VIVE
Tarit, 10 non ml : 1 1
J'écris i If. le théologal de Vannes, comme je n'ai vu nulle
disposition en DOS chères Su'urs du CrOÎSÎC pOOT changer de
lieu. Mais il y a quelque apparence d'une semblable occasion toute convenable pour employer la charité de fotre hou et cher cœur, ma fille. Néanmoins, doui nous i tî«>n> déjà engi : - es en un autre lieu pour cria ; je ne laii s'il réussira ; c'esl pourquoi, je n'ai rien mi dire d'assuré <'n ce sujet î M. le théologal , ma bien lui témoigner L'affection efl résolution que nous avons de correspondre au désir qu'il a de nous voir établies a Vannes. Or, dites-moi tout franchement et à la bonne foi, ma très-chère mie, m c'esl la tolonté de Messieurs vos Supérieurs efl la votre, de , s laisser entièrement la disposition de l'établissement de ce
lieu-la, comme il me Semble (pie vous nie signifies par la \oli
. mi cas que nous ne l'employions pas a transmarcher une de nos maisons, nous l'emploierons •» Caire la chante a une autre maison qui ferait la fondation, et je sous i rie de me répondre
à ceci h' plus promptemenl que vous pourrez. Je tais lain
dm ttre - s mot de lettre i [la poste], n'ayant le loisir de répondj à vos autres letun que je ferai, Dieu aidant, efl s d<
m s qui m'écrivent, par M. Marcher, notre « onfi iseur, leqtM I >ui lune nos bonnes Seeurs qui root fonder .i An. car je désire qu'il vous aille soir, puisque je n'ai pas en i bonheur de recevoir moi-même cette i olation, notre bon
Dieu ne l'ayant pas voulu. Je le benifl de tout mou OQSUf d<
toutes eh et an toutes choses, efl le prie nous combl< de i, demeurant très-véritablement voire, etc.
LETTRE MCDIII
A LA MÈRE MARIE-MARGUERITE MICHEL
A FRIBOURG l
Conseils pour la fondation du monastère de Fribourg. — Approbation du Coutumier. — Eloge des monastères que la Sainte a visités. — Mieux vaudrait ne jamais s'établir en Allemagne que d'y manquer aux observances et à l'esprit d'humilité et de simplicité. — Eviter toute exagération dans ses paroles.
Paris, 8 décembre 1635.
Ma très-chère fille, Je loue Dieu des bénédictions qu'il répand sur la maison de Besançon, et de la bonne conduite de ma Sœur l'assistante, qui se fait aimer du dedans et du dehors; mais j'ai pourtant ouï dire, ma chère fille, qu'elle est fort jeune, ce qui me fait croire que vous regarderez un peu à laisser quelqu'un en cette maison qui vous puisse succéder en la charge de Supérieure. Cette chère Sœur l'assistante m'a écrit, et me mande les artifices et les menées de ma Sœur Louise-Madeleine. J'ai toujours bien cru que cet esprit était fâcheux, l'ayant bien connu, nonobstant que vous m'en ayez écrit tant de merveilles. Ma chère fille, je lui écris selon votre désir, et une lettre qui ne lui donnera point de vanité; mais je mande à ma Sœur l'assistante de ne lui
1 La Mère M. -Marguerite Michel, quoique obligée de se retirer en Suisse avec dix de ses Sœurs {voirlanote de la page 114 de ce volume)^ ne laissa pas de gouverner le monastère de Besançon jusqu'à l'élection de 1636, qui désigna pour Supérieure la Sœur assistante Mad.-Séraphine Maréchal, dont il est ici question.
Quant à la petite communauté réfugiée à Fribourg, elle eut à soutenir de Longues oppositions delà part des magistrats, jusqu'au 9 novembre 1651, qu'il lui fut permis de se constituer d'une manière définitive. « Pendant ces loognei années d'épreuves de tous genres, disent les contemporaines de la Mère If. M. Michel, elle a constamment mis en pratique celte parole de nos lainti uvrei : fie se lasser jamais, ne désespérer jamais, ne s'arrêter jamais, quand il s'.igit de vaincre les obstacles opposés à la gloire de Dieu et à la réOMltC dpg œuvres destinées à procurer le salut des âmes. »
ANNÉE I6$fi
pas donner nia lettre, ri elle juge que cell poisse 11 troubler en ce cas qu'elle II lise au Chapitre, alin que DOI SoBOn connaissent que tout ee <jn"«*l I*- dit que j'ai contre v<> il est Urès-fimz, el qu'elles ne se laissent point persuader ni attirer par sei p iroles. Quant à ee qui est «le rotre établissement î Fribourg, je crois que si i Pâques roui n'en ava ane résolution, vous i devez toutes retirer en votre maison <!<' Besancon, el cependant vous pouvez condescendre \\n peu au petil désir de Monseigneur, tant pour apprendre la langue que la musique. Or je ne comprend! point, ma chère fille, comme quoi cet établissement se t'.ii. Pour ce qui est do temporel, jo crois bien qoe inh^ lerei
fournir la maison de Hesancon; niais, pour H COQ laite, voulue dit. » (pie j*j pourvoie d'une Supérieure. .le ne désire DU
\} en établir une autre (jue vous, ma très chère tille, car, comme vous my/., ce peuple ayant goûté votre esprit, il ne
leur faudrait pas parler de leur en donner une autre, outre qu'il ne serait pai a propos de le faire. Si Dieu veut se servir de vous pour porter ce petit Institut dans l'Allemagne, je n'ai rien a vous dire, mi très-chère fille, sinon (pie von s ^ portiei lOUJOUTS
votre cœur plein d'une fidèle et inviolable affection d'établir partout li parfaite oh-ervanee j m- une veritalde liumilite . simpli-
cité et charité; 1 1 pour tons, ma fille, que vousayei un grand
COOrage . et vnns teniez très-fa ISae de Ce qu'il lui plait se servir
de von- pour l'augmentation de sa gloire. Quant aux ■ lablissementsdeSalio ,G j et Pontarlier, il en but I le soin à 11
divine Provi l< oce, qui saurs bit n ) pourvoir, li elle veut qn'ili
issent. \nus - ivons In. ii, ma trèi chère fille, comme b \l>lii , et voyons encore IV itime que unis
faites de ma Sieur l'a-- i-t mte de 11 m . que li elle • il 11
ible et qu'elle ait l'âge de pro n < t l'autre [trente m*]
on environ, roui pourrai bien la laisser là pour si
votre charge; mais Ton m'a dit (ju'elle esl fort jeu et de
profession
Vous savez, ma chère fille, comme nous sommes venue ici pour le bien de l'Institut, et pour faire approuver notre Coutumier, ce que Messeigneurs les prélats ont fait très-cordialement, et ils n'y ont rien ajouté que quelques petites choses, que je me suis souvenue être des intentions de notre Bienheureux Père, pour nous affermir davantage en nos observances; et le monastère d'Annecy demeurera toujours fondamental aux autres, et l'on y aura recours pour toutes les difficultés, selon les intentions de notre saint Fondateur. — Nous avons reçu grande consolation de passer par divers de nos monastères; et à ce mois de septembre je suis allée en celui de Melun, Orléans, Blois et Tours, où plusieurs de nos Sœurs les Supérieures de là autour nous sont venues trouver. Je ne vous puis dire, ma chère fille, la satisfaction que ce m'a été de voir reluire en ces chères communautés le vrai esprit d'humilité, pauvreté et d'une exacte observance. Il y a un mois que nous sommes de retour à nos maisons de Paris, où Notre-Seigneur répand aussi beaucoup de bénédictions , ce qui ne m'est pas une petite consolation. Nous passerons, Dieu aidant, ici l'hiver, pour nous en retourner au commencement du printemps, moyennant la grâce de Dieu, que je supplie vous combler et toute votre chère troupe de ses plus saintes grâces. Je les salue toutes très-cordialement et leur souhaite le parfait esprit de notre saint Fondateur. Je vous prie , ma chère fille , de faire quelques prières pour les affaires de ce Bienheureux, afin qu'il plaise à sa Bonté de manifester sa gloire à tant de monde qui le souhaite, et je demeure de toute l'affection de mon cœur, très-véritablement, votre très-humble, etc.
[P. S.] Ma chère fille, quand je dis que vous pourrez laisser ma Sœur l'assistante en votre place, si elle a l'âge, j'entends que, si votre; Supérieur et vos Sœurs conseillères le jugent à propos, vous la pourrez mettre sur le catalogue de celles qui pourront être élues. — J'ai aussi fait réflexion sur cette musi-
que : je n'entends pas que vous la puissiei chantera l'Office.
J'anm T;ii> iiiit'u\ (jur DOUA iT.il I.i-m> <ii - jamais | n Allemagne ,
que d'j manquer a on leul point de noi observances, al à
|\ spril d'humilité et de limplicité propre aux Filles de la Visita-
, el puil tOOl cela M lerl qu'à donner de la vanité aux filles.
Il faut encore vous dire, ma chère Bile, <| n« m'a un
peu louché I»' ceeur de toit les termes donl \<>u> parlai de \ « » 1 1«*
ttante, disant : cette excellente, cette digne, el en an antre
endroit, incomparable et admirable unie, lion Dieu) ma
fille, que nos affection! ne doui lassent point user de < • rtainea
exagérations, contre ce qui est marqué. Votre bon coeur me
donne h confiance de vous dire ainsi tout ce que je pense,
dm- l'assurance que j'ai que vous le voulei bien. Dieu, par ia
bonté, vous rende toute tienne, ma chère fil)*' — lion istère da
i luboui
inal girdr aux .Arr . i Vil y.
LETTRE MCDIV
I i | S0K1 B M MIS- \l\li.i DE ail UTIM
l «»ii- .il h il mi / tout, ma chère fille, < votre né<jli<] Pi m /
|( bien «pu I Mil e>t «1<»n m- , • t m- riiiin / p.i<s aprrs ipiand Dieu
tire. Vous ferex et seras ce que Dm n voudi i , quand vooi
v mus h. n h . / Ici m. m v.i voir , sans « ! « • > i i er au Ire chose qUC
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1 il 1 1 « ! D . m i fille, lui .u.nt-tllc
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ce qu'il veut. Dieu permet que vous ayez des doutes contre la foi, afin de vous obliger à en faire des actes fréquemment; car, voyez-vous, ma fille, Il n'envoie les tentations qu'à des âmes qu'il prétend élever à une haute perfection. Pour tous ces doutes et ces craintes d'y consentir, c'est l'esprit malin qui fait cela; c'est pourquoi, ma fille, ne lui répondez rien, sinon : Arrière de moi, Satan, car je me repose toute en mon Dieu.
ferveur, * car (disent ses contemporaines) elle aurait, sans la force de l'obéissance, abrégé sa vie par d'excessives austérités » .
Lorsque, en 1638, elle fut élue à Thonon, la Sainte dit à la Sœur tourière venue pour la chercher : « Faites bien profit du temps que vous pourrez garder votre nouvelle Supérieure : vous n'en avez jamais eu et peut-être nen aurez-vous jamais une semblable. » De Thonon la Mère de Rabutin alla gouverner les monastères deBeaune, Charolles et Mâcon. Elue à Annecy en 1662, sa supériorité, illustrée par la canonisation de saint François de Sales, aurait été des plus heureuses, si l'enfer, jaloux de la gloire de ce grand Saint et furieux contre la zélée Mère F.-Mad. de Chaugy, n'eût semé la zizanie dans le champ du père de famille. L'élection de l()Ti remit encore le gouvernail entre les mains de l'humble Religieuse. Dès lors jusqu'au 13 juillet 1678 elle ne descendit plus du Calvaire, d'où elle s'élança au Thabor éternel.
Tous les éloges donnés à la mémoire de la Mère de Rabulin sont résumés dans ces paroles de sainte J. F. de Chantai : « Quand une fois Sœur Marie- Aimée sera de retour en ce premier monastère d'Annecy, il ne faudra plus l'en tirer. Quoiqu'elle soit ma parente, je ne puis m'empècher de dire que l'on trouvera toujours en sa conduite une règle vivante et les plus pures maximes de l'Institut. » (Archives delà Visitation d'Annecy.)
LETTRE IICDV
1 i. I mi;im LOUISE-DOROTHÉE DE M IRIGNY
mua
Bornnniiuffw cm- Montpellier. — Visites fait, s à différents
— Projet «le roj mitante. — Uis spirituels.
vivk f lin '
P*ri». 10 décembre 11SS5].
M.\ TU! s-CHl.HK Fil !
C'esl bien la vérité que Monseigneur votre digne <it Irès-vertneni prélai était notre conseil; car je lui ai une Ires-véritable et enti( re confiance, et ion affection a notre Institut < si incomparable. L'on fit encore bier la communion générale pour lui, afin qu'il plaise à notre bon Dieu nom le conserver longuement
pour sa gloire, car certei nous lui avons de très-graodei obligations. .!<• mis bien consolée, ma chère fille, de ce que i maintenant sur la fin de votre bâtiment, el qu'il soi donné de l'argent pour cela; cette adorable Providence vous
pourvoira de tout CC <|ui est requis pour faire #VOtre maison,
comme je l'en supplie de lout mou cœur.
il i.uit bien, > « • I « » r i mon affection au voire, vous dire un peu de nos pt lites nouvellei el comme, a ce mois de septembre el d'octobre, nom avons « lé voir nos bonnes el chi eurs de
Ifelun, Oi B el Tours; el la n<>^ chères Sœurs < I « s
maisons plui proches nous lonl venues trouver. J'j ai, je vous assure, ms chère Elle, reçu beaucoup <1»' satisfaction de voir reluire en rommunautéa l'espril d'une véritable
humilité, pauvreté el d'une exacte observance. Nom tommes in.iiiitcn.iiit de retour en uns maisoni de Paris, oit Dieu i aussi abondammenl - nom j p — • rons, Dit u
aidant, l'hiver pour nous en retourner au printemps. Quk l'on nie commande d'aller i vous, croyes que j<' l«- ferai de bon cœui , nu i Irès-chère fille Nom poui i ifficilemenl partit
d'ici devant Pâques, et il nous faudra repasser par la Bourgogne; cela mangera le mois d'avril. Je ne sais si, après cela, les chaleurs du mois de mai et de juin pourront être supportées en vos quartiers; car je crois qu'il faudra bien deux mois en ces quartiers-là. Mandez-le-moi un peu, ma très-chère fille. Je ne manquerai de faire ce qu'il faut vers madame de Meignelay. Au reste, votre intérieur va bien, grâce à Dieu. II faut un peu se divertir de ses abattements et mélancolies; mais je vois que le fond de Pesprit n'en est pas pénétré, et que là Dieu vous fait sentir sa suave présence et un repos et confiance en sa bonté; cela vaut mieux que de fondre en de grandes ardeurs et sentiments. Vous avez un bon Maître, qui vous connaît et qui prend soin de vous conduire ; vous n'avez besoin que de suivre ses divines lumières et attraits et vous contourner selon son bon plaisir, sans résistance. Je supplie sa Bonté d'accroître en vous son saint amour, auquel je suis et serai sans fin et de tout mon cœur toujours vôtre. — Monastère du faubourg.
Conforme à l'original gardé aux Archive» de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCDVI (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-HENRIETTE DE PRUNELAY
SUPÉRIEURE A RENNES
Voyage de 11. Marcher à Rennes. — Additions au Coutumier. — Quel est pour l'oraison l'attrait ordinaire des Filles de la Visitation. — Une Supérieure ne doit pas quitter les exercices de communauté pour parler en particulier à ses Sœurs.
vive f jksus !
[Paris, 1635.]
Ma très-chère fille ,
Voilà donc notre bon M. Marcher que j'ai prié de vous aller voir, afin qu'il m'apportât de vos nouvelles et de celles de votre ' hère communauté , puisque Dieu a permis que j'aie été privée de Ja voir. Il vous montrera les points qui ont été accrus dans