A MADEMOISELLE DE LA FLÉGHÈRE
A RUMILLY l
Dans quelles dispositions on doit être pour connaître la volonté de Dieu.
vive •{- jrésus!
[Annecy, 1634.]
Ma très-chère fille,
J'ai communié pour vous, afin de vous recommander plus efficacement à notre divin Sauveur et recevoir sa sainte lumière en une chose si importante, à laquelle toutefois vous ne devez pas beaucoup différer de vous déterminer; car c'est une mauvaise assiette que l'incertitude. Or toutefois, ma très-chère fille, je pense qu'auparavant vous devez donner de la tranquillité à votre esprit, par la cessation de toutes pensées et considérations
! Rejeton d'une famille irlandaise fixée en Savoie depuis quelques siècles, mademoiselle de la Fléchère, par les nombreuses alliances de ses ancêtres avec la principale noblesse du pays, et par des qualités personnelles rares et précieuses, semblait réunir tous les éléments qui constituent le bonheur terrestre; mais l'Esprit-Saint lui fit entrevoir la source d'une plus haute félicité dans le don irrévocable de soi-même à Dieu. Après de longs et douloureux combats, la grâce était victorieuse, et mademoiselle de la Fléchère entrait au noviciat d'Annecy (1634). Son ardeur à entreprendre la vie religieuse lui mérita ce magnifique témoignage de sainte J. F. de Chantai : « Elle u a commencé par la perfection , et les actes qu'elle a faits en se donnant à a Dieu ont été si fervents, si généreux, si absolus, qu'il ne lui est plus resté u que l'immuable résolution de ne plus se reprendre et de ne jamais faire ni
a paix ni trêve avec l'amour-propre Ma Sœur Françoise-Innocente (c'est
« le nom qu'elle reçut) est une véritable lévite : elle a toujours le glaive de « la mortification en main, non-seulement pour égorger ses passions déréi jrlées , mais encore les moindres choses qu'elle pense tenir de l'humain, « ou qui pourraient lui donner la moindre satisfaction... Laissez-la aller « selon que Dieu la conduit; je vous assure qu'elle marche dans \n fureur « de l'amour. Je ne dis pas dans la simple ferveur de l'amour; mais je dis « dans la véhémence et dans la fureur du saint amour. »
En retour d'une telle donation de soi-même à Dieu, les trésors célestes
sur ce sujet, ains leulemeofl vous bien mettre entre les mains de Dieu, avec dd6 indifférence, si vous pouves, ou du moim avec une entière résignation à suivre m très-tainte volonté, in choix qu'elle a (ail pour vous , dès ion éternité , pour 1 1 vocation en laquelle vous ledevei servir; car, ma fille, le fondement de notre s. dut dépend de bien inivre cette < l i v in*- disposition. Communies donc el pries souvent à cette intention, iani vous ■muser a dv> pensées et considérations sur ce sujet. Remarques seulement les lumières et mouvements intérieurs, s'il plaît
à sa Honte de VOUS en donner; s'il ne lui plaît pas, priez-le
svec confiance de vous (aire connaître sa volonté par l'entre* mise des créatures, vous en proposant quelques~dnes« Cependant, nous prierons tort pour vous, et je demeurerai sans lin
votre, etc.
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furriii largement ooverts à cette Vierge magnanime : exlai i, ravissements, fisioni întelleclnellet, transports amonrem de ion cœur dans le Cœur de ■I lui riait familier, et m faisait qa'exciter i ne 1 1 loif d*im-
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de la vie spirituelle , doues an nomm blablesta raison de
le pniseei m*ili aaeroenl mu leurpropi Le 15 ivril 1655, «fit.-
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LETTRE MCCCXXXVIII
A MADAME LA COMTESSE DE TOULONJON