‹ LettresChapitre 189 sur 281 · I : !•»'•'' /; \ III roil · texte numérisé non relu

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nous mandiez si ces quatre cents livres n'ont point été destinées à quelque dévotion particulière, comme à faire faire quelque tableau ou chose semblable; ou si, en faisant le vœu, l'on eut dessein de nous laisser en liberté d'employer cet argent où nous verrions être expédient pour les affaires de notre Bienheureux Père. Je vous prie de le bien savoir de nos Sœurs et puis le mander, afin que nous suivions bien l'intention pour laquelle le vœu a été fait , car cela se doit. C'est pourquoi nous voudrions bien que, quand nos maisons font des vœux, elles nous laissassent en liberté d'employer ce qu'elles donnent où il serait jugé à propos pour notre Bienheureux Père. Vous pouvez envoyer votre argent à Grenoble chez nos Sœurs, si,' comme je le pense, les plaideurs qui vont là vous en peuvent donner quelque bonne commodité. Et en le mandant à nos Sœurs, il faudrait leur dire que, par l'entremise de M. de Granieu, elles le fissent tenir à nos Sœurs de Chambéry, sinon que vous pensiez de pouvoir trouver une commodité plus sûre pour le mander à nos Sœurs de Lyon: je vous laisse faire comme vous jugerez plus à propos.

Pour ce qui regarde ma bonne Sœur la Supérieure de Draguignan l, je n'ai pas souvenance qu'elle se plaigne de rien que de n'avoir pas une Sœur pour la seconder au noviciat; mais ma Sœur AI. C. de Passier n'est pas propre pour cela. Je lui ai déjà bien écrit à cette chère Supérieure, sur l'avis qu'elle me demandait, lequel serait mieux d'acheter une place vide pour bâtir, ou bien des maisons. Rien ne les pressait de se bâtir si tôt, puisqu'on nous avait dit qu'elles étaient si bien logées. Je lui en écrirai bien encore, bien que quelquefois on perd des occasions d'acheter en un temps que l'on ne peut pas recouvrer quand l'on veut, et je pense que c'est pour cela qu'elle parlait d'acheter un lieu pour se bâtir, à cause qu'elle nous mandait

1 I- ' Mère-Anne Marguerite de la Luxière.

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voulu qu'elle eûl été on peu plus longtemps de Ii Hère; mai- elle fera fort bien. — lia très-chère fille, vmiv laites très-bien de faire manger du beurre aui Sœurs sont (!«• « r pays, et je vous prie que vous-même ne vous prii ; donl vmi- laites jouir les autres ; mais voyes-vous, m i

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33i LETTRES DE SAINTE CHAjVTAL.

vais en un âge où il ne faut plus guère me procurer de telles commissions. — Nous vous remercions très-cordialement de vos provisions de Carême; je voudrais que nous eussions le moyen de correspondre à cette charité en vous envoyant quelque chose de ce pays, mais encore nous y faut-il aviser pour quelque jour, et faut que ma Sœur la Supérieure de Chambéry nous donne quelque bonne adresse pour cela, afin qu'entre elle et nojs, nous vous puissions mander quelques provisions , que vous ayez peine à recouvrer là.

Ma toute chère fille, la disposition de votre chère âme est celle que je désire , ou plutôt que notre Jésus veut de toutes ses vraies Filles de la Visitation : qu'elles se délaissent sans se regarder au soin de la divine Providence , s'y reposant entièrement, et faisant avec paix et douceur ce que cette même Providence leur présente dans chaque occasion. Dieu ne requiert de nous que cette fidélité. Ma fille, sa douce Bonté vous tient de sa sainte main; je le supplie de vous conduire au moins dans les voies de son pur amour et toutes nos Sœurs , que je salue avec vous et me recommande affectueusement à leurs prières. Je salue aussi M. le grand vicaire et votre bon confesseur, non pour requérir de leurs lettres , mais pour obtenir d'eux leur saint souvenir devant Dieu. Faites fort prier pour les affaires de notre Bienheureux Père, que je supplie nous rendre toutes ses vraies et très-humbles Filles.

Conforme à une copie de l'original gardé au premier monastère de la Visitation de Marseille.

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