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MAITRESSE DES NOVICES A RIOM

Les âmes humbles et confiantes sont les plus agréables à Dieu. — Conseils pour

la direction des novices.

VIVE ■{■ JÉSUS

[Orléans, 1627.]

Ma très-chère petite ,

Votre lettre m'a fort consolée, car je vous y vois un peu plus déterminée de suivre les conseils que nous vous avons donnés, qui vous sont uniquement propres. Ma très-chère fille, je vous conjure de tenir votre cœur haut élevé dans une sainte joie généreuse, et tout à fait confiante en la bonté de Celui qui a daigné vous choisir pour le servir en cette maison, où je sais bien que les esprits ont plus de capacité que le vôtre 5 mais ce n'est pas cela que Dieu regarde, ni qui contente sa Bonté; mais ceux qui seront les plus humbles, les plus fidèles à faire ses divines volontés, comme je sais que, grâce à Dieu, vous en avez la résolution, et je ne vous demande rien, sinon que vous viviez là comme vous avez fait à Nessy, croissant en perfection par la persévérance au bien , et ne vous fâchez point si vous fuiles des fautes par-ci par-là; et, pour Dieu, n'en laissez abattre votre esprit; mais relevez-vous courageu-

oenl. Je serais bien aise que surtout vous retranchassiez les enfances; mais, s'il vous en échappe, ne vous fâchez point, mais je veux que vous me croyiez ainsi. Au reste, ma très-chère petite, prenez bon courage pour conduire vos novices selon voire Directoire, et vous verrez que Dieu bénira votre soin et travail. Pour moi, j'ai celle confiance que sa Bonté se veut servir de vous pour le bien de celle maison; car, comme vous savez, tout dépend du noviciat.

Cette bonne Sœur Madeleine ne me plut jamais, et qu'elle

ne pense pas que j'aie cru ses révélations; certes, Dieu ne les donne pas à des âmes si pleines d'imperfections; elle peut mentir en ce qu'elle dit que je lui ai dit, comme en autre chose. Tachez, toutefois, de la gagner et de donner à ma pauvre Sœur la Supérieure tout le contentement que vous pourrez. — Je vous écris sans loisir, et ne le puis faire si souvent que je voudrais ; mais nous nous reverrons, Dieu aidant. Ma fille, ma très-chère petite, je vous conjure derechef d'être joyeuse et généreuse en ce service que vous rendez à sa Honte. Demandes- Loi toujours tout ce que vous aurez à dire et à faire, et assure/vous quTl parlera et fera par vous tout ce qui sera pour votre bien et celui de vos chères novices, que j'aime tendrement, et les salue chèrement et toutes nos Sœurs. Dieu veuille redresser notre Sœur \. Adieu, ma fille.

Dû a soit béni!

Conforme à l'ori^iual partie aui ArchifM i« li \ iailalioa d'Annecy.

LETTRE DCCCXXVII

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