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MAITRESSE DES NOVICES, A ORLEAXS

Condoléances sur la mort de son père.

VIVE f JÉSUS.'

[Paris], 1er mai [1628].

Hélas! ma pauvre très-chère fille, qu'est-ce de cette misérable vie? Vous ne sauriez croire comme mon chélif cœur fut touché hier, quand je rencontrai, dans la lettre de notre Sœur la Supérieure de Nessy, l'assurance du décès de celui dont vous m'aviez écrit que l'on vous avait dit la mort, il y a longtemps. Certes, il est bien heureux, et sa vie et sa mort ont toujours donné tout sujet de bénir Dieu, qui Ta retiré sans doute pour le colloquerà sadextre. Ses vertus et bonnes œuvres nous donnent toute assurance de cela, en la douceur de la miséricorde de Celui qu'il a servi fidèlement. Je sais que votre chère âme ressentira ce coup, mais je sais aussi sa sainte résolution d'acquiescer sans réserve à tous les vouloirs de notre bon Dieu. Je vous conjure, ma très-chère fille, de ne vous point laisser abattre et de croire que nous prierons bien Dieu pour ce cher défunt. Si n'eût été aujourd'hui les renouvellements [des vœux], nous eussions communié pour lui. Je le ferai demain, Dieu aidant, et notre communauté, mercredi; car j'honorais ce saint homme comme mon père, et je le chérissais comme mon très -cher li ère.

L'on m'écrit que la chère Sœur, qui reste au monde, se rend Religieuse chez nous. Vous savez que la petite Lucas ' y est entrée ou est proche d1y entrer. Dieu veuille récompenser la perte qu'a faite celte chère famille, par l'abondance de ses

<■' de la M(:re .loly de la Roche.

AWi.i: 1628. 153

grâces el plus saintes bénédictions. C'est le bon PèreThêron,

homme de mérite et très-alleetionne a notre Institut, qui \diis porte cette lettre. Il désire vous voir. — Je congédie cette femme sourde et sa compagne. Oh! bon Dieu, ma fille, ce n'était pas notre fait; mais il s'en présente une très-vertueuse et entendue \ plusieurs liijncs illisibles]. Dites-moi si vous la voudrez bien pour le tour; je pense qu'elle y donnerait tout contentement. — L'on m'appelle a ce béni parloir qui m'accable. — lîonsoir, ma toute Irès-chère et vraie fille.

Dieu soit béni!

Conforme à une copie de l'orijinal gardé à la Visitation de llenu

LETTRE DCCCLI

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!!■ i onumâii 1. liions au lojel des Entn tiens, — La Stinta ii«>it quitter I'ur;>

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J'emprunte la main de lune de n<>^ Sœurs parce que mon

mac ne me permel p.i^ d'écrire, el je Bais qu'il ne laufl pas i quinie jours tans uous écrire, au lie meut votre bon cœur

ut en peine.

\ même temps que je reçut lea lettres de M. le grand vicaire, nous les Urnes porter! \l Tonnelier, el derechel nous avons

immandé de loul notre cœur son affaire à VI. D rger; et je vous assurt | m i irèsH bère Bile, que ce me k rail on Irèa-partfculier contentemenl si nous pouvions rendre quelques |><'tiis ii i v m i - .i « e bon ur, qui nous oblige tant, au soin pater-

nel qu'il a de vn> deux iii.iimiu- j | u V. I île, je l'Ilonoie de Imite

mon affection. — Quant aux Entretiens de notre Bienheureux Père, puisque M. Brun en a vu un exemplaire, il n'y a nul doute qu'ils ne soient imprimés, et il serait bon de presser celui qui les a montrés [de dire] de quelle personne il les a tirés 1 ; assurément ce n'a point été la Supérieure de Bourg, car elle y a trop d'aversion. — L'on tient ici que l'impression des [vrais] Entretiens est une chose d'importance, c'est pourquoi je les fais

1 Les Entretiens spirituels, suaves épanchements du cœur de saint François de Sales au milieu de ses chères filles de la Visitation, furent soigneusement recueillis par celles-ci, et conservés pendant quelques années dans le secret du cloître, comme un précieux trésor de famille. En 1627, lors de sa première supériorité à Annecy, la Mère de Châtel, désirant mettre en ordre ce recueil exclusivement destiné aux Religieuses de son Institut, le soumit à l'examen de deux Pères jésuites, puis l'envoya à la Mère de Blonay, qui se hâta d'en faire transcrire un exemplaire pour l'avantage de sa communauté. La personne chargée de ce travail en garda secrètement une copie qui, sans doute à son insu, fut peu après livrée à l'impression sous ce titre : Entretiens et Colloques du Bienheureux François de Sales. Mais, soit précipitation de la part du copiste, soit que le manuscrit même ait élé retouché par une main audacieuse qui se serait permis d'y changer, ajouter ou retrancher, il est certain que la première édition des Entretiens, donnée en 1628, était très-fautive. On avançait dans la préface que la Mère de Blonay avait fourni les matériaux ; mais on se gardait bien d'ajouter que la publication se faisait sans sa participation, sans même qu'elle en eût connaissance. Le public y fut trompé et accueillit ce livre avec empressement, grâce à la vénération qu'inspirait la mémoire de saint François de Sales. Pénétrée de douleur en voyant le nom de cet illustre défenseur de la foi catholique servir de passe-port à des principes erronés, la Mère de Chantai, par le conseil de Mgr Jean-François, évêque de Genève, résolut d'arrêter la vente de l'ouvrage apocryphe. On recourut à Louis XIII, qui donna ordre de saisir tous les exemplaires, avec défense à qui que ce fût de les réimprimer à l'avenir. Pour venger l'honneur de son Bienhenreax Père, sainte de Chantai crut alors opportun de publier une édition exacte de ses Entretiens; elle parut en 1629 sous le titre de Vrais I 1 » idèlu Lyiiœijkvs do Bienheureux François de Sales, évêque et prince de Gexei 1..

relie ost en résumé l'Iiistoirede la publication des Entretiens : ces quelquel détails ont paru nécessaires pour expliquer les difficultés dont parle la Sainte dam un bon nombre de Lettres de cette année 1628 et suivantes.

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