A L'INFANTE CATHERINE DE SAVOIE
A TIRIX
Détails sur la fondation du deuxième monastère d'Annecy.
VIVE -f JÉSUS !
[Annecy, 1634.]
Madame,
Il me semble avoir déjà trop tardé de rendre compte à Votre Altesse Sérénissime du commencement et progrès de sa petite maison de la Visitation, à laquelle Dieu donna commencement le jour de la très-adorable Trinité, vingt-quatre ans après, et quasi à même heure qu'il plut à sa Providence de donner naissance à toute celte petite Congrégation; sa sagesse ayant choisi ce jour contre notre inclination, qui en avait marqué un autre , pour nous donner confiance d'espérer fermement en sa bonté, qu'elle ne se veut pas moins glorifier en cette seconde maison qu'elle l'a fait en la première, puisque aussi n'a-t-elle été entreprise pour autre fin.
Noua avons déjà reçu dix filles, mais qui ont tant de bonnes dispositions et qui sont si ferventes au désir de leur perfection, que Votre Altesse aurait grande consolation de les voir. 11 y a
AWI I. l»i:i '..
plusieurs prétendantes, mail on leur vent donnée un peu de patiente, altendanl qn€ les premières loienl un peu plus form , B< — [j(. bàiimeol do monasti ivance fort, el espérons
d'en avoir >u Iti -un at bâti pour j loger les Reli es dans
qoioieou dix-huit mois. Voilà, Uadame, l'état présent de cette le ihiuv, pour hi(j nel I e Votre \l(«->v(- el celle <lf madame loin- teeur ont tant travaillé et montré lanfl d'affection, qu'elles en méritent tonte la looangi el la récompense devant Dieu, que nous supplions incessamment pour la conservation de 1»^ \lt, sse , 1 1 demeurons en (ont respect et du profond de a * cœm>, Madame, votre très-humble, etc.
LETTRE IICCCXXVI1
\ UO.VSIEUH NOËL BRI I- HT, COMM iNDEUfl DE SILLBR1
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ii Ire spirituel, qui détire obtient* — L/élection fkite au deuxième m
tére de Pan- a été inspirée peur rEeprif de Di
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\1"\ VIA] 1 -ciiKii na i;r., Q1 I j'flOVORl LBfEVT,
Plaise au divin Sauveui de DOS àme- ai remplir I i vôtre I
chère de ion lahftfl amour! Notre Bienheureui Père disait «pic qui désire bien, obtient; c'est pourquoi s;ms doute, mon : boa el très cher Frère, vous possédez déjà et vous posséderes de plus en plus !«■ souverain bonheur d'être tout à Dieu el de h être qu'à Dieu, puisque incessamment votre cœur ne respire
que cela; et nonobstant One VOUS ne connaissiez pas en vous
ce trésor, il ne lai se pi^ d'v, être. Hais notre dom Ualtre
non- tient .1 couvert si es et dons pour notre plus gl m 1
lu a; et pensant ne les avoir pas , nous les cherchons toujours avec plus de fidélité, el par ce moyen iU nom sont secrui
A la vérité, mou très-cher frère, l'Esprit divin était si abondant en noire Bienheureux qu'il régissait toutes ses actions, et je ne doute nullement qu'il ne lui ait dicté tous les règlements et institutions qu'il nous a laissés. C'est une bonne remarque que celle que vous faites de nos élections avant la fête du Saint-Esprit. Cette solennité nous doit être en particulier respect et dévotion ; car c'a presque toujours été au temps de cette sainte fête que les plus fortes résolutions et acheminements de notre établissement se sont faits. Loué en soit éternellement ce souverain Esprit , et de ce qu'il lui a plu de présider si heureusement en la nouvelle élection qu'ont faite nos chères Sœurs du faubourg ; car elles ont fait un bon choix en la personne de la Mère [M. -Agnès Le Roy]. J'espère en Dieu qu'elle maintiendra bien cette maison au bon état où notre chère Sœur Faire l'a laissée; et que l'exemple que donnera à toute heure cette toute bonne Sœur par ses vertus, ne sera pas moins utile à nos Sœurs que leur a été sa sage et vigilante conduite. - Cependant, mon très-cher frère, je vois que, comme une sage abeille, vous tirez le miel de toutes sortes de fleurs, pour en remplir la ruche de votre grand cœur. Le grand saint Antoine en usait ainsi. — J'attends, selon votre promesse, une plus ample lettre de vous; et cependant je vous ai voulu faire ce billet pour vous témoigner, quoique sans loisir, que mon cœur vous honore avec toute l'étendue de la dilection que Dieu lui a donnée; et cela c'est avec une entière sincérité et confiance.
LETTRE UCCGXXVIII
\l MÊME
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pOOI Ifl coiuriiaiiiifiir et le prrmir.
[An:.
MoX TRÈS-HOXORÉ KT CIIF.lt l'i
J'emploie on peu la main de ma pauvre chère petite Sœur pour
vous dire que je reçu* hier au soir votre lettre do -I juin; [la précédente] était déjà écrite et achevée, il y a plus de huit jouri ;
inai> j'attendais le retour de notre muletier pour v nu s l'envoyer.
le vous «lirai donc seulement, mou très-honoré el i~\i>'i' Père,
que nous avons ici le bon Père dom Maurice, qui esl revenu
pour (aire faire i ocore certaines choses <jui étaient i ires
aiU ill.uiev je noire Bienheureux Père. Il > ^n retournera ce
mois <1<- septembre prochain à Rome, pour donner L'acheminemenfl el les dispositions requises à toufl cela. Il dit qu'il tant bien
un an avant que tout soit en l'étal qu'il but, et peut-être (pu1,
pendant ce temps-là, Dieu touchera le cœur du Saint-Père;
mais quand Cela n'arriverait pas, toujours n'auronl-iU pas perdu
temps, parce que tout sera prêt Ce bon Père dit qu'il vous
rit, qu'il attend de bOD couir de VOS nouvelles. Mon I
cher Père, il faut conduire cette aflaire tout a la bonne fol espérer «pie Dieu en prendra un soin et conduite toute spéciale. Il esl vrai, mon cher Pi que mon estomac i grand'peine
lumetlre aux écritures qu'il faut (jiic >m' (le ma
mu ii , . t c'est li vérité que j'ai été un mois <>u ih semai toute traînante, depuis que i eui ad mal de tête; mais il
me semble que , dèi quelques jours , M j (, je dm remets et me
« US toute .• , Dieu ne : soulagée de ma télé.
id il plaira .i il. de nie renvoyer le mal , il le faudra
recevoir de m m tin.
.Mon tout bon et très-cordial Père, qui a parlé de la musique et de l'église? Je n'ai point su que cela fût contrôlé, et certes ce serait sans raison. 0 mon cher Père , Dieu vous a donné pour le bonheur de cet Institut ; vous n'y apporterez jamais que bénédictions, et cette chère maison en aura toujours la meilleure part, par vos saintes et fréquentes communications; et m'est avis que notre bon Dieu y fait un grand avancement. Le très-bon AI. Vincent [de Paul] m'en dit des nouvelles qui me donnent grand sujet de louer Dieu. Or je n'écrirai point pour ce coup à ma très-chère Sœur la Supérieure, ni à notre tant aimée et tout aimable Angélique, car je ne le puis; aussi n'ai-je rien qui me presse à cela, sinon mon affection qui est tout entière et incomparable en sa cordialité pour ces chères âmes. Mon tout cher Père , certes vous êtes aussi admirable en votre bonté pour moi de recevoir avec tant de suavité tout ce que je vous dis. Oh ! c'est Dieu qui fait cela; Il en soit glorifié, et comble votre cher et digne cœur de son très-pur amour ! Amen!
Conforme à une copie de l'original gardé au premier monastère de la Visitation de Paris.
LETTRE MCCCXXIX
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLOMAY
SUPERIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON
Douleur de la Sainte en apprenant que ses Réponses se vendent publiquement. — Prochaine réimpression du Coutumier.
vive -f jésus!
[Annecy], 14 juillet [1634].
Ma très-chère fille,
Ace malin, Monseigneur nous est venu avertir que l'on vendait publiquement les Réponses que j'ai faites sur les choses de l'Institut. Je vous laisse à penser si cela m'a été sensible; car vraiment si aucune chose rne peut mortifier, je le suis de celle-là
AWl.l. 1634. 71
jusqu'au fond du cœor; mais j'espère que Dieu me donnera la foret' de la rapporter el d'embrasser amooreosemeol la confu-
BÎon (jui m'en revient; au moins le veux-je de tout mon cœur. J'en < . ri> à nos Sœurs de Paris , <•( les prie de Faire toute I.» diligence possible pour .-avoir d'où l'affaire esl sortie, afin de l'anéantir (ont à lait. Je um» fais la même prière, ma Irèschère tille : au nom de Dieu Gsites-vous i oquérir soigneosemenl dan- Lyon, afin que , > il s'j en étail lait quelque impresse [impression], voua la fissii i supprimer promptement. Que m
VOUS nen pouvez point avoir de DOOVelleS, écrives, je vou-
prie, par nos maisons, avec toutes prières et supplications, • ■ ce qu'elles apportent tous leurs soins a découvrir d'où peut ètie venue l'affaire, afin de l'étouffer tout promptement, si elles ne v< nient m'affliger entièrement.
Noos avons rangé par ordre les éclaircissements sur le Du. <•loire, les commémorations et cérémonies du chœur ; cela veut
dire que nous les SVOOS sépares d'avec les petites coutumes. Et,
parce qu'il faut réimprimer le Coutumier, le Père dom Maurice nous conseille «le mettre l'éclaircissemenfl I l'endroit <»ù il vient; comme par exemple l'article du Coutumû r sera en belles lettres, comme il l'est, et au-dessous l'on mettra en petites lettres
un i—. m. nt. Nous ferons Cela encore afin <le soûl listante .pour qu'elle n'ait pas] tant de livres après elle.
Xous voyons pnr expérience que ces petits éclaircissements sont d'une très-grande ntililé. Je tous prie de me renvoyai un peu le Coutumier que je vous avais envoyé pour taire réimpri-
o il y a ( in nre trois ou quatre fautes «pu H >"iit f \i corrigées. — l'ailes donner au Père Mail lan la lettre que j'écris
au l'ère Binet, afin qu'il la lui base tenir au plus loi
Ma lille, il t. mt l.nre mit* discrétion cette < Dquéle,
afin «pu Pou H»- découvre j i|in peut èire aal secrel ; mais
du moins écrives aux maisons <|uYII< s me donnent celte ^iim» latîOfl de les tenir plu* > qu'elles ne font pas, cl i|u'elle>
De les fassent point relier dehors de la maison. La sainte volonté de Dieu soit faite au péril de ma réputation et de mon contentement! Mais je confesse que si cette nouvelle est vraie, elle me servira d'une grande et sensible mortification. Sa divine Bonté me fasse la grâce de profiter de la confusion, afin de ne pas tout perdre ! Communiquez cette lettre à nos chères Sœurs de l'Antiquaille , afin d'avoir aussi leur sentiment. — Donnez bonne adresse à nos lettres.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCCCXXX