A LA MÈRE MARIE-MADELEINE DE MOUXY
SUPÉRIEURE A RUMILLY
Souhaits d'un saint avancement dans la parfaite observance.
vive •}• jésus!
[Paris] , 22 mars [1628].
Ce m'est un grand sujet de bénir Dieu, ma très-chère et bonne Sœur, de savoir le contentement où vous et vos chères Sœurs vivez ensemble , dans le soin d'une parfaite observance. Loué en soit éternellement notre bon Dieu. J'espère que tout ira toujours avec un saint accroissement à la plus grande gloire de sa divine Majesté et à votre consolation. — C'est bien dit, ma très-chère Sœur; nous dirons tout quand nous nous reverrons; nous parlerons du spirituel et du temporel, Dieu aidant, que je supplie répandre avec abondance ses plus saintes grâces sur vous et toutes nos chères Sœurs, que je salue de tout mon cœur avec vous. Je n'oublie [pas] nos bonnes Sœurs Bernardines, M. le curé, M. Billet, ni madame la comtesse [delaFléchère]. Bonjour, ma très-chère Sœur; tenez-moi pour entièrement vôtre en Notre-Seigneur, car je le suis. Il soit béni.
Conforme à l'original yardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCWW A LA UÈBE MARIE-JACQUELINE PAVEE
SliiltlllRg A BOLRG EN. DHKSSB-
Imitation à se rendre prompternent au deuxième monastère île Paris, où elle doiL
remplacer la Mère de iîeaumont.
vive 7 ferai '
[Paris], 30 mars [1628].
Ma très-chère fille,
Ifgr de Genève s'est enGn résolu de retirer notre Sœur Anne- Catherine, Supérieure au faubourg1, pour remployer par dela, à quoi elle s'est disposée avec très-grande promptitude, car c'est une âme vertueuse. Ce bon seigneur vous a proposée en M place, de quoi tous les vrais amis de notre Bienheureux Père et de notre maison se réjouissent non pareillement, surtout la petite Supérieure de la ville. Ions devez donc vous dis-
1 Les grandes vertus de la Mère A. C. de Beaumont lui avaient attiré la bienteillance et même la confiance d'une foule de personnages du plus h. iut rang. Anne <l Intriche et Marie de Médias oubliaient, dam lenn rapporta avec Fhnmble Religieuse, L*éclatdela majesté royale. Il asl bien facile, disaientalleSi d'honorer an ia personne l'autorité de Dieo qu'elle sontient par nne conduite toujours égale, mêlée d'une certaine gravité qui asl la marque de l'Hôte divin qui loge constamment en I estime
- applaudissements excitèrent la jalousie de certaines âmes vulgaires, que la dijjne Supérieure avait toujours prévenues de ion affi i lion el d< bienfaits L éclata si fortemenl qui lainie de Chantai, bn de aoa s.jMui .1 Parii «'ii K)28, jugea qu'il était plus s.i .• «I.- ne pas se roiilir COOtre l<- lorrent, »t Crut lOUt cal r en intimant à l'a i ru>i"v I'. i .li . de partir
pour Annecy Cet ordre hi i-ur de la Mère Anne-Catherine] mais,
habituée ù toui recevoir de la main de Dieu, elle refui i I Dterventîoa de la Raine qui roulait l'opposer ft m , - 1 ne te permit pas même un mot
d'explication, répondant ans personnes « j i j î I lient à sr justifier :
1 ,.- k ii ans qui appuient 1rs intérêti «!«• l'amour-propre doivent
Itre immolées sur I»' même autel OÙ l'un a liliertf, autre. n< ut
Pholocanala aérait imparfait et la u< tiuii' toujours uvantf
poser, ma très-chère fille , et prendre un grand courage pour venir, en cette grande ville du monde , rendre de grands services à Dieu et à votre Ordre, y faisant régner et reluire de toutes parts l'esprit de notre saint Fondateur, agissant par la grâce que Dieu a mise en vous. Je sais que vous rendrez une odeur nonpareille ; c'est ma confiance et l'attente de tous ceux de ces quartiers, qui vous désirent et attendent avec amour et estime très-grande de votre vertu.
Certes, vous trouverez une petite troupe de neuf professes, dont la plupart sont des âmes d'élite, humbles, douces et soumises, qui ne cherchent que Dieu en la simplicité de leur cœur : il y a trois novices et autant de prétendantes, lesquelles ne manqueront pas. Mon Dieu! ma très-chère fille, que j'ai de joie, que j'ai d'espérance en notre bon Dieu, qu'il sera glorifié par votre venue en ce lieu ! Or , il faudra que sans retardation, vous parliez le lendemain de Pâques, et que vous veniez tout droit sans aller passer à Lyon, car vous vous détourneriez grandement, outre que l'on ne fait en cette ville-là que nous tracasser. Vous savez qui c'est, et ma Sœur la Supérieure m'a écrit depuis peu que ce bon personnage-là avait dit des extravagances de nous à Mgr de Châlon. — Si vous ne pouvez avoir là une litière; vous prierez notre Sœur [de Blonay] de vous envoyer le samedi saint celle de Lyon. Je laisse à votre choix de prendre une de nos Sœurs religieuses pour vous accompagner ou notre Sœur de Vigny ; mais quiconque viendra, il faudra qu'il s'en retourne dans le même équipage avec notre Sœur la Supérieure du faubourg. Vous prendrez quelque ecclésiastique pour vous accompagner, et si vous n'avez [pas] de l'argent, vous manderez à notre Sœur la Supérieure de Lyon de vous en envoyer; tout sera bien rendu ici. Vous recevrez bientôt votre obédience de Mgr de Genève. Faites les préparations de votre retraite doucement et sans bruit. Il faudra que vous unie/ à bonnes journées, et sans vous arrêter que par
ANNfEE 1628. 129
nécessité, parce que je désire de vous attendre ici , et le temps m'est long d'y être si longtemps, parce que c'est autant de diminution pour les autres maisons, d'autant que Ifgr de Hourges ne veut pas retourner à Nessy, pour conclure les affaires de notre Bienheureux Père, que je n'y sois.
J'écrirai à notre Sœur qui vous succédera; je ne le puis maintenant. Je suis fort marrie du mal de nos pauvres professes ; mais si elles sont à charge à la maison de Bourg, il en faudra renvoyer à Nessy. Ecrivez-moi au plus tôt, et nu1 pardonnez de quoi il y a si longtemps que je ne vous ai écrit. \ oos savez mon cœur pour vous qui est tout à fait vôtre. — Notre bon Mgr de Langres s'en va en son diocèse bientôt; c'est un digne serviteur de Dieu, qui avance tous les jours. — Je suis bien aise que votre nombre soit accru par la charité de noire Sœur de Lyon. — Bonjour, ma très-chère fille ; mille saluts à nos Sœurs et à votre cœur bien-aimé. — Dieu soit béni et vous bénisse toutes. Amen*
Conforme à l'original 3ard<i am Archives do la Visitation d'Ann»
LETTRE DCCCXXXVI
A \.\ MÈRE IfABIE-AIHÉE DE BLONAY
■m HOXAtTtll M
1 r.-sc édition (]> i Entretiens. — Pr i »I ■ li Mère Faire.
viw.
M \ Ti;i>-c!ir.iir. PILLE,
Je reçus .i soir les Entretiens ; nous lei verrou tant <j ne nous pourrons pour vous les renvoyer avec la correction du Costumier ; je connus, l'oyanf lire, [ce] qu'il fallait I de nouveau. L'on s ajouté quelques petit* i choses an Dii toire que j« d aime IroDj el ne s'esl jamais pratiqué. Au r
ma fille très-chère , j'ai répondu à tout ce que vous m'avez écrit qui était nécessaire 5 mais, en vérité, il m'est impossible de faire mieux, ni pluspromptement, ce me semble, car je suis accablée. Pour Dieu, que ce que vous m'avez mandé de ces Entretiens supposés1 soit fait. Voilà des tours admirables, et un témoignage que nous sommes trop libres à communiquer ce qui n'est pas besoin.
Voyez ce que j'écris à Bourg, et si elle [la Mère Favre] veut la litière de Lyon, arrêtez-la de bonne heure, et traitez le mieux que vous pourrez [avec le conducteur], même de ce qu'il aura les jours de repos qu'il prendra ici, et faites qu'elle soit à Bourg le samedi saint, où ils séjourneront le jour de Pâques pour partir le lundi et tirer droit à Moulins. Vous donnerez aussi de l'argent si elle en demande. Mon Dieu, qu'il est heureux qui n'a pas tant d'affaires; mais encore plus heureux qui les fait pour Dieu. Priez sa Bonté qu'il m'en fasse la grâce. J'écrirai au saint Père Binet bientôt; mille saluts cependant et à nos Sœurs.
Dieu soit béni!
Ma fille, renvoyez-moi l'écrit de la Tendreté, car nous avons égaré le nôtre. Je grossis bien ici mes Réponses, car l'on m'y fait bien des questions. Envoyez-moi aussi un livre des Epîtres, des dernières imprimées, ou plutôt me mandez où elles se vendent ici, M. Cœursiily vous le dira; car elles ne coûteront pas tant de port.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy. 1 Voir la noie de la lettre DCGCLI, page 154.
LETTRE DCCCXXXYII [Inédit*
\ LA MÈRE CLAUDE-AGNÈS JOLY DE LA ROCHE
MUTKESSi; DL3 KOVICU, A ORLP.VNS
Réunir lesSermousde saint Fraoçoil de Sales. — Projet d'uuc foudutioniReu ..
vive -|- ifel
[Paris], 31 «art [1628 .
Premièrement, si je ne nie trompe, vous êtes de plus en plus ma très-chère fille, et j'aime bien noire Sœur l'assistante et toutes nos Sœurs. Je n'ai nulle nouvelle du décès de M. votre père, et ne le crois pas, car l'on m'en eût mandé quelque chose.
L'on nous écrit que c'est M;]r de Rennes qui veut nous fonder; or, si cette demoiselle assure la renie de mille livres perpétuelle il faut accepter, et je crois qu'il vous ) faudra aller, bienque nous ayons grand désir de vous donner à Mgr de Nantes, qui vous aime tant. Concluez celte allair me
la renvoyer, par l'avis du Révérend Père Binet et de vos Supérieurs; mais n'allez pas (pie je ne sois à vous, qui ne B< PS que vingt jours après Pâques, à mon regret; omis il faut que oie notre SœurFavre établie ici, Mgr de Genève l'j desti* Dantye1 je crois que les Supérieurs d'ici la désiraienl fort Toul se passe doucemenl ici, et ma Sœur [de Beaumont] (-i fort vertueuse; Mgr la \eut employer par delà; il n'est pas
temps.
Pour Dieu, faites faire gi inde diligence pour les miracles* Voua aurei le Pèi mtinenl après Pâques. Ces! un homme sans pareil en bonté. Eovoyes-moi promptemenl ce que vous recueillera d( Prenes-en peu, el médites il voui
penses qu'il les faille ajouter aui auti -| lieui
endn ils, ou b il lerail meilleur de l( i mettre k 1 1 Bn de tous comme un recueil d avisdonnéi a plusieurs; car aussi faut-
il que si vous avez de beaux avis, vous les ajoutiez. — Faites fort prier pour nos pauvres Sœurs de Nevers et pour moi, qui suis toute vôtre. Dieu soit béni ! Mille saluts à tous.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Rennes.
LETTRE DCCCXXXVIIÏ
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLOMAY
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON
Désir de l'employer ailleurs pour le bien de l'Institut. — Préventions de Mgr de Miron.
VIVE f JÉSUS !
[Paris, 1628.]
Ma très-chère fille,
Vous verrez, par ce billet de M. Chapet, le nom du Cordelier qui fait imprimer les Entretiens 5 prenez garde qu'il n'envoie les exemplaires à une autre ville, et, pour Dieu, ne croyez [pas] facilement à leurs paroles; car d'assurance ils sont imprimés. Faites-y donc mettre bon ordre, je vous en conjure. J'ai fait voir ceux que vous nous avez envoyés.
Je le sens au milieu de mon cœur, ma très-chère fille, que vous êtes prête à tout ce que Dieu voudra faire de vous par votre Supérieur; croyez que ce serait à mon corps défendant que l'on vous remettrait en charge, qu'au moins vous n'ayez lait voire année de repos ; mais d'en demeurer là, certes il ne se peut pas faire. Ma fille, faisons ce que nous devons, et ce que Dieu requiert de nous, et laissons dire au monde ce qu'il voudra. Personne ne lient le langage de Lyon, cela est particulier: car que faisons-nous que les autres Religieuses ne fassent? En (juoi! au commencement d'un Ordre, faut-il employer des enfanta, et laisser les mères oisives? Ce n'était pas le sentiment ,1c noire Hienheureux Père, je le sais; c'est pourquoi
INNÉfi 1628 l
ayant égard, tant qu'il se pourra, à faire reposer une année
relies (jui auront gouverné six ans do suite, après cela, certes, on les emploiera toujours pins librement à la nécessité, que celles qui sont sans expérience.
Je suis cette Religieuse de qualité, car ici ce bon prélat me tyrannise authentiquement, et dit qu'il ne veut en Façon quelconque que j'entre dans les maisons de Lyon, ni es autres de son diocèse. Je mérite bien ce châtiment, mais non toutefois
pour la faute qu'il m'impute. Dieu me fait voira l'œil que c'était sa volonté que ce voyage se fit, la maison de céans eu peut rendre témoignage; mais, voyez-vous, ma fille, il faut laisser
parler le monde , et nous, demeurer en silence; Dieu parlera pour nous. Il ] a je ne sais quoi entre ce bon prélat et notre bon archevêque de Bourges; mais Dédisons mot. — Je vous
prie aussi que la litière SOÎI envoyée a Bourg sans bruit, quand on vous le mandera. Ne p:irlez de rien à M. le grand
vicaire; car il n'es! pas résolu encore de vous employer deçà , ce ne sera qu'a l'extrémité.
L'on m'a dit que le même Cordelier des Entretiens avait dit , ce me semble, que Ton parlait aussi d'im| rinter les Sermons
de notre Hienbeureux Père. <Hi Dieu! il faul bien empêcher
ce coup-là I Au reste, si II. Gœursillj imprime nos Règles1 d'un si méchanl papier qu'il a lait le Coutumiar, il noua d< bligera i<»ut a rail ; dites-le-lui, car ce Coutumier n'est rien qui vaille. Votre bon Mgr d< Lyon me profile. Faites ôterdetoua 1 i lumiers 1 1 lettre que p* lis a dos Sœurs et la brûles, il gloserait bien dessus; laites mettre en la pla< «pu- vous
trouvères en ce paquet. .le >uiv v »»t i . !•■ laves,
/'. \ | l nus < ninbieii les Ici de NeSSJ IOI1 1
Ml i imer I /.' i da
\ iv. tiit «lf s.iinl !
pressées; si vous n'avez commodité bien prompte, envoyez-les, s'il vous plaît, par homme exprès.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCXXXIX
A LA MÈRE MARIE-HÉLÈNE DE CHASTELLUX
SUPÉRIEURE A AUTUM
Hésitation de la Sainte pour fonder à Gluny. — Promesse de passer à Autun,
vive -J- jésus!
[Paris, avril 1628.]
Ma très-chère fille,
Je supplie Notre-Seigneur qu'il vous bénisse et toute votre sainte communauté. Il n'est point besoin de faire vos excuses, car je suis bien contente que vous m'écriviez le moins qu'il vous sera possible pendant que je suis parmi nos maisons, où je n'ai quasi pas le loisir de lire les lettres.
Je serai bien aise de savoir quand cette bonne veuve sera entrée et comme elle se comportera ; j'ai un sentiment qu'elle fora très-bien. Vous me faites bien plaisir de traiter ainsi avec les parents des Sœurs, libéralement; mais je suis bien d'avis que vous fassiez bien le choix des filles que vous recevez. — J'avais été avertie de tout ce qui s'est passé à votre entrée en votre nouvelle maison ! ; vous en devez bien témoigner de la reconnaissance à ces Messieurs de la ville par des remercîments convenables à l'affection qu'ils vous ont montrée. Grâce à Nfttfe-Seigneur, vous êtes bien logée, et ne devez rien : c'est [assez] pour se contenter. Je trouve qu'un monastère est assez
! La translation de la communauté d'Autan à son nouveau monastère se fit avec la plus grande solennité. Mbngeigneur ordonna à cet effet une prorata & laquelle il assista en personne, au milieu des magistrats, de la DobletM, et d'un grand concours de peuple.
riche quand il est ainsi. C'est bien fait, ma très-cbère fille, d'avoir bien de la confiance à la Providence de Dieu et faire peu d'estime des i>i*iis temporels ; c'est un point fort important que celui-là; car Dieu ne manque jamais à ceux qui >e confient seulement en M Bonté.
Ce qui me rend un peu retenue à votre affaire de Cluny esf le peu de filles que je vous vois propres à cela, et il me semble que véritablement les Sœurs de Sainte-Ursule leur seraient plus profitables que nous; néanmoins, je suis d'avis que vous preniez conseil de quelques serviteurs de Dieu, comme M. le grand vicaire, votre Père spirituel, M. de la Carne, ou quelques Pères Jésuites; mais prenez garde que ce soit des personnes (jui n'y aient point d'intérêt S'ils en sont d'avis» choisisse! de vos filles les plus propres pour y établir le véritable espril de notre Institut, ou bien prenez-en quelques-unes de Moulins. Vos Règles ne sont pas encore imprimées ; je vous enverrai ce que j'ai écrit dessus; ne le prem / pas ailleurs parce que Ton J a lait des fautes, lesquelles j'ai raccommodées. Notre Coutumier est imprimé, je VOUS l'enverrai aiee le reste. ( h SUS,
tenez-vous joyeuse et toute votre petite communauté, a qui mon eo'nr souhaite la bénédiction de Dieu, pour cheminer toujours antre la fidélité et la liberté, le suis, ma très-chère fille, d'une affection toute sincère , i otre, etc.
1/'. .s'. | Ma très-chère fille, je suis si Fort accablée que je ne
|oii> écrire «le ma main; mais vous savez que mon eu m tout lôlre. Il e>( frai, il faut ;;i andement cncoura;;cr cette
bonne Sœur, mail doucement.
Ma cbère fille, j'ai reçu depuis cette réponse vos lettres du 2-J fêfrii i. le m.- manquerai pas, Dieu aidant, «le tous aller voir, nonobstant la pesta, récrirai un moi a notre bonne Sœur Grillet. Il faut qu'elle condescende a faire - i?oir -nu < ntrée au monastère; M. île la Corne le lui pourra bien persuader,
c'est une chose qui lire conséquence et une porte ouverte à
plusieurs inconvénients.
Conforme à l'original garde- aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCXL (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-MARGUERITE MICHEL
SUPÉRIEURE A DIJOM
Passage de la Mère Faire à Dijon. — Dans quel esprit de désintéressement
doit agir une Supérieure.
vive \ jésus!
[Paris], 12 avril [1628].
Ma très-chère fille,
Je crois que vous aurez maintenant reçu le paquet pour le Comté et que vous l'aurez fait tenir sûrement. Je vous prie, ma fille, s'ils vous font avoir la réponse, nous l'envoyer par voie assurée, car c'était la réponse à leurs articles qui ne sont la plupart nullement recevables. Voyez-vous, je ne sais par quel malheur les lettres de Dijon ont été perdues jusqu'à trois fois; il faut que l'on ait rompu les paquets, parce que l'on en recevait quelques-unes qui venaient de là, et les principales étaient perdues, et cela sans espoir de les recouvrer. J'en suis plus marrie à cause de la mortification du cher cousin. Je pense que ceux qui les portèrent à Chambcry déchirèrent ou rompirent le papier du paquet, car quand ils passent par tant de mains, ils sont sujets à se froisser et rompre; or, Dieu réparera cela.
Je pense que la fondation de Besançon est Lien éloignée; mais, si «-lie se faisait, il n'y aurait nul danger que notre chère Sœur de Bourg passât par Dijon; c'est une âme qui fera du bien en tout lieu; disposez à cela. Que nos Sœurs ne craigoent i ien : je suis fort aise de leur tranquillité et contente-
ment, et elles ont raison de l'être et de vous avoir bien donné leurs cœurs; Dieu leur fasse la grâce de continuer ainsi I VA vous, ma très-bonne et chère iille, puisque vous possédez leurs (durs si entièrement, maniez-les bien et les formel selon l'esprit de la Visitation ; exercez-les en la mortification intérieure et extérieure selon les saintes coutumes et ordonnances de l'Institut; ne laissez rien en arrière, employez tout votre soin pour les rendre solides en ce saint exercice; car (jui n'a pas ce fondement, l'édifice ne durera guère et sera tôt renversé par le moindre choc. — M. Boulier est on vrai serviteur de Dieu, et incomparable ami, digne de faire beaucoup de profil à ceux qui l'aiment avec entière confiance. Il est si humble que vous devez avec simplicité et humilité correspondre à son désir, non par forme de direction, mais de franchise et communication cordiale.
Je croyais bien que les amis de la maison ne B6 retireraient pas pour l'absence de ma Sœur [Favre], qui avait aussi lâché d'attacher leur affection plutôt à l'Institut qu'à elle, et c'est ce que celles qui gouvernent doivent toujours faire* — Je suis fort consolée de quoi vous ne perdes ni l'Office ni lesassembl il est pourtant bien difficile à une Supérieur»' de les toujours maintenir. — .!<■ ne sais pourquoi le Père recteur vous <lii ce que v ou-, m'écrivez «lu parloir; je serai très-aise que l'on \ mange très-rarement, il ^ s certaines occasions toutefois où il le faut Faire.
Ifousm'avesbil plaisir tic me mander ce que l'on dit d<- vous par Dijon; mais, croyet-moi, n'en dites rien à personne, parce que comme cals est s votre louange, il serait à craindre qu'il s dise h nu pris de celle qui v»m- s précédée, e| nous
au ire- devons être extrêmement jalouses de conserver la bonne odeur et estime de celles de notre Institut, « I particulièrement quand «'Iles ont été en cfa et en < elle que nous avons que j»1 vous dis, ma Irès-chère fille, c'est en Notre-Seigneur,
et arec grand désir que Ton voie toujours surnager en notre Ordre la parfaite union et charité; ne laissez pour cela de me toujours tout dire, parce que je désire... [Deux lignes illisibles. ]
Si vous avez des nouvelles de Mgr de Bourges, faites-m'en part et tirez une lettre de lui, me l'envoyant sûrement et promptement. Faites-leur tenir les nôtres. J'ai eu réponse que le paquet du Comté a été reçu et que Mgr l'archevêque avait promis l'établissement, et que bientôt il y fallait aller. Dieu conduise tout à sa gloire. — Je vous prie, en ce que vous pourrez, aidez de vos recommandations M. de Rouer; il ne veut point d'argent maintenant, mais si d'aventure il en avait besoin et qu'il vous en demandât, prêtez-lui-en, tirant une cédule, et sera autant de reçu sur les huit cents écus de notre chère Sœur de Vigny. — Adieu, ma très-chère fille, que j'aime sincèrement et que je conjure de m'aimer toujours en Dieu. Je salue, mais chèrement, toutes nos Sœurs. Dieu soit béni. — 12 avril.
Ma très-chère fille, donnez, s'il vous plaît, à ma cousine Desbarres le chapelet que je lui envoie et ces trois reliquaires orange pour mes trois nièces, ses filles ; les deux reliquaires rouges, donnez-les à ma cousine Blondeau avec ma lettre : l'un est pour elle, l'autre pour ma cousine Frémyot,
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Soleure.
LETTRE DCCCXL1 A LA Mi'iiw: M lllE-AIMÉE DE iîloxay
UBUU AU HUMDi WMàtTÈM
Affaire dt*s AV' bifiét. — Chaque Religieuse dépend de l'évêqofl
sous lequel elle a fait profession.
vivi: y jésl '
[Ptrif], 1 I a-.rJ I63S],
lia Tiù:s-cni:p,n fii.i.f, Je ne connais pas par vos lettres que vous ayei reçu réponse
de tout ce que vous m'avez écrit par ci-devant, notamment de l'affaire de Saint-Etienne dont j'écrivis aussi à M. Bran, et de la demande que je vous ai faite d'un petit Agnm Dei semblable à celai aie vous doua donnâtes à Lyon avec on peu de fibre du cœorde notre Bienhenreoi Père. — Très-assurément, ma fille,
l ^ Entretient BOnl imprimés avec permission du Parlement de
Grenoble. Faites qne nos Sœors de Valence ) veillent anssi.
le mus ai écrit le DOm du (àudelier, duquel le frère libraire les
a imprimés. Dieu fasse son saint bon plaisir de cela; mais ce il une sensible mortification s'ils étaient \n\< sa jour.
Ma tille, quant ;iu dessein que M. I*' grand vicaire pourrait
avoir que vous fussiez Supérieure en votre dernier couvent, outre que Mgr votre archevêque ne l'agréerait nullement, ainsi qne me le dit le Père Morin à Orléans, jamais Mgr de Genève ne vous
le permet! - qu'il a ;m^i une lrès-;;raml«- aversion
qu'une Supérieuj plus de lii ins en en une même
ville, Cl qu'il désire qu'au moins ses tilles, après a\oir:;ou\erné
ni k m un wnme dit I , enrei u reice
d'humilité, s'il n'j i quelque notable ni qui • npéch<
qui ne se trouve pas I Lyon, puisqu'il \, i d< - filles capables. I ei-voui bère fille, cei Iles ii< urs ont le cceur
ion le requei ra, il ne but pas lait de leur (aire entendre humblement, mais fermement , qu'étant
des professes de Nessy, vous dépendez de Mgr de Genève, auquel vous voulez en toute façon obéir, et qu'il est aussi grand seigneur en son évêché que les autres évêques aux leurs ; que chacun est jaloux de son autorité.
J'écris à M. Berger très-affectionnément pour l'affaire de M. le grand vicaire, ne sachant à quel autre la recommander. N'envoyez pas la litière à notre Sœur Favre que vous n'ayez encore de nos nouvelles. Nous écrirons mardi prochain, car Paris est d'une longueur infinie, et ce qui se fait en une heure ailleurs, il y faut une semaine. Ils sont sur les formalités; cependant il n'y a que moi d'intéressée, car toujours c'est autant de temps qu'il faut retarder ici. Dieu fasse en tout sa sainte volonté. — Ma fille, je suis très-entièrement vôtre, et à toutes nos Sœurs des deux maisons, que je salue chèrement avec vous. Je crois que vous aurez envoyé à notre Sœur la Supérieure de Bourg la dernière [lettre] que notre Sœur la Supérieure d'ici lui écrivit mardi.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCXLII
A LA MÊME Projet de fondation au Puy. — Désir d'envoyer la Mère de Blonay à Orléans.
VIVK -{- JÉSUS !
[Paris, 1628.]
M\ très-chère fille,
Il y a quinze jours que je vous ai répondu pour la fondation de Saint-Etienne, que je n'avais nulle inclination à ces petits traités de passer d'une supériorité à une autre, surtout quand Ton rompt le triennal, parce que tout à fait cela est contre la J;' [fie. Je considérai fort ce que je répondis à notre Sœur de Saint-Etienne, pour ne lui rien dire contre mon sentiment, et
m'est avis qu'il y a quelques paroles dans sa copie qui ne sont [pas] tout à lait semblables à l'original, mais je n< le voudrais pas assurer, el crois que je me puis tromper, et qu'elle a l'ait sincèrement Bref, je me déchargeai el la remis a ses Supérieurs, comme, en effet, ce n'es! pas à nous à disposer d'elle
Or, je vous ai écrit ma pensée, que je crois qu'il sérail bon d'envoyer au Puy notre Sœur votre directrice, et, pour décharger la maison de Saint-Etienne, y prendre deui ou dois filles* Nous avons prié le Révérend Porc Arnoux de l'aire écrire deux de leurs Pères, amis de Mjjr du Puy, pour avoir cette licence
tablir; car ce bon prélat n'est plus ici. Xotre Sœur de Saint-Etienne ne m'a jamais dit que Ton se fût adressé a Lyon.
De vrai, ce procédé ni le silence de M. Koussier ne sont point
selon l'esprit de noire Bienheureux Père ; mais toutefois il but
excuser » I tacher (le redresser doucement, en laissant agir le
Supérieur Bans parler de ious ai de moi. — J'ai répondu à notre Se nr de Paray, que si la sourde est fort douce et innocente, que I on pourra lui faire la charité; mais non pour être Religieuse, n'en étant [pas] Capable. — Mille reinercimenls de vos
reliquaires. J'en voulais un fort petit, comme celui quêtons
DM donnâtes à Lyon, OÙ il J avait seulement un peu de ces
libres qui BOnt an milieu du COBUr de notre llieiilieni en\ .
Faut-il que je vous celé une pensée qui me vint hier devant Dieu? que vous lai feriei an grand service d'être trois ans Supérieure à Orl< Ma nature sent une grande répugnance
a cel i, s < iuss de l'éloignemenl ; mais si Dieu le veut, je pré- I- 1- son honneur k ma consolation. Dites-m'en votre sentiment devanl Dieu el comme à moi, sans en pari» r à créature qui vue, ii ce n'esl au Pèrelfaillan, comme en confession* J'écrirai senti a Ai . ! ites-moi savoir au plus tôt votre sentiment sur ce que je sou i mande en la : te.
LETTRE DCCCXLIII (Inédite)
A LA MÈRE JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉGHARD
SCPÉMECRE A RIOM
Prière d'envoyer la relation d'un miracle opéré par l'intercession de saint François de Sales et d'écrire l'histoire de la fondation d'Annecy. — Générosité à exercer son emploi.
vive f jisus!
[Paris], 16 avril [1628].
Ma très-chère fille,
Je commencerai à vous répondre par la fin de la vôtre, pour vous prier de nous envoyer une copie de ce miracle qui s'est fait àRiom, avec toutes les circonstances, pour le montrer au Père dom Juste, afin qu'il voie s'il sera digne d'être mis par écrit. Que si c'est une guérison qui soit bien approuvée, je ne manquerai point de vous avertir du temps qu'il faudra déposer, afin d'en avertir ces honnêtes personnes, pour aller trouver les commissaires à Lyon ou à Nessy, où ils aimeront le mieux.
Je serais bien aise, ma très-chère fille, que vous mettiez en la fondation de Nessy les choses qui l'ont précédée, aussi bien que celles qui sont arrivées [alors]. Et me réjouis que vous pensiez à faire cette besogne-là, me confiant que Dieu vous y assistera. — Ne vous pressez pas de faire votre déposition de notre Bienheureux Père que je ne vous aie vue. Assurez-vous, ma pauvre très-chère fille, que les paroles d'excuse et d'humilité que je vous écrivis parlaient du fond de mon cœur, si je ne me trompe. Eh! qui suis-je, ma fille, pour n'en devoir pas user envers [vous], quand je vous en ai donné sujet?
Ayez courage et patience autour de ces filles : Dieu enfin
ions m donnera de la consolation ; je l'espère de sa Bonté.
I dommage de notre pauvre Sœur M.-Gabrielle; je la salue
chèrement. J'adrnire ces pauvres Sœurs qui n'ont pas courage
défaire vivement les charges que Dieu leur donne. Si notre Sœur M. -Elisabeth avait attention au profit qu'elle peut faire dans l'infirmerie, elle l'aimerait chèrement ; donnei-Ioi force pour cela. Je ne puis écrire davantage, ni à notre Sœur Louise-Antoinette Ogier; l'espérance de vous voir toutes et mon accable-* ment serviront d'excuse, je l'en plie. Adieu, ma vraie trèschère fille. Dieu vous rende toute sienne et toute sainte.
Amen.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCXLIV (Inédite)
\ LA MÈRE FRANÇOISE-GASPARDE DE LA GRAVE
UritlMJll l di;lli v I]iicoura;;ciiiL'nt à nppo ipriù diificii
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[ri . . ; ftt].
Ma pauvre et thï.s-chkiu: pille,
Dieu mus veut (aire beaucoup mériter par la sonfirance et patience que vous anrei à supporter les mauvaises humeurs de \* * ; il tant toujours avoir un grand courage pour regarder avec douceur ces pauvret créature! en leurs eitravagana immortifications, tout à fait éloignée! de I ni devoir. Puisque uotre grand Dieu, à qui elles <»nt tant coûté, les attend et mpporte avec patience, faisons-en de même, ma tris-chère fille 5 ut- vous affliges point de leuri passions, je tous en supplie, car cela abattrait votre 1 sprit, et vous nuirait en la cb qu'il 1 iut que voui poi ti<
Tournes-voui «in côté du reste d< - Gllea pour les 1 ncoura doucement. Cultives leuri âmes l< mieui que voui poui afin qu'elles rendent \ Dieu ce qu'elle! lui doivent \wek Ugne$ inintelligibles]»** Mgr de Belle] témoigne de l'affection
pour vous et pour votre maison; mais les effets, comme vous voyez, ne s'en ensuivent pas. Nous essayerons de lui faire donner les quatre cents livres de ma Sœur J. C.
Vous pouvez recevoir cette petite fille de neuf ou dix ans , car la qualité de bienfaitrice supplée à son âge. Ne vous mettez point en peine, ma très-chère fille, de gagner les bonnes grâces de ceux dont vous me parlez. J'espère que vous aurez celles de Notre-Seigneur par votre humilité et bonne observance, et cela vous devra suffire. — Dieu vous a conduite en votre réponse touchant la confession extraordinaire. Remerciez-en la divine Bonté, et soyez assurée, ma très-chère fille, que tant que vous prendrez conseil pour votre conduite dans vos Règles, la divine Providence bénira votre gouvernement. Je n'ai point reçu de lettre de ma Sœur M.-Augustine ; je ne laisse de la saluer très-chèrement et toutes nos Sœurs que je conjure, au nom de notre bon Dieu, de cheminer exactement en l'observance et en la suite des résolutions que nous prîmes ensemble. Je prie Dieu les rendre toutes siennes, et vous, ma très-chère fille, qui suis entièrement toute vôtre.
Dieu soit béni!
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCXLV
A LA MÈRE M \HIi:-.\IMi;i: DE BLONAY
!U'l.l;i:i i mu I \io\}sti Kl M LYON
De l'élection de Lyoa. — Diten détails.
vu;: y lési
Paris], 18 avril [1688).
Ma trâs-chèie pille,
Il me semble que je suis sans désir pour l'emploi du reste
de mes jours. Ce n'est donc pas cela qui m'empêchera d'être
- ans à Lyon; mais, à mon avis, Ifgr de Genève ne le
voudra pas, ni même Mgr votre archevêque, mais à dv> fins
bien contraires l'un de l'antre, puisque même ce dernier dit
qu'il ne veul pas (pie j'entre dans les mai>ons de son diocèse. Cela me fera prendre DU autre chemin pour mon retour, a m Q
regret toutefois, tant pour l'amonr que je porte à nos Sieurs, que pour le déplaisir qu'elles pourront recevoir de la privation
de notre eonmiune consolation; mais, ma vraie liès-elière fille,
il en faul bien souffrir d'autres.
Oui, ma fille, vous ferei bien de proposer notre Sœur Catherine-Charlotte [de Crémaux de la Grange] pour l'élection, car ;
- qi Tel le fera bien, et d'au tant plus «pie DOUA VOUS faisi
si l'impossible ne l'empêche, quelques mois auprès d'elle i li bien acheminer en son gouvernement. Certes, ma fill<
ûs pour être Supérieure à Lyon, ce serait un terrible effort qui vous en tirerait; n ais, voyez-vous, il nous faut être d< minées de vivre absolument nues de tout ce qui n'est point
i. \< . raignes point de m'incommoder par la lo de u>< leih< ij i u] met un certain goût pour m
j on - . !<• lo i;i "« a .inportun.
ii lire, j'aime l< ur longueur. J'ai < avoyt tout ce qu'il pour le Coutumier, il \ i huit . l aiti - bien faire les
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rections, et ôtez l'épitre [dédicaloire] pour y mettre celle que je vous ai envoyée. — Je vous prie, faites faire votre visite [régulière], et mettez en observance cette Règle; elle est d'importance. — Au reste, je vous conjure, que je ne voie plus sur lettres le titre de Supérieure des monastères. Certes, cela me mortifie tout à fait quand je m'en aperçois, ce qui n'est pas
souvent.
Nous sommes ici en grande peine sur le grand bruit des cruerres que l'on dit qui sont en Savoie. Cela me tient en incertitude si nous devons envoyer notre Sœur d'ici [la Mère de Beaumont] avant que la guerre soit plus allumée, ou si nous ferons venir notre Sœur Favre la première, ce qui nous serait le plus commode ; mais vendredi, je vous en enverrai la finale résolution, Dieu aidant. Cependant, s'il faut la litière, tenezvous-en assurée, car tous ces délais reculent mon départ, ce qui me fâcherait fort si Dieu ne l'ordonnait ainsi. Adieu, ma vraie très-chère fille.
Conforme à l'original gardé aux Archives Je la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCXLVI {Inédite)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPERIEURE A BOURG V.\ BRESSE
Prière de hâter son voyage et de peu séjourner ù Dijon. vive ■[ j ré su s!
[Paris], 25 avril [1628].
Je viens de recevoir votre dernière lettre, ma très-chère fille, où je vois que vous passerez par Dijon, ce que je ne pensais pas, parce qu'il est un peu écarté. Permettez-moi que je VOOfl dise d'y faire très-peu de séjour, sinon pour prendre la consolation de voir Mgr de Langres, s'il y est; autrement je pense qu'il serait bon de passer courtement.
Qoanfl à celle chère demoiselle convertie, je vous ai déjà écril qu'il n\ bI DiillemeDl eipédienf de l'amener a celte occasion de voire venue; mais, quand vous serez établie et [que voua aurez] nn peu pris pied dans l'esprit des Supérieurs,
SOUS rappellerez à vous. Si vous la faites contenter de cela, je crois que vous ne vous l n repentirez pas, et que tout à lait il est nécessaire d'en user ainsi : Il son COBUr est DOO pour 1 i
Visitation, elle ie soumettra volontiers à cela. Je vous conjure,
nia très-chère fille, de venir le plus droitenient et diligemment que vous pourrez, mais, je vous en prie; si VOUS êtes partie le milieu de celle semaine, nous vous attendons la prochaine.
Dieu vous amène heureusement; certes, vous êtes chèrement attendue. Venez descendre dans la première maison, proche 1 1 rue Saint-Antoine j avec notre chère Sœur de Vigny; je suiconsolée de quoi vous l'amenez. Adieu, ma vraie très-chère fille.
J)i a idi l>< ni!
[P. S.] Mgr de Bourges vient d< me dire adieu, mais il s'en
retournera quand vous sciez ici : il m'a hien réjouie quand il m'a dit «pic VOUS seriez ici, de Dijon, en six joui B.
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LETTRE DCCCXU II
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