A LA MÈRE JEANNE-FRANÇOISE DE VALLON
SUPÉRIEURE A RUM1LLY '
La Sainte se propose d'employer cette Supérieure à la fondation de Verceil.
vive -J- JÉSUS !
[Annecy, 1635.J
Ma TRÈS-CHÈRE FILLE ,
Aï. Catherin vous dira les batailles qu'il a fallu ici soutenir; si c'eût été pour la maison de céans, j'eusse persuadé ma Sœur de la Fléchère de se rendre plus tôt qu'elle n'a fait. Il faut bénir Dieu; il vaut mieux moins avec paix, que plus avec trouble, débat et contention; car ce qui est mis au jugement des hommes est fort incertain.
[Hier] à soir, nous reçûmes des lettres des Pères dom Juste et dom Maurice, qui disent que l'affaire de Verceil s'en va [être] toute conclue, et que bientôt l'on nous enverra prendre. Le Père dom Maurice m'a toujours pressée de vous y employer. J'ai bien sentiment que Dieu en serait glorifié et que sa Bonté vous y destine. Que vous en dit le cœur, ma très-chère fille? car ces entreprises se doivent embrasser avec très-grand amour et courage. Dieu a mis en vous tout ce qu'il faut pour ce service, et j'ai confiance qu'il vous en donnera l'inclination et l'inspiration
1 D'après le Livre des Vœux du premier monastère de la Visitation d'Annecy, la Mère de Vallon « était une âme humble et tout à fait bénigne, qui coula toute sa vie religieuse au milieu des peines intérieures, tentations, sécheresses et abandonnements , ce qui ne l'empêcha pas de se montrer toujours d'une piété remarquable, et d'une douceur, charité et débonnaireté très-grandes. Elle gouverna heureusement le monastère de Ilumilly, et de retour dans sa chère maison de profession, passa par toutes les principales i b irg< , mais avec beaucoup plus de bonheur pour elle, par toutes celles (|' rertus. Le 5 septembre H>(>7, elle s'endormit paisiblement dans le '«•m, prouvant à toutes celles qui l'entouraient que « le plaisir de mourir
ai peine vaut bien la peine de vivre sans plaisir ».
conformes à m sainte volonté. Dates-moi bien toutes voi pensées efl sentiment! inr ce inj* t, et inr !<• surplus que \I. Catherin vous dirai le buû vôtre el de cœur fidèle.
1 nformt ai 5*rdc aui Archive* dfl ! i loaecy.
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li - ; • ■■ :- :• i i intenrenl e «flaire temporelle.
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Voua nom ivei incomparablement obligées d'avoir voulu prendre la peine de plaider notre cause , de (juin nous vous lom nos irès-humbles remerciments. Dieu n'a pas voulu <|u«' vous en ayes reçu toute la latisfaction <jn «* votre véritable affection enven doua voua «'fit pu faire désirer; mail il faut nous loumettre, et adorer les effets de la Providence en a petit renoncement, comme en tout autre.
Il «M vrai, Monsii ur, C€ DUS vous ttOUI dites, « | u t- suivant f
des mus (jin v,. trouvent maintenant au Sénat, Pon noui i «•< rit de traitai ■ quelque pris que ce tut. \ la vérin . n nous ser.ni une confusion bien grande de noui voir condamnées «'neuf nae bis, non-seulemenl .1 la perte de notre argent, qui nous avons donné av< « i ml <!«• bonne i<n à mesdames de Sainte-I rine,
m us |M-ui-.ii. ,ni\ dépens, comm h nom étioni des firaodnleusi i i néanmoins, nonobstant cette crainte, qui est. iip m mble, digne de considération pour une maison reli
nous VOUloni delerei .1 lus |niisee> ri srntunenls (nul OS que HOUS devons, en vous (lis.mt ,ju, nous miieUnns entièrement «'((•• all.iir»1 .1 Dieu .t 1 uni , Monsieur, car nom ne douions
point que l'équité ne soit de notre côté; mais nous ne savons pas si cette vérité pourra être approuvée par les hommes, desquels le jugement est si incertain. Que s'il vous plaît, Monsieur, d'en communiquer à quelques-uns des juges et de vos amis, pour en tirer leur sentiment, et en particulier avec M. le comte de Sales qui est là , vous nous obligerez extrêmement. Dieu réduise le tout à sa gloire, Monsieur, et soit Lui-même votre éternelle récompense, de toules les charités que vous exercez envers nous; c'est le souhait de celle qui sera sans fin, etc.
[P. S.] Excusez-moi, Monsieur, si je ne vous écris de ma main; mais je suis travaillée d'une défluxion sur un œil, qui m'empêche de me donner cette consolation. Nous ne manquerons de recommander à Notre-Seigneur l'affaire de laquelle vous nous écrivez, avec l'affection que Dieu nous a donnée pour tout ce qui vous touche.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.
LETTRE MCCCLXXH (Inédite)
A LA MÈRE FRAjVÇOISE-GASPARDE DE LA GRAVE
SL'PÉniEURE A BOURGES
Eli {je de la Mère de Lage de Puylaurens. — Sollicitude pour Sœur M. -Madeleine Mcrmillod. — Affaires diverses.
VIVE j JÉSUS !
Annecy, 20 mars 163.").
Ma très-chère fille,
J'ai écrit à nos Sœurs de Paris, pour leur nommer les Sœurs que j'ai cru pouvoir être proposées à l'élection de nos Sœurs de IJlois, auxquelles aussi nous en avons écrit nos pensées. Je m'assure qu'elles De manqueront de les communiquer à Mgr leur bon et (Ji^ne prélat. — Quant à tout ce que vous m'écrivez des à( Bseini de M. dePuylaurens pour sa honne sœur, ma chère fille, Di( u j a remédié, et j'espère qu'il en tirera sa gloire et l'ac-
ANNÉE I6S5. r.T
croissemenl <1<- la couronne de celle dur»' Sœar, laquelle, qnoi que l'on en Mche dire, esl toujours lout< bonne el vertueuse. J«' lui ii écril, telon totre désir, une lettre de consolation iur le sujet de M. son frère. J'ai reçu aussi de M I lelti mais elle ne me parle point du renvoi <1«' la Sœur donl voos m'écrives j el <!• vrai le snjel n'en est pas ii <»j> légitime.
le rais marrie des infirmités oè esl tombée ootre bonne Sœm M. II. [Mermillod]. l'espère poortanl qu'elle se remettra. Il faul que vin- l'aidiei fort I éveilh r ion esprit, ma chère fille, i •: .i ie quitter soi-même, pour te rendre utile au service de Dû n el «lu prochain ; car elle a <!«■ bonnes dispositions j >* m i cela. — .!• ut à ootre Sœur M. M. parce (juil n'j a rien
(i.-ins -.1 Irtii.- (jui i réponse; mais je la salue cfa
menl par votre entremise, i t lui dis qu'il oe Faul p.i^ qu'elle s'attende à Ions les mois d< mei nouvelles. Il lui suffira
bien d< outumer i en attendre de sis en lix mois, ou au
bout de l'an une bis, quoique j<" oe les vous fais pas lanl Jeûner, ma chère fille, car voici la troisième fois que je vous écria de cette année, liais de vrai, je ne saurais [>ln^ fournir .1 écrin -i louvent, >'il n'est bien nécessaire.
•I' i rois vpui avoir <l«jt priée d< oe |»<»mt <• muniquer h -
« < lain iss< m< i tutumei que voua emportâtes. '«
vous eu rapplie derechef, ma chère fille, que tout cela
ii « lail poinl mil « d bon ordre, el que depuis on l'a toul rac-
i OUI III mit . M.lllil. / l« .1 Hun 1 1 1 : 1 1 > « ) M > .1 (|UI lOllM'll,l\r/il()IIIU' .if-
copies, afin qu'eUei oe l< i communiquent point. —Je inpplie
N'otl inlil. i <li > nu i ilrs «!•• - !«• r.i>>iniil
ivei 9 in .|U' i - dut i ordiali ment, étanl de cœur,
Ile, vnti •• bumble, etc
|/\ S, lia tri e fille, pour ce qui esl «!■ la bonne Sœur
donl voln inte m'é< rit, il une fille <jim ail des bons
lalenti poui l'utilité de la R til <1< q , enli etenir
.jin l'on i re remise <ln chœur
procède de tentation, après qu'on aura tâché de lui faire connaître cela et qu'elle se sera soumise, vous l'y pouvez bien remettre. Mais certes, autrement je ne l'y mettrais pas : voilà en peu de mots mon sentiment. Je salue votre Sœur l'assistante et toute la chère communauté, à qui je souhaite la très-sainte bénédiction de Notre-Seigneur.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCCCLXXIII (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
AU DEUXIÈME MONASTÈRE DE PARIS
Bonheur de l'éternelle réunion. — Dispositions que doit prendre la Mère Favre
pour son retour à Annecy.
vive -J- jésus!
[Annecy], 21 mars 1635.
Ma tout unique et très-chère grande fille,
Vos lettres sont demeurées longuement par les chemins, mais elles m'ont bien consolée de savoir que votre tant désirée et chère santé s'affermit ; j'en loue Dieu. Vous aurez maintenant reçu de nos nouvelles. Mon Dieu! quelle consolation en la pensée de revoir, d'embrasser et de jouir à souhait de l'aimable présence de mon unique grande fille, si parfaitement et intimement chérie de mon cœur! Certes, vous ne renierez pas la sainte joie que j'en recevrai, ce me semble; tout m'en rit en cette espérance. Oh! quelle suavité recevrons-nous, quand nous nous verrons toutes ensemble en la jouissance de ce grand Dieu en la bienheureuse éternité, et que là nous nous reconnaîtrons et verrons que notre société ne sera plus interrompue! Je m'imagine le contentement de notre Bienheureux Père, et le nôtre de le voir. Dieu nous en fasse la grâce ; et, attendant cette [faveur]
incomparable, [lâchons] de le servir fidèlement el noire chère petite Congrégation. .htt> //.
Ma très-grandemenfl çbère fille , rnadanir la marquise de i] lia poinl Lui toucher à doi Sœon de Lyon les mille écus; mais, n'importe, il faut immoder pour la dol <!•• 1 1 i
déni chèrei Sœon que vous améliores, en lorte que cela n'incommode pas trop doi Sœurs. La moitié pourra suffirt notre bâtimenl pour cette inn< que l'on noua I dfl espé-
rer de l'antre côté, dont il De tant rien lémoi;jner. Madame la présidente désire <] u«- noni lui fassions donnei pour M. votre neveu quatre cents livres, quand elle écrii i, el elle nous les rendra ici Comme aussi, li vous pouves, vous donneres, >'il mu- plaît, a M. Deshayes trois cents livres (|n il nous faut
donner fu cette ville; (jiif si vous iif |touv</, averti — ./-n
nos Sœurs <!«' la ville. Vous rabattra aussi ce que nom vous devons <lf l'omemenl <le notre Bienheureui Père, efl bous le rendrons ici an bâtiment, Voila, ma très-chère fille, ce que je pense vous devoir dire; mais, nonobstant notre besoin, j'ai toujours peur que nos pauvres Sœurs l'incommodent, car je les plains d'être li foi t chai gées.
[Plusieurs lignes illisible* |J 'attends de vos nouvelles, el pai
ou vmi- |, l>>( i, / Si c'fl lit par Moulins, j'en serais bien
; ut du bien •< cette maison-là , qui « il
iblée il un grand nombre de lill»^ el de p. mu. té Si vous ^
passe/, je vus prie, ma très-chère fille, d'avertir «lu temps
ootn S de Brécfa ird, afin <ju elle \ • nvoie une de nos Sœurs
que vous nous feres la charité d'amenei avec vous nous psye-
ii.ii> >fs «I. |.. [ nu nu celles des deux SœUfS qtt€ vmiv
.uiifii. r. / .1. Paris, |j VOUS le trouve/ bon. \l i eliere tille, je vn us< |i s huit. > un - | -, . t mie «le unir tidele ji BUJfl i ulif-
i i ni. ut \m'
.\< m'oubliais de vous dire que I <>u nous i m ui I.- île Piémont qu il \ t mi .il i p iqoi les • !• pèches d< R nues
pour le monastère de Verceil; je ne sais ce que c'en sera, car cela se dit, il y a longtemps, qu'il y faut aller, et nous voici encore. Ma fille , je vous donne mille et mille bonjours.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.
LETTRE MCCCLXXIV (Inédité)