‹ LettresChapitre 22 sur 281 · A DOM JUSTE GUÉRIN · texte numérisé non relu

A DOM JUSTE GUÉRIN

PROVINCIAL DES BARXABITES, A LYOX

Pressante invitation de se rendre promptement à Orléans. — Ne rien épargner pour avancer les affaires de la béatification de saint François de Sales.

vive *f- jésus!

Orléans, 26 décembre [16271.

Que de sujets de bénir Dieu, mon pauvre très-cher Père, en toutes ces bonnes nouvelles que vous m'écrivez des affaires de mon tant cher et bien-aimé Seigneur et Père ! Mon Dieu ! que mon très-cher Père dom Juste est incomparable en son affection et en son travail pour cette bénite béatification ; mais aussi, certes, nous sommes incomparables en la sainte affection que nous avons pour vous, mon pauvre très-cher Père; car je vous tiens là, tout au beau milieu de mon cœur, dont jamais personne ne vous déplacera, Dieu aidant.

Je reçus seulement hier vos lettres, toutes ensemble. Je ne sus encore bien comprendre le dessin de la planche ; mais j'espère que je l'entendrai bien, et que nous le ferons faire bravement. Je me presse de vous écrire promptement pour vous dire que j'ai une consolation nonpareille de la résolution que vous prenez de venir promptement par deçà. Je vous supplie et vous conjure de le faire au plus tôt, et ne vous amusez point à beaucoup entretenir cette petite Supérieure de Lyon, ni ses filles; car elles ne manqueront pas de vous attirer, elles en savent bien le métier. Venez vilement '* vers la pauvre Vieille, fjui est ici encore pour un grand mois, et puis ira à Paris I fou ver notre bon archevêque de Bourges, qui y arrivera au commencement du mois prochain. Il m'écrit qu'il a un

Pour travailler ."i l'information des nombreux miracles opérés à Orléans • tni François de Sales.

grand courage et un grand amour pour achever cette sainte besogne.

Au reste, je vous prie, ne soyez point si craintif pour la dépense; jamais argent ne sera mieux employé, ni donné de meilleur cœur que celui qu'il faut pour cette affaire. Certes, je ne pense pas que rien s'avance de deçà que vous n'y soyez. Vous Irouverez ici et à Paris des personnes bien affectionnées et force grâces en cette ville. Venez donc vitement, car je voudrais bien vous voir en train ici devant que d'en partir pour Paris; mais, bien que je vous dise tout ceci, nous ferons en tout ce que vous jugerez pour le mieux, et je vous supplie et conjure que vous fassiez en tout et partout ce que vous jugerez le mieux, sans vous astreindre à mon avis, ni à ce que je vous dis. J'écris fort à la hâte. Si vous changes de dessein, mandezle-moi; mais j'en serais en peine, craignant quelque traverse de la part du Révérend Père général.

.Adieu, bonnes fêles, mon vrai très-cher Père; je suis d'une affection incomparable toute vôtre. Dieu vous rende tout saint en liai aillant pour son Saint. Mon Irès-cher Père tout bon, je suis en vérité votre très-humble, etc.

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LETTRE DCCCXXVI

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