A ROMANS
Il faut tenir les faveurs divines à couvert sous la sainte humilité.
vive -f- jésus!
[Annecy], 21 mars [1635].
Ma très-chère fille,
Ce très-débonnaire Sauveur nous veuille faire part de ses divines souffrances et de leurs mérites sacrés, afin qu'éternellement nous le bénissions, et nous nous réjouissions de son incompréhensible bonté et amour envers nous! Je vois que sa souveraine douceur en répand toujours beaucoup en votre âme. Il ne me semble pas, ma très-chère fille, que je vous aie dit de ne pas penser aux divins mystères, car il le faut bien faire, et recevoir, mais avec grande humilité, les bons sentiments qui proviennent de si sainte cause. Il est vrai qu'il faut tâcher de les tenir à couvert le plus que l'on peut, et ne se pas plonger dans ces délices ; car la nature gourmande y prend trop de part, si elle n'est mortifiée. Enfin, ma très-chère fille, il faut fuir l'admiration que l'on fait de ces choses-là, et nous tenir à couvert sous la très-sainte humilité, et fidélité à la pratique des vraies vertus et d'une exacte observance. Notre Bienheureux Père m'écrivait une fois, que Dieu lui communiquait beaucoup de bons sentiments, mais qu'il ne savait pas s'ils étaient tous de grâce ou de nature; que toutefois il lui en rendait grâces, parce qu'il en tirait grand profit. Il faut donc tâcher de l'imiter en
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cela, et tant qu'il m pourra, en ce que j unaii il n'en laissait rien connaître. Vous aves un naturel (brl affectif et tendre qui contribue beaucoup ourdissementSj ce m»' semble; il
faut taire ce que Ion peul pour les empêcher, divertissant l<* corps par quelque action , et non l'esprit à des choses inutiles; aim H le faul tenir en Dieu, tanl que l'on peut, pu- nne généreuse affection. Ha fille, tena votre Ime en paix; et en bien fais m t m' ci- lignes rien. Pria toujours 1 » i *• n notre bon Dien pour
moi <'t toute- DOS Sœurs, lUrtOUfl notre Sumr la Supérieure .
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et, avec une dilection très-particulière et spéciale, je le salue, mais spécialement. Si nous pouvons faire rassembler les pièces de l'amour-propre , nous les [lui] enverrons de bon cœur, et serions bien aises de décharger le monastère de cette besogne-là, si nous pouvions. — Je ne manquerai de faire vos recommandations à Mgr notre évêque quand il sera ici; je le ferai bien aise de la lampe d'argent. Bonsoir, ma toute bonne et chère sœur; je suis vôtre, mais vôtre en Notre-Seignear, d'une façon tout à fait incomparable. Dieu soit béni.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.
LETTRE MCCCLXXVI
A LA MÈRE MARIE-MARGUERITE BALLAiVD