ai rencontré dans les lettres de If. de Coulanges, mon Irès-honoré frère, el dans celles de ma trèschère Meor, t.iui d'amouri ns< i résignations el généi résolutions parmi les douleurs d'une si sensible affliction. Bienheureuses sont les .unes qui, vivant dans ce monde, i<>m leur possible pour s'habituer s la sainte soumission el conformité au bon plaisir de Dieu; car, quand la tempête des afflictions arrive, elle ne les ébranle point. Cette fille, qui nous étail si précieuse, avait appris cette bonne leçon, puis lue, I ce que
Ugr de Bourges m'a écrit, elle a lait son p:i ub- ne ni
avec résign ition, mais encore avec une entière in lifférence de
1 A la nouvelle .!.• I.i mal ir, in.nl I luIotlNM
' Bfl iiij.i. UM ni II t. -u | || ni ichff
.1 l.i morl l.i jeune luronne d I | | i vsfée à
F M |> irvint à maHailM de Tmil uijon i| , I ; ni
h.» a une affliction bian plut profoode i
ta.
vivre ou de mourir. Quelle vertu dans une âme si jeune! et qui n'eût aimé cette àme parfaitement ! Pour moi, je suis bien résolue de l'avoir présente, autant que si elle était en celle misérable vie, et de lui porter une dilection immortelle.
Au surplus, ma très-chère fille, je vous remercie de l'affection que vous avez pour la consolation de Mgr notre bon archevêque; cela le soulagera en l'extrême perle qu'il a laite. Il vous a toujours fort chérie et avec confiance. Je suis en peine de ce qu'il m'a écrit de l'incommodité de madame de Coulanges, ma Irèschère sœur. Dieu nous la veuille conserver, s'il lui plaît! Si je ne lui puis écrire pour ce coup, saluez-la pour moi, et M. mon très-honoré frère. Elle m'a infiniment obligée pour l'amour maternel qu'elle porte à la pauvre petite orpheline ; et encore sa bonté s'étend jusqu'à avoir soin et servir de maîtresse à la petite : je l'en remercie très-humblement. Je suis aussi trèshumble servante de M. votre mari, que je salue en tout respect, et suis d'une affection invariable votre, etc.
LETTRE MCCLXI
A MONSIEUR NOËL BRULART, COMMANDEUR DE SILLERY
A PARIS
I a volonté divine doit être encore plus aimée dans l'épreuve que dans la prospérité.
VIVE \ JÉSUS.'
[Annecy, 1633.]
Mon très-hoxoré et très-cher frère, Je ne saurais rien dire en cette occasion si sensible et douloureuse, sinon que Dieu m'avait donné une fille très-sainte et i ci tueuse et que j'aimais uniquement; il lui a plu de la retirer à soi, son saint Xom soit béni! Il faut plus aimer celle souveraine Bonté dans les effets douloureux à la nature, que dans ceux qui lui sont à consolation, puisque en vérité ce Irès-bonPère céleste en tire plus de gloire et nous, plus d'utilité, quand nous les
wu.i. 1633, 215
'•vons avec l'humble el amoureuse soumission que doui devons Cette chère âme esl bien heureuse d'être partie de cette misérable v ï < * avec tant <!•' résignation au 1>< >n plaisir il»' Dieu : cela m'est une grande consolation et me lait espérer qu'elle jouit <»u qu'elle jouira bientôt «le la souveraine Félicité.
le plains bien toute sa famille, mais surtout la pauvre petite orpheline, et mon lrès-cher >» igneur l'archevêque, qui me fail grande compassion de I«- voir dans de si profonds ressentiments. J'ai confiance que Notre-Seigneur lui départira quelques saint b consolations qui I»' soulageronL Certes, il s fait une grande perte, <-t d'autant plus que son âge requiert dorénavant des soins et petites douceurs, dont cette chère fille abondait j »* » u i
lui; mais il n'a [• Ifl plu a Dieu de lui ru laisser une plus
longue jouissance. Cependant, mou lrès-cher frère, vous vou> montres en tout un vrai et loyal ami. Et qui en pourrait douter, rriic charité est donnée de Dieu, (jui la rendra éternelle en
votre âme cl en la mienne, s'il lui plaît, puisqu'il a voulu I unir a >on -ain I amour. J'en n mereie -a Houle et l'en bénirai
i jamais, étant véritablement, Monsieur, votre, etc.
LETTRE UCCLXI1
\ HONSIBt I M. COI i w.i -
1 ' il I'.'uik' ni | milieu
V le .
RI
lloisin i moi nubvaoMoai n plus cj b,
I ne .le n m - lettres vous tura déjà témoigné la part que je prt ndi i votre afflit lion, et l'esp< rance que f nais, qoi m - it confire la vôtre, du grand profil spirituel que votre âme
t'\\ lin rail pu m [.ulule Muimission au bon plaisir <le Mien.
Eh ! mon très-cher frère, que les plaies qui sont faites par cette douce main nous apportent de vraie santé, lorsque nous avons cette ferme foi et confiance qu'il fait tout pour notre mieux! Je remercie sa Bonté qui vous a donné cette croyance; elle établira et conservera votre cœur en la désirable paix qui passe tout entendement, et qui suffit seule pour consoler et affermir nos esprits dans les plus grands orages de cette vie. Consolez-vous, mon bon et cher frère, en l'espérance de nous voir tous ensemble en la très-sainte éternité : là nous vivrons sans plus de crainte de nous séparer. Je supplie Notre- Seigneur d'être sans fin votre force et le protecteur de vous et de votre bénite famille. Je suis de cœur v en son amour, votre, etc.
LETTRE MCCLXIII (Inédité)
A LA MÈRE ANNE-MARIE BOLLAIN
SUPÉRIEURE Al' PREMIER MOXASTÈRE DE PARIS
Remercîmcnts pour les preuves d'affection données à sa belle-fille, la feue baronne
de Chantai.
VIVE y JKSUSÎ
[Annecy], 10 septembre 1633.
Il est vrai, ma très-chère fille, on ne peut éviter la douleur es occasions telles qu'est celle du départ de ma pauvre trèschère fille de Chantai; mais la sainte volonté de Dieu, qui l'a ainsi ordonné, mérite d'être toujours, en tout et partout, adorée et aimée. Je loue sa divine Bonté de ce qu'elle a attiré à soi celte chère défunte en une si bonne et sainte disposition, qu'elle nous donne sujet d'espérer qu'elle jouit ou jouira bientôt de la félicité, moyennant sa sainte grâce, ce qui nous «fa consolation. Mgr de Bourges m'écrit que votre maison a bien témoigné son affection envers celte chère défunte pendant sa maladie et après sa mort, de quoi j'ai pensé vous devoir remer-
cîer, ma très-chère Elle, I * I < - 1 1 qoe je croie <jd«' tous n'aies irdé que Dieu en lool cela : ce m'es! bien de la consolation de savoir que son corps loil «lie/ voua en dépôt. Ha trèschère i i 1 1 ** , le silence sur ce sujet m'es! plus n 1 1 1 * - el facile qoe la paroi»'. Dieu soit glorifié de lout, el vooi comble avec toutes dos Soeurs de son saint amour el noire chère Sœur de lilleneate.
Mou Dieu ! serait-il bien possible que le Père dom Ifaorice lut encore è Paris? Si cela est, ma très-chère fille, presses-le (!»• venir. Certes, il tarde trop, ce me semble.
1 • .i une • "["ir de l'original ;jardé au pr. mû r m'>:i ,
Psri».
LETTRE IICCLXIV
\ I. I MER] ANNE-MARIE DE LAGE DE PUYLAtyRBNS