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A UNE GRA.YDE SERVANTE DE DIEU

Éloge des deux monastères d'Annecy. — Peines intérieures de la Sainte.

vive -j- JÉSUS !

[Annecy, 1636.]

Ma très-chère Mère,

J'ai eu tant de consolation en la réception de votre dernière lettre, si pleine de votre bonté et véritable affection envers nous, que toujours depuis je désire que vous me continuiez la grâce d'en recevoir quelquefois de semblables, et de vos nouvelles. Celles de ces deux familles d'Annecy sont bonnes, Dieu merci; et je vous puis dire avec vérité et confiance, ma très-chère Mère, que Dieu y répand de grandes grâces. Il y a en ce monastère premier, grand nombre d'âmes d'élite, entre

1 Comme il n'a pas été possible de découvrir à qui furent adressées les trois lettres que la Mère de lilonay a publiées avec cette seule inscription : a une grande servante de Dieu, lettres dont les originaux n'ont pas été retrouvés, on a dû leur donner ici la même adresse que dans les précédente édition! .

lesquelles il s'en trouve qoe Dieu élève à une très-épurt solide perfection, el tonte 1 1 famille marche avec use grande

paix et union. Noire bonne Mère I'eronn» -M ii i«' de Châtel, Supérieure «le céans, les condnil for! bien : la gloire en soit a Dieu, auteur «le tout bien ! I.a seconde maison esl one famille innocente, pure et ponctuelle k l'observance, que

celle-ci. Enfin, il semble que i nd el divin llattre se pi

à donner grandes bénédiction! di mo et, j i

ivis qoe je n gois des antres, ;•■ tir.' sujet de me confondre et rendre d'immortelles [actions de Notre-Seigneur.

Notre bonne Mère ri moi n'avons qu'un cour, .le tâche de suivre la communauté en tool i pratiques, mais imparfaitement i iiimi accoutumé* . L'on a peine à me le souffrir, el Ton me rend tant d'honneur et d< race que cela m'est à chai

mais je lâche de m'j soumettre par obéissance

Notre bon non, m'envoyant tant d'occasions ■!»• contentement parmi ces chèr< i âmes, m'a envoyé on exercice de peine intérieure sous laquelle je sécherais si sa Bonté ne me tenait

(!«• >.i main. Je un ... m, ts «le toutes mes faibles foret - ï

justes jugements , et vous conjure, ma très-chère Hère, <!«• lui proteste r souvent pour moi que j«" ne le veui plus offensa m- lui demande que cette grâce, et que je fasse el souffre tout selon -<>n bon plaisir, el comme il lui plaira. .'•• dis ceci sans lumière m goût, m lia je veux que ce ><>it «!«■ tout mon cour. Voyes m j'ai besoin de vos pi 1 1 de celles de vos chères

Sœorsl Procures- moi, ma bonne M' icore (.ll<- de oos

unis qoe sous conns ivoir crédit auprès «le notre

trèa-débonnain Sauveur, ifin que j'obtienne par mde

miséricorde que je sois éternellement unie a Lui, pat I immortalité de v., ;r|()|| ,

Ma tr«- . hère Mère, j.' -.us ! i, h que |«- parle a v.uix seule,

leloo mon accoutumée, i m < . tic < onfiancc je ne von- puis rien

Cel( i, -aillant aUSSÎ quelle esl la Véritable honte de votre cietir

pour moi. — J'ai béni Dieu quand j'ai su que notre très-chère Mère du très-divin Sacrement était rétablie. Enfin ce grand Gouverneur achève ses desseins quand il lui plaît; et toutes ces traverses qu'il a permises se convertiront à sa gloire et au bien des âmes. Votre, etc l.

1 II y a dans la correspondance de sainte J. F. de Chantai, en cette année 1636, de regrettables lacunes : la plus sensible est celle qui a rapport à la béatification de saint François de Sales , dont la poursuite fut interrompue à Rome par le décret d'Urbain VIII, qui défendait de présenter aucun procès concernant les vertus et les miracles des personnes mortes en odeur de sainteté avant qu'il se fût écoulé cinquante ans depuis leur mort. Une telle sentence obligea le Père dom Maurice à suspendre toute poursuite. Le 17 mars 1636, il partit de Rome après avoir consigné dans les Archives de la Sacrée Congrégation tous les papiers qui concernaient cette sainte affaire.

« Le retard de cette si désirée Béatification, lisons-nous dans les anciens Mémoires, fut pour notre digne Mère le plus grand sacrifice de sa vie. Après s'être jetée entre les bras de la Providence, elle fit appeler sa chère secrétaire, Sœur F. -Madeleine de Chaugy, et lui dit les choses les plus touchantes, ajoutant :

« Une seule chose me console dans cette triste conjoncture. Outre la u volonté de Dieu que j'adore en tous les événements et qui sera toujours « la règle de ma vie, c'est que je vous laisse pleine de santé et de vigueur, « et que je vous charge et vous commande expressément de sacrifier tout à ■ cette sainte cause, dès que vous y verrez le moindre jour. Gardez-vous u bien au reste, ma chère fille, de souffrir jamais que les contre-temps « vous fassent changer de conduite, ni reculer en arrière; c'est ce qui doit « au contraire réveiller votre confiance et ranimer le plus votre courage, « l'expérience de plusieurs années m' ayant appris que Dieu se plaît assez « souvent à confondre et à humilier la faiblesse de sa créature, pour faire « triompher avec plus d'éclat et plus de gloire la force et la puissance de : son bras, qui ne brillent jamais mieux que quand les vues humaines nous « défendent de plus rien espérer. »

On lait avec quel dévouement et quel succès la Mère de Chaugy répondit ■» I ilteute de sa sainte Fondatrice.

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Je vous lonhaite, en ce commencement d'année, lei plus chèrei et préciem Icea de noire bon Dieu, et que - 1 - tinte douceur lei répande aussi en abondance sur votre chère troupt ; et, avec cela, une heureuse santé à ma très-chère grande Bile, autant <ju il en est requis pour le service de la gloire de Dieu en sa chère Congrégation. Ma fille, je vous demande en étrennes une assistance spéciale <-t attentive <!<• v<>- prières, et de celles

nos très-chères Sœurs; mais, je vous en prie, j'en ai un

oin lui i I. j< vous en assun , ma très-chère fille. Notre

bonne Mère Supérieure vous écrivit l'autre jour, pour répondre à vota ode lettn

I bon Père qui vous porte ce billet s'en i i I Lyoi

qu'il nous ;i «lit; mais je vous supplie, ma u*ès-ch< tude

fille, de taire pren Ire a irdc s'il ne retournera point s. Chambén , et, v, lnnv foyes qu'il nf parte pas aussitôt, je vous supplie

de faire chercher uur commodité de quelqu'un <|ui aille à Lyon, et faites retirer notre paquet <|u<' nous avons remis ï ce bon Père, pour l'envoyer le plus promptemenl qu'il se pouj

Ctf • lelln itiou pour la maison «le

M. «If Cool toges, qui décéda il \ .1 environ tnu> st-in mio ou un

mois. Voilà la pauvre petite de Chantai tout à fait orpheline.

J'espère que Dieu en aura toujours un plus grand soin.

Croyez, ma pauvre très-chère fille, que ce m'est bien de la consolation de voir votre cœur dans cette entière liberté et assurance de moi, qui réciproquement sens le mien dans une confiance et franchise toutes cordiales pour vous, qui m'êtes plus précieuse que je ne saurais dire. Demeurons ainsi, et toutes en Notre-Seigneur invariablement; Il soit béni éternellement!

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.

LETTRE MCDLX (Inédite)

A MONSIEUR L'AVOCAT PIOTON

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