‹ LettresChapitre 265 sur 281 · A MONSIEUR L'ABBÉ DE VAUX · texte numérisé non relu

A MONSIEUR L'ABBÉ DE VAUX

Témoignage de gratitude pour les soins dont il entoure le monastère d'Angers. — La Supérieure doit être le modèle de ses Sœurs. Compte sévère qu'elle devra rendre à Dieu. — Conseils pour l'oraison.

[Annecy, 1631. J MOX TRÈS-CHER ET TRÈS-HOXORÉ FRÈRE,

L'amour sacré de ce divin Sauveur soit notre éternelle vie! Celte petite préface sur la prétendue excuse que vous me faites, est encore trop pour la très-simple confiance avec laquelle nous avons résolu de traiter ensemble, et que je crois que Dieu désire et agrée, dans la profession que nous faisons de vouloir vivre dans la vraie simplicité et candeur de l'esprit de la Visitation, lequel certes je vois reluire en vous; et j'en bénis Dieu de tout mon cœur, ne pouvant assez remercier son infinie Bonté

' Gu| Lanier, abbé de Saint-Etienne de Vaux, diocèse de Saintes, chanoine, irclndiarre et <?rand vicaire d'An;jers, avait beaucoup favorisé l'établissement de la Visitation de celte ville, fondée le (> janvier 1(336, par la Mère Clam '-M.idf'leinede Pierre, professe du premier monastère de Paris, et cinq RcfigKttMi du second. Cet ecclésiastique, un des plus saints personnages du di\-.sf|)tiéme siècle, avait même prêté sa maison aux Sœurs fondatrices, et leur donna toujours des preuves du plus paternel dévouement.

d'avoir donne un I. I ann .1 noire Congrégation, et un si utile appui a cellfl nouvelle plante MM 11 PrOfîA ne* a nritC au Mf-

lerre «le l'Église dWnjjers. Mais je 1 I00J simplement,

selon les irritables sentiment* 'le nmi] nrnr; pnn. •/-!.■ bJbjoJ,

dm très-cher frère, <t m glorifia Dieu eiec a r a Un

s» ni doivent être réfén I I loatOI MM BO0O0I art ions, I a ao

M'iil et v. nl.ihle auteur de tons pieOf.

Votre Muuluite enfin mm Soin- mi rot I N M v eur

M.-laiplirovin,' [Turpio] etl (I un hou eOJOf et t, qui

aime ies règlements, el je lui recommande l<»rl d l'attacher la pour I 1 enuduite doi novices. Recomrn -lui

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pliable et sainte coi ndance. Il laudi iln lei

trois ans de li Merc [Claire-Mad. de Pierre), puifj'i que

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important a une non» file maison quand les Supéi souvint inilulis. et ne peuvent suivre le Ii.iiii commun. Mon Dieu! (jiie notre mi>en- < -t : ïamie et <jue II liiisne lll)« rt. (lai,;;- i< B01 ' I.a divine Honte nous , n il l*îJ lui pl.nt

Supérieures. qui doivent porter la lumière du lion exemple en toutes I - ( •ommunaiites , se lumenl et leii* launll.- 101 quand, s, pj de vains prétOltOl <'t - - M di«pOO>

srnt pour p* 11 que < e s(,i! du Ir.nn eoinmun de ftOOl l« cices. (un Ile charge donnent-elles a leur coi compte en liudra-t-il nnliv .1 Dieu, non seulement de lenr< prOjarOJ Iml^, Mfil de Ctlloi qui auront et.- ! ut- « A leur

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sont nimiiiiM'» a leur- s-, ni-' 1 .. . 1 u luen loin, mon 1 1 •

■ , pai lem-eii quelqm l.i 1 iailalioa aol un grood tréaor Dieu noua base la ■,

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vous la récompensera par le don de sa glorieuse cité éternelle. XYtes-vous pas obligé à cette infinie Bonté de vous avoir donné un tel cœur, une âme généreuse et qui n'a d'autre désir que de le servir? Allez, mon très-cher frère, allez toujours augmentant et croissant en la pureté et perfection de ce divin amour, que je supplie vous combler de la grâce d'une fidèle correspondance à tant de faveurs. Je vois que c'est tout votre désir, et m'est avis que je vois notre Bienheureux Père vous regarder comme l'un de ses plus chers enfants. Dieu sait en quelle considération vous m'êtes devant sa bonté; mais, las! mes pauvretés et misères sont incompréhensibles : Dieu les réduise à sa gloire ! Je l'espère en sa bonté, et les prières qui lui sont faites pour mes besoins. Particulièrement, ce m'est une consolation plus grande que je ne vous saurais dire, d'être assurée du souvenir que vous avez de moi en vos saints sacrifices I Continuez-moi cette charité, mon très-cher frère, et me procurez encore, je vous prie, les prières des bonnes âmes de votre connaissance.

Il n'y a point de doute que cette difficulté de ne point raisonner à l'oraison est un acheminement à une oraison plus simple: et pour peu que l'âme, avec cette difficulté, se sente accoisée et facilitée à se tenir en révérence devant Dieu, elle se doit affermir en celte voie où Dieu l'appelle sans doute; et, bien qu'elle pâtisse des pauvretés et distractions, elle ne s'en doit éloigner, mais patienter et demeurer paisible devant Dieu, ne s'arrêlant volontairement aux distractions. Ains, quand elle est fort traversée, elle doit dire de fois à autres des paroles de soumission, d'abandonnement, de confiance et d'amour en la divine volonté, et cela sans effort et fort suavement; ou bien [elle doit] préparer quelque sujet pour s'entretenir avec Notre-Seigneur en lui parlant du mystère intérieurement, s'il se peut, ou vocalement, mais fort simplement, au lieu d'employer l'entendement. ! quand ees raisonnements se portent à la curiosité, cela '"' ' dangereux, et n'est pas oraison, laquelle, à proprement

parler, etfl mi limple entretien loul cordial de I*âme av< Dieu, soil paractei de parolei intérieur* limples afleetîom

(jin gonfl qoelquefoii quasi imperceptibli . Pour peu qo< D dooi attire .1 cette oraison simple, dooi aoostrayanl le discourt de l'entendement, nous devons ^m n ihaii; . bien

nous dooi romprions la tête devouloii faire autre en Bnfio, le gi m I secret de l'oraison I d'] aller à la b

simplement, toivanl l'attrail ii , 0 it le

chemin de la simplt de Dieu , qu'elles \ i

(Irïit par noe grande pureté de cœor, abeodoonemenl d\ mêmes en la ditine tolonté el fidélité i la pratique •!• - \< rtus. Quand elles m roienl po 1 i, <ju elles o< oenl n< d :

mais -i elli u aient de gi aodi 1 1 facilil - l.i .

certes elles doitenl craindre; i ir il eat rrai, mon Irèi ii < i e, * 1 1 j * - cette manière <1 *oi aison i si plicité, mdc

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bien que pour l'ordinaire elle ><>it destituée d< tioni k lisibles. \ c4i « . i U .

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l'Institut, ayant ane i barils* nniterselle pom louti - les m

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MOU - iniiM'IU' |r> In.nil' s \|, | rs qui IlOUI I |

je vous conjure d'accroître votre courage, pour tant mieux servira la gloire de Dieu et à votre Institut, et vous conserver pour ce bonheur et pour ma consolation.

Que vous êtes heureuse de n'avoir rien dans votre esprit que le désir de servir Dieu et sa sainte Mère! Il me semble que je vois votre esprit toujours tendant à ce bonheur, avec sa simplicité et ardeur à travailler, et faire plus que vous ne pouvez pour le service de la Religion. Or sus, tout cela sont des grâces de Dieu. Cette inclination et désir de vous tenir en la présence de Dieu est une continuelle oraison et réfection sainte pour l'àme désireuse de Dieu. Soyez toujours plus fidèle à ce saint exercice, et il vous donnera force en tous vos besoins. Soyez joyeuse et zélante de la perfection et joie de vos Sœurs; priez beaucoup Dieu pour elles. Ma chère fille, allez toujours en avant dans votre voie, et ne retournez nullement sur vous-même par réflexions inutiles. Ne voyez-vous pas que Dieu bénit votre petit emploi ! Que cela vous suffise, qu'il daigne se servir de votre petitesse et imbécillité [incapacité].

Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MDXXIII {Inédite)

A LA MÈRE CATHERINE-ELISABETH DE LA TOUR

SITÉRIEl RE DE LA COMMUNAUTE DE CHAMPLITTE RÉFUGIÉE A GRAY.

Remercîments. — Mort de la Mère P. M. de Ghàtel. vive -j- jésus!

Annecy, 23 novembre 1631.

Ma TRKS-CflÈHE FILLE,

Il n'y a que fort peu de temps que je vous ai écrit une grande If lire; c'est pourquoi je n'ai rien à vous dire, sinon que nous vous remercions de votre aumône et de celle que vous désirez de faire pour une bonne œuvre. Je crois enfin que nous avons

ie< ii tontes vos letln lit* < 1 1 j # - j«- von- .'>■ -. rvira de

réponse .1 tontes. Pour ee qui regarde voire petite faodatj veau hilfig Irft hîm de Eure vos afiairea avec le plus d'assuré qu'il VMJ m n ponihlfl Je sui> t-n peine <!• v<»n- toir dans I- daogen de la contagion. J« prie «le ne loua plus no tire en

dan. mue vm. - ,,v 1 / lut

lolrr bon rirni -.jalon. ensililemi'iit , aussi bien que

non-, de la grande perte que UOOl avons laite an !;. pi- «1.» (eu notre bonne Mère Snp. inutv, mais il .1 plu .1 noire bon Dieu

mmh don pet celle affliction, laquelle bmm >« rail in*i.|<j

si nou> ne regardions la divine volonté' l'oila, ma lrè>-cl fille, tout ce (pie je peux « 1 1 1 • loisir. \ > - 1 1 r . / -v.M.H Hfl je

vous sin.s d'une a II cet 1011 Iro-sineere, ma Irès-thère tille, 1 tn s-hu/nlde. . |<

[P. SA Je >aliic bien clièn ment toutes nos < li< , Jr

me recommande de tout mon cour a leurs prières et Ml fétroa, et vous souhaite a toutes les pins précieoaei 1 Noaj

envoyons à la Mère d< Boineon Ïa lettre que j

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P u I..1111. /-ne i. ma Irès-i hère fille, m j'ai tant | |

repomli e; ( « 1 n c*l j

u, «ne dr* |lu» rbérat

donnée, et je la sens très-grande pour votre consolation; mais je suis bien embarrassée d'affaires. Hélas! que j'ai de compassion de votre cher et bon cœur; mais, ma fille, j'ose vous assurer de la part de Dieu, vu la grandeur de sa miséricorde et des mérites de son saint Fils, que son ciel et son paradis vous est assuré, et que les souffrances de tentations et sécheresses et désolations intérieures ne nous sont données et permises que pour pénitence de nos fautes,, et cela par un grand amour de Dieu envers nous; car sa Bonté ne donne ces travaux en cette vie que pour nous exempter des éternels, et nous faire mériter l'héritage des Saints. Tenez-vous assurée de cela, ma très-chère fille, car je vous proleste que s'il fallait me mettre au feu pour vous assurer de celte vérité, que je le ferais de tout mon cœur avec la grâce de Dieu que je vois si clairement vous avoir choisie pour son éternité de gloire que je n'en puis douter. Mais sa divine volonté est que vous souffriez humblement et doucement ses verges et châtiments, et que vous aimiez sa juste ordonnance en cela. Que vous doit-il chaloir, ma fille, d'avoir des consolations et bons sentiments ou de n'en point avoir, puisque noire salut ne dépend nullement de cela , mais de l'inlime résolution de ne point offenser Dieu, et de nous abandonner à sa merci, faisant le bien qu'il veut que nous fassions, sans goût, sans satisfaction ni contentement, ains avec répugnance

Pbilotées de saint François de Sales et la grande amie de sainte J. F. de Chanlal. A douze ans, elle se jeta furtivement au monastère de Grenoble et dut passer ensuite à celui de Chambéry, où la Mère de Châtel la forma à toules les vertus, u J'espère trop de ce bâtiment, disait-elle, pour ne le pas bien fonder. » Toujours en lutte avec les ennemis invisibles, Sœur Il .-Madeleine compta ses combats par ses victoires, et put à bon droit, iprèi le grand Apôtre, se glorifier dans ses infirmités, car la vertu de 1 h-Cfarist parut constamment en elle, aux deux monastères de Grenoble, ft à la maison dei filles repenties de cette ville, où elle fut envoyée en qual'u' ,: inte. Le7 IVvricr 1670, cette Ame fidèle alla recevoir la récom-

pensc Me sos travaux. (Année Sainte, IIe volume.)

et a cootre-earar, et puisqo'il platl .1 - 1 BooM qoe pooj chemimkv pu cette voie, poorqaoi ne le roules-toui pai I II 1

dit, CC divin S îuveur, iju // n'y fk y"

le riil. ci pourquoi «loue m roui violenteriez -f 001 pai p

l.i ii.' l'ii'iiuv de votre salul sur cite croix .' i > (,.

rteorei MNrt en votre poovoir, «-t Dieu dc ieal qoe 1

«•i qoe poui demeoi n p iiienk» «! us lei

lodir |» n lei réfleiiom que roai lui- 1 iiielles von- il. V' / 1 efoir comme lei plai ci ue lei t. ai iti

qui (jn m 1 tout vous hum nuccuicni il 101 celle juerre el | 1 rei o qoe l'on vooi < onseille, qoe 10a 1 ittil n ploi n u. el qa'eoBn Diea roui en délivrer.1 ; je vous vu i p ni \I ûl p ilnu- m l«"

bien qaj esl en voire poovoir, j(i vooi en m 1 Iri

Glle, el il»' prendre no grand n dire me forte

tlolion pour cela, le prie Diea «jn'll von- ea Faste 1 1

et <jii" sa sainlf M«*ro vous tienne ! - <l in> le >ein (|e vi

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Ce sera ce qu'il plaira à Dieu. Cependant, nous vous remercions de la charité que vous faites à nos Sœurs de Chambéry pour leurs affaires. Son Excellence leur a fait dire qu'il veut que le contrat se passe avant qu'il parte, si que je crois qu'il serait bon que vous lui en écriviez. Je suis fort pressée, ce qui me fait finir, ayant prié Notre-Seigneur vous combler toujours de son saint amour, auquel je suis de cœur, mon très-cher frère, votre très-humble et affectionnée sœur et servante.

[P. S.] Mon bon cher frère, nous écrivons à cette bonne damoiselle de madame la marquise , qui désire tant d'entrer céans, que peut-être nous la pourrons recevoir entre ci et Noël ou Pâques; mais de donner une résolution absolue, nous ne le pouvons faire, seulement l'assurerons-nous que nous ferons ce que nous pourrons.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MDXXVI (Inédi

A LA MÈRE CATHERINE-ELISABETH DE LA TOUR

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