MM | I
\Io\SElG\El II,
Josqo'à ce qoe j'aie ni que l'obé lieoce de la petite Sœur |\I. Ain] fût à Lyon , je n'ai oaé écrire à Votre Eminence ; je l< lais maintenant, pour la remercier Irès-homblemeol de l'honneur qu'elle daigna me Eure de nie répondre , et me dire tel considérations touchant le séjonr a Lyon de cette petite Sœor. Me trai, Monseigneur, je De regardai qu'à la nécessité] mail Votre Éminence, qoi conduit iei actioni avec une profonde prodence, me lit voir ce qoe je n'atau pai léré, a quoi je
m.- soumis ( t un- soumets de tout mon cœor, avec l'amoor «'t
qoe je doii el seoi rendre tout.- ma ne a vos voloi rootefbis, je m pnh m'empécher qoe je n'espère de Votre Eminence, Monseigneur, quelque prolongation de temps j
mi" «le crtte Sil'lll , i II laveur de II | ;,te < h iril
débonnaireté qui voui animent Je mpplie le «livin Saoveor
naissanl de SOU COmbll r dei mérilo « t suavilo de sa sainte enfonce; .t hai>anl en tout respect vo> tierces mains, je .1- m ai le en toute h n ni 1 1 1 d' votre sainte bénédiction pour cette
illc C'est, M Igœor, de l Otre Kminence , la très
LETTRE MCCXCVII
A MONSIEUR NOËL BRULART, COMMANDEUR DE SILLERY
A PARIS
Témoignages de reconnaissance. — La paix intérieure est la marque du règne de Dieu dans l'âme. — Affection de la Sainte pour les deux communautés de Paris. Elle propose au commandeur de se rendre fondateur du second monastère d'Annecy.
vive -J- jésus!
[Annecy, 1634.]
Mon très-honoré et très-chèrement rien-aimé frère,
Non, vraiment vous ne me sauriez faire de meilleures étrennes ni qui me soient si précieuses, que le renouvellement de vos saintes affections devant la divine Bonté , pour le bonheur de ma pauvre âme. Il me semble, mon vrai très-cher frère, qu'elles me sont un riche trésor et un rempart contre les embûches de mes ennemis. Vous ne sauriez croire la douceur et consolation que m'apporte cette assurance que je vous suis présente à vos prières. Je n'ai pas connaissance que jamais je manque de vous voir particulièrement en la sainte communion, et je n'y veux jamais faillir, me confiant que le mérite de la sainte communion me sera une digne correspondance à la véritable et incomparable dilection que Dieu vous a donnée pour notre Bienheureux Père, et pour sa chère Visitation, et pour moi, ce me semble, en particulier, quoique en vérité j'en sois très-indigne. Il est vrai que, toute chétive que je suis, Dieu a voulu unir mon cœur très-intimement au vôtre, dont je bénirai sa Bonté à jamais.
Vous pouvez donc juger, par cette vérité , la part que j'ai en la consolation de votre heureuse et sainte retraite1, et de ce
1 Le commandeur de Sillery, ayant entièrement renonce au monde et à ses vanités, vivait à Paris même, dans une profonde retraite , tout occupé d'œuvres do piété et de charité.
ANXKE lG3i. 307
qu'il a plu à la dehonnairete de notre divin Sauveur de la conduire en telle sorte qu'elle rende sa honne et suave odeur a la
grande gloire de Dieu el a l'édification des geoi de bien, et, « qui est de plus rare, au eontenlement de masaieon vos parente.
0 vrai Dieu! mon très-chei frère, que la bonne main de Dieu tons a bien conduit <'ii tout cela ' 1 1 cependant je remarque que voire humilité en veut donner tonte la louange ani petite prières d< i Pilles de la l iaitation, el ara conseils de c< - chères Sœnn oui ont le bonhenr incomparable «le jouir plus particulièrement de votre douce et tant utile enn».er>atiou « l enminunication; et voila comme eu toutes choSCS VOUS au;;nn nie/ VOS
richesseï spirituelle». Loué soit Don de tontes ses miséricorde et surtout du cœur qu'A tons i donne, lequel . à mon avis, est bien tout selon I» sien très sacré. En vérité, mon très- cher in i il e>t capable, votre bon cœur, de taire fondre les nôtres par son incomparable dilection. L'on voit Lien que vous l'avei tirée de
l'inépuisable amour du div in Sauveur ; car toutes les considérations humaines , ni toute la nature ne sauraient rien faire
d'approchant C'est an don grand et précieux, plus qu'il ne se peut imaginer, que je crois vous avoir clé impétré du iein paternel de notre bon Dieu, pai la tendresse de l'amour qu'a notre Bienheoreni Père pour sa chère Visitation.
I nfin, mon vrai frère, je vous regarde et vous iinh atOC un
rand sentiment poni l'ange lisible et tutélaire de notre I i
don, PÉC1 qne nous ne saurions jamais .i.ssc/ rec onnaitre
Birfera la ditine Providence, ni entera tous, mon tout bon et b
cordial frère ; mus |, 'in \, us ne voulez de nous, sinon
(jiie mais s,,\.»iis lidrles .» noire vocation, » l <]m\ B U C( mi>v« n,
m»s cours soient tous fondus dans le foire tria cher. Ceri i .-iiiiini grand désir, etjN d sens l'effet en mon particulier, dont
je héiiis Do n Mais pourquoi vous due tout MCi, mon trètH hei
frère, puisque Dieu l'a fait dès le comment emenfl de notre oea>
naisv.im, ' J, n \ ;iv lis pas pensé SU « mem ant cette letlie,
mais il m'est venu ainsi parce que j'ai le cœur tout plein de ce
sentiment, que nulle parole toutefois ne saurait exprimer.
Hélas! il est vrai, mon tout cordial frère, je ne répondis pas à votre lettre précédente distinctement, parce que, quand l'occasion se présenta de vous écrire, elle fut si pressante que je n'eus le loisir que de vous faire un billet ; et, chétive que je suis, le temps qu'il fallut attendre une autre occasion, et l'embarrassement d'affaires où j'ai été extraordinairement depuis quelques mois, m'ôta de la mémoire ce que j'y devais conserver; mais vous m'êtes si incomparablement bon, mon très-cher frère, que vous n'avez fait autre jugement du sujet de ce manquement, que celui que je vous déclare en sincérité , ce me semble.
Mais retournons à votre bénite retraite, qui est un effet de la toute-puissante grâce de Dieu : oui, mon très-cher frère, car Lui seul pouvait, avec votre fidèle correspondance, qui est aussi un don de sa bonté, rompre vos liens et surmonter les grandes difficultés qui étaient inévitables dans votre condition; et voilà que sa divine douceur a dénoué vos cordages et aplani vos difficultés en telle sorte que votre passage de l'une des extrémités à l'autre s'est fait quasi sans peine, au moins sans nul ébranlement ni effarouchement d'aucun esprit; ains, ce qui est admirable, avec satisfaction, douceur et approbation de tous, ce qui vous est et doit être à tout jamais un témoignage sensible et véritable du dessein de Dieu sur vous en celle seconde vocation. Et quelle plus grande grâce et consolation pour voire cher et digne cœur, que cette assurance que vous accomplissez la volonté de Dieu, en passant le reste de vos jours en celte aimable et douce retraite?
Au reste, mon très-cher frère, l'état de votre esprit, que vous me représentez si naïvement dans votre lettre, est incomparablement meilleur et plus solide que si vous vous fondiez en douceurs et sentiments de grandeur décourage. Il est impossible que dans un si grand changement la nature ne soit étonnée; mais celte
paix intérieure, celle constante fermeté en Dieu efl ces lumiè quoique minces, qui assurent l'âme sans aucun discours, de - 1 fermeté efl Habilité en l'étal ou Dieu l'a mise, sool des marques infaillibles du règne <1<' Dieu en vous, efl qui donnent nne grande espérance que sa Bonté vous veul mettre dans une voie de pureté ef simplicité excellente el tout intellectuels C il pourquoi je pense, mou tout très-cher frère, « j u « ■ vous ne sanriei mieux flaire que de retrancher, tanfl qu'il vous sera possible, tonte réflexion ; <■(, an lieu de vous occuper en de grandes considérations, regardez Dieu ti le lait il une parole de notre Bienheureux; car ce divin Sauveur étant l'unique objel de vos affections el prétentions, <-t le seul soûlas de votre cher el bien-aimé cœor, vous trouvères «mi Loi tout ce qui vous sera nécessaire; surtout il <>t besoin qu'en ce commencement vous fassiei simplement cette pratique, elle fortiflera votre partie supérieure efl accoisera les élonneroents de la nature, liais, mou très-bon efl très-aiiné frère, voussaures mieux faire ceci, (|u«' je ne !<• sais pas dire: mais votre humilité el mon affection me donnent conflance de vous dire tout ce qui me vient, le suis coi solée, plos qo'il ne se peut dire, de la bonne rencontre qne vous aves (aile de ces dévots ecclésiastiques. Cette conversation sainte sei » bien selon l«- goût de notre Bienheureux il n'approuvait pas tant que l'on vécut <1 ms des grandes solitudes; mais que la retraite lut accompagnée d'un bon i ègleiiK-ni dés actions et exen turnaliers qui se doivent pratiquer dans la maison , 1 1 que I on i 61 aussi quelque • * t ■ > | » 1 • » i pour I en l. h charité extérieure envei i le prochain, comme
de Visiter quelques malades ri |»er >»miii< -s allli.qerv Dr, quand
v « » 1 1 - m'auras dit ce que roua dessiym i [avea dessein] de faire, le Mirnii, m cette bénite retraite, < .1 » m'ouvrira l'esprit, efl il nu- vieodra peut-être tout plein <!«• chosi - su mémoire de
que l'.iui.u entendu de noire lli«'iilicMirru\ , lesquelles vous pourront être otites « votre d< i* In Que si Dieu me rend dij
de pouvoir contribuer quelque chose à votre consolation, croyez, mon très-cordial et très-cher frère, que je le ferai de grand cœur; car cette douce Bonté me donne un si grand amour pour votre précieuse et chère âme, que je ne saurais avoir contentement comparable à celui de faire quelque chose qui vous soit agréable et utile à votre consolation. Mais, bon Dieu ! aussi combien est-ce que votre cher et digne cœur m'y oblige. Après celui de notre Bienheureux, il n'en sera jamais un semblable pour la Visitation. Je supplie ce grand Saint qu'il nous impètre la grâce d'y correspondre, selon son esprit et son désir.
J'ai toujours aimé chèrement et estimé notre maison de la ville [le 1er monastère de Paris], et l'on sait bien céans qu'entre toutes celles de France, elle, et celle de Bellecour de Lyon, tiennent le premier rang dans mon [cœur]. J'ai tant d'occasions de le leur conserver, qu'il m'est avis que chose quelconque ne saurait jamais m'en faire déprendre; mais votre si tendre affection à me recommander cette bénite maison portera, Dieu aidant, un effet extraordinaire. Oui, je le vous assure, mon vrai et très-cher frère, et j'en crois tout le bien que vous m'en dites sans aucun doute; car je connais les deux Mères et les tiens pour deux solides piliers de la Visitation, surtout ma très-chère Angélique ; je sais aussi le grand nombre de bonnes et vertueuses et capables filles dont cette famille est composée. — Il est vrai que je ne fais jamais attention de parler de nos maisons que l'on ne m'en donne sujet. La Mère de Moulins m'écrivait dernièrement beaucoup de bien des deux maisons de Paris, mais bien différemment, quoique fort savamment, car elle me les dépeignit fort distinctement. De celle de la ville, elle n'oublia rien des bonnes remarques qu'il y avait à faire. Je lui répondis courtement qu'elle avait très-bien jugé , et que j'admirais comme, en un si petit sôjour, elle avait pris une si entière et véritable connaissance de ces maisons, lesquelles je voyais et savais être telles.
Celait tout dire, sans ritn tenter; car, mou très-cher frère, je n'ose pas dire à chacun toutes mes peosé* I, < omine je VOUS lei dis. Il faut que je prenne garde a ne point donner de jalousie ni de refroidissement, aim qne j'entretienne, par témoignage d'un amour égal, la bonne intelligence et confiance qni ont toujours régné entre nous» et que j'aie encore égard à la paix des cœm . Si j'étais auprès de vous, j'en dirais bien davantage. Me • >ici quasi à la fin de mes quatre pages, el toutefois mon cœur n\i pas tout dit, tant il a de plaisir et de consolation a vous parler dans celle parfaite confiance.
Mon tout hou et cordial frère, VOUS v «ire/, par ma précédente,
comme je sons dis franchement nue je veni nue vous syei paît à noire petite maison, parce que c'est une œuvre de Dieu purement entreprise pour sa gloire au bien des unes qui \ sont appelées, el pour un secours charitable a ce pauvre pays, où je
désire que noire saint l'ère, d'ici .i quelque temps , ail dru\
maisons pour \ recevoir, Dieu aidant, les filles pour rien- car tnssi bien les meilleures dois ne sont quasi rien et iccablent lei parents. El j«* dii a l'oreille de votre cœnr que, quand Dieu me donna cette résolution d'entreprendre ce dessein, je n'avais v H.- quelconque d'aucun secours humain de noire côté m de nos maisons; el quand Mr de (i« nève m'en p. nia, je lui répondis que Dien pourvoirait in temporel, que l'œuvre était tienne. Bu uiiic, \\ m'a tnfii de connaître que c'était -a lolonté; et les ii a. pu -<»iit grandei m'] donnent plu- de courage. Mais,
mon trèt-cher frère, combien pensez-vous que j'aie ressenti
li pensée que Dion von- donne pour ce dessein I et n'estn e pai un véritable effet du loin que Is divine Providence en i, et que
• <tle «tu v i nulle sienne ' Cria esl sans nul doute, OS me
Or, fc v»u> ai déjà écrit que je désirais que vous vous miseiei
devant Dieu, pour entendre en ce suj.'i *.-, volonté, atin qu'elle SOit notre rèjfle en toutes elm I , , que noire Hienlnu-
312 LETTRES DK SAUVTE CHANTAL.
reux Père a dit que d'être fondateur d'une maison religieuse était l'œuvre de plus grand mérite qui se puisse faire, je désire, mon très-cher frère, que vous le soyez de cette bénite maison de charité, sans que toutefois vous y employiez de grandes sommes d'argent, cela n'étant pas nécessaire , mais seulement ce que Dieu vous inspirera en toute liberté, sans beaucoup incommoder vos affaires. Mais, voyez-vous, mon vrai frère, il faut faire ainsi ; car ce ne sera pas le plus ou le moins que Dieu regardera, mais cette ancienne et cordiale affection de le glorifier, en procurant et facilitant la retraite de plusieurs bonnes âmes qui le serviront en pureté et sainteté tant que le monde durera, moyennant sa miséricorde. Et m'est bien avis que la sainte joie que je reçois au fond de mon cœur, de vous voir fondateur de cette bénite maison, ne procède nullement de l'espérance du secours temporel qui en proviendra, mais d'une pure dilection qui répand en mon âme une cerlaine consolation de vous voir ce bien, et que le tout soit à la pure gloire de Dieu et à l'accroissement de vos richesses spirituelles.
Il faut que je vous dise encore ceci : que quand il me tomba en l'esprit de vouloir que vous eussiez part à ce bon œuvre, ce fut si hors de temps et d'occasion, ayant alors d'autres choses en l'esprit, que j'en fus comme surprise et y vis je ne sais quoi, qui me fit penser que c'était inspiration de Dieu. Or, comme j'ai inclination que vous y contribuiez, j'ai aussi répugnance d'accepter les deux mille écus que nos Sœurs de la ville [de Paris] nous offrent; car il me semble qu'elles ne pourraient faire cela sans s'incommoder. Je le dis à Mgr de Genève, qui me dit qu'il les fallait accepter en faveur de la pauvreté du pays, et des grandes richesses qui se peuvent acquérir à Paris. Cela certes me répugne plus que je ne saurais dire, et voudrais trie contenter des témoignages de leur véritable et cordiale affection et charité, que j'estime plus que tout l'argent du monde : voyez, mon très-cher frère, comment cela se pourra
accommoder. .!<• saisqu'il n'j i qo'on cœorefl qu'une âme entre
VOUS et elli - ; en , uini, à MUM d<- ee que me dit lfODSeigD6lir,J6
n'ose refuser absolument : il esl i . i v i , ec bon seigneur, de notre dessein.
Au reste7, il m'est venu un peu d'appréhension, nue dans cette retraite roua ne veuilliei vous charger de quelques nouvelles austérités : non, je vous en supplie, mou très-cher frère, ne le laites pas, el que rien ne manque, s'il vous platt, de tout ce <jui est requis i votre âge el -i 1 1 délicatesse de votre compleiion, î votre soulagement, el encore ani choses requis* i a la bienséance de votre condition. Il m'est venu de vous dire cela, et je le bis tout simplement [Lafindelo lettre e$t illisible.]
Cool i
LETTRE UCCXC1 III
\ B \l\ I \ INCBM i Dl. P w I-
MHS
li b i our M. '!<• Silli rj Kilc le r*< oromande > ion bo6<
I il
, | US i i
Mil que votre cœur m'est bon el paternel, et, comme teui croire pour ma consolation, très-fidèle .t me continuer ion cbei souvenir devant la divine Bonté, car j'en ai un extrême
■ m dans l'â«je - 1 le tra< ai <»u je mil 1 mil éternelle-
ment l.i divine BonU des min rii ord< - qu'il lui plall i\<- répandre
sur les unies, pu l.i «loin nu s.iinlr »l « llie.o . de l'es|)ril de
ion fidi le et vrai serviteur, i I linl Pèi e. Car il esl
rrai, je le coofesse ave< vous, mon très-cbei Père, que l'espril
de noh •• ii m et vrai frèi cl |»« i e I U. <!•• Sillei \ |. certes,
s'est pris dans ses filets; et je ne crois pas qu'aucune autre main que celle de ce Bienheureux l'eût pu conduire si sagement, si suavement, ni si fortement qu'elle a fait dans cette retraite si exacte, que le voilà dans une absolue séparation du monde, avec l'édification et consolation de tous, et qui plus est, à la très-grande gloire de Dieu et consolation de sa chère âme; et certes à l'utilité, honneur et consolation des Filles de la Visitation, qui lui ont des obligations infinies. Surtout nos chères Sœurs de la ville sont privilégiées d'un grand bonheur de l'avoir si près d'elles. Ah ! Dieu nous fasse la grâce de correspondre fidèlement à la sincère amitié et entière charité qu'a ce bon seigneur pour nous ! Je vous puis assurer, mon trèscher Père, que je l'aime, l'honore et le révère de toute l'étendue et les forces de mon âme. Je vois que maintenant vous faites plus de séjour à Paris. Eh ! mon Dieu, ayez bien soin de cette chère et digne personne, et ne lui permettez pas une vie trop sévère ni trop austère; je sais qu'il a grande confiance en vous. Il me semble que je m'endurcis avec l'âge.
Il faut finir pour aller à ce béni parloir. Mon très-cher Père, Dieu vous rende de plus en plus selon son Cœur! Priez fort sa Bonté qu'il me fasse miséricorde , afin qu'avec notre Bienheureux Père, et vous tous, nos chers amis, je le puisse louer éternellement. Amen,
Mon très-honoré Père, je suis de cœur votre très-humble et très-obéissante fille et servante en Notre-Seigneur.
Conforme aune copie de l'original gardé à la Visitation de Chartres.
\\\LK 1634. ii:»
LETTRE UCCXCIX
\ tfONSIEl I DE COOL LNGBfl
X I VKI-s
Ccuân « I I "l 'li I ■ : une de I i; ni m aine (>■ -u :
iinnt. — T. n I Sainte pour sa pelite-fillo.
Mon Die n ! Monsieur mon très-chef frère, que voire lettre m'a vivement touché le cœor! lei larmes m'en sont venues ans yeux, voyant la grandeur de l'affliction oà est ma pauvre très-chère teeur, et la vôtre, en conséquence de celle de toute voir»- bénite Camille Hélas I il est vrai, notre bon Dieu afflige ordinairement ceux qu'il aime, qui sont les trèsn ben enfants de son éternelle élection , parce qu'il leur veut (aire mériter par patience el souf- Grancs sa bienheureuse éternité, où toutes nos larmes -«roui essuyées Mon très-honoré el très-cher Frère, von- êt< i sans doute de ce nombre ; car il me semble que Dieu a toujours mêlé les prospérité! qu'il vous a données de beaucoup de lrav< de travaux D'une (acon oc d'antre, devant le trépas de notre fille, vooi - n,( - beaucoup «1«' plaisir el de oontentement, «t voiû que Dieu a (ail retourner lei afflictions; béni
m.i! -..n saint Nom! .t e\s| m.t ..I ilion de voir que mus
irdei «n tout cels la bonne main de Dieu el la I» >mv .<. ..-
uni* ;uiiiiiiiriiM' siumiissioi^ quoique douloureuse. Enfin, il
t. ml lie iiiis«'-ral»|r vie le pins iloueemenl el Saintement
qu'on peut, parmi les divers travaux qu'elle fournit.
|i mpplie la divine Bonté d'être votre force el votre consola
i qu'il lui plaise de dooner .1 m i pauvre el 1res chère
sonir 1rs soulagements intei n m s el extérieurs que - i ;- —
m lit lui èlre utiles pour le plus grand bien «le s.i rlière âme. Si pu moi el mar!\re je la pouvais soulager en son mal.
et vous, en vos douleurs de eœur, croyez, mon très-aimé frère, que j'en fournirais de grand cœur tout ce qui en serait requis et en mon pouvoir.
\ous commençâmes, dès le lendemain que nous eûmes reçu vos lettres, sa neuvaine qui finira demain; le bon Père dom Maurice en dit les messes. Je l'entends et communie journellement à cette intention ; mais , avec toute l'attention et affection qui m'est possible, je la recommande à la douceur de notre très-bon Dieu et à notre très-bénin Père ; car j'ai un grand désir que cette âme soit soulagée, pour plusieurs raisons qui me touchent au cœur, entre lesquelles celle de l'éducation de notre chère petite tient un bon rang. Hélas! mon très-honoré frère, que de résignations et de dépouillements il faut faire en ce monde! mais aussi, les faisant pour Dieu, sa divine douceur est si grande qu'il nous est tout en toutes choses. Vous me consolez bien des nouvelles que vous me dites de cette petite orpheline '. Qu'elle sera heureuse si Dieu vous conserve et ma pauvre très-chère sœur, pour lui continuer votre sage et pieuse conduite! C'est la vérité que j'aime cette enfant, comme j'aimais son père, et tout pour le ciel. Je me réjouis de la grâce qu'elle aura de communiera Pâques. J'en aurai bien mémoire, et je prie Dieu qu'à cette première réception de notre doux Sauveur il lui plaise de prendre une si entière possession de cette petite âme, qu'à jamais elle soit sienne. Que je vous suis obligée en cette petite créature! Notre-Seigneur en sera votre récompense, je l'en supplie du fond de mon âme, et de faire abonder en la vôtre toute bonne, et en celle de ma pauvre sœur, les saintes consolations de son saint amour, auquel je serai sans fin de tout mon cœur, votre, etc.
1 Marie de Chantai, plus tard marquise de Sévigné.
AXXEE I»
LETTRE IICCC
\ là Ml.i:i: Jl. \\\l - ignés PB0VBNCH&1E l ne Supérieure ta. —
I it ( n u-ant <lr c-l.'.ir;!-- daM ' i Pi ,|
*"K ut bu n appelés de Du n 0Mit|ui » aoxqui l!< i .>n peai : t appel.
(An 1634]
Ma TlftS-CBÈil Kl i i
lésai loil Dolre guide <'t oolre unique vie en ce monde, notre gloire et consolation éternelle en l'autre! le ions supplie de demander à sa divine Bonté cette grâce, et ne lui demandes aucune autre chose de cette vie poormoi; car j«i ne souhaite, sinon nue sa seule et Irès-sainte volonté vive et règne absolument en moi; je vous désire le même bien, et à tontes cdk res Sœurs. Ifon Dieu! ma fille, qu'il m'a lait grand bien de oie de vos nouvelles, <'t d'entendre l'étal de votre maison, et les bénédictin ns saintes <ju<' Noire-Seigneur \ répand : il laul nous attacher invariablement s sa sainte conduite « d toutes choses. Donnes bien cel esprit s nos chères Sœurs; car i «•••lui <l< li ni aimable vocation, donl 1 1 pratique I' - « onduirs s la très-s tinte el m cessaire humilité < I douceur <!<• cœur.
Vous aves eu on peu d'exercice en votre commencement:
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dément l)ijiiil>l< > ijui- »ainlt J I ' liim- |>l s | plu-
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i if -.1 vei tu «i
, li cl , dans Tel iblisteaMBl du mona
Quelques ,iiiiicc> |»lu> t. u.l. I ii dl Basaiemoisellt*
■ I' tfOOffl .^ int délai m i ' < ll<- l"ii \l Iflals i i"t • " • ••)< i m qualité de Supérieure ate< cioq aulrei profesatt de
Bloi premiei dimani bed I ifful
f I • le ma était des linêe
I b< r i • i l'humilill ri I - roche ». Au
cela vous profitera et donnera de l'expérience pour d'autres occasions, pour vous faire ajuster votre zèle à ce qui se peut, selon le temps et les dispositions des filles, lesquelles ne marchent pas tontes d'un même pas. Il faut que la Supérieure conduise chacune selon son attrait et la portée de son esprit. Certes, il est impossible que dans le commencement des établissements Ton puisse, avec peu de Sœurs, observer tout ce qui se pratique dans les maisons formées. — Je loue votre intention d'avoir voulu prendre la première fille de votre établissement pour l'amour de Dieu, et d'avoir, pour cette considération, un si grand support autour d'elle. Oh! néanmoins, ma fille, il se faut tenir ferme dans la volonté de Dieu, qui nous est signifiée par nos Règles, et se garder bien de l'admettre à la profession, si elle n'a pas les qualités requises, ains il faudra la renvoyer, et en prendre une autre en sa place, qui la puisse occuper dignement à la gloire de Dieu et au profit particulier de son àme. Ainsi la bonne volonté que vous avez de faire celte charité sera toujours accomplie. J'approuve bien que l'on patiente et fasse tout ce qui se pourra pour lui conserver la grâce que vous lui avez faite , puisque même vous me dites qu'elle aime sa vocation, qu'elle aie cœur bon, et qu'elle fait des essais de son amendement. Ces trois choses sont de bonnes marques; mais la plus certaine, c'est, si vous voyez que l'amendement
tère de Marnera comme à celui de La Châtre , le gouvernement de la Mère Provenchère fut comblé des grâces les plus signalées. Le Sacré-Cœur, devançant en sa faveur l'heure de ses grandes manifestations, lui révéla des secrets ineffables. « Pendant ces amoureuses communications, dit-elle plus tard par obéissance, Il imprima dans mon âme l'amour des souffrances, et me mit dans une telle disposition, que, hors de Lui seul, tout est pour moi peine et douleur. Les satisfactions de cette vie ne me sont plus rien. Il n'y a plus pour moi que Jésus!... » Cette vierge fidèle comptait cinquante-huit ans de vi<*. religieuse, quand Celui qu'elle avait uniquement aimé sur terre la couronna dans le ciel.
(Année Sainte, IXe volume.)
\\\l L 16 3 i. SI I
qu'elle fait, et l'amour de ^a vocation procèdent d'une vraie
crainte de Dieu, et du désir de lui plaire, et m, lorsqu'elle a failli, elle l'humilie, confessant franchement son début, et en est mari ic pour le respect de Notre-Seigneur : car si elle i cela, certes encore qu'elle lit quelque échappée par-ci par-là, m ne
lairrais de la recevoir, l'ai été parfaitement CODJOléc de Votre
boiteuse j il faal bien garder celte fidélité à Di< n efl soi volontés
et intentions de notre Bienheureui Pèl e, de ne refoSCI jamais l'infirmes (juand elles ont lef dispositions de l'espril convenables. [ i Providence divine en enverra beaucoup de bien faites de corps. Quant à votre particulier, ma fille, observes inviolablement troii points suivants : tenes-vooi si bien et ij fidèlement auprès de Notre-Seigneur, que vooi puissies puiser en ion sein la lumière et la forer dont voua aves besoin; ne vous relAchei jamais de vos exercices el observances, linon quand la vraie charité et nécessité vous le dicteront; en troisième lieu, ayei pour maxime de faire votre gouvernement avec esprit d'humilité, «le douceur et rapport ! t vous assures que, faisant de ! i sorte, Dieu conduira lui-même votre famille par votre entremise,
et ^ verrez reluire ses «[races et miséricordes, ainsi (pie de tout
mon cour je l'en lupplie. Votre, etc.
LETTRE IICCC1 [hé&U)
I l \ M>KI l; \I.\H1K- UiXKS l'i i; \i I I II NO* I
a niuçoi
;ir. in. .|u. |>i,u |.r.|».irr |g| .i 1 1 1 • • •
Annrf j, '25 '■
M\ T1KKHESK
li Imnte df Di.ii rs| v, grande envers nous (jue, quand II non- veut départir des ;;i,urs |»l n> particulieri t alor>
qii H BJOU DU vu al usai pai de plu- ;;raudes difficulté*, et
âmes qui sont si heureuses que de demeurer fermes dans la confiance et soumission qu'elles doivent avoir à son bon plaisir gagnent entièrement le Cœur de sa divine Bonté, qui se plaît et se dilate à répandre sur elles les effets de sa grâce et de ses miséricordes. Louez son infinie Bonté, ma chère fille, de la paix et du repos d'esprit duquel vous jouissez maintenant dans votre sainte vocation, l'esprit de laquelle, pour dire la vérité, est tout d'amour et de suavité, et plein de vrais moyens pour s'y perfectionner. Je ne manquerai pas d'offrir votre bon et cher cœur à notre Bienheureux Père, lequel, comme je crois, l'a déjà reçu et offert à Notre-Seigneur; car il ne se peut pas que ce Bienheureux n'aime tendrement une âme qui aime si parfaitement son Institut et tout ce qui en dépend, comme vous faites, et particulièrement encore la sainte maison d'Annecy, de laquelle je vous offre tous les cœurs et le mien en particulier, vous assurant qu'il vous aime et vous chérit très-sincèrement, vous souhaitant de plus en plus l'abondance des grâces célestes, et avec cette affection, je demeure de cœur entièrement, votre très-humble, etc.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation d'Ornaus.
LETTRE MGCCII
A LA MÈRE MARIE-MARGUERITE MICHEL
SUPÉRIEURE A BESAXÇON
La Sainte se réjouit de la fondation de Champlitte. — (lénérosité de la Mère Michel à céder de ses Religieuses pour favoriser le second monastère d'Annecy et celui de Crémieu*.
vive f JÉSUS?
Annecy, 25 février 1634,
Ma très-chère fille,
Hier, 24 février, j'ai reçu les vôtres du 24 janvier, lesquelles nous ont été rendues fort fidèlement, mais non par votre messager, car nous ne l'avons point vu. Nous vous écrivons mainte-
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nos maisons en donnent autant, ainsi qu'elles me le font espérer, celte sainte œuvre ne demeurera pas en arrière faute d'argent. Xos bons Pères qui sont destinés à cette poursuite, sont partis avec les procédures. Nous leur avons donné seize cents écus, sans les frais de leur voyage jusqu'à Turin, et les écritures qui nous ont coûté ici ce que nous ne saurions dire. C'est pourquoi il nous faut continuer à amasser une autre mise, afin de ne demeurer pas dépourvues.
Mais, ma très-chère fille, votre bon cœur n'a pas seulement touché le mien en ce sujet, mais encore en la charité que vous nous voulez faire pour la petite maison, de nous donner deux de vos professes avec chacune mille écus de dot. Certes, ma très-chère fille, j'accepte de tout mon cœur ce parti, et avec d'autant plus de joie et de confiance que je vois que cette offre part du cœur. 11 ne me reste en ceci qu'à vous supplier de les choisir un peu à mon goût ; car je sais que vous le connaissez et que vous avez un peu d'envie de le contenter, parce que vous m'aimez toujours un peu comme votre bonne vieille mère, qui vous aime et vous chérit aussi de toutes les affections de son cœur. Pour les autres trois, si vous leur pouvez faire jusqu'à huits cents écus de dot, vous les pouvez envoyer avec les deux de la petite maison, et nous en ferions la charité à nos pauvres Sœurs de Crémieux, qui en ont bon besoin, et encore à nos autres maisons par ici, puisque vous avez beaucoup de bons sujets
ie 8 mars l(>:>4, lesquelles, à sa considération, furent reçues avec grand honneur : les magistrats les visitèrent en corps, adressant leur harangue à la petite fondatrice, lui offrant leur soumission, comme à leur dame. Tant de louanges lui couvrirent le visage d'une innocente rougeur, dont sa beauté naturelle fut fort accrue, laquelle, jointe k sa rare modestie et à la sagesse de sa réponse, fit dire à M. d'Andelot qu'il était difficile de croire que ce fût plutôt une fille que l'Ange gardien des Religieuses, paraissant sous cette forme, et un autre saint Raphaël qui les eût accompagnées dans ce toyage. «
(Via (k IX Religieuses de la Visitation, par la Mère de Chaugy.)
pour les remplacer, lesquels mém poorronl porter de
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Dieu, de commencer notre seconde maison.
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dessein que Dieu vous a donné de nous assister et secourir en noire besoin, n'est-ce pas une preuve manifeste que Dieu gouverne votre cœur, et le porte lui-même aux œuvres qui regardent sa plus grande gloire et le soulagement des personnes qui l'aiment et s'abandonnent aux soins de son amoureuse Providence? Vous ne voulez pas être connu ; mais Dieu voit le cœur de celui qui a fait le don, et accepte son offrande très-agréablement. Il faudra donc prier pour le fondateur inconnu aux hommes, mais qui ne peut être caché à Dieu et à son fidèle serviteur, noire saint Fondateur.
Oh î que c'est un don précieux que ce sentiment de votre bassesse ' ! la suavité de son parfum embaumera non-seulement votre cœur de mille suavités, mais y attirera toutes sortes de bénédictions et le Dieu même des bénédictions, lequel ne repose son Esprit que sur l'humble de cœur. Et il faut bien que vous croyiez fermement, avec cette sainte et humble confiance, que Celui qui a mis dans votre âme un si solide fondement, a dessein d'y élever l'édifice d'une accomplie sainteté, pourvu que vous coopériez fidèlement à ses attraits. Je ne vous puis exprimer combien je vois votre état précieux devant Dieu , qui vous fera tenir tout reposé et accoisé dans le dessein éternel de son adorable et douce Providence, comme un des plus chers enfants de son amour.
Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.
1 Le commandeur de Sillcry se préparait alors par une retraite de dixhuit jours à la réception des Ordres sacrés, qui lui furent conférés au commencement du Carême de celte année 1G34.