A LA MÈRE MARIE-CONSTANCE DE RRESSAND
SlTl'.RIKUir. I MOI LINS
Projet de fondation à Rouen. — Support à l'égard de la Son dfl Morville.
iivk -|- jésus!
[Paris], 12 mars [1628].
Ma très-chère fille,
Il me semble que ce que madame la maréchale de Saint- Gérai! offre pour la fondation [de Rouen] est suffisant ; car je m'assure qu'elle rendra perpétuelles les cinq cents livres de rente, ou du moins jusqu'à ce que le monastère soit suilisaminenl pourvu (railleurs. Je trouve que la difficulté est de lui donner des filles propres el solides, comme il convient pour le fondement spirituel; car je ne sais pis si vous en trouverez dans Riom, ni à Moulins Suffisamment pour cela, sans incommoder, voire, nuire a ce> monastèi i - , ce de quoi je vous laisse le jugement et à notre Sœur la Supérieure de Riom.
.le pensais que si vous jugiez de ne pouvoir tirer des filles
de ces deui monastères, ii faudrail donner seulement notre
Sœur \l. -Su/aune [Dupré] avec une autre, et prendre a Paris
la Supérieure et le surplus qui sérail nécessaire, jusqu'au
nombre au moins de sii en tout; car je ne vois pas qu'on puisse se passer i moins i a ces commencements; on bien , ri vous penses que notre Sieur voire assistante puisse être tirée de Moulins , et qu'elle ail les talents de lu en gouverner, comme je le pense, puisqu'elle est si bonne directrice, vous pourries l'j
employer; mais, pour Dieu, n'envoyez en cette fondation que des filles solides et affermies en la vraie vertu : voilà ce que je puis vous dire pour ce point, ma très-chère fille.
Quant à notre Sœur M. A. [de Morville], je vous supplie de former et assurer votre conscience, par l'avis de votre Père Jésuite, sur ces difficultés dont vous m'écrivez. Pour moi, je crois que vous n'êtes chargée sinon de lui dire tout doucement et sans la presser, ce qui est de son devoir; et ce qu'elle fera après, vous n'en aurez nulle coulpe, et vous prie d'en demeurer en repos. Tirez-en partant ce que vous pourrez suavement, et laissez passer le reste. Vous devez lui concéder ce que vous verrez qu'elle désirera ardemment, pourvu que les Pères Jésuites vous disent que vous le fassiez; car aussi bien de la contrarier, l'on n'y gagne rien que de lui faire faire pire. Tenez toujours quelque ascendant sur son esprit, cela est nécessaire.
Je n'ai nul pouvoir de relire votre lettre pour y répondre distinctement. Je vous prie, ma fille, conservez bien votre cœur en paix et ne prenez aucun scrupule de toute la conduite de notre Sœur M. A. Je vous fais ce billet sans nul loisir, mais avec un cœur toujours plus affectionné à votre bien et consolation. Je salue toutes nos chères Sœurs, particulièrement notre Sœur AI. A.
Dieu soit béni!
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitalion de Voiron.
LETTRE DCCCXXXIII
.\ LA HÈRE JEAXXE-MARGIERITE GHAHU
SUPKRIIlRg A DOL, EN' DRETÂCNK
Elle lui recommande le respect et la confiance envers son éféqoe.
VIVE 7 1KSIS !
[Paris], 19 mars [1628].