A LA MÈRE MARIE-ELISABETH GUÉRAKD
SlPlililElRE AU DEUXIÈME MONASTÈRE DE LYON l
Reconnaissance pour une offrande faite en faveur du second monastère d'Annecy.
VIVE -j- JÉSUS !
(Annecy], 30 mars [1634].
Ma très-chère fille, En lisant votre chère lettre, je voyais clairement la véritable correspondance de votre tout bon et cher cœur à ces paroles toutes cordiales, par lesquelles vous me témoigniez si naïvement
1 « Sœur M. -Elisabeth Guéiard, fille de qualité, de grand mérite et de oup de vertus (disent les anciens Mémoires), avait passé sa jeunesse à
la suçvité et grandeur < !«■ votre tonte lincère dilectioo envers moi. Mon Dieol que eela répand al remplit mon âme d'une saiiiic conaolation I II faal bien «1 i r «■ qae c'est la bonne main 1 Nota Seigneur qui li»' ainsi étroitement uoi cœurs; car j<* vous assure, nia Lrès-chère fille, que je me sens h jointe .i vous, ri ii cordialement «-t inlimemenfl affectionnée k votre sainte communauté, que j»* n'ai point de paroles c ip ibl( - de l'expliquer. Dieu nous rende immortelle «''-n.' sainte dilectioo, «-t impense par l'abond ince de son saint amour le '!<>:' et l'aumône que ce même amour mib inspire de Faire i m laveur de la petite maison d1 innecy. le \<>n^ sopplie, m i très-chère fille, d'offrir ma cordiale reconnais! ince et notre Irès-humble remerctment I toutes dos chèn - Sœurs, qui \ ont contribué m franchement leur bonne volonté »'t consentement, le les lalue toutes Irès-chèrement, comme mes filles très-aim es -i <!»cœur.
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ment. La très-chère Sœur de Bellecour ne m'en a pas dit un mot, ni moi à elle. Dieu soit notre unique amour. Je suis en Lui, vôtre, sans aucune réserve. Il soit béni. Amen.
Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCCCX (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON
Nouvelles des poursuites faites pour la béatification de saint François de Sales.
VIVE -J- JÉSUS
[Annecy], 7 avril 1634.
Ma très-chère fille,
Voilà la réponse de ma Sœur la Supérieure de Marseille; vous la lui ferez donc tenir bien sûrement. Je lui mande qu'il suffira qu'elle doune deux cents écus pour ce coup, parce que les Pères en ayant emporté près de dix-huit cents, je ne pense pas qu'ils aient besoin si tôt d'argent. Au reste, vous êtes admirable à demander des nouvelles des affaires de ce Bienheureux, et ces Pères ne font que d'arriver à Rome. Nous leur avons envoyé la lettre de Mgr de Bourges qui porte la réponse de Mgr le cardinal-nonce, touchant ce Décret qui interdit toute poursuite de béatiGcation de cinquante ans. Dame! il faut bien prier Dieu pour cela; car l'on aura de la peine à le vaincre. — Ce papier sur lequel M. Cœursilly veut imprimer le Coutumier est assez bon ; mais je n'ai pas le loisir à cette heure de penser à cela. Vous nous envoirez donc les six paires d'Heures parquelque voiturier, quand la commodité s'en présentera. Elles ne valent pas plus de trente sols, le papier en étant fort chétif. Pour ce qui est de la lame, certes Mgr de Genève ne sait [ce] qu'on en fera, car on ne la pourra ni faire venir, ni l'appendre à notre église ; e'est pourquoi il aurait bien voulu qu'on l'eu
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dite d'aï n m I Ile devait tant coofc
plus belle < i plus portative, <•: ne nooi aurail i an-
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ent< ndre en cela, ni faire qu'on le tint bu marché * 1 « - M I< i ne revenait qu'on la Gril valoir.
Hon Dien ! ma fille, n'ai nul loisir que de rire d'u
lettre que je vi< -n> de (ain rire i do d ( bàtel, wr
son ; t ( t . i ii efl de charrettes, qu'elle nooa vante
tant qu'elle peul pour notre petite maison. Ifoui «-n au
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toutes vos petites filles et sœurs de la Visitation, et particulièrement, selon votre promesse, celle qui est de cœur, votre très-humble fille en Notre-Seigneur.
Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCCCXII
A MADAME LA COMTESSE DE TOULONJOA
SA FILLE, A ALONNE
Encouragement a bénir la volonté divine dans les afflictions qu'elle nous envoie.
Votre lettre, ma très-chère fille, a grandement louché mon cœur de le voir dans une si sensible douleur. A la vérité, vos afflictions sont grandes, et les sujets en sont pénétrants, les regardant selon les choses de cette vie; mais si vous éleviez votre considération au-dessus des choses basses et caduques qui n'ont point de durée, pour regarder la bienheureuse éternité, où sont les grandeurs et consolations infinies, vous seriez toute pleine de douceur parmi les accidents de cette mortalité, et vous vous réjouiriez de voir en lieu d'assurance ceux que vous regrettez. Mon Dieu ! quand serons-nous un peu attentives à ces vérités de la foi? Quand sera-ce, ma chère fille, que nous savourerons la douceur de la volonté divine en tout ce qui nous arrivera, n'y voyant que son bon plaisir, qu'il nous dépari avec un amour égal et incompréhensible tant es prospérités qu'es adversités, le tout pour notre mieux? Mais, misérables que nous sommes, nous convertissons en poison les remèdes que ce grand médecin nous applique pour guérir nos maladies. Ne Taisons plus de la sorte; mais, comme enfants obéissants, soumettons-nous amoureusement à la volonté de notre Père céleste, et correspondons à ses desseins, qui sont de nous unir plus
intimement à Lui par l<- moyen des afflictions; el faisant ainsi, Il noue sera UmiI, et nous tiendra lien '!«■ frère, de lil- e( mari, de mère el <1«' tontes cho* i. Pn nei donc bon coura< et vous forti6ei par ces considérations, le inpplie Notre-S gnenr qu'il vous donne la connaissance <!«> riches I que
bonté enclôl dans les afflictions re< ues de la m .1
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1 luite. La plus forte affection que j'aie, c'est <|n«' vous vi vies en traie veuve chrétienne, avec la modestie ans bah tiox actions el surtout aux conversations, desquelles il est toul à requis que voos bannissiei les je unes hommes vains et m m t rement, ma très-chère fille, quoique, p ur 1 1 grâce de Dieu, je tienne votre vertu pour inébranlable et que j'en
l»!u- que d< même , ai est qu'elle serait ternie
et sujette aux dite ements du monde, si vous es telles
loones en votre maison el vous plaisiez en leur compagnie, 1 oui prie de me doon ren in< <• en ceci, pour votre honneur et le mien el pour mon rep I , ma très-chère iill<',
que l'on ne peul bonnement vitre en <■■ momie sans « | nt-l«|ii <■> contentements; mais croyei moi, ma mie, que vous n'en trou- / poinl de solide . linon en D u , en la vertu el aux i<
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justes et raisonnables que vous devez prendre en l'éducation de vos enfants, et au gouvernement de leurs biens et de votre maison; si vous en voulez prendre ailleurs, vous aurez mille angoisses de cœur et d'esprit, je le sais bien. Je ne rejette pas les légitimes contentements qui se peuvent tirer, par forme de divertissement, aux conversations honorables de personnes vertueuses, ni les visites qui se peuvent faire de telles personnes, bien qu'il soit plus raisonnable de les faire plus rarement en la condition où Dieu vous a mise. Enfin, ma très-chère fille, il faut, pour la gloire de Dieu en vous, pour l'honneur et l'amour que vous devez à la mémoire de votre tant cher mari, pour la conservation de votre propre réputation et pour l'édification de votre fille, qui sans doute se moulera sur vous, que vous contraigniez un peu vos inclinations et les soumettiez à Dieu , à la raison, à votre utilité, à celle de vos chers enfants, et encore pour la bienséance de votre naissance et condition et la consolation de vos proches. Vous serez fort aidée pour cela, ma trèschère fille, si vous suivez fidèlement les petits exercices de piété dont nous avons parlé et que je vais ici marquer.
Premièrement, à votre réveil du matin, pensez à cette toute présence de Dieu, et remettez entre les mains de sa Bonté votre cœur et tout votre être; puis regardez brièvement le bien que vous pouvez faire le jour, et le mal que vous pouvez éviter, surtout en vous abstenant du défaut auquel vous êtes le plus sujette, et vous résolvez qu'avec la grâce de Dieu vous ferez le bien et éviterez le mal. Vous levant, étant descendue de votre lit, ou sur votre lit même, mettez-vous à genoux, adorez Dieu du profond de votre âme, remerciez sa Bonté pour tous les bénéfices et grâces qu'il vous a faits; car, si vous y pensez un peu, vous verrez que ses miséricordes vous ont environnée et qu'il a eu un soin spécial de vous, ce qui doit bien toucher votre cœur, lequel vous lui offrirez derechef avec vos résolutions et toutes vos affections, pensées, paroles et œuvres que vous
ferez ce jowvlà, en union <!<• l'offrande sacrée que iiotre divin Sauveur lit de soi-même inr l'arbre <!<• Il croix, el lui deman-
dere/ : >a saiul- i>tance pour fôtl .duile C6 JOUT-
là, pm> prendre/ sa sainte lienédiction, celle «le I i Sainte V e
de votre bon Inge, et de mm uûnti protecteurs, en lai lalnanfl
par une simple Inclination de cœor 1 1 révéi
I mit net exercice icpeal Eure en l'espace de deux P&tt rel \veÂ
Marid; pOU h alulle/- v l >u - <i , I ruminent .
tant qu'il vous iera p tssible, oyes la ninte mess* lom le* jours, |»> plus attentivement el dévotement nue vous pourrez,
avec quelques saint» s considérations, selon qu'il esl enseigné a
Philothée ; li vous ne la ponvei enten Ire réellement, ent< odex-la
ipirituellement, ainsi qoe le même livre le «lit, qui doit être
votre cher livre et votre guide spirituel. Or, soit pendant la sainte
si von- ne pouves mieux, ou en quelque antre temps
et lien retire, faites ions hs matins environ on quart d'heure
d'oraison cordiale, vous mettant devant Dieu on s ses lacrés
ls, ou à cens de la très sainte \ ierge, comme une fille devant
ion ii s i chère mère , el vous entretenei avec leur divine
ive< une humble confiance filiale, soit par l'entremise
de quel (pie mystère, ou liieu srlmi le besoin (jue vous aurez
; • ntemenl el que l'espril sous dictera. Finisses ton ours pas un : i nul désii d'aimer Dieu el de lui plaira, avec un renou>
lelleim n( s.iint, niions el invocation d< n e
Sortoul lâches d'avoir une pure intention en toul ce que vous
t d'offril souvent vos actions a |)ieu, retournanl lie quemmenl votre espnt .1 s., Honte, par des saintes alléchons, selon (pi II v.ms su i (pic votre eu-ur vous le dictera.
las./ Imi jours un quail (Ih-ni. mi demi-lu aire dans
quelque li iot, surtout <la:i> IMulollice. Devant le mmij
"ii en vus promenant . reun UeSHTOUS entre l< d< Du il, pai qui Iques saintes .jspn Kailcs
un US un. n .iv.uit qc - - f ■ - i et, pi ostei n< v d< v ml Du u,
3ii LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
adorez-le, remerciez-le, offrez-lui voire àme et l'invoquez Et, si vous pouvez, ajoutez les litanies de Notre-Dame, faisant répondre vos filles. Communiez au moins tous les premiers dimanches du mois et les bonnes fêtes qui y écherront, comme celles de Notre-Dame et les grandes fêtes de Notre-Seigneur, le jour de saint Joseph, auquel je désire que vous soyez dévole.
Et pour fin, ma très-chère fille, tâchez de pacifier vos passions , et de les ranger, avec vos inclinations, sous la loi de la raison et de la sainte volonté de Dieu; car autrement vous n'aurez jamais que trouble et perturbation en votre âme. Mais si vous êtes si heureuse que de recevoir avec douceur et patience les afflictions et contradictions de cette vie, que Dieu permet ou envoie aux enfants de son élection éternelle, pour leur bien et acheminement en sa glorieuse béatitude, assurez-vous, ma très, chère fille, que vous commencerez dès cette vie à goûter quelque chose des délices de la bienheureuse éternité de gloire ; mais il faut avoir le cœur bon envers Dieu et l'aimer souverainement en tous les effets de son bon plaisir, et préférer, par une sainte obéissance, sa divine volonté à toutes nos volontés, désirs et inclinations. Dieu, par sa douce bonté, nous octroie celte grâce, ma très-chère fille; je l'en supplie incessamment et de tout mon cœur, qui vous aime uniquement et de toute l'étendue de ses affections. Amen.
Conforme à une copie authentique gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LE I 1 RE IfCCCXIU hédiii |
A I. \ mi.im. M \i:ii:- \i\ii i: DR BLON M
\ I iiluiijnn.