A THONON
Retard de la fondation de Turin.
vive f JÉSUS !
Annecy, 11 janvier 1637.
Monsieur,
Vous m'obligez extrêmement de l'avis que vous nous donnez de cette bonne Mère, qui a un extrême besoin d'être modérée et adoucie en ses ardeurs. J'avoue que son procédé, si contraire à l'esprit de notre vocation, nous donne beaucoup de douleurs; je crains qu'elle nous nécessite enfin de la retirer de là. Je lui vais écrire selon ce que je dois; mais, en telle façon, que vous ne devez point craindre qu'elle sache de quelle part me sont donnés les avis. Je prie Dieu vous rendre votre charité el lui veuille donner la disposition d'en tirer profit.
Vous ne me dites point si votre affaire s'avance. Pour celle
de Turin, elle est toujours en même état : les bonnes paroles
continuent, mais les effets ne s'en ensuivent point. L'on croit
qu'il y a quelque affaire d'Etat qui empêche. Ce que je dis ici,
t î vous leol, mon très-cher frère, qui par votre bonté et
sainte affection vous Gril prendre put à tons nos intérêts. Nom remettons tout entre les maim de h Providence, qui en fera selon son bon plaisir. Je supplie ion infinie miséricorde <lr répandre mr vous ses plm saintes bénédictions, et mr tous vos bons desseins. — le demeure d'une entière affection] Monsieur, votre très-humble servante.
Conforme i l'original gante un • ■!•• la Vil rj.
LETTRE UCDLX1 Inédit
\ LA Mi.lîi. LOI ISE-DOROI BÉE DE M IRIGNV
l (RI 4 UONTIH l.H ït
Eiplicalioni relative! à la fondation à Toulouse. — La M< • ! B<\iumont
(lent être |t :i (jni doil ^i1 faire i Montpellier.
m r. '■ là
15 jantirr [1€ \I\ TIÈS-CHÈRE ET BOXXE Fil LE,
Nous reçûmes nier la réponse touchant la Bulle, de laquelle je vous remercie; car nous en étions en peine. C'est une pièce d'importance, de laquelle je vous supplie de rendre mille ;i Monseigneur pour le soin qu'il i en <lr la faire accommoder comme il tant, 1 > î< - r i que nous ne sachions pas i ncore -i eu\ .1 Parisi
p. un- le second point <!<• votre lettre, qui est le sujet pourquoi je vous écris maintenant, ma très-chère fille, louchant la fondation de Toulouse, p' n<- vous <'n ai rien répondu cette dernière i u notre bonne Mère Supérieure de céans l'avait loi et loti amplement, et s adressé la lettre •• nos Sœurs d'Avignon, et voii^ i rcrit encore une autre fois depuis le temps que vous marques. le suis bien étonnée de ce que voos m'écrives, que Ton v «ut tout maintenant l'argent proposé pour cette fondation, vu que je n'ai jamais dit qu'il lut prêt Je pense «pu1 voici ce que j'ai toujours écrit, c'est que madame de Montmo-
v,: LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
rency, laquelle ne veut pas être nommée (bien que vous le puissiez faire à Monseigneur et à ceux que vous jugerez propres à garder le secret qu'elle désire), cette dame donc nous a proposé le désir et la résolution qu'elle a de faire à Toulouse une fondation de notre Institut; et je crois qu'elle prétend y fournir non-seulement jusqu'à vingt mille écus, mais encore davantage, car elle s'est fait entendre de vouloir bâtir et fonder. Or, comme elle croit que si certaines personnes savaient son dessein, on la contrarierait pour cela, elle me pria de vouloir procurer, par l'entremise de qui je pourrais, les permissions requises pour cet établissement , sans qu'on dît pour qui. Vous vous êtes employée à cela, ma très-chère fille, vous ayant trouvée embarquée dans les pensées que certains Pères vous en avaient données ; mais je crois que vous n'avez jamais dit à personne que l'argent fût prêt à livrer ni que la dame fût prête à parler, d'autant que je n'ai pas avancé cela ; comme aussi m'a-t-elle toujours dit qu'il fallait attendre que ses affaires fussent faites, lesquelles dépendent aucunement des affaires du monde, parce que c'est le prince qui lui doit donner grande somme d'argent. Elle n'ose pas en ce temps ici le presser, et , par conséquent, lui s'excuse; aussi est-il bien aise de ne l'être pas. Ainsi, n'ayant point d'argent, elle ne peut pas parler; mais sitôt qu'elle en aura, elle en donnera, sans vouloir toutefois être nommée. Elle croit que cela servirait d'obstacle à son dessein, qui est d'aller passer le reste de ses jours là auprès du corps de son mari , et y veut être avant que l'on sache qu'elle y veuille aller l.
Il va du temps pour cela comme vous voyez, et je pense que
1 Madame de Montmorency renonça dans la suite à ce projet et fit transporter |. du din; son époux dans l'église de la Visitation de Moulins, <>ii elle lui ('leva un magnifique mausolée, que le temps et les révolutions ont reapeet*. Abandonnée pour un moment, la fondation de Toulouse, pour- Bdf DOnveu par le monastère de Montpellier, s'effectua le 1er mai 1647.
AWI.L 1637.
madame d'Arpajon i Irop de piété et de bonté pour vouloir s'offenser (l'uni' chose qui n'est pu en votre pouvoir; car je m'assure que vous ne loi êtes pas «lit que l'argeol lut prêt, ni que la dame lut prête i l'obliger tout promptemeot. L'on prélupposaifl que les licences l'obtiendraient comme elles ont accoutume d'être données, qui esl qu'on permet .1 tels Religiem ou Religieuseï de l'établir en telle ville, .1 la charge
qu'il- n'j entreront point qu'il> M fournissent telle et telle
chose qu'ili ont promise. Si l'on a obtenu des licences flomme cela, il m tant donner un pan de patîen assurément
cette dame ne manquera jamais de parole, mail I- - afiairei an France lont en tel état qu'elle ne peul pas l'exécub 1 a cette heure. .!«■ vous assure, m 1 très ■chère fille, que j< 1 morti-
tout (••• qui m peut, si, faute de s'être bien entendues, vous perdiei madame d'Arpajon et encore plus m petite-fille; mais il n \ a point d'apparence, selon que vooi me l'avei dépeinte, qu'elle ait l'esprit pour dire comme cela. Cepend m'
I (i Ufre de Dieu, «ntre |< - m un> ({*■ qui je la laisse. Il ^ a peu de jours que, sur certaine occasion, cette daine m'a encore
confirmé h résolution. V oila, ma très-chère fille, ce que je vous peoi dur ior ce iuj< t.
Quanl a votre Supérieure, je vous al déjà écrite ce mesemb (ju<- noui avion- ni notiv chère Sœur Anne-Catherine de b\ tumont, qui « « ii. - < il une fille de grande vertu et que je p<
qui serait bonne. Mais elle esl l<u t infirme, mm toutefois DOUI
1er beaucoup le lit, car elle suit ici ton- I. - . \. i. ices 1;
communauté atec grande édification des Soin-, mais elle est sujette a une fluxion de temps en imi|h (pu loi cause quelques
VOmissemenlS. Bile ne peut supporter le serein m le ;;iand air
d( - lenétn ' quitte de cria pour >•• retirer en \m coin ;
elle ne pourrait pas rapportai l'huil* t d'une com-
pIcMon bien délicate Vous conaid< rerez ce que je iun> di> t «t
me ferez savoii au plus t<>t m vous la vouli.v proposât SOI