‹ LettresChapitre 32 sur 281 · SA FILLE · texte numérisé non relu

SA FILLE

Promesse de la voir en passant en Bourgogne. — Affaires de famille.

VIVE f JÉSUS !

[Paris], 10 mai 1628.

Ma très-bonne et très-chère fille,

Je prie Dieu qu'il soit votre joie et consolation éternellement ! Mgr de Chàlon m'a écrit la consolation qu'il a reçue de vous avoir eue un peu auprès de lui, et regrette de n'avoir pu vous y arrêter davantage; il est tout à fait de bon naturel. Hélas ! ma très-chère fille, que je suis marrie que vous ne vîtes pas notre chère Sœur Favre, qui arriva à Châlon le jour que vous en partîtes; mais, ma mie, il faut bien commencer à recevoir toutes ces petites contradictions avec douceur. Sitôt que j'aurai trouvé quelques jours, et achevé ici nos petites affaires, je m'en irai a Orléans, où Mgr de Bourges doit aller pour les affaires de notre1 Bienheureux Père, et de là je passerai le plus tôt que je pourrai à Moulins ; mais, toutefois, il y a tant de monastères d'ici la, que je pense que ce ne serait qu'en juillet; mais ne douiez point que je ne vous avertisse assez tôt. Votre [bcllej-sœur vous écrit Certes, elle se comporte avec tant de vertu, et se rend

awki: I62& i:»7

tous les jours plus affectionnée aux parents de feu mon pauvre lils, que cela nous doit obliger tous de l'aimer Mlle a un grand désir que l'amitié de sœur soit conservée entre vous. La petite orpheline est si uniquement chérie d'elle et de tond- la maison, qu'il ne se peut rien désirer de plus. J'en reçois une grande consolation.

M. Coulon leur a apporté ici tous les contrats; If. de Coulantes l'ayant ainsi désiré, afin de me faire voir toutes les consultations, et par icelles ce que je savais déjà bien, ainsi que j'en donne le mémoire à M. de Bussy, pour vous faire voir,

afin (pie M. de Saint-Satur prenne qnelqne résolution de se

départir de ses prétentions ou bien de les déclarer-, car M. de Coolanges désire d'être éclairci de ce côlé-Ià avant que mettre ordre a l'hoirie de mon (ils. C'est pourquoi, ma très-chère (ille,

je VOUS supplie que Ton se résolve; car si l'on met celte affaire en des longueurs, l'hoirie se consommera à la ruine de la petite

de Chantai. Or sus, j'espère de la bonté de Noire-Seigneur

qu'il DOUS fera connaître à îoiis la vérité, et que, Cela étant,

nous conserverons ce qni esl plus précieui que lous les biens du monde, qui esl la sainte paix et amitié entre les Familles. IL Coulon vous saura témoigner l'affection que If. de Coulangei el ma fille de Chantai onl pour cela, et puni- faire tout

i raisonnable el vite. Voilà, ma très-chère fille, dont je vmiv puis assurer, èl vous supplie d'i penser: car de dire que vous quittera tout, si je vous le commande, cela i rien, car si vous aviez une juste prétention je voudrais que l'on \mu- en lit contentement, cela étant plus que raison- !»!(•; mais |j jous n'en .iv</ point, comme je le crois, et que les ti tn plus que le jour en pl< In midi, je voudrais

que l'on □ lendll rien, et qu'on laiss il I ûi e - n p lu

a liai rrs de cette pauvre petite Que si Dieu la retire, vous aura alors de quoi vous contente! I oilà, ma brètn hère fille, ce que j'ai ci u vous ib voii éci re pour la dei nièi e bis, s\ atend de

cette affaire , attendant la chère consolation de vous voir. Je prie Dieu de répandre en abondance ses plus saintes bénédictions sur vous et notre pauvre petite.

Ma très-chère fille, je demeure, nonobstant tout soupçon, franche et entière en la véritable et très-incomparable affection maternelle queDieu m'a donnée pour vous, etlaquelle, moyennant sa divine grâce, ne recevra jamais aucun déchet. Je salue AI. de Saint-Satur et suis sa plus humble servante. — Bonsoir, ma très-chère fille.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de la Côte Saint-André.

LETTRE DCCCLIII

A LA MÈRE PÉROANE-MARIE DE GHATEL

SUPÉRIEURE A ANNECY

Les Supérieures déposées ne doivent pas toujours demeurer au monastère qu'elles ont gouverné. — Profonde humilité de la Sainte. — Défense de parler de la prochaine élection.

vive f JÉSUS î

Susi, 22 mai [1628].

Ma très-chère fille,

Je recois toujours nouvelle consolation en lisant vos lettres pour votre grande sincérité. Je vous prie, ne vous attachez pas à cette opinion qu'il faut que les Supérieures demeurent toujours aux maisons qu'elles ont gouvernées, elle n'est ni bonne ni juste; et que ferait-on si cela était? Quand donc Supérieures ont bien établi leur maison par six années de séjour, ou par trois, et qu'on les peut laisser après leur déposition quelques mois, tant pour montrer l'exemple (1 humilité à l'Ordre et à leur couvent, que pour affermir la nouvelle Supérieure en sa conduite, il est très-bon de les employer ailleurs, quand l'occasion et la nécessité le requièrent. El surtout au commencement des Ordres, il serait impossible

VW E 1628. I

el mal fait de laisser inutile DOC Sœur capable de gOUf «'in ment efl employer celle qui le lerail moins on poiol do (oui vous prie derechef, arraches de voire espril celte maxime, cai elle esl tau — . ' /-vous de porter la croix de li supé-

riorité tant que vous vivre/, excepté quelque petil relâche pour rOQI reprendre et humilier.

Demeure/ en paix de voire oraison, je vous en prie ; mais

/ voire espril le plus recueilli que voua pourra. — Je voos

remercie de votre cordial avertissement; vous ne saariex< mire

combien ils me sont agréables el profitant i, bit a que pour la

consolation de l'amour que vous me porte/, je vous dise que,

i Notre-Seigneor, il me semble que je n'ai rien gâté en

I que j'y ai cheminé av«e le plus de loin et de cir-

conspection que je puis.

Non, je ne pense pas qu'il faille que vous changiei vi directrice. Ma très-chère fille, plies donoemenl les épanlea

l'infirmité de notre Sieur C, -F. ; car il vaut mieux la content» :

en son traitement, que de laisser son esprit inquiet. — .le pensi qu'il faudrait envoyer quelquefois une de nos Sœurs tourièn a Nouvelle1, les fêtes, pour (aire venir la pauvre Sœur Jacqueline .1 V is] :. - • Vous faites bien de traiter fortement ces filles fortes en leur jugement. — Hé Dieu! ma très-chère fille, demeures «-u paix, je vous prie, pouf ce qui voua trde, i I

loin. — Je salue à pari dos pauvres infirm< tout. ^ nu> Sosurs, II. Kichel el les am

\u surplus, dm très-chère fille, je vous supplie, Déparies d'ui a ni d'une sutrede l'élection qui se doit Eure i N

l'an prochain I v ne « 1 « » î v snl point m ds<

moi; mail si elles l<- taisaient, et que je m'apei quel'espril

I rmr .ipi'.u i.ii.uit .m premier n 'Sair Ad B que la Saint*

UCOOp.

humain y a contribué en quelque façon que ce fût, véritablement je ne l'accepterais pas. C'est bien assez dit ; mais assurez-vous que je le ferais, et parlant, que l'on ne préoccupe point les esprits par aucune parole, ains qu'on laisse agir le seul esprit de Dieu, auquel il appartient de disposer de ses créatures selon son saint vouloir, et non à la prudence humaine, que je déteste de tout mon cœur, et à laquelle, moyennant la grâce de Dieu, je ne me soumettrai jamais.

Je pense que notre Sœur Anne-Catherine [de Beaumont] partira aujourd'hui. Nous partîmes hier, je vous écris en chemin. Traitez-la cordialement et lui dites qu'elle demande en confiance ses soulagements. Elle m'a priée que vous la missiez la dernière : la règle l'ordonnant, il n'y a rien à dire. Elle vous porte ce qu'il faut pour la chapelle de la Roche; c'est un bon cœur. Adieu, ma chère fille, je suis fort pressée. Dieu soit au milieu de votre chère âme. Je suis toute vôtre.

Dieu soit béni!

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DCCCLIV

A LA MÈRE MARIE-AÏMÉE DE BLONAY

AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON

S'opposer au débit des faux Entretiens. vive -J- jésus!

[Orléans], 5 juin [1628J.

Oïl voit toujours plus clairement combien ce livre [des Entretiens] doit être tenu à couvert. Je crois que vous vous serez opposée au débit, pour l'intérêt de notre Congrégation, suivant ce que je vous ai écrit, il y a quinze jours. Je vous ai priée aussi de procurer, vers Mgr de Genève ou vers Messieurs ses frères

ANNÉE 1628. loi

ou neveux, une procure, afin d'obtenir on nouveau privilège qui fasse casser celui de Dérober! . Faites un peu de diligence pour cela, et cependant ne laissez d'essayer de traiter avec lui, pour le dédommager de son impression. Je crois que M. Cri cliant vous en a écrit divers moyens. Il y a beaucoup d'apparence que c'est de Valence qu'il a eu ces entretiens; lâches de le découvrir. Je recommande de tout mon cœur cette affaire a votre nouvelle Mère que je salue. C'est tout ce que mon peu de loisir me permet. Sa Honte vous remplisse toutes de son Saint-Esprit !

Conforme à l'original gardé aui Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DCCCLV [Inédite)

\ l.\ MÈRE MARIE-JACQUELINE PAVRE

i |p i mi \n HOMA8TI U M l' uns

On applaudit à 1 1 i rr.i. m, ut. — Etpérancei que donnent lei

! i deuxième monastère de Paru. — Prière de revoir It* Contourner el lei RépêMi

V IV K y JBSI

[Orl.'ins. jain t.,

M \ lias CHÈRE PILLE,

Il bol que je commence a vous écrire par une instante pi , que j«' khi- fais an nom de Dieu, d'avoir soin de vous tenir «•u santé, et pour cela <l<- um^ efforcer <!<• manger davantage que v « » 1 1 - or laites. Il faut, i .1 v<m> plaît, el -.in- faillir, ma' quatre foia le jour, ne hire votre lit ni votre («'Unie, ni rien

qu'il SOU requîl <jnc mus nom baissiez fort; car je > n- <|ue

(ont a lut cria vous 6sl nuisible a la défluxion qui voui tombe mrla poitrine el lui lei <l«ui<. Or, cela aoil «lit pour une t<»i-, ci v(»u- laissea un peu soulager à \<>irc Sœur asi il inte, qui i il bien dis* rète pour ne se rendre importune. Condescendes aussi un peu a votre chère fondatrice, « ar loul cel i vous aime chéri, n

les LETTRES DE SAINTE CHANTAL.

rement; et certes ce m'est une très-grande consolation de voir le contentement et satisfaction que toute votre maison et ceux du dehors ont de vous, ma très-chère grande fille. Je sentais bien que cela arriverait ainsi, et qu'il fallait pour la gloire de Dieu et le bien de l'Institut que vous fussiez placée là. Le bon M. Grillet, la Supérieure de la ville, madame de Villeneuve, M. Crichant, tout cela est ravi, et dans une aise sainte et un amour si plein d'estime de votre conduite qu'ils ne s'en peuvent taire. Vous connaîtrez que ce que je vous en ai dit est vrai; ce sont des âmes tout à fait sincères et aimant la Visitation. Il faut que je dise ce mot et sans scrupule, puisque c'est pour le bien de cette pauvre Sœur [trois lignes inintelligibles]. Mon Dieu ! que je regrette de n'avoir eu le loisir de vous parler plus au long que je n'ai fait ; mon cœur en a ressenti de la douleur; car peut-être ne recevrai-je jamais cette consolation, que je désirerais pour mon utilité même. Dieu soit béni, qui l'a ainsi permis.

J'espère en Dieu que vous recevrez toute satisfaction de vos

filles, qui ont des cœurs toutouverts, tout affectionnés et pleins

de confiance pour vous. Il ne se peut autrement, car elles en ont

une fort grande estime, et l'économe même; c'est pourquoi

elle se rangera bientôt. Pour cette petite, c'est la vérité qu'il

la faut conduire dans la vérité et la tirer du mensonge; Dieu

vous donnera ce qu'il faut pour cela. Je savais qu'on devait tout

brûler les écrits de notre Sœur F. B. Je n'approuve point cela

j tant d'écritures]; nous avons assez d'instruction; cela ne fait que

donner le change aux esprits, ce qu'il faut surtout craindre. — Je

crois que vous avez maintenant des Coutumiers ; mais il les faut

corriger, car il y a maintes fautes ; nos Sœurs de la ville vous

donneront aussi les Réponses que j'ai faites, sur lesquelles je

vous prie de marquer ce que vous ne trouverez pas bien pour

me le mander; car, depuis Nessy, j'y ai ajouté tout plein de

choses, selon les questions que l'on m'a faites et l'expérience.

— Je pensais que M. de Tigeric aurait répondu pour sa demoi-

Belle; certes, votre maison n'est pas en étal <1«' prendre des filles pour rien; \tine li'jnr illisible). Dieu sera votre rielie>sc, rien ne vous manquera. Je ne sais que vous # 1 i i « • de cetle fille Dieu vous a conseillée.

On a élu notre Sœur assistante ' : on voulait bien «'lire notre Sœnr, If .-Elisabeth , mais certes il y avait pea d'apparence loi donner une telle charge, n'ayant pas 1 'âge ni Pexpérien< Je crois que celle qu'elles onl choisie fera tort bien; c'est une fane fort vertueuse, qui a le jugement bon; elle les conduira simplement dans l'observance, n'est-ce pas assez? Ce qui Cache un peu la vanité, c'est qu'elle e>t fort petite, et partant de peu d'apparence. — Je vous prie, envoyez-moi les lettres j>< ajouter au\ Epîtres quand M. de (faugelas les aura, el n'on-

l>lie/ pas celle de madame d'Herse. Ma vraie très-chère fille,

tous êtes tonte précieuse à mon cœur; Dieu vous rende toute

Ion le sien, \tneru

Klfaul un peu caresser ce bon If. deMoyron. — L'on vend les [faux] Entretiens; pensez la bonne mortification! nous les av( lait lever tant que nous avons pu ; mais de quoi servira cela Ton ne tait aiiin partout ? Je voudrais que vous l'écrivissiez aux maisons, surtout à Lyon. Or, acquiesces à cetle volonté de p- rmission.

pie de l'origia il ;; \\ M k la \

1 Su m- Jeanne -I I I I

letl I l (Cil, page (H.

1G4 LETTPxES DE SAINTE CHANTAL.

LETTRE DCCCLVI

A MONSEIGNEUR SÉBASTIEN ZAMET

Page 1