I.' roui |ni<' de donner une lûre « t prompte sdn i Lie
lettre <!«' Ifgr de Bourges, parce qu'elle est importante pooe
! <ii - ide ma Bile «j n î me témoigne, i a tei dernières I» tt n'être guère contente de ce que v«»u^ êtes mandé ion urgent à M. l'abbé [de Saint-Satur] ^<>n beau-frère, i qu'il la
Un consomme loul I»; «t de qoatre mille écus <|u'il s reçus pour elle, il lui mande «|;j'iI lui en i leulemenl mis boit mille Dranci en rente el que !<■ reste il le garde, parce qu'il lui consomme beaucoup d'argenl là. Si i<>n> l'eussiei (ail remettre entre l< i mains de ma Sœur Pâtre, elle en aurai! été bien aise, mais non de ce que If. l'abbé l'a reçu; -t, puisque vous lui toulei (aire la charité de lui gai lei Iroii moii les mille sept
Centl livi • - ijur mih .iv« / riicurr, pitiir >aioir ce qu'elle veut
que • /, je |»« use que nous les pourrom bien pren-
dre, qu'an lion de !• - (aire (• tnir i m i So ai l .vie, qui
nous dc.it envoyer de l i, nous |>ourruns Mi^r ilf! ;
• II* re que nous prenions loojoui i » < loi-là, i bon compte
d'une plus grande somme qu'elle nous <I»»n donner, Imx
filles pour la [seconde) m Mai lu rc hlle , je vousdisderech( I
que li fOU I i » liarile a ma tille <lr lut garder 100 SI
Iroix nmis, mi j.miiii i •<• nx. min pendant ret intervalle à le lui nnjuel.pie lieu t mihhi (|in v mis ni trou v.i.vm. / plus lui
quelque bonne eoounodité, que sons le poorriei faire «1»' roosm- ne Noua lui devons quarante ou cinquante pistoles pour joinlu s cette lonum , mais nous ne le saurioiisfaire dedeoi m<
J'attends de bon cœur la caisse de Paris et de vos chères nouvelles. Je vous prie, ma fille, faites tenir aussi celle que j'écris à ma fille , laquelle n'est point si résignée que je voudrais; mais certes, elle est digne de compassion pour la quantité et diversité de ses traverses. Priez bien Dieu pour elle et pour mes besoins; certes, les affaires nous accablent quasi. Dieu tire tout à soi et nous tienne en sa douce protection. — La vie de notre Sœur Sauzion l est à mon gré, je veux dire ses vertus.
Conforme à l'original gardé aux Archives delà Visitation d'Annecy.
LETTRE MCCCXIV
A LA MÈRE LOUISE-DOROTHÉE DE MARIGNY
SUPÉRIEURE A MONTPELLIER
Heureuses espérances que donne le monastère de Montpellier. — De la fondation de Aimes. — Il ne faut rien changer ni innover à l'Office. — Les Supérieures peuvent dispenser des menues coutumes.
VIVE -J- JÉSUS
[Annecy], 11 mai 1634.
Ma très-chère fille,
C'est la vérité que je suis bien si accablée d'affaires que je ne puis pas toujours faire tout ce que je voudrais bien. Et croyez, ma fille, que quand je ne vous écris pas, j'en laisse bien d'autres; car certes j'ai une particulière affection à votre consolation. Mais la multitude d'occupations qui m'arrivent l'une sur l'autre m'ôte bien souvent le moyen et la mémoire de ce que je dois faire, et pense qu'enfin il faudra que je me résolve à ne
1 Sœur M. -Françoise Sauzion, professe du premier monastère de Lyon, décéda Le 20 septembre 1630, après trois ans de cruelles souffrances supportées avec une héroïque soumission à la volonté de Dieu. La Mère de Chaugy compléta sa biographie et l'inséra dans le volume des Vies de I Y /{> //pieuses de la Visitation.
a.wi.i. 163 L,
plus réj ondre, que poor des choseï bien importante! el <pii urdeof l'Institut ; car j<i défaille, el lei adain i me croissent ji.n la multiplicité dei maisons, en sorte que j'ai grand'peine ii^ fournir; < î'esl pourquoi il faut que désormais chacun coutume ï former son jugement, el faire la conduite ordio
on ->ii- l'attendre plui s moi Ce que je ne vous »lis pour vous empêcher <!<• m • i rin luis toujours bien
voir de sos nouvelles; mais afin qoe vous n'ai die/ pas toujours n ponse quand il n \ aura rien dé net vin. ,, ; pondre; j<i im^ écrirai pourtant, l<- plu- que je pourrai.
.!.• ne nie -ni^ paj lieancoiip mise < * f I p- me <1«' VOUS nom:
des Sœurs pour votre catalogue < I < ■ l'élection, tant parce que
je m vol- point d'inconvénient <!•■ proposer les trois que unis m»' nommes <!<• votre maison, que parce que je ne doote point qoe voiiv ne -"\< 1 réélue, «-i cela sera l<- bien de votre maison. i lis bien consolée de la bonne odeur qu'elle répand el de <••• (pu- votre bâtiment s'avance, l'espère que im^ fera le nne
• m il»- bénédictions spirituelles »'t temporelles, qui réussira ndcmenl i la gloire de Dieu et i I . litn ahon de tout <*<•
-la. Quant à ma Sœui V..., je no sais quel fondement elle peut avoir en l'estime qu'elle \mb seul que j'ai
e d*( Il j'ai toujours reconnu en elle nu grand besoin
il.- l'esprit d'humilité el «1 élev< i son • ipril droit » |)i< n, sans l'amoseï sutour t. -, . t de ne se p<>nii tant rei bercher
elle même. Je 1 uni.' bien, parce «pu* je la crois bonne fille;
mu- | n toujours vu que Sou ;;i\md lirvom riait il»' s adonn
bon pi itique i I l poui l'estim Ile «lit que
m » >o m ii Sup il»' l.li inih-i II.-, je n «n puis rien
dû « n connu II set v i n encoi •• qu'elle i i b
défaut, (pu •-! <1 itlu • I I- - Il Iles .1 clic , ce (pi il 11 ut II cher il <• lin lu. : i I un manquement ;;i andemenl
Important i n H m, pour I.- mal que cela pont eau* i c'est
3'tS LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
pourquoi, je vous prie, portez-la grandement à travailler pour s'en affranchir.
Quant à ce que vous me dites du Père Fichet, il est vrai qu'il a l'esprit sec. Je crois qu'il leur faut laisser faire de cette fondation de Nîmes comme ils voudront. La Providence divine sait quelles filles elle y a destinées ; mais je vous dirai bien pourtant que c'est la vérité que nos Sœurs d'Aix, ni même celles de
Lyon n'ont point de filles pour le gouvernement, au moins pour
une telle ville que celle-là, et que partant , si l'on s'adresse à elles pour celte fondation , je ne pense pas qu'elles la puissent faire. — Au reste, pour ce qui est des menues coutumes que vous demandez, nous sommes après les faire séparer de l'éclaircissement de l'Office, car nos Sœurs avaient tout écrit pêle-mêle ; et je crois qu'il nous faudra faire imprimer ce qui regarde l'Office à la fin du Coutumier, qu'on réimprimera bientôt. Et, pour le reste des menues coutumes, on les gardera à part, écrites à la main , parce que ce ne sont pas des choses importantes comme ce qui est de l'Office, auquel on ne doit rien changer ni innover; mais les Supérieures peuvent dispenser des menues coutumes, quand elles le jugent à propos ; et quand nous aurons tout ajusté, nous vous en ferons part, assurez-vous-en, ma trèschère fille. — Non-seulement je trouve bon que vous reposiez demi-heure de plus que la communauté, le matin ; mais je vous prie et vous conjure de prendre les soulagements nécessaires à vos infirmités, afin que vous duriez longuement au service de Notre-Seigneur.
Je pense que vous ferez bien de procurer que Monseigneur fasse votre visite le plus tôt qu'il pourra, et de faire en sorte qu'il vous nomme quelqu'un à qui vous vous puissiez adresser en son absence. Ma chère fille, vous pouvez vous résoudre en ces choses-là sans attendre mes réponses; car Dieu vous a donné assez d'esprit pour juger ce qui est le mieux pour votre maison. — Au reste, ma toute chère fille, la première pierre du second monas-
1ère fut posée vendredi, rt j'espère que cette maison iera <l<' grande béDédiction pour le mmd nombre de bonnes filles, bien que panvres la plupart, qui i'j présentent, lion Dieal qoe je tondrais bien avoir noe donxaine de Sœurs Louise Dorothée en ma main, pour l«-s placer où la gloire <!»• Dieu !<■ requerrait. Certes, ma fille, je tooi aime loojoon pins, 1 1 la bonté et iouplessode votre cœur; mais aussi ne firat-il pas faire ainsi I
Idicu, je ne j m i < plus quasi écrire de ma main j n on estomac l'en tache trop. Faites mes devoiri vers lionseigneur et mes e\cus< - vrrs M. r( madame dr \ allai. .Ir salue aussi loulrs nos Sœurs, en leur souhaitant le saint amour du Sauveur, inrtonl I m i h ès-aimée fille , leur bonne Mèi
Conr.
LETTRE UCCCX\
a LA Ml !;i. \\\i;-m I11E BOLL \i\
I mn <!<• ti moi».
— I - ! \ I le« ll.li j.miv, ,
Mans. — ! kl. Il
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1 1 m- mi -i li bon I I li COI li il <pi il « i « »r » r
t quand je !«• p ■ | : vnih pouv< i , avec toute lib un
llU'llt li "i- désirez «pir j«' sirlir , \mh apurant
qoe je \ "u^ i , pondi ti lou ment a tout ce que
qui poon « roui lile 1 1 ■ ■ 1 1 le plus
:npi. ment qu'il me isible le I I) ni mon
• •n e I»- aile et < i mplit loni
l \. i II* nli | till» l; c«>| un jjr.md l»irn pour
vous et pour votre famille, et encore pour les pauvres maisons qui ont leur recours à vous pour avoir des filles.
Pour ma Sœur la Supérieure de Metz, il est vrai que nous ayant écrit pour avoir une directrice, je lui répondis qu'il fallait qu'elle requît de vous cette charité, m'assurant que si vous leur en pouviez donner une, vous le feriez de grand cœur; car, ma très-chère fille, il me semble de voir votre cher cœur et celui de ma chère Sœur H. -Angélique tout élargis en charité et dilection pour les pauvres maisons , en telle sorte que je ne doute nullement que tout ce que vous pouvez faire pour leur bien, vous ne le fassiez avec une entière sincérité et franchise; et je vois tous les jours ce que j'ai déjà dit qu'il faut que les maisons de Paris soient le secours et le soulagement des pauvres maisons qui sont autour d'elles, — Quant à ce qui est de votre fondation du Mans, ce sera un grand bien que ma chère Sœur H. -Angélique y conduise les Sœurs , lesquelles recevront de ce bonheur une consolation pleine de douceur et de suavité; et outre cela, sa présence ne pourra qu'être fort utile aux maisons où elle passera. Mais il faudra savoir si sa santé lui pourra permettre ce voyage , et si elle le pourra faire sans incommodité. Et si elle passe parBlois, je la supplie prendre le loisir de bien considérer l'esprit de ma Sœur la Supérieure, et de reconnaître celui des filles , avec la disposition présente de la Mère déposée, afin qu'à son retour elle m'en écrive un peu au long ce qu'il lui en semblera.
Si madame la maréchale pouvait donner ses mille francs à nos Sœurs de Rouen, j'en serais bien aise; cela les aiderait à vous sortir des engagements où vous vous êtes mises pour elles; je lui en écrivis, il n'y a pas longtemps, par le Père. — Je suis bien aise de ce que vous appelez père notre vraiment très-cher et bon père M. le commandeur [de Sillery] ; car, maintenant qu'il a pris l'ordre sacré de prêtrise, il faut que son humilité nous souffre cela. Nous lui avons des obligations si grandes et
si pressantes , que dooi ne saurions jamais en unir asses de reconnaissance. ( il pourquoi il faut an moins loi accorder tout ce (jiTil témoigne désirer de nous; car je rais bien assurée que sa prudence, el 51 indc piété ne lui feronl rien
requérir « j u <• nous oe lui puissions facilement accorder. — Quand \l. Desha] 1 ï Paris, il vous <'n donnera avis; car nous
Pavons prié de recevoir l'argent <!«• la charité. Ce bon seigneur eal Incomparable dam son affection; c'est lui <|u<' notre 1 » 1 < 1 1 beureui Père apj » lait son bon el fidèle ami du monde , aussi se témoigne-Uil tel dans toutes m tes d'occasions, tant envers notre l»<»n Pi 1 . urne .1 toul ce qui le touche; aussi ai-je un
grand désir que nos maisons le reconnaissent pour tel, el Irailenl avec lui cordialement, en lui témoignant an amour j » I < * i 1 1 d'une sainte dilection.
Je croyai dire ici un mol de ma main, el .» la très-cfa
■ il. .0 lique; mais ma léte ne me le peul permettre. Je salue bien chèrement votre cher el t < > t 1 1 bon cœur avec toutes noschèi S pplianl Notre-Seigneurde vous rendretoutes
de plus <'ii plus selon sou Cœur. .!<• i<»u» |>ii«- de I Juer « 1 « •
n< -il IL et madame de Coulanges et ma petite* D n'j 1 pas
temps (jH' notre bon llgi l'archevêque, <p
vous prie <l«' ' issi saluer de ma pari , el de 1 roirc qui
-m- »! ur 1 nti< 1 « t sincère . v < » 1 1 e, « l
i - 1 . ,jir .1 ! ur . : 4! * r i - | M r ti irr ni- ■II»»'. ■ r. .|r ! , \ ,11: »!,., 1 J<-
LETTRE MCCCXVI (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONA
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON
Election de Grémicux ; prévision pour celle d'Orléans.
[Annecy], 20 mai [1634].
Ma très-chère fille,
Je suis étonnée de ce que vous me dites qu'il y a si longtemps que vous n'avez point de nos nouvelles; car je crois bien que nos bonnes Sœurs de Crémieux vous auront fait tenir celle que nous vous écrivîmes du 26 ou 27 février avec un gros paquet de lettres, dont une partie était de ma fille qui s'en est allée, lequel je leur avais grandement recommandé de vous faire tenir promptement; et du depuis je vous ai encore écrit par l'homme de madame de Nemours, auquel nous avons aussi donné un grand paquet, que, je crois, vous aurez reçu maintenant.
Vous dites que nos Sœurs de Crémieux vous ont bien mortifiée en l'élection qu'elles ont faite; si, ont-elles bien moi [aussi mortifiée] ; mais il n'y a remède. Dieu veuille que le tout réussisse à sa gloire î je n'ai point de volonté en cela, sinon que, puisqu'elles l'ont élue, il faut tâcher de la leur faire avoir, si elle y veut venir l. J'en ai écrit à ma Sœur la Supérieure de Montferrand, ainsi que vous aurez vu; car je crois que nos Sœurs de Crémieux vous auront adressé leurs lettres. Tout ce qui est à désirer, c'est de leur procurer une prompte réponse, pour savoir si elles l'auront ou non, bien qu'elles n'aient rien qui les presse en cela, car elles ont une très-bonne assistante. Si elles eussent cru le conseil que je leur donnais, d'attendre à
La communauté de Crémieux avait élu pour Supérieure Sœur M. -Jacqueline Compain, déposée do Montferrand.
l'Ascension, on eût eu le moyen de les mieux pourvoir. — Poui ( que M. I»' grand ficaire vous a dil «le l'élection «le dm Sœur la Supérieure de l'Antiquaille à Orléans, je iTv, ai point «le pari pourtant, n'en ayant écril ni d'un côté ni d'autre; mais c'a été le bon Père doua Maurice, lequel, selon la cooiiaisaaoce qu'il i eua.de notre maison d'Orléans, an temps qu'ira demeuré là, leur dit que cette bonne Hère leur sérail propre, le n'ai rien coopéré en cela, linon, quand le l'ère dom Maurice m'en i pai lé, de lui dire que cela sérail bien; car enfin, ma très-chère fille, je ne lais lool le mal que l'on pense qoe je lasse. Hais pour vous dire ce <j u î en esl : la maison d'Orléans s besoin d'oui
|h une Supérieure, et elles n'en nul point parmi elles, ni je n'eu Sais point du CÔté «le la 1 ranee , |j <e n'est DM Neur Paule-
léronyme de Monthoux; mais elles l'appréhendent, craignant qu'elle ne soil trop austère, efl je les laisse bure. Je serais bien
lise pourtant, |i elles se peuvent passer de ma Sœur «le l'An-
li(juaille, qu'elles le fassent; je leur en écrirai pour la eon-
lolation de II. le grand vicaire, lequel je vous prie de saluer très-bomblement de ma part, et l'assurer qu'en cela, comme
en toute autre occasion, je serai toujours bien aise «le loi témoigm r le désir que j'ai «le le servir, on plutôt le respect et l'honneur que je porterai toute ma vie lésirs.
i h bon gentilhomme «!<• cette ville, qui s'appelle M. <l, r. ..,
DOUS a délivré ici deui cents livres qu'il nous a priées de faire tenir a mhi lil> <pn étudie t Orléans. Je miis prie, in i efi (e fille , de les la ire (rnii .1 m i ScBU r la Superieu i e d'< h le i n s .(lin
qu'elle les remette le plue prompt* ment qu il se pourra an lit m. m de I | étudiant s Orléans. Que si roui us ■ «vos sil Eure lenii l'argent, an moins bûtes tenir les îrin, ,lls
vous envoyons pour ma Sœur la Supérieure d'Orléans. - \ >tre
Bœoi I économe nous a dit «pie unis deVOS les < in.| u mir écHS de l.i renie <pu s. nit eelnis |r premier de janvier DUSSé VOUS \ joindre/ encore cinquante livres de l'app-nt de Saint-I
pour faire les deux cents livres que vous enverrez à Orléans, et nous vous en envoyerons votre quittance. — Voilà quarante sols pour une paire d'Heures que nos Sœurs ont fait venir; mais c'est à condition que vous réduirez ce bon homme-là à n'en prendre que trente; car certes, elles n'en valent pas davantage, à cause qu'elles sont si mal imprimées et de si mauvais papier; et les dix sols restant vous demeureront pour arrhes, jusqu'à ce que nous en achetions d'autres; car, quand nous saurons qu'elles seront à trente sols, nous en prendrons davantage.
Il vous en prend bien que ce n'est pas de ma main que je vous écris, car je ne vous dirais pas tant de choses, quoique j'aie bien envie de vous écrire un peu à mon gré. Cependant, devenez sainte, et priez tant Dieu que je sois parfaitement humble. Je suis tout a fait vôtre et à nos pauvres Sœurs.
Dieu soit béni !
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCCCXVII
A MONSIEUR NOËL BRULART, COMMANDEUR DE SILLERY
A PARIS
Moyens d'acquérir la paix du cœur.
VIVE j JÉSUS !
[Annecy, 1634.]
Oh! quel bonheur, mon vrai Père, d'être ainsi tout dédié et immolé à la souveraine Majesté ! Quant aux désirs que vous avez d'être fort reconnaissant envers notre bon Dieu , pour l'excellence des grâces qu'il vous a conférées, il m'est avis, mon très-cher Père, que sa divine lumière, qui les pénètre et voit dans votre àme, se contentera que vous les conserviez, sans VOM peiiu r ni occupe r beaucoup à entreprendre de grandes choses, ni ;i en rechercher les occasions- mais vous tenir pré-
ANNÉE 1634 paré à les accomplir quand sou adorable volonté vous les présentera : c'est le plus parfait el le plus utile pour que, ce me semble, dans une vraie simplicité el révérence, voua joigniei el vous •erries amoureusement voir.- cœur à ce divin Sauveur, vous unissant à l'unité de Dieu, par no amour simple el ••pur»'. calme que cela donnera à votre âme Fera qu'elle connaîtra une clarté bien plus gran le les inspirations, les motions et les lumières que le Saint-Esprit lui communiquera, ràcbes de (aire vos actions avec 1*' plus de pureté <*i «I»' perfection que vous pourrez, mais Bans c tntrainte ni gène : s'il vous vient en vue d'j avoir commis quelque défaut , humilies- vous tranquillement, par mi simple abaissemenl d'esprit devant Dieu, el n'j penses plus. Notre sainl Fondateur, que vous voules imites, disait qu'il fallait souffrir que nous fussions de la nature des nommes , puisque Dieu ne nous .iv.iii faits des loges, el parlant de nous contenter de li pureté qui se peut humainement acquérir.
LETTRE IfCCCXVIIl
I i. \ M i : k i : \i \i;ii;-j \ \ a \i; P iuik
On !'<• «I"U proposer toi i de la communauté qu H -in»*» ca;ul»l
, loérieurc au mon
Si la ii' de notre doux Sauveur guérît ou du moîn
soulage ma pauvre grande fille, quelle consolation pour
chères filles el pour nous ! \ >us ni supplions s t H «ni.- de (.mis
m.- oœui - , les soomett ml lo itefoii k son bon plaisir, imitât il que vous ne voules que cel ».
Quant i tout ce qui i*esl passé pour [Troyes], v.»:i> l'ai
tait avec tant de pureté d'intention que Dieu ne lairra de l'approuver, encore que quelque partie du monde vous en blâme. Conduisez cela selon la douceur et suavité accoutumées de votre esprit, car il ne faut rien rompre, mais tout plier doucement. — Une de nos maisons propose qu'il faut mettre sur le catalogue aux élections des Supérieures, toutes les filles qui ont les années de Religion, sans distinction de celles qui pourraient être imbéciles [infirmes] et tout à fait sans capacité du gouvernement; et cela pour éviter les murmures de celles qui ne sont pas proposées, et ne leur donner la confusion qu'on les tient pour incapables. Que dites-vous à cela, ma vraie fille? J'en désire savoir votre sentiment; car, outre que la pratique contraire est établie dès le commencement en notre Institut, où je n'ai pas su que personne trouvât à redire , il m'est avis que ce serait contre la sincérité due aux communautés de leur proposer quantité de filles, qu'en conscience l'on juge incapables de les conduire.
Vos lettres nous ont certes touché le cœur jusqu'au fond. Hélas! que vous avez bien raison de croire que nous ne doutons point de votre incomparable sincérité et obéissance; car vraiment il nous serait impossible de le faire. Je n'ai aucune vue d'en avoir eu une ombre de doute. Si Dieu a régenté en votre élection fà Rennes] l, Il en détournera tous les obstacles que les hommes donnent à votre voyage. Cependant ils font grand tort à notre Institut, et lui veulent ôter l'un des moyens plus efficaces qu'il ait pour conserver son esprit. Si j'osais, je dirais de tout mon cœur : Plût à Dieu que cette élection n'eût point été faite, car elle me donne assez de peine de vous mener si loin de nous ; mais, regardant à la céleste Providence, je me soumets, et prie Dieu que sa sainte volonté s'accomplisse, et qu'il tire
1 I.;i \1< k M. -Jacqueline Favrc, ayant achevé ses six ans de supériorité au ,n'i monastère le Paris, venait d'être élue à celui de Rennes.
sa gloire de tout. Ils ont grand lorl en leurs cootradictioii n'aimer guère l'Institut de préférer leur consolation au bien de toute une B a; car, comme sons dites, ma vraie Lres-chèi c fille, il sera bien plus important et visible en votre personne qu'il ne serait en tontes les autres filles. Certes, as mon
coeur tout malade <'t touché. — Le souverain Maître el médi tînt vouloir et vous conserve «-n sadlé.
LETTRE IICCCXIX
\ LA MES B M \ IIB- I I M l I Di: BLON 11
IIER vu. \.-
I) i ils sur l'établissement du d< d'Annecy.
v i v DSl
\I \ rai -(.nu i i h i .
Je vous « nvoie toutes mes lettres ouvert s, afin que v<»u> les voyiei vou> seule, el les lisies en votre particulier, sans que cela passe hors de vous. .••■ vous envoie <1<" même la lettre de ma Sœur Jeanne-Charlotte [de Bréchard]. [Phuieurt moU mit (i< ' final | — Nous avons reçu une boite que vous
neui rvesenvo Si vous en avei encore quelqu'une, remetteal.i a II. in. ml, le loituriev ordinaire, avec !<• trophée, s'il se peut apporter* Vous nous enterres encore, s'il vous plaît, par lui, les si\ | >l ll< mes que votre libraire nous a promis <1«' nous
doon< i pour trente ->>]
I afin, ma in i -chère fille, la petite m tison i si comas* m
le j<»iir «!«• l.i Sainte-Trinité , jour annm rsaire de la vil
(|n h - m» .niih • que notre Institut « -t commencé ■< même jour,
♦•I qu iM ., mriiir Ik-iim , . ii Huns suriim.'Sj el nos Sœurs qui
ont été employé) niulr maison, après s<ui|». i -, il
rerùmes la liènédiiiion de M. notre Père spirituel de la ,
de Mgr de Genève qui vint le lendemain dire la sainte messe, avec une petite exhortation sur le sujet de notre établissement, lequel s'est fait avec beaucoup de témoignages de contentement de ceux de la ville , et même des particuliers qui y avaient le plus contrarié. Elles y sont déjà au nombre de dix-neuf, y compris la Sœur tourière. Nous y avons employé de fort bonnes Sœurs : ma Sœur Madeleine-Elisabeth de Lucinge, Supérieure ; ma Sœur Françoise-Angélique de la Croix [de Fésigny] , que vous avez vue, assistante; ma Sœur Marie-Hélène de Vars, que vous connaissez aussi , économe et portière , avec deux autres professes de celte ville, qui sont de très-bonnes et vertueuses filles, et une novice du voile blanc. Elles ont déjà reçu dix prétendantes, qui entrèrent avec elles, et il y a un si grand nombre qui prétendent et de bonnes, qu'une troisième maison serait encore nécessaire pour les loger toutes l. Ces chères Sœurs de la petite maison vous prient de leur envoyer douze paires d'Heures, avec les six paires que vous enverrez pour nous; si vous pouviez les avoir toutes pour trente sols, cela serait fort conforme à leur pauvreté. Vous enverrez encore, s'il vous plaît, le boucassin incarnat que vous avez acheté, avec le mémoire toujours de ce que les choses coûtent.
Je vous prie d'envoyer à ma Sœur la Supérieure d'Orléans deux cent trente livres sept sols, pour le neveu de M. notre Père spirituel, à compte de ce que vous nous devez. — Souvenez-vous bien, ma très-chère fille, de ne pas cacheter la lettre de Mgr d'Autun, ni [celle] de M. de Ganay, mais oui bien celle que j'écris à ma Sœur la Supérieure de Riom et de Montferrand. Je n'ai loisir de vous dire rien de plus. Devenez sainte, ma trèschère fille, et priez Dieu pour moi.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
1 La fondation du second monastère d'Annecy, dont sainte J. F. de Chant.-il raconte ici Ici détails, eut lieu le 11 juin de cette année 1G34.
ANMKK 1U3 4.
LETTRE UCCCXX
A LA Ml- 1-; Ji MINE-CB HLOTTE DI BtKCHABO