A RUMILLY
Moyens de bien faire le choix d'un état de vie.
VIVE f JÉSUS !
[Annecy, 1634.]
Ma très-chère fille,
L'on connaît la volonté de Dieu par les événements. Je vous conjure de tranquilliser votre esprit et de le mettre entre les mains de ce béni Sauveur, avec toute la confiance qu'il vous sera possible, mais à loisir, afin que vous puissiez entendre les paroles de vie et de bonheur que j'espère II dira à votre cœur. Les deux considérations que je vous prierai de faire en votre solitude sont : de regarder les biens et les utilités de la sainte Religion, les peines aussi et les commodités et incommodités de la vie séculière, et voir à laquelle de ces deux conditions Dieu vous attirera, non selon les sentiments, mais dans l'esprit et la raison, et laquelle vous voudriez avoir choisie à l'heure de la mort. Ohî qu'heureuse est l'âme laquelle, laissant toutes choses, choisit pour sa part et portion son souverain Bien, le divin Sauveur! Enfin tâchez de remarquer de quel côté votre barque sera tirée, et sans plus marchander, embrassez le parti
que Dieu vous montrera; car de cjutl eût»'' qu'il vous tire, pourvu que vous le suiviez, ne craignez rien : Il sera votre protecteur, votre yuide et rotre éternelle consolation. Mais si vous me croyez, vous ne marchanderez plus, ains vous vous déterminerez, Bfl l'ayant fait, il ne faut plus de réflexions; mais marcher devant soi avec une sainte confiance et grand COUTtgC le surmonter toutes les difficultés qui <e présenteront en votre entreprise; car Dieu a permit, béni efl fait toutes les voies et vocations MUT lesquelles II nous conduite Lui, au bienheureux
repos de la félicité éternelle. — M. fotre bon frère est u peu
préoccupé; il but porter Ceb doucement. NOM prierons fort pour vous, car je suis de cii'iir tout a lait votre tres-humhle
Mère de eenur, etc.
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Je mu- consolée de savoir ma pauvre So-ur la Supérieure de I nieui auprès de vous; il lui fallait celte charité pour la remettre jV crois que le mieux pour cette maison de (jeniieux C8t qu'elle pense a une nouvelle élection, avec un peu de
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Isabelle [de la LuxièreJ, nous la retirerons de bon cœur, et serons bien aises de soulager cette maison-là, d'autant que vous leur donnez aussi les deux Sœurs que vous leur avez promises, avec sept cents écus. Cela les remettra un peu, et j'espère, ma très-chère fille, que, quand votre maison sera un peu remise, vous leur donnerez bien quelque cbose davantage , parce qu'il y a deux anuées que vous leur avez promis huit cents écus, pour chacune. Je crois que leur mieux serait d'élire leur assistante, laquelle, selon la connaissance que Dieu m'en a donnée, j'estime fort sage et très-vertueuse.
Au surplus, ma très-chère fille, je ne doute point que votre maison ne soit grandement surchargée, et que vous ne vous soyez bien mise en arrière, par le moyen de ce que vous dites avoir fourni pour vos fondations; mais, ma chère fille, c'est que vous y avez envoyé beaucoup de filles, et que vous recevez de bonnes dots. Xous avons bien fourni pour la maison de Crémieox douze cents écus pour le moins. Je trouve que, selon notre pauvreté, nous faisons quasi autant que celles qui sont plus riches que nous. Je vous dirai que je suis bien résolue, sitôt que nos Sœurs auront élu leur assistante ou une autre bonne Mère, de lui écrire qu'elles m'envoient Tétat de leur maison, et si elles ont besoin d'être assistées [nous le ferons] de tout ce que nous pourrons. — Ce qui me fait plus vous compatir es charges de votre maison, c'est ce que vous me dites que vous devez encore dix-sept mille livres, car je sais par ma propre expérience la peine que cela est; car je vous puis dire avec vérité que, depuis six années en ça, nous avons été réduites dans une pauvreté si grande que nous n'avons ouvert que trois fois le coffre pour y mettre l'argent de réserve, encore n'était-ce que cent ou deux cents florins, qu'il fallait tirer de suite par après. \La fin de la lettre a été confiée dans l'original.}
ConConiie à l'original ;;ardé aux Archives delà Visitation d* Annecy.
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