ÉVÊQUE DE RENNES
Une impuissance absolue pourra seule empêcher la Mère Favre de se rendre à
Rennes.
VIVE f JÉSUS !
[Annecy, 1634.]
Monseigneur,
J'ai reçu la lettre dont il vous a plu de m'honorer, avec le respect que je dois, et toute la volonté que vous sauriez désirer en moi, pour l'exécution des vôtres toutes justes et tendant à la gloire de Dieu et au bien de cette chère famille de la Visitation, qui est si heureuse que de vivre sous votre obéissance ; en suite de quoi j'ai parlé à Mgr de Genève, lequel j'ai trouvé tout plein d'affection pour vous contenter, ainsi qu'il vous témoigne par sa lettre, comme je crois; et pour cela même il a écrit à notre chère Sœur Marie-Jacqueline Favre, et m'a recommandé de lui écrire encore , afin que, si elle peut sans péril de sa vie, elle s'achemine à vous, Monseigneur, pour vous rendre sa trèshumble obéissance, et servir ces chères Sœurs qui l'ont élue pour Supérieure. Mais je crains grandement qu'elle ne se trouve
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dans un état d'impuissance, a cause de> e\hèmes maladifs qai ont ruiné son corps depuis qaelqoei années, ainsi qu'elle nous a écrit, il y a plusieurs mois, qu'elle se tiouvait hors de pouvoir et de capacité de ><■ charger de la conduite d'aucune maison. Je sais assurément toutefois qu'il n'] aura que l'impuissance qui l'empêche ou retarde d'aller; car les lettres de Mgr de Genè?e sont pressantes pour lui faire tirer des iorces de sa faiblesse, pour peu qu'elle ait de suite Que s'il ne plaît pas à la divine Honte de lui donner I i ligueur nécessaire a e<' service,
il vrws plaira, Monseigneur, d'agréer la véritable et entière affection que nom avons eue de vous contenter et obéir en cette
occasion, comme en vérité nous l'aurons toujours en toutes celles oti il vous plaira de nOOS honorer de vos commandements.
Je baise en tout respect vos mains sacrées. Monseigneur, et sons demande votre lainte bénédiction, suppliant notre bon
Dieu de taire abonder en vous et sur votre cher troupeau les
richesses de son saint amour, et demeure, Monseigneur, votre Irès-bumble , etc.
LETTRE UCCCXXW [Inédib A i \ Miia: m 11IB-J 1CQI ki.im: i IVRE
P i [u'aul mi qu'il i twêin,
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i - b ttres ci-jointes, qui onl été Faites sv< c I inl d'emi
nu nt , nous étant d. rmem i les Diute de moy< n pour les envoyer,
billet Mon Dieu I m i fille, qu'il me t u dera de - ivoir
•le m-, nouvelles, m'attendi que vous mi> dires ^\a- lonle
confiant qu< mus dira votre emur sur le commandement
si absolu que vous fait Mgr de Genève d'aller à Rennes. Pour lui, il croit si fermement avoir connu que c'est la volonté de Dieu, qu'il espère que sa Bonté vous en donnera la force ; et, voyant cela, j'en suis consolée, puisque, et lui et ceux qui vous demandent avec tant d'instances, vous laissent en pleine liberté de vous retirer quand vous le jugerez convenable; car je vous confesse que je ressens une grande répugnance de vous y voir attachée, m'étant avis qu'après que vous aurez mis là le bon ordre que votre présence y peut apporter, Dieu vous destine à quelque service plus grand pour sa gloire. Et mon cœur aurait grand sentiment du contraire, bien que sans réserve je soumette tout à la très-sainte Providence, qui vous a choisie pour beaucoup de travail et de service à l'accroissement de son b<H> neur et utilité de l'Institut, auquel elle vous a donnée si entière^ ment, ainsi que le ressentait notre Bienheureux Père. Ceux de Rennes écrivent qu'il y a des dispositions pour quelque établissement en cette province-là : peut-être que Notre-Seigneur a des desseins que nous ne savons pas, et qu'il vous y fera ren* contrer quelque bonne occasion de soulager votre maison du faubourg, à quoi j'ai toujours bien de l'inclination. Enfin Dieu est le Maître , Il vous fera connaître en quoi II veut que vous le serviez, et vous êtes laissée en pleine liberté d'agir et de faire ce qu'il vous montrera désirer de vous; car, au péril de tout, nous ne voulons que cela par sa grâce, dont Jl soit béni éter* nellement.
Si l'on élit une fille de Rennes, il faudra [plusieurs mots illisibles], mais toutes choses sont laissées à votre prudence. Toutes ces filles vous parleront beaucoup, mais dites-leur peu; et, pour Dieu, en tout soulagez-vous le plus qu'il vous sera possible. Couchez-vous de bonne heure, levez-vous tard, prenez généralement tous vos soulagements nécessaires, surtout parlez peu. Ehl Dieu soit votre force, ma vraie très-chère fille, puisque, pour son amour, vous entreprenez par-dessus les vôtres;
croyez que vous me serez trèfl-présente à mes communionpetitei prières. Je voui conjure mie dooi iyooi souvent de voi nouvelles; si vous voua trouvei plui incommodée II qu'à l'ordinaire, ce sera un légitime lujel de revenir '.
Ma très-chère fille, je ne dont.' pal que vous ne so\ez informe»'de la conduite de la If ère [de Moulin^ ; nous croyions que
Monseigneur la déposerait, ce qu'il n'a pas l'ait. Je ne le laisserai pas en paix, tandis que je pourrai espérer par toute voie possible de la faire déposer, le vous conjure qoe ri madame de
i\ a crédit vers le hou prélat, qu'elle I \ emploie avec tout son zèle, [phaieun lignée effacées]* Si l'autorité de Hgrde I^yon pouvait quelque chose, mon Dieu! la mande charité de Vy faire employer : mon unique très-chère fille, VOyei r,> (lu<' vous pourrez en cela. J'en écris à M;jr de Bourges pour l'y employer comme il tant. Dieu, par sa bonté, veuille régner en loute cette
affaire et soit béni. Amen, Je o'écris pour ce coup à M;jr de Bourges touchant Moulins. — Jour de saint Laurent.
:ifnrmi' à uni' COpifl <!>• I "ri;jinil §Utéé k la Visitation êê Ch imlo-ry.
I i tenté de la Ifèrc II. J. Fei re ne loi permit pu de m rendre .1 Reonet.
V oh i li - d< teili qu'on lit I oc injel dani YBistoin d* U fondmtion il»* ec mo-
\I. Queenel, non»- eonfeseenr, étanl elle chereber à Perii notre
I r.ilili' M< I j léjoarna quelque temps, attendant que \I;{r de
.'• eût envoyé l'obédience de cette chère Mère, qui, dèe <| u ' «- 1 1 •- l'eut . lui dit fort obligeamment : Ile voici t«>ute vôtre pour lei i I
i m un Jim rt U lente* m tonriMnl ,
li l'"l" ! \i loi eillede lén irt, eette
tombe d nu de croeli eccidenU, qei la réduisirent à
1 n il dura longtemps, cl les médecini assurant qu'elle ne
jM.iivait entreprendre l<- voj lent de le vie, il fol réeoln,
|t«.ui m pni beterdev un< tut, nne nom (eriooe
une iiouwlle I iimrenl sui 9 M.-Heu-
rietl inetev.
LETTRE MCCCXXXVI
A MONSIEUR NOËL BRULART, COMMANDEUR DE SILLERY
A PARIS
La Sainte est heureuse de devoir l'église du premier monastère de Paris aux libéralités du commandeur. — Fondation du Mans. — La perfection consiste à vouloir être ce que Dieu veut que nous soyons.
vive -j- JÉSUS !
[Annecy], 14 août [1634].
Moi\J TRÈS-H0IV0RÉ ET VÉRITARLEMENT TRÈS-CHER PÈRE,
J'espère de la bonté de Dieu que vous aurez maintenant reçu ma grande lettre; je la mis dans un paquet adressé à M. de Coulanges, qui contenait plusieurs lettres sur le trépas de feu madame de Coulanges , parce que je ne sus écrire à nos chères Sœurs; il fut remis, mais un peu tard, à nos chères Sœurs de Lyon, car quelquefois nous avons difficulté à trouver des occasions pour Lyon. Vous aurez trouvé en cette lettre ample réponse aux vôtres précédentes. Je fus longtemps sans pouvoir écrire, et j'ai meshui peine à le faire; mais croyez, mon tout bon et cordial Père, que je serai bien dans l'impuissance quand je délaisserai à vous répondre. Je me porte mieux; au moins j'ai été, dès environ six semaines, fort bien. Il y a quelques jours que je suis un peu travaillée; mais cela ne m'arrête pas, grâce à Dieu. Je vous en écrirai plus court toutefois, sur la confiance que vous aurez reçu la nôtre.
Tenez pour assuré que Ton ne reçoit aucun avis de cette maison, en celle qui s'eu est vantée. Pour la charité de nos Sœurs de la \ille, je la dis en pleine récréation, et l'écrivis au faubourg, car l'on ne m'avait pas signifié ce secret; de tout le reste, rien du tout. — Certes, je suis bien consolée de la sainte liaison qu'il y a nnlro vous et notre bon archevêque, qui en témoigne un contentement et satisfaction nonpareils. Personne ne m'a
écrit de notre église de la villa qui est bien vôtre , que notre bon archevêque qui en est ravi; il dit qu'il la tant appeler Sainte-Marie de la Rotonde* .Je laitqne notre bon Père [S. François de Salea] aimait tort les bellea églises <'t qn'ellei fassent bien ornées pour la référence, disait-il, de Celni qui \ réaide en une manière admirable. C'esfl pourquoi, avec qne c'est l'ouvrage de votre charité et Indnstriej certes je d'j laoraii rien
trouver qui ne m'y ;j;;rée, ce m'esl avia. — Je vous ai déjà écril
sur l'aBaire de notre Bienhenrem Père. Le Père dom Munie»'
n'y perd pas l'espérance; il dit qu'il y a à travailler pour un an ou deux a (aire translater et copier les informations et autres préparations nécessaires. Tandis que cela se fera, \olre-Seignenr disposera quelque moyen pour passer outre.
Mon Dieu! mon tout tres-eber Père, (pie c'est de \rai DUC
grande consolation de voir faire des maisons de la Visitation avec des filles solides, telles que sont les chères Sœurs qui sont allées
au Mans ' ! Je ne sais ce que nous pourrions faire pour arrêter cette ardeur que Ton a à en taire; chacun n'y regarde bien souvent que M décharge. Surtout je me fâche de voir que Ton M met <'U des petits lieux, ou il u'\ a qUSSÎ point d 'as<i<tance
spirituelle «'t peu de fonds pour le temporel ; cela ruinera notre Institut, si Hesseigneors nos prélats ne se rendenl plucattentifs «t rennes pour empêcher cela; mais lonvenl ce son! aux <pii
I du M ins, établi le 31 juillet I * » 1 1 . doil -<>n exisioncr m
tels i : tu\ 1 ■ I • • !•• m i-i,iri.' la i de I t II muse de
seconder PS iutt'Hlinns, li \li-r.' \nnr-\l 11. II. un Im
tutoyé, poar comnx eue nouvelle maison , de R rande
;n.ll. « mu diftinguail I ' s > m M u \
i .r H u II I te ne
i pas a ii. ir < 1 * t- 1 1 •• un iiiave parfum d'< Le
inpport i'i 1 1 i li.inif n ni.iiiMit «mi h . v u > elles ne t'enviaient las nnoi
ni antres qoe les mort humiliai I rar était
m. ii- <|ii il iill.nl li ojsoéerer | • 1 1 ■ t • • t .ju. //
ilaimti au Ment.)
les veulent. La divine Providence y pourvoira, s'il lui plaît.
Or sus, mon tout bon et très-cher Père, ne vous voilà-t-il pas tombé au point que j'ai toujours appréhendé que votre grande ferveur vous réduirait? Et puis vous me dites encore que vous craignez de vous flatter et de ne pas assez craindre vos craintes. Mon Dieu ! mon vrai Père , pour l'amour de sa Bonté , ne faites point ces réflexions-là; croyez-moi, que Notre-Seigneur aura plus agréable notre soumission dans les soulagements qui sont requis à notre corps et à notre esprit, que toutes ces petites appréhensions de ne pas faire assez et désirs de faire plus. Dieu ne veut que notre cœur; et notre inutilité et impuissance lui agréent davantage quand nous les chérissons pour la révérence et amour que nous portons à sa sainte volonté, que si nous nous brisions et fissions des grandes œuvres pénales. Enfin, vous savez que le haut point de la perfection gît à nous vouloir comme Dieu veut que nous soyons : or II vous a fait d'une complexion faible et délicate , laquelle II veut que vous ménagiez , et que vous n'en veuillez exiger ce que sa douceur n'en veut pas. Il faut souffrir cela, et au lieu de ces trop grandes applications d'esprit, qui vous ont violemment mis où vous êtes, sa Bonté requiert de vous une douce et suave inutilité auprès de Lui, sans attention quelconque, ni action de l'entendement ni de la volonté, sinon quelques paroles d'amour, de fidèle et simple acquiescement, proférées doucement et tranquillement , sans aucun effort, ni en vouloir sentir aucun goût ni satisfaction. Et cela, mon très-cher Père, pratiqué avec paix et repos d'esprit, je vous assure qu'il sera très-agréable à Dieu et plus, comme je crois, qu'aucune autre chose que vous pourriez faire.
Encore ce mot : si vous m'en croyez, au lieu de quatre ou cinq heures que vous étiez chaque jour à genoux, vous n'y serez plus qu'une heure. Un quart d'heure après être levé, un quart d'heure pour la préparation à la sainte messe, et autant pour l'action de grâces; un petit quart d'heure pour l'examen du soir;
c'est bien esses. \a tâches, pour l'amour de Dieu, de roui remettre, par le repos du corpi el d'esprit el par bonoe el fréqoeote nourriture, dans vos premières forcei ; mais, je sou en eonjnre, mon très-cher el très-aimé Père , par loul ce qui vous est de plpf cher an ciel el en la terra Si ce n'eûfl été pour foni [aire cette prière, je ne roui i nsse pas écrit li toi : mail je rem espérer de votre bonté cordiale el toute paternelle envers nous,
que, pour notre consolation, vous n'oublierez rien a faire «le
tout ce que vous connaître! pouvoir aider à vous remettre , el que roua croirei mieni dorénavant notre très-chère el tant aimable et bien-aiméc fille H. -Angélique, le ne loi écris pas,
car elle n'] est pas, nia la chère Ifère ; certes, à dire vrai, je ne
le puis bonnement.
Je vais dire quatre paroles 1 la bonne Ifère Angélique que je
tiens pour toute nôtre en \otre-Sei:;neur, nonobstant que nous nous écrivions si peu. Je prie Dieu que, par sa douce miséricorde. Il fOUI conserve à longUOI années, pour le service de sa
gloire et le bonheur de notre Congrégation. Amen' Je suis eu :i lainl amour, et veux toujours plus être s'il se peut, entièrement rôtre, etc.
N'aves-vous point oui parler, mon très-cher Père, du roi que la Mère de Moulins a t. ut aui bains, de ses promenade i '
( rsl dedans et dehors v:) m.ii-oii. Vous avons sollicité
M«jr dWutiin de la déposer, cai chacun qui sait cela eu e>| vean-
dalisé. li. u Meul li bonne mortification et abjection. Dieu oous eu fasse tirer profit, el en tout -i sainte volonté >< »it faiti '
Hgrde Genève envoie l'ob» i- -n. -• i un S.eiir du I loboorg pour aller met tir ordre à la maison de RennOS Si elle n'est an lit
malade. Je m'assure qu'elle ira, - D est vrai, M. Guicbard t$X
bon digne homme 1 1 c ipablc servileur de Dieu : il sera maintenant i von-, qnJ vous dira le sui pins.
i ••:.•■ x unr i • - 1 • r >- <lr I '• • r i ;f i u <• I ir.L n |,r.n,.i m ni«l<rr il. li \ tilaliu A-
LETTRE MCCCXXXVII (Inédite)