A LA MÈRE PAULE-JÉRONYME FAVROT
SUPÉRIEURE A NANCÏ
Regrets de ne pouvoir la secourir dans ses embarras pécuniaires. — On ne doit pas s'imposer une violente contrainte pour se tenir attentive à la présence de Dieu.
vive -j- jésus!
[Annecy, 1633.]
Ma très-chère fille,
Dieu soit béni, qui a rétabli Mgr votre digne évêque en bonne santé. Dieu le remplisse de son Saint-Esprit, et lui donne la force et la grâce de le répandre dans tous les cœurs que Dieu a commis à son soin ! — Je suis marrie de ce que vos affaires ne s'avancent point; mais il n'y a remède, ma très-chère fille. Le doux Jésus, sa sainte Mère, avec le glorieux saint Joseph, à mon avis, n'étaient pas mieux logés que vous. Patience, confiance et fidélité à chercher le royaume de Dieu par l'exacte observance, et vous verrez les effets du secours de la divine Providence. J'écris à nos Sœurs [de Pont-à-Mousson] qu'elles fassent effort de vous secourir. Si nous avions le moyen de le faire, certes, ce serait de grand cœur; mais nous sommes dans l'impuissance. Je pense que partout il y a de la misère et du sujet de souffrir la pauvreté. Priez Dieu qu'il lui plaise avoir pitié de son peuple, et de convertir leurs afflictions temporelles en bénédictions éternelles.
Je le bénis d'avoir ouvert vos yeux intérieurs à sa divine lumière : suivez-la fidèlement, car vous ne sauriez avoir une guide pour vous conduire plus assurément, et n'y arien à douter, tandis que vous demeurez dans la totale dépendance de sa Providence. Que vous serez heureuse de tenir votre âme en sa divine présence et à vos observances! Mais prenez garde de bander votre esprit pour l'assujettir à la continuelle présence de
a.wi.i; i
Dieu, car cela est dangereux. Il voua doit suffire, attendant que la grâce roui attire, «le retoorner fréquemment votre espril el votre pensée en Dieu, ri cela sans effort, suavement et don ment Pour l<> distractioos, il ne laot qoe la patieoce et la fidélité à l'en détourner.
Disons nn mol de votre Père spirituel : lâches «I»' loi donner à connaître ce *j m • c'esl qoe l'esprit de votre vocation et de l'en bien instruire, afin que dans les visites il n'arrive rien < j u i ne maintienne la paix.
LETTRE UCCLXXl
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Ml m M i i \ f tl icti< m el v I».
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IfoMSun i moi rata i an i t i ifts-Hoioai i w ua}
Il faut que je vous avoue que je me suis trouvée bien éloignée de la pei faction «mi laquell • vous me croyei, <l ms les sfllictions dont il i plu i Dieu me i îsitei . c n j'< o u 1 1 il i lé lou( h
lion de deui pei qui m'étaient li
chères; oéanmoins j'ai «lit «-i dirai toujours de tout a i sur, moyennant la divine, en loua les ments de doul
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soit béni ! C'est une » h qoe la
mort des hommes que cela ne nous doit point étonm
tti de cette misérable vie que Mi» n permet nous >arri •fin que uoos \ dépouillant de i« »u t <••• qui nous i peut être de plus cher, nous q'j voulions m «lu rchions q n >- son bon plaisir,
dam I « 1 1 1 1 1 nous iluiun r.i un joui
2l>S LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
désirable éternité. C'est le souhait que mon cœur fait pour le vôtre, mon très-honoré cousin, avec autant de zèle que je suis d'une affection très-entière et sincère, votre très-humble et trèsaffectionnée, etc.
Extraite du Procès de canonisation de la Sainte. Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCCLXXVI
A MADAME JAQUOTOT
A DIJOX
Même sujet.
vive f jésus!
Annecy, 7 novembre 1633.
Madame ma très-chère et très-howorée cousine,
Je vous remercie de tout mon cœur de la condoléance que vous me témoignez sur le trépas de M, de Toulonjon et de ma fille de Chantai, lequel j'ai ressenti comme la privation de deux personnes qui m'étaient vraiment très-chères. Mais, qu'y a-t-il à dire, ma très-honorée cousine, puisque c'est Dieu qui a fait ce coup et qui a voulu gratifier ces chères âmes, en les retirant de ce misérable pèlerinage, dans lequel nul ne doit se promettre aucun vrai contentement? Oh! qu'ils sont heureux d'avoir cet avantage par-dessus nous, et que je rne sens obligée à votre bonté d'avoir ressenti mon affliction avec tant de tendresse! Continuez-moi, je vous en prie, l'assistance de vos saintes prières, comme je ne manquerai aussi à supplier Notre- Seigneur qu'il vous comble, et tous mes très-chers petits cousins et cousines, vos enfants, de l'abondance de ses plus précieuses grâces, comme étant de mes plus intimes affections, Madame, votre très-humble cousine et servante.
Extraite rlu Procès <l<: canonisation de la Sainte. Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE UCCLXXVH
I i. I mi;i;i: M \ K 1 1 : - LIMÉE DE BLON il
ni RI II PSI uikk NOS ItffÉW
Ifiaires diverses. — La question «lu Visiteur sera team
•m *, isa i!
Il \ i li — « .m. i;r. ru 1 1 ,
Ces bonnes dames Religieuses sont tontes laprèi de vous : certes, un peu de bon loisir chei vous leur ferait grand bien. i une grande charité qoe d'aider s telles bonnes œuvres. Sainl Bernard, sans doute, i bonne intelligence avec notre trèssaiol Prie, de vouloir que ses filles aident ainsi aui siennes, i nous est un grand honneur envers Dieu, ma Irès-chère fille. Elles <»!it raison d'admirer notre manière de vie : tout \ esl aimable. J<- 1rs salue <"u toal n spect, el certes j'aurais grande consolation de les servir. Assures-les • !<■ ma très-humble affection el obéissan(
! Père Prieur des Feuillants a des letln - assurém< al ; a ttn -
celles des hommes ne sont quasi qu'affaires, Hais, 5 Dieu! ma
fille, l'admirable livre que « i - Épitn s [de - ûntFran< ois de Sales]!
Ma lilli-, Huns ferons i banger les pistoles de Gènes <|u<- vous
aves, entre-ci un mois <>u • 1 • 1 1 \ , sn-a-n ;i>> • / lût .' .!«■ |>en>e
qoe vdiis fera bien de continuer dos déni Soin- . n leurs
charges, i ; nome ooti e Sœur \. F. Cela la dégoui
adi i plus ouverte pour la I dre din i trice après. Le bon
dom Juste i il lui ion d< part poui Rome, k « e qn il ••••ni
001 pri | âîU MDOi v<>ln' -ni h un ut Miro - divers av i* lou-
« li.iui le l isileor, *i je in* f< rais pas liicn <l « u faire juge le Pape; e M- désire p IS qu'on lui demande, mais qu'on lui prOj OSC pool en avoir ion ivis. G 1 1, me semble, nous M rail d<
pule de tous côtés, puisqu'en terre nous n'avons point de plus assuré moyeu pour connaître la volonté de Dieu que celui-là. Au moins, notre Bienheureux Père, aux choses grandes et douteuses, disait qu'il fallait rapporter là pour connaître la volonté de Dieu assurément, qui est tout ce que nous cherchons. Et faut que je vous dise [une chose], mais à vous seule : un jour, comme je remettais cette affaire entre les mains de saint Augustin et de notre Bienheureux Père , afin que Dieu en fît connaître sa volonté par quelque voie, j'entendis distinctement que ce serait par celle du Pape, qui était notre chef en terre; cela m'accoisa fort, et je demeurai dès lors tout en repos. Je vous dis ceci simplement, ma fille, mais c'est à vous aussi, de sorte que depuis, j'ai pensé qu'il fallait prendre l'avis du Saint-Père. Répondez-moi votre sentiment, après l'avoir humblement considéré devant Dieu.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCCLXXVIII
A LA MEME
Prudente conduite à tenir envers une personne qui est dans l'illusion. — Miracles opérés par saint François de Sales.
VIVE -J- JESUS
[Annecy, 1633.]
Ma très-chère fille,
J'écris cette lettre où je n'ose vous donner l'avis de voir toutes les lettres que cette fille ' écrira. Vous le devez faire après qu'elle les aura cachetées. Il vous la faut prendre avec une force cordiale, la faire marcher le train commun et lui dire que si elle veut que vous croyiez en ses visions, qu'elle vous lasse voir quelque chose d'extraordinaire. Faites-la parler à
: C'était une pauvre âme dans l'illusion, qu'on avait confiée à la Mère de Blonay.
quelque Père d'expérience et confiance, ri vous en ivex là
Enfin, ri elle sous demeure, laites lool ce qne Dieo vous inspirera poor la détromper. Je De croii pas qu'elle le lasse pai for© . maii sous I»* prétexte de quelque dévotion, lyes patience. Faites que quelque Sœui d< confiance l'attire et lui témoigne de l'amour, de la compassion el la lasse parler, el voua verres bientôt < 1 1 1 « - 1 esprit c'est. Elle se coupera <1 elle-même
L'écrit que voua nous avei envoyé de la petite de Saint-Chamond serait bien an beau miracle, > 1 1 était bien prouvé. Il s'en esl lait un grand en notre maison il»' Paris. - An reste, i nommes toujours Réponse* l'éclaircissemenl «les commémorations. Cela ut si nullement «le mon oui . car je suis tout a fait ignorante en ces choses, el ne l< i sais que quand je les i Petites Coutumes ne sont non plus d< is Réponses; tout est simplement ce «jui se pratique ainsi en ce monastère. Ne leur donnez donc pas ce nom-la, car il ne convient pas, ains comme il est titré. — Ohl que je suis touchée de notre bon Maillan' c'est nne Ime parfaitement à mon gré, le suis tant lasse <I<- cette vie, que je (rouie qu'il faut avoir bon coupourj demeurer. L'on parU fort d'aller en Piémont; mais je ne sais <| u< > c'en sera* Dieu conduise loui à sa gloire. — Notre Sœur d'Avignon m'écrit qu'elle vous propose nne p< - 1 î t ■ - Fondation, que je trouve prou considérable. le voudrais « 1 4 1 • ~ vous la puissiei I celle «1«' Bordeaux. .1» suis lasse, les
affaires m'accablent Dieu soit mon soutien el notre seule el unique v ie. ///" //•
Conforme |l y.
LETTRE MCCLXXIX (Inédite)
A MADAME DE COYSIA
A CHAMKÉnY
Assurance do dévouement et de prières.
vive ~\ jésus!
Annecy, 15 uoverabie[ 1633].
Madame,
Suivant ce que nos chères Sœurs de Chambéry m'ont mandé, que vous désirez savoir l'état des affaires de M. votre mari, parle moyen de Mgr le prince, j'en ai parlé à Mgr de Genève, qui s'est employé fort volontiers pour en parler à Mgr le prince, lequel lui a témoigné qu'il ne savait pas l'état présent des affaires de M. votre mari, et qu'il était porté de bonne volonté pour lui, mais qu'il voudrait qu'il ne se rendît pas si sensible, ni si tendre envers ceux qu'il pense l'avoir contrarié. Peut-être qu'un mot d'avis que vous pourrez donner sur ce sujet à M. voire mari profiterait beaucoup. Nous voudrions bien pouvoir le servir en cette affaire; Dieu sait de quel cœur nous nous y emploierions! Mais au moins le faisons-nous en le recommandant journellement à Notre-Seigneur, à ce qu'il lui plaise de lui donner et à vous, Madame, une heureuse issue de cette affaire, et vous faire jouir tous deux des saintes consolations que vous souhaite celle qui est d'une entière affection, Madame, votre, etc.
Conforme à une copie gardée à la Visitation de Chambéry.
ANNÉE l(i 273
LETTRE UCCLXXX
S MONSIEUR CH \i: LES- IUGD8TB DE - ILES
Projets du commamlfiir de Sillerj pour la publii (M tint h'ran-
i lalia.
VIVK " . •
M<»\siKi H MOI i iftSH m. i; 1:1 riÂS-HONO :\,
Vooi tuâtes si bon que tous me pardonnerai bien >i je voua on peu distraire de la lérieuse efl fidèle application que iooi apporte/ à mire tant aimable et bénite besogne: mais t pour vous dire Reniement que le Père dono Maurice la trou ic parfaitement excellente, el dit qu'il sera grandement utile qu'elle soil imprimée en français. Il désire avoir les papiers qne vous atei laissés, el je ne lea lui veux pas donner sans
votre licence. — Travaille/ de plu> en plus, mon cher COUSÙl , pour ce «lier et Hienlie ureu\ l'ère (jui a tant travaille pour VOUS.
.1 .ii certain sentiment «le cœur tout a t'ait grand que votre travail tara utile a la gloire «le Dieu, et de grande consolation
1 I ; de Sali Loni la i uni
I ' JU ■ I ' 'nln-ur d'.'tr.- l*obj6fl «!<■ I i ftol-
ile de - B aoeoreoi Oocle, <|ui s,, propos: I - nt-ilt de
Dite lui , mettre d d ma la i t mort prémata : pas
nplir i i projet ; ma I, il lii flcui ir les
(!<• vffta 'i |K»iét éau> r.iu i Iht Batte «jui, >:iiv.int ^.i prophétique
! DO vi' il<- ;;i " •• «! «I < : • 1 1 • | nul i I>..|M j„,iu
mon "iip I . En I'. I u les- luge fau
1 1 i"*» »!>'• V III lui i | , [,,, .,,,;,. Je
<1 (IIS sa Coixluitr Ifll vertus le
«i If j.Miu.- prt-vùl • : d'en laisser à U |
plti Bdèle e| plat détaille* que i\ publics jusqne-li li l'éoérable
M- 1 ■ I ni il, ij n lui .ivnit aajggéH I» peaaét de 1 1 ti n ri!, la poalial «l^
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aux siècles avenir et aux provinces éloignées, à cause de la fidèle exactitude avec laquelle vous marquez toutes les actions et les emplois de celte précieuse vie, qui a été si bien employée au service de Dieu; de plus, que vous avez dressé comme un fonds et un directoire véritable , naïf et sincère , que les écrivains pourront ci-après suivre pour écrire à la louange de ce grand homme, que Dieu, par sa grâce, a rendu un si grand Saint. M. le commandeur de Sillery a de grands desseins pour la gloire de Dieu et l'honneur de ce sien serviteur. Je crois qu'il désirera que vous lui donniez des pièces que vous avez entre les mains, et que vous lui aidiez en certaines choses; car il désire écrire ou faire écrire pour notre Bienheureux. Je me liens tout assurée de votre bonté, mon très-cher cousin, que vous contribuerez aux désirs de ce bon seigneur, avec 'toute la franchise et cordialité de votre digne cœur. En vérité, il le mérite, car il est incomparable en affection pour notre Bienheureux; il ne respire, ce me semble, que cela. Et je vois de plus en plus que Dieu donne une réputation si universelle à son
ses conseils et de ses prières. Cette Vie parut en latin au commencement de 1634, et Fauteur, cédant aux sollicitations de la Sainte, ne tarda pas à en donner une traduction française. Cet ouvrage a été regardé comme un monument très-précieux, selon la parole du pape Benoît XIV, lorsqu'on traitait à Rome la béatification du Serviteur de Dieu. En 1635, Charles- Auguste résigna tous ses bénéfices et se retira chez les Ermites du mont Voirons, d'où l'archevêque de Tarentaise l'obligea de sortir l'année suivante pour lui confier l'administration de son diocèse pendant un voyage qu'il fit Rome. Enfin, après de longues résistances, le prévôt dut accepter la coadjuloreiiede l'évèché de Genève, que lui conféra Innocent X, et le 14 mai 1645, reçut l'onction épiscopale avec le litre d'évcque d'Hébron. Devenu seul pasteur du troupeau de son Bienheureux Oncle, il déploya comme lui /(•le infatigable pour faire fleurir l'observance régulière dans les cloîres,U vertu et la science dans le clergé, la piété et les bonnes mœurs parmi le peuple. Consumé de fatigues et de pénitences, Mgr Charles-Au- ; i Mipassa à une vie meilleure le S février 1660. (Maison naturelle, histo- ) \q lia t chronologique de saint Franroisde Sales, cvcque etprince de Genève.)
-humble serviteur, que tout !<• m avide de voii
qui porte l<' nom on m nlem< ni la mai il do bien-
h«'ti i < 'i\ Fran de Sal< s. Quelqu<
ite m'ont «lit qu is pi ier d melti itiu les
Épitres de ce Bienheureux; qu'il n'^ qui
fil mieux cela que voua ; q ; il ren Ire do i [ualé
a l'Église et aux bonnes m «si
p. — Au reste, la chère M ;; iur m'écrit qu'elli
toute glorieuse du bonheur <j uir un peu là.
Je m'assui lui (ai tnnenr de la gratifier de
votre particulière bienveillance; die i , outre
que c'était la cl ! I Ite de notre Bienfa El n
I ' [ne , je suis d r, votre, etc.