‹ LettresChapitre 223 sur 281 · ir dam II ttiitiliii. — I ! 1 loqaitt au lai tt . si \i · texte numérisé non relu

ir dam II ttiitiliii. — I ! 1 loqaitt au lai tt . si \i

plu-

Ih roi n i fille,

J'ai répondu ;« w>ti par la m. un de la fidèle

Sœur \ p ei \e\ lé i ette dernière feuille que j<" me in née

à lire el à répondre <h ma, loué > < » î t Dieu «j u i permet lei ats et donne force (!«• les vaincre, puis fait sentir au cœur que c'est p ir ! '. k ni- issisfl in s de I • li v î n «• présence

que la tourmente est aj Ha Irèi chère fille, je ne <!. sap-

prouve pai le remède deaoïi la cause du mal retourne.

o mon Dieu! quelle miséricorde de Dieu de donner cours votre chétiveté de rembarrer si fortement lauts de votre

ennemi ! Ma fille, j<* vous conjure d'avoir toujours une parfaite fidélité en cette occasion ; c ir Dieu se platl ï nos souffranc

t n.- manque jao i nous \ lecourirj et la pum le

emmi «le li fui ieui celle que principale-

ment ce «liiin Sauveur aime el i afin lui donc des plus

fidèles dans l< loul effort pour accomplir

résolutions de v « > 1 1 « - solitude, afin que voua eoyes une lumière dans cette maison, qui] reluire ntla

ate humilité , «Ion. . t chai itable suppoi t ,

1 1 mo !• v oui i d i taec la

il • nli i i béni

LETTRE MCDI {Inédite)

A LA MÈRE MARIE-HENRIETTE DE PRUNELAY

SUPÉRIEURE A REXNES '

Regret de ne pouvoir aller à Rennes. — On doit tout faire pour entretenir l'union des cœurs. — Sur le bon choix des sujets. — Sortie d'une Sœur tourière. — Le monastère du faubourg Saint-Jacques n'a pas été bâti sur le plan du Goutumier. — Il serait utile de retarder la fondation d'un second monastère à Rennes. — Affaires. — Travailler avec calme à l'œuvre de sa perfection. — Dans les circonstances difficiles demander conseil à Dieu plutôt qu'aux hommes.

vive j jésus!

[Blois], 6 octobre [1635],

Ma très-chère et bien-aimêe fille,

II faut que je vous avoue en simplicité que je n'ai pas souvenance qu'aucune mortification m'ait roulé si longtemps dans l'esprit, que celle qui m'a privée du bonheur et de la consolation incroyables que je me promettais de recevoir en vous voyant ; mais il n'a pas plu à notre bon Dieu , car si j'eusse entrepris ce voyage, je fusse demeurée en chemin ; et voilà que pour surcroît toute espérance m'est ôtée de vous voir, car l'on dit que l'on ne vous permet pas de venir à cause du danger qu'il y a sur les chemins, causé parles gens de guerre; mais je réplique

1 Celle Religieuse, libéralement douée de tous les avantages de la nature et de la grâce, sembla dès son entrée à la Visitation d'Orléans toute formée à la pratique des plus hautes vertus, ce qui lui mérita la faveur d'accompagner la Mère de la Roche à la fondation du monastère de Rennes, et, en 1634, l'honneur si redouté de la supériorité. Retranchée dans l'imprenable donjon de la sainte indifférence, Sœur M. -Henriette voyaitde si haut toutes les vicissitudes humaines, que les circonstances les plus crucifiantes n'amenaient sur ses lèvres que ces seules paroles : « Qu'importe? Rien ne peut me ravir mon Dieu! n Toutes choses lui devenaient un moyen pour aller à Loi elle vivait dans une telle dépendance de l'Esprit-Saint « qu'il ne lui aiiK.it pal de faire la moindre action sinon par sa conduite ». Celui qui n louits ses voies l'introduisit dans le lieu du repos, dans I béritage dei Sainte, Le 20 octobre 1639. Elle comptait à peine trente-trois ans. (Année tainte, V volume.)

que si cela n'est point, comme [on] le croit ici, [il tant | que j'aie la consolation do vous loir h Orléans, on je VOUS att. -mirai

encore jusqu'au 24, Mais pourtant, ma très-chère Bile, ne violentons rien , mail soumettons-nous humblement et le plus doucement qn'il icra possible a ton! ce qu'il plana a Dieu ordonner et permettre, nous dépouillant de bon cœur pour le

respect de SOU bon plaisir, de la plus cliere COOSOlatlOU (jlie

nous pourrions recevoir en cette sic. le parle ainsi, ma fille, tentant an indieu de mon cœur votre affection filiale, et le

tendre et maternel amour que Dieu m'a donne pour VOUS.

Or lus, je i h- répondre à votre lettre, réservant ce qui vous

nie pour vous le dire de ma main; cependant, j'emploierai

la très-chère petite Mère qui me fait la cb irité de bon cœur , et je crois qu'elle vous aime uniquement. La bonne Mère de Nantes m'a parié fort particulièrement de votre maison, qu'elle a trouvée en fort bon état | Deux lignes inintelligibles | (i pendant Ifgr l'évéque el M. \. m'écrivent en sorte qu'ils semblent

croire que ma Sieur la Supérieure ait donné loi a telle rêverie,

ce que je tous assure en vérité n'être pas; car elle m'a parlé

de VOUS eu (les tenues |j pleins d'amour et d'estime de votre

sonne el de voire conduite, qu'il ne s'y peut rien ajouter C lui s » • r i 1 1 une sensible douleur h vous aviei quelque ombi

(outre elle -I ai i cril a M. Moreau que c'est une invention du

di il»le poui- empêcher les Fruits de l'union p irfaite qui doit être entre \<»^ an us cœurs, et laquelle )•■ vous souhait • pour voira* commune coi n el utilité. El comme je i inde a

ce tte bonne Sœur d< le ne rien oublier pour et la , ainsi

i.n-.ivnii^. m, chère tille . . i . « (uniai>sant la sino

et vii itablc bonté de soi coron souhaite l'unit liale

de tout mon COBUr C'esl un ;;rand bien, ma (lui. Ii.lt ,

d's ^ii la bienveillance de totre pasteur; le bon M Mo n'aura p n une p« lits ré< ompense au ciel i\w soin qu'il a pour cela, el pour l'avancement du bien spirituel et temporel qu'il

a pour voire maison; noire Bienheureux Père disait : « Faisons bien et ne nous soucions pas de ce que dira le monde. » Vous avez agi en vraie servante de Dieu , ma très-chère fille , de ne l'avoir point considéré au sujet de renvoyer ces filles [ quelques lignes illisibles]. Le plus grand bien qu'une Supérieure puisse faire, c'est de faire un bon choix des filles. Je loue Dieu qui vous a donné cette affection et le bénis encore des bonnes dispositions de la nièce de Monseigneur. Quel bonheur, ma fille, qui aurait des familles toutes composées de tels sujets 1 mais il ne faut pas attendre cela en cette vie. — Quant à la Sœur tourière qui demande à s'en aller, il faut tâcher de lui faire comprendre le bonheur qu'elle possède et le mal qu'elle se procure; mais si elle persévère à s'en vouloir aller, que feriez-vous là, ma chère fille? Il la faut laisser aller et la faire absoudre du vœu [simple] d'obéissance qu'elle a fait.

L'on a reconnu quelques fautes dans le plan, que l'on va raccommoder et mettre en perfection, mais non sur le patron de la maison de Saint-Jacques , qui en quelque chose ressemble plus à une maison séculière que religieuse : cela veut dire pour l'excessive hauteur des planchers et des fenêtres , car les offices bas sont trop grands et les cellules trop petites, parce que leur cloître est hors d'œuvre en appentis, ce qui n'est jamais bien : le temps en donne l'expérience. — Ma chère fille, quant à votre désir de prendre une maison à louage pour commencer un second monastère , je cède de tout mon cœur au jugement de ceux qui sont sur les lieux; mais puisque vous désirez, ma chère fille, que je vous dise mon sentiment, il me semble que si vous pouviez encore couler quelques années sans vous séparer, afin de rendre plus solides celles qui doivent s'en aller et fortifier celles qui demeurent, il serait très-bien. Cependant l'on pourrait faire patienter les filles qui prétendent, et recueillir toujours quelques-unes qui seraient les meilleures, et cela avec l'intention de les mettre en la seconde maison avec les mille écus

de dot, vous n'en seriez pas plus chargée, car elles demeurera sous la charge de la maîtresse deux années. Pour ce qui est de notre Sœur IL -Angélique [Ifouard], je roui prie de croire que ce tpai l'inclination de ma Sœur la Supérieure d'Orléani qu'elle en lasse la poursuite, m lia elle esl gênée par M. \ , que vous cponaisseï bien, lequel se tient ferme sur les promesses que vous lui ;m*z laites de dot ou pension. Bienheureuses les Supérieures qui ne se mettront point en tel esclai ! Ce bon homme voulut quitter nos Sœurs lorsque j<i passai par là, sur le refus que je lui lis de vous amener une Sœur que l'on vous voulait donner. Ivcc l'aide < 1 * * Dieu, j'accommoderai cette affaire a?ec le moins de charge que je pourrai pour von-, car je suis ennemie de ce trafic. Mou Dieu, ma très-chère fille, queje

suis marrie d'avoir parlé de Cet argent de ce muletier; je le 61

dans la douleur que j'avais de ne pouvoir aller à von 1 me

touche fort et je le li> par promptitude. Je riens à vous, ma toute chère et bonne fille. ■ La douceur

ne gâte rien » , disait notre Hienlieureux Père; mais a\ee elle

il laut être ferme pour l'observance. Il ne bul pas toute

rompre, mais plier, C€ que Elit la douceur. J'admire m- Sœurs,

qu'il (aille que, pour leur parler, vous en perdiea vos , ierci<

H tant un peu alentir rette atlechoii de tint parler, «Ile unit même a leur pei lerhoii ; unis \\ laudra I aire cela av M un M i

de teuij peur, ma fille, que tous ne vous lurchargies trop

efl (jue vous ne succombiei sous le Eaix. Je voua prie, (aitesvous soulager am écritures : ayes une Sœur affi 1 1 le el qui soil discrète et sincère. Marches » la bonne loi devant Dieu,

ide/.-le snilleilt et Lut peu mit Vous-même, lai*>.mt à Sil

Honte le soin de ee qui vous oofM 1 nie. .\y / un grand < oui • t laites toutes < bos4 - Iranquillemenl et gai< ni. ni. l.t bien que

vous ne io\i( / pas en \,.^ Su urs i avancement que mih désireriez, ne tous en fâches point; iccommande/-|es a Dieu ,

atlunéui sapai 1 le temps que v., iq.aid. m •■ a d< stme à

leur bonheur. Je crains que ces pressures de cœur ne vous arrivent de l'ardeur que vous avez à l'avancement de vos Sœurs et au vôtre; travaillez pour l'un et pour l'autre, mais doucement, paisiblement, alentissant continuellement les sentiments qui vous peuvent arriver pour cela, mais je vous en prie, ma fille.

Or, puisque vous trouvez du profit à manifester si entièrement votre intérieur à M. Moreau , il faut continuer, mais avec une si sainte liberté que vous n'en receviez aucune contrainte, ni en votre personne, ni en votre conduite et gouvernement, ni pour les choses spirituelles, ni pour les temporelles : ce point est important, afin de laisser agir en vous l'Esprit de Dieu, qui veut Lui-même conduire et vous et votre maison. Et pour fin, ma très-chère fille, croyez-moi, demandez plus souvent à Dieu les avis dont vous avez besoin, qu'aux hommes; car c'est l'ami fidèle qui se plaît en la familiarité que les âmes prennent en sa Bonté. Je vous parle avec cette entière confiance, en toute sincérité, comme je ferais à ma propre âme, vous chérissant en cette qualité, car je suis de cœur tout à fait à vous. Dieu nous fasse la grâce d'être tout à Lui, c'est notre vrai désir. 11 soit béni.

\otre Sœur Hélène-Angélique [Lhuillier] m'a écrit qu'elle vous avait envoyé un paquet de lettres pour moi, croyant que je fusse à Rennes.

Conforme à une copie de l'original gardé au premier monastère de la Visitation de Paris.

ANNÉ1 1635.

LETTRE IICDI1 [Imédii

Page 1