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A LA MÈRE MARIE-FRANÇOISE HUMBERT

SUPÉRIEURE A PIGMEROL

Madame de Saint-Georges prépare une fondation. — On doit s'attirer la bienveillance du Supérieur.

vive -J- JÉSUS !

[Annecy, avril 163 T.]

Ma très-chère fille,

Le très-doux et triomphant Sauveur soit l'éternelle gloire et consolation de nos cœurs! Rencontrant une si bonne occasion de vous écrire par le Père Barnabite qui a été prévôt en leur maison de cette ville, je le fais de tout mon cœur pour vous saluer chèrement et toutes nos Sœurs, et vous dire que nous sommes toujours dans l'attente du Père que vous nous avez mandé devoir passer ici après Pâques. Et, bien que le temps n'en soit pas encore trop long, nous ne laissons d'appréhender que les calamités et afflictions publiques ne retardent la fondation qu'il a en main, et que, par ce moyen, madame de Saint- Georges1 qui vous chérit et désire voir, comme vous savez, ne se tînt pour désobligée de nous, si elle pensait que nous eussions de la froideur ou une volonté lâche à l'exécution de son désir, ce que véritablement nous n'avons pas; au contraire, je l'honore et désire de la servir en tout ce qui sera possible. Sa piété, son mérite, et l'affection qu'elle a pour nous et pour tout notre Institut, nous y obligent étroitement. Et je considère, ma très-chère fille, que, quand vous seriez par deçà, vous négocieriez notre fondation avec plus de facilité que de si loin; outre qu'en attendant vous donneriez à madame de Saint-Georges la consolation de vous voir, et elle est si raisonnable que facilement elle vous relâcherait pour une si bonne œuvre quand le

1 Madame de Saint-Georges, gouvernante des enfanls de France sous Henri IV, avait conservé une grande estime pour la Mère M. -Françoise Hmnbert, qui avait partagé ses fonctions en qualité de sous-gouvernante.

ANNEE 1637. <il7

ttiii ps serait venu <!«' l'accomplir, <'t même vous \ aiderait d'autant pi u > volontiers crac, demeurant toojoon il Paris, elle pourrait jouir souvent de vous, puisque cette fondation se < 1 « • î t faire là autour. Penseï à cette propotitioii : je la trouve fort considérable, ma Irès-chère Bile; faites-nous savoir votre volonté la-dessus, et si nous vous donnerons moyen de venu- en vous

envoyant quelques Sieurs. L'on eu veut aussi envoyer à Embrun ;

mais je laisse à noire bonne Mère [de Chàtel] «le vous parler de eela plus particulièrement

Je vous dirai seulement avec franchise, me confiant que la bonté «le v<»ir»' cœur le recevra agréablement, qu«', lorsque M. Marcher alla voir II. voir*' grand vie. oie, il lui témoigna beaucoup de bonté «'t d'affection pour l'Institut; mais, parmi cela, il «lit quelques paroles qni témoignaient n'avoir pas tant itisfactiou de votre maison. Tous saves comme 1 « s Piémontais sont laits pour le regard des Religieuses; et, comme Ifgr le \< nce étant si proche de la, je crains infiniment que Ton ne lui dise quelque chose <jui nous préjudicie à tout l'Institut , surtout ii Turin, où Ton est toujours dans l'espérance de nous établir, et il ^ a apparence d'espérer que ce pourra être sur la fin «1»' l'été. Bn ce cas, Dieu aidant, nous irions pas* r vers vous. Or, m i très-chère fille, je vous conjure <1<' (aire tout <<■ <jui vous sera possible pour «gagner ce l><»u II le grand vicaire1, vous mu / -i bien gagner les affections de chacun pouf I» gloire <!<• Dieu. Ma très-chère till»', il faut gagner ««'Ile «!<• cet nomme, je vons an supplie an nom de la divine Boot< , «t encore pour

ramoiii de moi que vous aimes,

Il von> tant encore «Im' ce mot, que l'on nous apporta aussi de 1 1 1 ri r i : qu'un certain chanoine de là, <jui avait accompagné

1 C« liastique, i| r pendant plusieurs n n.'- unigrande bienveillance aux Keli^irusrs dr L Vi itation «dont il était I- Sapérieur, l'était l.o ire elles, H leur suscita dei contradictions de loni

Mgr l'archevêque, faisant sa visite à Pignerol, avait dit que l'observance régulière ne s'observait pas si bien en votre maison, comme elle se faisait aux autres, selon qu'il en avait ouï parler. Je vous ai voulu donner confidemment ces deux petits avis, lesquels, j'espère, vous recevrez cordialement et en ferez profit, ainsi que font nos autres maisons à qui je fais souvent semblables charités, selon que j'en ai occasion. — Ma très-chère fille, vivez toute à Dieu, et que son seul et saint amour vive et règne éternellement en vous et en toutes vos Sœurs, que je salue avec vous, particulièrement celles de cette maison, me recommandant à vos prières et aux leurs. Je demeure en ce divin Sauveur tout à fait vôtre de cœur.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCDLXXV (Inédite)

A LA MÈRE HÉLÈNE-ANGÉLIQUE LHUILLIER

SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTERE DE PARIS

Affaires des dîmes. — Difficultés du monastère de Melun; éloge de la Mère A.-lfarg. Clément. — Mgr de Montpellier a écrit trois fois à Rome pour recouvrer la Bulle d'approbation du Goutumier. — Inquiétudes de la Sainte au sujet de l'éducation donnée à sa petite-fille Marie de Chantai.

vive -J- JÉSUS !

[Annecy], 20 avril [1637].

[La moitié de la première page de l'original est inintelligible.] Certes, s'il plaît à notre bon Dieu délivrer les maisons de ces dîmes, ce sera un grand bien; mais les Carmélites, qui sont si accréditées, ne se remuent-elles point? Il m'est avis qu'il faudrait que toutes les nouvelles Religions que l'on a imposées nouvellement se joignissent ensemble pour se défendre. Les Pères Jésuites n'y sont-ils pas compris? Cela sera une grande persécution pour les pauvres maisons religieuses ; mais, si notre bon Dieu le permet , il faudra s'y soumettre doucement. J'ai it à madame de Combalot, pour vous obéir; car, au demeurant, je tiens cela inutile, considérant ce que je suis.

Voilà un grand mal pour celle pauvre maison de Melon que notre très-honoré Père [M . de Sillery] en soit d Lé; mais Dieu sait pourquoi II !«• permet. Ile très-chère fille, je sapplii divine Boulé d'en avoir pil ^esvvous, il est bien irai,

lemble, que la p luvrelfèrea plus de traie* vertus n lij que de talents pour gouverner; car je la tiens pour une sainte. Je dit même que Dieu l'a prévenue, des ion enfance, de tant tees, qu'ayant li bien pei il foi I agréable à

la dijBiit' Bonté; maie cela ne lui donne pas lei adresses «lu gouvernement, surtout du temporel, rar quoi je trouve sotre pensée très-bonne d'j mettre notre Sœur P.-Jéronymi de Monthoux] .ivre une des filles <lr M. dePuisienx, si cela le peut

M - il I. unirait qu'il vint «le madan: nère. Or enfui, ma

tonte chère 611e, la charité que Dieu vous a donnée pour le bien de l'Institut vous donne tant d'adresse pour le bonheur de m tisons, que voai ne Mûries qu'y*bien procéder, el je me remets avons de tout cela, et aux résolutions que voua en prendre/, avec Ifgrde Seni < I notre bon Père, soit d'essayer de maintenir cet établissement, ce qui sérail le mieux; soit de le rompn . qui aérait Gàcheux ; mail il n'j a remède, s'il ne peut être jouit ii u | cela noui esi une bonne leçon pour nous tenir dorén ivaut dana le règlement ordonné, ù i U i, avant que de faire des maisons, il Esul bien considérer, car il est bien fâcheux de lei rompre; toutefois il vaut mieux se n tirer de la rive que do fond. JYens a notre Su'ur li Supérieure <\*' Blois , qae li VOUI notre Sœur V .1., pour Melun, qu'elle voui là donne. Je croil que la cl Sœur Anne-M trguerite [Clément] facilement à êh e ôlée de i demi Ull : utrr

Mère ou all< r «ai l'on désin ra, c ir « - il une Ime si bumble que l'on en e que l'on voudra I oyex, ma très-chère fille,

que non- li 1 1 eevriom de l»<»n cesnr ici , < t j'admire votre douce charité de lavouloii retirer chex vousj c'esl Dieu, ma fille, qui

von- a faite connue v«»u^ êtei II en *<mi béni él< rnellement. —

Je ne sais si la Bulle sera point venue pour le Coutumier. Mgr de Montpellier dit qu'il en a écrit à Rome trois fois depuis qu'il a su l'égarement, dont il est bien mortifié.

Il faut dire ceci au cœur de mon unique fille : l'on m'écrit qu'on laisse toute liberté à la petite [de Chantai] de faire ce qu'elle veut, et qu'en rien l'on ne la veut fâcher; cela lui serait à grand préjudice et bien éloigné de ce que j'espère de son éducation au lieu où elle est. Or ce n'est point ma fille [de Toulonjon] qui me le dit, bien qu'elle soit touchée jusqu'au fond de l'àme de ne l'avoir pas; et certes la seule considération de sa fille [Gabrielle], et la créance que l'on continuerait d'élever cette petite dans l'innocence et souplesse, me la fait désirer là. Découvrez, je vous prie, dextrement la vérité de cet avis et m'en dites à cœur ouvert votre pensée. Je ne leur peux écrire à ces Messieurs pour ce coup; mais obligez-moi de les faire saluer de ma part, surtout le petit abbé [de Livry] et la petite, à qui je vous prie de faire remettre cette lettre, afin qu'elle la porte à notre bonne madame de Nemours qui m'a écrit avec grande bonté; mais cela s'entend si cette dame est en état d'être vue, car, à ce défaut, vous l'enverrez, s'il vous plaît, à M. Deshayes, qui en fera ce qu'il jugera. — Voilà bien des commissions; mais c'est à ma vraie fille toute mienne qui n'a point de plus grand plaisir qu'à faire quelque chose pour sa chétive Mère , qui uniquement est très-intimement toute sienne. Mille saluts à votre très-bon cher cœur, à celui de la chère sœur [madame de Villeneuve] , des braves nièces , et de toutes nos pauvres chères Sœurs que j'aime tendrement. Dieu, par sa bonté , nous comble toutes de son saint et pur amour. Amen! Je vous laisse la lettre de ma Sœur la Supérieure de Blois ouverte , afin que vous voyiez ce que je lui dis. Je trouve que Mjrr de Chartres les a prou bien chargées. — 20 avril.

Conforme à MM copie de l'original jjarde au premier monastère de la Visitation de Paris.

LE! I RE MCDLXW I

\ iloXSIKl R VOI l. BRI l \i;i QOHMANDKI I DB S1LLBI1

I i mis

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1 I tir. — l/lniriiilit

li Sainte souffre de feftim ju i l; c

itril ]■

Moi nis-HOMOBi m rai t-ami M i .

I n ;| i encore un amas que nous avons Eût de tout ce que dooi itooi pu trouver de notre Bienheureux Père, digne, ce ce me semble, de vous être envoyé, l-ni- \, trouverei quantité bo* - <pii v «m - consoleront el feront toujours |>In- aim i ••[ admirer l'abondance de L'esprit de Dieu, <|u<' m souveraine bonté avail versé dans cette belle et très-pure âme, qui m.' va lit que de l'amour et sainte volonté de ><>n Sauveur <•[ le nôtre très-adorable. Il m'est venu en pensée <ju<' Dieu vous donnait cela comme une récompense «lu (jran 1 travail « 1 1 1 « - vous iv- / pris poux faire mettre au jour la Conduite in grand Saint, laquelle, comme j'espèi Tune grande

utilité. Vous trouverea, mon très-cher P trente-quatre lettres, «•(, aire les eitnj que nous vous avori i envoyi

font le nombre de trente-neoC il ) • ■.•! i «I admirables pour i lire mu li dévotion -!•• ce S. mit, son esprit <!<■ foi

dans 1rs |>rrsrruti<ms (jiu prneédsJ60l des pnOCOS, leSfl u.-llrs

nous I issons ■» votre eiamen pour ; h i mettre

su jour; • ll< ts contiennent de riches documents, qui pourraient

rlir Inil llhlr> s'ils rl.tirill connus. V « H J S Lin/, OlOO tl

. en changeant quelques mots «pu tant connaître k qui <llr> i i h. isenl et de qui l'on parle, <»n pourra les nu ttre ui jour; elles me m mblent bi< d utiles pooi plusieui

I "ii .1 trouvé dans un»; vieille malle, <jui était inscrite

vieilles quittances, une explication en forme de méditation du Cantique des Cantiques. Je pense que ce sont de ses premiers ouvrages qui s'étaient égarés; car je ne me souviens pas de lui en avoir ouï parler; mais, au commencement de notre établissement, notre bonne Mère Supérieure dit qu'il nous en prêchait souvent. Il y a dix-huit de ses sermons, des premiers qu'il fit; il me semble qu'ils sont tout entiers, ou peu s'en faut. Il y a encore quinze autres petits cahiers qui sont des mémoires de prédications en abrégé : le commencement y est seulement marqué et la suite par points; tous ces cahiers sont écrits de sa bénite main et le Cantique [des Cantiques]. Nous n'avons point gardé de copie des prédications, espérant, mon très-cher Père, que, quand vous en aurez fait tirer ce que vous jugerez propre à être imprimé, vous nous les renverrez, s'il vous plaît ; mais je dis, s'il vous plaît, mon très-cher Père. Or, il me semble que ces pièces-là, avec ses belles épîtres, feront bien valoir le gros volume que l'on veut faire de toutes les OEuvres de notre Bienheureux l .

Mais, mon très-cher Père, je désirerais bien que les paroles latines qui sont dans les épîtres on les mît ensuite en français; car il m'est avis qu'il y a certains beaux traits de grande consolation, et qu'aussi ses sermons latins, si l'on en imprime,

1 M. le commandeur de Sillery fut le premier qui s'occupa de réunir en un seul ouvrage les écrits de saint François de Sales. Cet ouvrage parut à Toulouse (imprimerie Bosc et Colomiez, 1G37), en un volume grand infolio, de 1078 pages, qui contient :

l" V Introduction à la Vie dévote;

2" Le Traité de l'amour de Dieu ;

•>" Les h' pitres spirituelles ;

\- Lei Entretient spirituels;

5 V Étendard de la Croix ;

r> Avertissements aux Confesseurs ;

7 Le* Sacrées Reliques du H. François de Sales.

cette édition n*a pas le mérite d'èlre complète, elle a du moins celui

ifoir reproduit intégralement le texte du saint auteur.

fassent en français par échelle, s'il m pouvait l < »i!à mes petits rs que je soumets tous à mon très-cher el Irès-houoré Pi

i rtes, il me fait mal an oœoi (!<• savoir en quelques épiti

laines choses que I ureui «lit <!<• moi. J'ai reçu •

N nti de la douleur de voir le jugement <ju'il Faisait de moi i

i temps-la, el ce que je me broute maintenant, qui est tout but an état de pauvreté el de misère, qui i besoin «lu secours de v- saintes prier i, mon très-cher P mdc

au nom d ' i; el celli - du Ri P le Cond

o( i il de l't h itoire el de If. ' t, p ir votre - otn misi

mon très-cher Père. Qui tous me fassenl la charité, je vous en conj ii i j'en ai très-grand besoin.

Il me tarde que je sache i lentiment, el qui I si d< 58i m pour Remploi de ce que nous ins, qui

tout ce qu'il faul espéi - avons tout tenu ce «jni i ; lit

di de feu Ifgr de I d II. Michel, et enfin

tout ce qui s'est pu trouvei du reste de M. le prévôt d S < t d'un bon 1 1 i li siastique qui demeurail ches le Bienhi on d lequel entra nue fois dans son c tbinel el 1 1 * i- î t ] a < e qui oui dire, quantité des [mémoires et papiers] de ce Bienheureux, surtout <l«' ses soi mous, <l<»'it il I ornemenl 'I

mais il | .t foi i l< innées de cela. Du u, pai

bonté, nous veuille donner I de bien imitei i « t

saint serviteur de sa divine >. ! Mon t « m t bon et i

je vous prie d< a Di< d poui

auffn plutôt toutes sortes de peim de me départii jaius

di n m. nts, .un- que i« les ob Gdèle-

iii t 1 1 ( , « t j t | . i i i .u m- limii nu d. vmi.x «li m nt i mui vrai

• • > I » i it m toutes cfa . Je i ois '!<• tool mon i eus ton-

jours plus être si je puis, toul I I rit, mon In s- liai Père,

votre toute • t ii i s-humble • t In s-ol li pi lite 6I1<

\otrc Seigneur Qu'il soit béni Imem* 27 avril.

LETTRE MCDLXXVII

A LA MÈRE MARIE-HENRIETTE DE PRUNELAY

SUPÉRIEURE A RENNES

La Sainte permet à la Supérieure du Croisic de se rendre à Rennes. — On doit employer aux charges les Religieuses qui y sont propres.

vive f jésus!

[Annecy, 1637.]

Ma très-chère fille,

Dieu par sa souveraine bonté remplisse votre cœur de son saint amour! J'ai été consolée d'apprendre de vos nouvelles et de celles de votre maison, laquelle va toujours petitement. Si \otre-Seigneur envoie l'amour de la bassesse dans le cœur de nos Sœurs, j'espère qu'il leur fera de grandes grâces.

Hélas! que je suis touchée du mal de ma pauvre Sœur la Supérieure du Croisic! Dieu lui fasse la grâce de tirer les richesses de son saint amour de l'humble et amoureuse souffrance de ses maux ! Quant à ce qui est de l'attirer en votre maison, hélas! la grande charité! Il n'y a nulle difficulté puisque les médecins jugent que cela pourra être utile ' ; car, voyezvous, si bien ce passage d'une maison en une autre n'est pas marqué, il n'est pas aussi défendu, et l'on n'en a pas voulu mettre la liberté dans le Coutumier, crainte que l'on en abusât. Il suffit, dans les grandes occasions dont les Supérieurs doivent juger, que l'on puisse l'exercer; ce qu'il ne faut jamais faire que le moins qu'il se peut, et pour des grandes nécessités. — Il faut bien prendre garde, ma chère fille, que vous ne fassiez pas tant travailler nos Sœurs qu'elles en tombent malades, comme nos Sœurs de N. ont fait.

1 D'après l'autorisation de sainte J. F. de Chantai, la Mère Anne-Louise

de Gallois, Supérieure du Croisic, est-il dit dans Y Histoire des fondations ,

odif au monastère de Rennes, pour raisons de santé. C'est pendant son

léjour en cette ville qu'elle prépara le transfert de sa communauté du Croi-

I Vannes.

voudrais pouvoir graver daoi le cœur i péri eu n i

la Visitation cette maxime, d'employer aui cfa i qui

selon Dieu ellei j connaissent propres, nonobstant toutes lei ries que les autres pourraienl en itunegrande

misère de voir que ces anciennes Sœurs veulent toujours i employa ne peuvent looffrir que les plus jeunet, eni

qu'elles en soient cap ibles, les exercent En < montrent ptu solides el an< i vertu, lia 611e,, ne qui -

tons point nos vieilles mo ' invariablemi

car si nous « omiDi d , la manière de faire

une cfa s quitterons une auij < <• m< me.

Je trouve que les pénitences que Ton a doi

pril de noti e vocation étant el dei être d'une parfaite dooceui support, jamais nous ne

devoni employer la justice extraordinaire que sur l< i o stin 1 1 sur celles «jn - lali* nt la communauté el porti

et cela encore api i que p ir patience, douceur el cordiales remontrance! l'on aurait fait loul ce qu'on pourrait pour ramener les défaillantes à leur devoir. El celles qui, par cette voie de douceur, m i tient el humilieraient, confess ingénument leurs fautes', je ne leur voudrais point donner d'autre pénitence, linon qu'il fui (oui a (ail n. . .• poui l'utilité des Sœurs. Il me lemble que je <li- asseabien lans

lie v \\> j ,,,n>. -, lc>(|Ue||r- -«Mil i--. / .innées, III u- Ji.-ii <>|i~

parce que nous n» nous adonoons pas •» la mortifical noos-mém<

l oyes-voos, m i fille, M faut «jne vous Iravailliei extrêmement a vnin- perfection, i t cela aid< ra fort .» celle que vous 'l< i

| m n n le- a n lu- s ; m us mu (mil, je W)US i -njure. Qfl vmi- ni,/

l un n- des i le»-' - qui se diront ou feronl contre vous . su i

ir.in e, (àcbes d< |> m douceur i ■• Ile- qui 1

que lolre charité abonde sur e||. | (as, nue Ifèl [OU-

v. ne avec I iprit «le < h irité et douceur lient tout» - * - hll- -

contentes selon leur capacité, et unies avec elle. Qu'elles tâchent au nom de Dieu, et vous aussi, de le faire. Priez pour celle qui est toute vôtre.

La première partie de l'original de cette lettre est gardée à la Visitation de Voiron.

LETTRE MCDLXXVIII

A LA MÈRE LOUISE-DOROTHÉE DE MARIGNY

SUPÉRIEURE A MONTPELLIER

Calamités publiques. — Conduite à tenir dans une peine intérieure. — Sœurs proposées à l'élection de Montpellier.

vive j JÉSUS !

[Annecy], 10 mai [1637].

Ma toute chère fille,

[La première moitié de la lettre est coupée dans F original.] Je suis accablée d'écritures et d'afflictions des fâcheuses nouvelles qui nous arrivent incessamment pour les calamités et désolations de ce siècle ; car, outre ce mal général que je ressens fort, nos pauvres maisons qui se trouvent dans les provinces plus affligées pâtissent ce qui ne se peut dire; et dit-on que ce n'est encore rien auprès de ce qui se doit attendre. Dieu par-dessus tout, duquel les jugements sont toujours très-justes et équitables, et sa volonté très-adorable! Aussi est-ce de tout mon cœur que je l'adore et m'y soumets, bénissant son bon plaisir en tous ces événements. Faites fort prier sa Bonté à ce qu'il lui plaise apaiser son ire et convertir les tribulations temporelles en bénédictions éternelles. Amen.

Quant à votre peine, vous la devez supporter bien doucement. Vous ne sauriez mieux faire que ce que vous faites : vous tenir sur vos gardes tant que vous pourrez, par fidélité, et vous humilier quand vous y manquez; mais cela sans vous lasser de la peine, ni du long temps que Dieu vous permettra cet exercice. II se faut abandonner à son bon plaisir autant en

INNEE 1637.

cela qu'en tonte autre chose. Suive/ toujours 6dèl< menl les lumières qu'il voua donne pou: cela, et portei avec une amoureuse patience votre peine. Je vous le dis derechef el vous

plie, et de bien prier Dieu pour moi, 1 1 1 . i i > je VOI onjure,

j'en ai besoin ; et me ree-mun u\ bonnes .unes de votre

connaissance, surtout aui Pè près

Monseigneur, el tous ceui que vous jugerei. Mon Dieu! t. vous assurée de li confiance que j'ai en votre droiture el sii

rite ; cela soit dit pour une lui-, car je inr I. Wfl plus qu'en

-même, et n'en pourrais avoir une ombre de méOance.

\ot; IVeur comble DOS aines de -on s tint ;u;

Amen, — 10 mai.

[P. S.\ Nous destinions ma Sœur F.-Emm. [de l/idonne <1» Nouvery] pour Turin, avec ma Sœur II. -Elisabeth de Lucii

mais mu.- - eu nouvelle que la fondation ne se fera pas

. C'est pourquoi nous vous laissons « n liberté, si vous

voub/ la proposer, -Je prie Dieu qu'il vous inspire a tout.

choisir celle qu'il vous a destiné* ; je vous ai dit [ce que je

us] des unes et <1< - autres, dan- m. - précédentes [letti et, dans celle-ci, selon ma connaissance, »t avec une entière indifférence, ne voulant que ce que Dieu voudra, la volonté duquel j'adore «le tout h - fort i - et affections <1. non fane,

et le Supplie qu'il nOUS laSSC la ;(iàce de le faire «Lins ><ui éternité

de gloire. .////' n. I <»tre, vôtre de cœur.

ih, H | ,it ht ni!

Conforme à lori;jin*l g*rdc *u\ |

LETTRE MCBLXXIX (Inédite)

A LA MÈRE MADELEINE-ELISABETH DE LUCINGE

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