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A UNE SUPÉRIEURE DE LA VISITATION

Les maux de cette vie nous obtiendront un surcroît de gloire dans l'autre.

vive -j- JÉSUSÏ

[Annecy, 1636.]

Ma très-bonne et très-chère fille,

Certes , je ne sais que vous dire sur les alarmes où vous êtes puisqu'elles sont quasi universelles, et que ce pays, comme l'on nous dit l'autre jour, est bien en crainte. Que faire, sinon nous humilier devant Dieu et nous réfugier sous sa protection, lui soumettant tout notre être, par un entier abandonnement en ses mains paternelles, nous confiant qu'il ne permettra pas que plus de mal nous arrive que nous n'en pourrons porter, et qu'il convertira toutes choses à sa gloire et au plus grand bien des âmes; et cela nous doit suffire, puisqu'il n'y a mal qui nous puisse arriver en ce monde, quel qu'il soit, qui ne nous puisse servir à obtenir une plus grande gloire dans le ciel, qui est le seul vrai bien qu'il faut regarder, désirer et espérer. Et bienheureux sont les maux que nous souffrirons en celte vie , s'ils nous servent d'échelons pour monter en cette cité éternelle.

Nous avons aussitôt commencé les prières, encore que quasi il ne s'en fait point céans sans la participation et compassion que nous devons avoir des maux de notre prochain , comme n'en attendant pas moins, si Dieu ne détourne sa main de dessus nous. Sa bonté veuille avoir pitié de tous, confortant les affligés et convertissant les coupables. Il faut que je vous confesse ingénument que je souffre beaucoup en mon cœur et en mon esprit pour les afflictions où je crains que nos pauvres Soeurs de la Bourgogne tombent. Mais toutefois je désire m -iffermir et prendre force dans cette vérité, que Dieu ne leur donnera pas une charge plus pesante qu'elles ne pourront porter, et que sa Bonté fera abonder en elles et sur tous ceux

qui sont oppressés, toute* sortes de grâces. C'est bien Ici le temps, ma clin»' 611e, de faire des prières el oraisons pour

apaiser l'ire de Dieu , lequel DOOS bsM 1 1 :;ràee de confesser

de cd'iir qœ doi péchéi méritenl bien ces ebâUmeats, et partant

que nous les recevions comme ne juste pénitence divine.

Conforme à uim- < npic gardée aux Arrime* delà l inUtioti d Wnurct

LETTRE UCDXLV Inédite) \ là ui.Hi: M 1111 ..|\\in.i.\ 1 1. jol.Y DE LA ROCHE

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le retourne «mi espril vers \mi<, pour soui embrasser de tout mou cœur el toutes dos chères Sœurs, el les ressouviens (pie leur principale affaire soit de (sire leur salul , selon

l'excellente fOCâtiOl] que Dieu leur a donnée, où iueessamment

elles doiveol avancer a la perfection très-pure el sainte qu'elle

requiert d'elles. \I,, fl i ] I «- , je ne \nu> ai pas «lit ipie J avais

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de I' avatn cillent an bien; niais, nia tmite chère Bile, il tant de R< ■ ne nu m. I obéi»] par lainlc J I ■!• I formée

\l I' M I S \l I • Bti profil i |j |, l.ur s

uifiils . iju lient! il l'un U . t lurnatureU elle j"

bientôt toutes 1--^ 't ises dani la prof< [iruses».

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Ames qui nnl I .mmur. h S I" folome.]

plus en plus les porter à se ramasser toutes pour cet unique bonheur de s'aimer, se plaire, et se rendre fidèles à se tenir auprès de notre bon Dieu , et à vivre dans une très-ponctuelle observance, amour et estime l'une de l'autre- et qu'elles soient assidues à l'Office divin et aux communautés, se rendant courtes au parloir, car comme notre Bienheureux Père dit à Lyon : « Aux longs discours il se passe de grandes inutilités, » Montrez-leur en cela un saint exemple, ma très-chère fille; je vous assure que Dieu vous en saura gré, et j'en demeurerai très-consolée pour le bien qu'en ressentira votre chère âme. Madame D... m'a dit, et de la bonne façon, qu'encore qu'elle n'en eût rien dit, que son intention était de faire du bien, n'ayant point d'enfants; mais, ma chère fille, tâchez de leur faire tirer des biens spirituels de votre conversation et de celle de nos Sœurs, et les portez à vivre chez vous avec telle modestie, que les Sœurs même en soient édifiées. Comme aussi vous les devez avertir qu'elles ne les entretiennent que de choses saintes. C'est de cœur tout ce que je vous dis, et pour le désir que Dieu soit glorifié de vous toutes.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Gharabéry.

LETTRE MCDXLV1 (Inédite)

A MONSIEUR L'AVOCAT PIOTON

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