SUPÉRIEURE A DOL, EN BRETAGNE
Impossibilité d'aller visiter sa communauté.
vive f jésus!
Paris, 31 janvier 1628.
Ce n'est pas pour vous écrire, ma très-chère fille, car je n'en ai pas le loisir , mais pour vous témoigner seulement l'incomparable affection de mon cœur pour le vôtre, qui m'a toujours été très-particulièrement cher, parce que j'y ai vu un véritable et constant désir d'être tout à Dieu , dans la parfaite observance de nos saintes Règles. Hélas ! ma chère fille, croyez, je vous en supplie, que si nous ne pouvons vous aller voir, ce ne sera pas faute d'affection, et plusieurs de nos autres monastères seront aussi retranchés; car déjà l'on me presse de retourner pour les affaires de notre tant saint et Bienheureux Père; mais nous vous enverrons tout ce que nous aurons ramassé de ce Bienheureux, et croyez, ma très-chère fille, que mon esprit ne se séparera jamais du vôtre. Dieu nous a conjointes, et conservera, s'il Lui plaît, cette union en Lui, à l'éternité de sa gloire.
Pour ce mot que je vous écrivis, que vous vouliez bien que je vous disse, c'est ma façon de parler, et non par aucune méfiance de votre chère dileclion, en laquelle j'ai parfaite confiance comme à ma vraie et très-chère fille. Je serais bien aise de savoir l'état de votre cœur avant notre départ d'ici, où je vois qu'il faudra passer l'hiver. — Je suis pressée. Adieu, ma fille tri ï-chère et bien-aimée; je salue toutes nos Sœurs, que j'aime cordialement Dieu nous fasse toutes vivre dans la pureté de ion amour divin et en l'amoureuse pratique de notre abjection.
0 ma fille! l'amour de cette petitesse sera la vraie grandeur des Filles de Sainte-Marie. Je suis votre sans réserve.
Dieu soit ht ni' Conforme à l'ori;;inil {jardé aux Archkes delà Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCXXXI
A LA NÈ1E IfAlIB-AIMÉE DE BLONAY
imu 10 RIMBI MBJflÉIl DE LYON'
La Sainte se réjouit au Eureon spirituelle! dont Dieu comble cette Mère. Si peine (juand elle est obligée de contrôler qoelqu'un.
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[Pirii], 10 février [1698].
Mon Dieu! ma vraie très-chère fille, que voire lettre du jour du grand saint Paul m'a été douce et à grande consolation ! Oh !
ma 611e , il est vrai, je crois qu'il n'y avait que notre Bienheureux l'ère, notre S<eur Favre et moi, à qui Dieu donnât la lumière et le sentiment de votre disposition, et de ce que M
Bonté faisait espérer de vous. Que béni soit éternellement Celui qui nous élève de la poussière de notre néant, pour nous donner la dignité et l'honneur d'être siennes! Ma lille! vraiment, mon incomparable Irès-ch&re fille, je ne vous saurais dire le ressentiment pressant que j'ai de tant de grâces que Dieu vous départ; mais, ma fille, faites, je vous prie, par vos in ter, lions, que je ne mis plus ingrate k mon Dieu ; mais que dorénavant^ je le lerve en pureté et pariait anéantissement de moi-même, le suis m t<>rt accablée d'afiaires, de visites, de tracas que ['admire comme Dieu me soutient et ne supporte en tant de fautes que je commets. Se douce Bonté me délivre de moi-même et me lasse vivre I Lui seul, le la loue du bon progrès de m v ors de l'une et de l'autre maison.
J'écris » M. do la Paye selon votre désir, mais je ne sais quoi ;
rous en ferez ce que vous voudrez. Ce serait un vrai dérèglement que de vouloir nous contraindre à vous laisser là encore Supérieure; je crois que Dieu lui divertira cette pensée.
Voilà la lettre de deux mois que Ton avait égarée à Orléans; je vous l'envoie sans me souvenir de son contenu. Vous verrez dans celle que j'écris à notre Sœur la Supérieure [d'Annecy] ce qui se passe ici : je lui parle avec confiance selon que je me sens obligée devant Dieu. Cette nuit, j'ai veillé deux ou trois heures, pour la peine que ma nature ressent de contrister le cœur de cette pauvre chère Sœur, et de faire des remuements; mais je craindrais de manquer à Dieu et à notre Institut, si je ne représentais à qui je dois ce qui se passe, afin qu'eux, qui sont Supérieurs, concluent selon que Dieu leur inspirera, et moi, que j'obéisse et me charge de ce faix selon qu'il plaira à Dieu. Recommandez cette affaire et celles de notre Bienheureux Père à cette infinie Bonté. — Je ferai répondre aux affaires; car certes je ne puis fournir à écrire, et c'est charité que de ne me point écrire pour avoir réponse; ce que je ne dis pas pour vous, car vos lettres me soulagent, me consolent et font du bien, car Dieu a mis une très-spéciale bénédiction en notre alliance, dont II soit béni! Amen.
[P. S.] S'il se peut, ma fille, faites-moi faire quatre ou cinq petits reliquaires comme le dernier que vous me donnâtes, dans lequel, comme en celui-là, vous fassiez mettre, s'il se peut, de ces petites fibrines qui sont autour de l'ouverture du cœur de noire Bienheureux Père, et me les envoyez le plus tôt que vous pourrez.
Je me suis toujours oubliée de vous dire que nous vîmes le Père Morin a Orléans; je lui dis le désir qu'aurait M. de la Paye àe mus mettre Supérieure au nouveau couvent; il me répondit qu'il s'en fallait bien garder, que Mgr de Lyon le trouverait fort mauvais. Je vous prie, si vous n'avez commo-
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dite prompte et assurée pour envoyer à Annecy, envoyez un homme exprès qui rapporte réponse , afin que cela ne nous retarde point tant en cette ville.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCXXXII