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iOS LETTRES DE SAINTE CHANTAL.

Notre Irès-chère Sœur [H. A. Lhuillier] Supérieure de la ville nous avait fait savoir l'assistance et bon conseil que le débonnaire prélat vous avait fait, de quoi je fus fort consolée. Oli ! ma Irès-chère fille, il lui faut correspondre par un grand et suave respect, et avec un amour tout filialement dévot et cordial, afin qu'il soit consolé [de la] bonne œuvre qu'il a procurée, et en quelque façon récompensé de ses biens temporels par les nôtres spirituels. — Ne voulez-vous pas bien, ma très-chère fille, que je vous dise tout confidemment un désir qui me vint, sitôt que je sus comme ce bon prélat vous avait reçue? Voyant sa bonté et la charité qu'il vous faisait, il me vint au cœur de vous prier que vous le chargeassiez le moins qu'il vous serait possible, et que, puisqu'il vous veut nourrir et fournir ce qui vous sera requis, vous fissiez le moins de dépenses que vous pourrez, afin que, ne se trouvant pas trop chargé, il vous continue sa charité avec plus d'allégresse, et qu'enfin toutes les Sœurs usassent d'une grande gratitude et reconnaissance envers lui ; et ceci est tout conforme à l'esprit de notre saint Fondateur, ma très-chère fille. Dès votre commencement, vous avez bien fort chéri ses maximes ; je vous conjure de les conserver précieusement.

J'espère que l'été prochain les Entretiens seront imprimés et la Vie de ce Bienheureux Père écrite plus au long et plus selon son esprit : nous vous enverrons le tout, Dieu aidant. Rendez vos filles très-affectionnées à lire tous ses écrits, c'est le pain solide dont Dieu veut que nous fortifiions et nourrissions nos âmes; c'est la doctrine qui nous est propre et particulière. Oh ! Dieu nous fasse la grâce de la si bien pratiquer que nous soyons tout enflammées de la pureté de l'amour divin, toutes détrempées en la douceur et charité du prochain, et toutes reluisantes en la modestie, affabilité, simplicité et sincère humilité qu'elle nous enseigne! Vous trouverez là dedans, ma ii M chère fille, tout ce que vous aurez besoin pour le bon gou-

vernenient de votre charge el de votre chère âme, sous ce fardeau que Dieu vous a imposé. Ayez no grand el allègre courage; faites doucement votre petite besogne, toujours avec Dieu, el vous reposez entièrement au soin de sa divine Providence; assurément, qu'il vous conduira très-bien, el fera croître (ii bénédiction et parfaite observance cette petite plante que sa main paternelle a daigné planter au jardin de sa sainte Église.

Vous verrez par la longueur de ma lettre la consolation que je prends à m'entretenir avec vous, et pour récompenser la perte que je ferai de ne pas vous trouver à Paris, oii nous espérons d'aller bientôt, et vous témoigner la continuation de ma cordiale et confiante affection en \otre-Seigneur. C'est un notre retraite de Noël que je vous : un autre temps ne

m'eûl pas permis un loisir si entier.

On imprime le Coulumier et les Règles, avec les Huiles du petit Office et de la confirmation [de notre Institut). Nous [vous] ferons part de toul quand nous les aurons; et cependant, ma Irès-chère fille, je vous supplie, et toutes nos chères Sœurs, de me recommander à la divine Miséricorde, comme une âme qu'il vous a donnée pour vous chérir el servir en toute sincérité, .le VOUA Balue toutes en la dileelion WCn e du doui JésUS, notre bon Sauveur, et si j'ose el «pie VOUS le Irouvie/ a propos,

!«• (ail une très-humble révérence .1 Mgr votre boa évéque, que je pue Dieu | h inctifier, el Buii sa très-humble servante. .le

niai avanl (I eu retourner <!' < es quartiers. 1 1

lettre «tait de Ibrl vieille date, ne Payant reçue que dès quatre ou >i\ joui-, le suis de cœur votre très-humble et ind

Sieur el -« i I aile ea Vide Seeuieur.

D'Orléans j veille de la lacn \ 1 1 de Notre-S ur.

LETTRE DCCGXXV

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