‹ LettresChapitre 24 sur 281 · A SAINT VINCENT DE PAUL · texte numérisé non relu

A SAINT VINCENT DE PAUL

Fille lui découvre humblement et confidemmeat letpeinei el mi combats iatériesrf,

Ifoai voilà donc, mon très-cher Péri . i ogagé ii Iravaillerdana la province de Lyon, et, par conséquent, nous voilà privées de

1 o Ile profonde et ten ne, quelle récipn

r.iiiuu ii . 1 i .ii. Sales el saint Vincent de Paul. I

,i, u v .i 1 1 i olc «lu Ccrav àt h lue, drainât, l'on ... l'.iut i i , Irai - beli i de rv»o nl.l

li h epi enl i ou II moi i I i rur, la Mèi

C.li.iui.il croti en te pla< conduite <1<' s. mit Vincent de Paul,

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lli LETTRES DE SAINTE CHANTAL.

vous voir de longtemps ; mais, à ce que Dieu fait, il n'y a rien à redire, ains aie bénir de tout, comme je fais, mon très-cher Père, de la liberté que votre charité me donne de vous continuer ma confiance, et de vous importuner; je le ferai tout simplement.

J'ai donc fait quatre jours d'exercices [retraite] et non plus, à cause de plusieurs affaires qui me sont survenues. J'ai vu le besoin que j'ai de travaillera l'humilité et au support du prochain, vertus que j'avais prises l'année passée, et que Notre-Seigneur m'a fait la grâce de pratiquer un peu; mais c'est Lui quia tout fait et le fera encore, s'il Lui plaît, puisqu'il m'en donne tant d'occasions. Pour mon état, il me semble que je suis dans une simple attente de ce qu'il plaira à Dieu faire de moi : je n'ai ni désirs, ni intentions; chose aucune ne me tient que de vouloir laisser faire Dieu; encore je ne le vois pas, mais il me semble que cela est au fond de mon âme. Je n'ai point de vue ni de sentiment pour l'avenir; mais je fais à l'heure présente ce qui me semble être nécessaire à faire , sans penser plus loin. Souvent tout est révolté en la partie inférieure, ce qui me fait bien souffrir, et je suis là, sachant que, par la patience, je posséderai mon âme. De plus, j'ai un surcroît d'ennui pour ma charge; car mon esprit hait grandement l'action, et, me forçant pour agir dans la nécessité, mon corps et mon esprit en demeurent abattus. Mon imagination, d'un autre côté, me peine grandement en tous mes exercices, et avec un ennui assez grand. Noire-Seigneur permet aussi qu'extérieurement j'aie

demi douceur, et au besoin la même énergie. De son côté, la Sainte fut pour son nouveau Guide ce qu'elle avait été pour le Bienheureux I I [ne de Genève | et lui montra toujours même ouverture de cœur, même humilité, même obéissance. De ces rapports intimes et sacrés dut résulter, doute, un touchant échange de lettres : malheureusement, il ne reste qne de faibles débril de cette précieuse correspondance, qui se continua jusqu'à la mort de la Mère de Chantai.

plusieurs difficultés, en sorte que chose aucune ne me plaît en cette vie que la seule volonté de Dieu qui veut que j'j

sois. Et Dieu me fasse miséricorde, que je vous supplie Lui demander fortement, et je ne manquerai pas de Le prier,

comme je fais de tout mon cœur, et qu'il vous fortifie pour la charge qu'il vous a donnée.

LETTRE DCCCXXVIII

A LA MÈRE MARIE-MARGUERITE MICHEL

SUPERIEURE A DIJON

Séjour de Mgr de Bourges à Dijon. — Avis sur divers sujets. vive •]• Jésus!

Ma très-chère fille,

[Paris, janvier 1628.]

C'est la bonté de votre cœur qui vous fait recevoir avec tant de contentement nos lettres. Certes, ce m'est aussi une grande consolation de savoir que tout va si bien et si doucement chez vous. J'en loue et remercie Notre-Seigneur , et supplie sa Bonté, ma très-chère fille, de vous continuer et accroître ses saintes grâces.

Hélas ! je n'en [doute pas, que la présence de notre digne et bon archevêque ne vous donne beaucoup de suavité , non plus

1 La Mère Marie-Marguerite Michel, née à Salins (Franche-Comté), fut irne de ces âmes fortes qui ravissent le ciel par la violence. Richement douée des avantages de la nature et de l'esprit, elle errait sur le chemin de la vanité et du mensonge, quand tout à coup sa fragile beauté disparut par suite d'accidents successifs, qui la rendirent boiteuse pour le reste de sa vie. Terrassée comme un autre Saul, elle se livra à Dieu avec la même ardeur quelle l'était livrée au monde, et vint en 1618 se présenter au premier monastère d'Annecy, où elle ne tarda pas à devancer dans les voies de la perfection les cœurs les plus généreux. Ravi de sa constance et de tarage, laint François de Sales, au milieu des âmes d'élite dont il était ronoé, De craignit cependant pas de dire : « Je n'ai jamais connu péroné qai ait plus de force d'esprit et de talents pour la direction que la nr Marie-Marguerite. "Après avoir misa profit ce don de Dieu, d'abord

ANNÉE 1628. Il"

que de la très-grande et sincère charité do pauvre cher cousin, qui est certes incomparable, et c'est elle qui lui donne l'aversion de voir entrer parmi nous des esprits qu'il n'en juge pas

capables. Certes, je ne saurais dire si cette petite Desbarres sera propre ; car, d'une part, vous me dites qu'elle a un petit esprit, mais très-doux et maniable, et qu'elle fait des réponses de bon jugement. Je ne sais pas qu'en dire, sinon que vous qui la voyez, avec les Sœurs, lassiez ce que Dieu vous en dictera, car je sais que le cher cousin sera content de cela.

Mon Dieu! ma très-cbère fille, je vous prie, ne laissez jamais entrer dans voire esprit ces niaises pensées qui vous pourraient troubler; car je sais que voire bon et cordial amour pour moi ne pourrait souffrir ces petits soupçons sans peine; et, de vrai, ma fille, c'est une tentation, car je vous aime et cli* ris de tout mon cœur. — J'espère de voir Mgr de Langres cet hiver; mais puisque la Règle nous renvoie au Père spirituel, il faudrait s'arrêter li; toutefois, puisque vous en au/ écrit à ce bon prélat, il faudra encore un peu différer que je lui aie parlé. — Adieu , ma très-cbère fille; vivez dans ce

parfait abandonnement de vous-même, et soyei toute pure et

eus monasten i d<' Belley et Dijon, elle établi! et gouverna la maisons de i D,Fribourgi Soleore, contribua aui fondations de DéletGray, Salins,

Grojèrei depuis transféré à Lai et peu s'en fallut qu'alla no portât la

\ isitatiou jusqu'au estrémiti idn Canada. • -1 lis volontiers ma vie,

■ i - les fondations des maisons de D i les bâtir, pourvu

qu'il ) soit ;{lorilic, et qu*oo Loi élève des autels ■ -Christ son Pila

unique Lui loil chaque jour en sacrifice. L'intrépide foi <!<• cette

humble Rel ne le démentit jamais, an milieu des rudei ép euves

qu'elle eut i nibir , <t quand tous les appuis I il autour

d'aile, -"ii courage, pbss grand nue la tribulation, l'éleva jusqu'à l'héroïsme. La Mère Michel, r, ml ach< i as de lupérioriti I Verceil,

it d'être élue au moi d'Arone Italie , l< -r-<| m*, le 29 août I1

elle dép laive du combat pour saisir la palme du triomphe, [VU*

de Ml SwpMtWM de l'Onlrr <U lu l tutdlicn.)

toute simple dans l'étroite observance. Je suis de tout mon cœur toute vôtre. Mille saluts à nos chères Sœurs.

[P. S.] Je suis bien aise que notre pauvre chère Sœur de Vigny retourne à vous ; c'est une âme toute nôtre, et qui mérite une sincère et entière confiance.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DCCCXXIX

A LA MÈRE PAULE-JÉRONYME DE MONTHOUX

SUPÉRIEURE A BLOIS

Gratitude et confiance dues aux Pères Jésuites. — Il ne faut pas donner le petit

habit à des enfants trop jeunes.

vive -J- jrésus!

[Paris], 1628.

Ma très-chère fille,

A mesure que Dieu nous destitue plus d'appui et de secours humain, Il nous signifie qu'il veut que nous mettions en Lui toute notre espérance et confiance. J'espère pourtant qu'il vous conservera le bon M. Riolîé. — Quant à ce bon Père Jésuite dont vous me parlez, je suis étonnée que vous ayez toujours quelque mortification de ce côté-là, vu qu'en tous nos autres monastères ces bons Pères nous témoignent tant d'affection, et nous rendent tant d'assistance que nous leur sommes grandement obligées. Il ne se peut pas dire l'honneur et la révérence avec laquelle ils parlent de notre Bienheureux Père en leur» sermons. Mais il ne se faut pas étonner si, parmi un si grand nombre, il s'en rencontre quelqu'un qui n'est pas de L'humeur des autres. 11 ne faut pas pour cela vous aliéner cette sainte Compagnie, mais nous nous y devons tenir toujours unies, car notre Bienheureux Père nous l'a recommandé. Et si bien vont aurez trouvé là sujet de mortification vers quelques-

ANNÉE 1628. Ufl

uns, il faut que vousrous souveniez qu'ailleurs vous avez aussi trouvé de Futilité en d'autres, afin que le souvenir du bien passé vous fasse supporter doucement les petits mécontentements présents. Je n'ai jamais vu en nos autres maisons aucun sujet de plainte contre eux, grâce à Xotre-Seigneur.

Je n'ai point su qu'en aucun de nos monastères on ait reçu des filles pour le petit habit à l'âge de six ans, sinon en qualité de fondatrices ou bienfaitrices ; car ce titre donne l'entrée du monastère à quelque sorte de condition que ce soit; mais les prélats veulent et méritent toujours quelque préférence, et peuvent dispenser de l'âge en ce qui regarde ces petites; et au reste, ma fille , il est toujours bon de se tenir ferme dans l'enclos de l'observance.

Ma très-chère fille, il faut que je vous dise en confiance que j'ai reçu une lettre, qui ne m'a été écrite d'aucun Jésuite, ni en nulle foçon de leur part, qui fait mention de quelque chose qui

il passé entre ceux de Blois et vous, en divers temps et occasions. Hélas I ma très-chère fille, cela fera bien parlcrle monde d'eux et de von- s'il s'en apercevait, et que l'on connut de la froideur en la communication que leur maison et la vôtre ont toujours eue. Bien que Ton puisse avoir tort quelquefois, ma très-ehere

fille, si, ne devons-nous jamais mécontenter personne ni (aire des revanches, ni moins, nous désunir de quelque ecclésiastique que ce soit, tandis qu'ils onl la crainte de Dieu el la bonne cenommée, comme onl cet Pères qui nous obligeai tant et partout. Prenes <<< i forl simplement el en Eûtes un bon et doux ii~ selon la sainte el charitable prudence chrétienne el selon notre confiance cordiale.

Dieu répande son sainfl amour inr votre très-chère àme.

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LETTRE DCCCXXX

A LA MÈRE JEANNE-MARGUERITE CHAHU

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