LETTRE 1CLXXX
\ HONSIEl i: LE l .1 INOINE BOl LIES
i ipoftiUons dan» lc&4|tirlli's sont morl I
Il es! vrai, mon très-bon el très-cbei cousin, qu'il me sérail impossible, ce me lemble, de dire à Votr< S neur que i trop ; car la rluucui <!«■ -i l' no !m permet pai de
nous cfa par-dessui I qu'il nous donne, fadore
mon cœur I « bénite m un qui
• nlrssaiil que nos alllu lions sont mêlées uV tant « 1 « -
bénédii lions que no plus d< rajel
notre un - bon P( n
affliger de nos pertes; car ces chères âmes qui ont quitté celte vie pour en commencer une meilleure ont vécu si vertueusement dans leur condition, et sont parties avec tant de résignation au bon plaisir de Dieu et tant de constance et confiance chrétiennes, qu'elles nous ont laissé tout sujet d'une solide consolation, en l'espérance de leur bonheur et repos éternel. Hélas ! mon très-cher cousin, qu'y a-t-il d'aimable en cette vie, sinon l'attente d'un trépas favorable, parle moyen duquel nous allions jouir de Dieu? Certes, j'ai devant les yeux, avec suavité, la représentation de la sainte disposition de ma très-chère cousine, votre mère. Oh ! qu'elle est heureuse cette bonne et chère âme ! car je crois qu'elle s'en ira droit entre les mains de la divine Bonté , que je supplie être la consolation de tous ses chers enfants, mais particulièrement de vous, mon très-bon et cher cousin, auquel je souhaite incessamment la paix, douceur et suavité du Saint-Esprit. Je n'ai su savoir si vous aviez reçu celle que je vous écrivis au printemps dernier; je serais marrie qu'elle se fût perdue.
Voilà que je viens de recevoir nouvelle que ma fille vient, et a passé le mont Cenis heureusement : elle espère être ici une partie de l'hiver; je la recommande à vos prières, et notre bon prélat, qui a été fort malade. Oh! que cette vie fournit bien des occasions de douleurs! — Mon très-cher cousin, je suis et serai sans fin et d'une affection incomparable, votre très-humble cousine et servante.
Extraite du Procès de canonisation de la Sainte. Archives de la Visitation d'Aunecy.
LETTRE IfCCLXXXH
\ l..\ MÈRE LOUISE-DOROTHÉE DE UARIGNY
Die m léjooit do bon état de la eommunenb ;n-llirr. — Arriti
de Toulonjon à Aeoecj. —Conta • .
\wf. )- lit
M \ SONBB ET \it\i\iK\T Tiu:s-«:ni:iu: FILLE,
Croyes que vos lellrei ont été reçues de grand cœur, el qu il me lardail bien d'avoir do vos nouvelles; car ce m'est toujours une tonte particulière consolation quand j'en reçois* — Pour ce qui esl «le votre temporel, je no m'en mets en peine; v « > 1 1 s ivei un si bon père qui a soin de von», qu'il ne permettra |> is
que rien imiv manque. Je m- sais li je pourrai lui écrire cette
fois; car je suis tellement accablée, <t de lettres «'t d'autres affaires, que j'ai prou peine a ^ fournir. — le suis i >i < ' m aise que vous ayes entrepris la moitié de votre bâtiment ; c*esl un trait de courage «-t do générosité que j'aime bien ; car pour le pain , ma très-chère fille, il ne manquera jamais aux âme qui cherchent Dieu. Le Pils <!<■ Dieu s'est « ngagé de parole a cela, il
nYn faut point dont. r.
« ries, je mis consolée plus que je no puis mus dire de voir
le bon «lit (Ir votre maison; nuis plus particulièrement les
boums nouvelles <pio vous un- 1 1 1 1 • ■ s du pilîtuel, an* nos
Sou ut si l)i m av.inc.es . u la perfection. De irai, ma
choie lllle, 1rs ,'lllli's (|lll Mivrnt Don ,1 .pu m- tolout DUS
continuellement de s'aïaiircr en la vie et la vérité de leorvocs lion, sjontrenl bien qu'elles ont peu de courage, «-t se rendent indir<jnei des bénédictions que Dieu répand ordinairemeni sur
Celles qui cheminent fidèlement en leur voie. Je prie sa divine
Bonté qu'il leur fasse la grâce d'y persévérer de plus en
plus.
Pour ce qui est de vos offices, je pense que vous ferez fort bien de laisser encore cette année la charge d'assistante à ma Sœur Gasparde-Angélique, à cause de votre déposition, et pourriez mettre au noviciat ma Sœur Anne-Marguerite; et cependant ma Sœur M. -Renée aura cette année pour s'affranchir et se rendre plus capable pour exercer la charge d'assistante l'année qui vient. Vous la pourrez faire première surveillante, et la faire encore économe ou portière, qui sont des charges plus importantes. Enfin , ma très-chère fille , je trouve que vous disposez fort bien de vos Sœurs. — Je vous dis derechef que ce m'est une très-grande consolation de savoir le bon train où elles marchent toutes; car si bien il y en a quelques-unes qui ont bien de la besogne à faire, puisqu'elles goûtent l'oraison, c'est la bonne marque, et le signe assuré que Dieu leur donnera le courage de parachever l'œuvre qu'elles ont commencée. Mais ce qui me console le plus, c'est de savoir celles que vous avez emmenées si bien unies avec vous; car c'est une chose tout à fait nécessaire pour attirer beaucoup de bénédictions sur une maison commençante, laquelle pourtant ne se trouve pas partout.
Je crois bien ce que vous dites que, quand vous serez à votre nouvelle maison, vous aurez grand nombre de filles; caries parents font grande considération là-dessus, et les filles mêmes quand elles ne sont pas courageuses. — Il est vrai que je ne vous ai pas écrit dès le départ de M. de Vallat, n'en ayant eu la commodité; car croyez, ma très-chère fille, que si je vous écrivais aussi souvent que j'en aurais envie, vous recevriez de mes lettres assez fréquemment. Mais je sais bien que vous ne pensez pas que ce soit faute de bonne volonté, ni d'affection envers vous, non plus que je ne pense pas que vous en manquiez enfers moi quand je ne reçois pas des vôtres, n'en ayant
rem qu'une depuis le dépari «le M. de l'allat qui lut presque tout aussitôt après. — J'ai oublié de vous «lin* ci-d< bsus que je ne iuif poiul souvenante d'avoir ouï dire <j w #• e<- bon Père !! u bite passai vers vous; car non-seulement j< aurais écril
de tout non oœur, mais encore plusieurs il»- dos Sœurs Pour le iquel d'Arles qu'il voua remit, il le pril à Chambér] ou ailleurs; car noos n'écrivîmes oulle pari par lui, sinon à dos Sœurs de l aleii
Il Tant que je vous avoue que je suis encore si attachée au
affections naturelles, que j'ai vivement ressenti lr trépas de ma
pauvre fille de Ch intal, car je l'aimais parfaitement , | que
tait une bonne âme . el «le même celui de If. de Toulonjou ,
ruels, je pense, moururenl tous deux dan- quinze jours.
I vous remercie, ma très-chère fille, des prières que vous
avea laites pour ru\ : c'esl t<»ut ce que je désire que leurs âmes
soient soulagée - p ir l< - prières. Ma fille de Toulonjon est ici .
laquelle, dan- la violence de son affection, a ressenti sa perte
aire nue douloureux' affliction. Elle fait étal de passer ici
l'hiver ai deux enfants, cela veul dire do fils de trois
mois, et i fille <jui s environ douse années, le la recommande
à Uh pi îères. — J'écrirai à ma Sœur la Supérieure du fauboui pour la n « ommandalion que vous désires <jui soil faite «-u votre laveur à madame la duch<
J suis bien aise que madame de N. ail son entrée en votre monastèn t one dame dont j'ai «mi l'honneur d'avoir I»
autn laquelle, je 1 . I DOS
mVm recevr i que consolation «t bonne édification. ■ — Enfin M di G pe, après avoir été trois mois affligé de maladie, esl maintenant enfori bonne convalescence, pai 1 1 grâce de Wotre-
v I ni . oe lui i. itant plus que- <|ti. I.jn. -s r t î I » I • — . - . mais il e^t
oureni qu'il d'< n i ut poinl d'él it. I oos avies bien raison, m i ti ès-< hère fille , d< qo< i • a avais *\<- 1 1 douleur : <■ ir
je von isi m ilade d< eœor comme II étail
de corps. — Nos Sœurs écrivent toutes nos nouvelles à votre communauté. Et moi je vous dis que nous sommes sur le point de commencer une seconde maison en cette ville, pour la retraite d'un grand nombre de bonnes et vertueuses âmes qui poursuivent, lesquelles nous ne pouvons plus recevoir céans, étant quarante Religieuses. Nous avons déjà acheté les places pour bâtir, sur les créances de céans, et avons trois cents florins en bourse pour meubler la maison et faire toutes nos provisions. Priez Dieu qu'il les accroisse.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE AICCLXXXIII